Voici le lien vers un petit document sonore d'une quinzaine de minutes parlant Dwarf Fortress et écrit/raconté par l'écrivain et game designer Ste Curran (c'est en anglais hein mais ça vaut la peine d'être écouté)
http://www.pcgamer.com/dwarf-fortress-story-the-queen-is-now-available-and-you-should-listen-to-it/
C'est beau. ![]()
J'ai toujours aimé les conteurs ![]()
J'écouterai ce soir.
Ca avait l'air chouette, j'aime bien la voix du gars. Par contre j'ai rien pigé ![]()
Je crois qu'il veut tuer sa reine pour je ne sais quelle raison, mais au dernier moment avant de pousser le levier pour inonder la salle dans laquelle elle est enfermé il se rend compte qu'elle vient juste d'accoucher d'une fille. ![]()
Je me lance dans une transcription/traduction, ça devrait être prêt d'ici la fin de la semaine prochaine ![]()
Le 18 janvier 2015 à 19:03:38 monster888 a écrit :
Je me lance dans une transcription/traduction, ça devrait être prêt d'ici la fin de la semaine prochaine
Ca c'est sympa ![]()
Si vous voulez je vous la lirais, j'ai toujours rêvé d'être conteur ![]()
Tu cartonne pour la trad j'avais vraiment envie d'écouter ce contes mais mon niveau en anglais ne me le permet pas ! merci
Je suis content que ça vous fasse plaisir
. Par contre je tiens à vous prévenir que c'est possible que j'ai un peu de retard pour cause de travail scolaire (du genre qu'on peut pas torcher en cinq minutes) ![]()
Pour l'instant j'ai traduit les dix premières minutes, il en reste donc six plus la relecture. ![]()
Voilà j'ai terminé de traduire The Queen, désolé du retard mais il y a eu une coalition IRL visant à me nuire, ce qui m'a fait prendre du retard (je crois que les membres de cette coalition appartiennent à un groupe qui se fait appeler l’Éducation Nationale ou quelque chose comme ça
). Il reste encore sûrement des fautes, donc si vous en voyez n'hésitez pas à me le dire en MP pour que je les corrige. Enfin si vous avez aimé le travail de Ste Curran, vous pouvez vous procurer la version téléchargeable de The Queen pour £1 soit environ 1.33 €, et s'il arrive à 300 téléchargements il fera un INT#2.
Sur ce, bonne lecture/écoute. ![]()
INT#1 La Reine par Ste Curran
Elle jeta un coup d'oeil à l'horloge, minuit est passé de quelques minutes. La Reine, pas LA Reine, mais une autre Reine, ma Reine. Elle est assise sur le rebord de sa chaise, à côté de sa coiffeuse, dans sa chambre, attendant qu'on frappe à la porte. Cela arrivera, ce soir ou demain matin, peut être après-demain, mais elle sait que cela arrivera. Quand cela arrivera, elle se levera pour aller ouvir, l'homme de l'autre côté de la porte sera caché dans l'ombre, terrifié, tremblant. Quand il avancera dans la lumière vacillante, il baissera la tête comme d'habitude, normalement en signe de respect, mais cette fois cela ne sera pas le cas, cela sera parce qu'il ne pourra pas la regarder dans les yeux. Elle se mordra la lèvre et voudra dire "Je sais, ... je sais déjà", mais ce n'est pas comme cela que l'histoire se déroule, en outre avant qu'elle puisse le dire il dira "Mère, je suis désolé de vous déranger Mère mais, le Roi ... il est ...". Puis, après cette phrase, le monde s'effondrera, un cri rebomdira dans les murs de pierre de la forteresse, un rugissement, une secousse, à la fois gutturale, inoubliable et infinie. Tout l'air autour d'elle sera comme aspiré, son estomac se tordra et elle s'effondrera, comme une tapisserie qu'on décroche. Quelque part un bouton a était enfoncé, créant la lumière au milieu des ombres. Tous leurs rêves, les plans qui avait conçus et les histoires qu'ils avaient écrites resteraient fiction, de même le futur emportant avec lui le passé. Ce n'est pas juste comme si il n'y avait rien, mais plutôt comme si il n'y avait jamais rien eu. Il n'y a qu'ici, il n'y a que justice, juste les ténébres, la solitude, pour toujours. C'est le futur, pour l'instant elle est assise et attend qu'on frappe à la porte. "Cela viendra, tout ce que peux faire c'est regarder".
(2:15)
Dwarf Fortress est un jeu traître, un jeu vidéo comme aucun autre, un projet indépendant développé par Tarn Adams, un programmeur solitaire, qui considére ce jeu comme le projet de toute sa vie. Il simule la vie d'un groupe de nains essayant d'établir une colonie dans un monde fantastique et inhospitalier. Le jeu est un mélange entre SimCity, Dungeon Keeper, NetHack, Microsoft Excel, et une atroce douleur mentale. Dwarf Fortress est également un jeu qui laisse échapper une impression de solitude, non seulement parce que les nains sont isolés au mileu de nul part et que, comme dans Minecraft, ils doivent impérativement créer un abri temporaire à partir de leur environnement immédiat avant que se même environnement ne les tuent, mais aussi car le jeu isole le joueur de trois manière différentes. Il l'isole par sa conception, il l'isole par son interface et l'isole par son esthétique.
Isolé par la conception (3:05)
Vous n'avez un contrôle direct sur les nains. Vous pouvez donner des ordres, leurs demander de faire telle tâche ou d'aller à tel endroit, tout ceci étant régi par un système complexe de travaux et de priorités. En vérité se système impénétrable peut vous causer des problèmes car il vous met à la merci des moindres désirs de vos nains. Vos nains peuvent parfois être très bizarres, et vous pouvez passer beaucoup de temps dans les menus à chercher pourquoi votre fossoyeur est ivre et en train de pêcher, plutôt que d'enterrer les cadavres qui pourrissent dans le dortoir. Il est probablement dépressif, c'est preque toujours la dépression.
Isolé par l'interface (3:40)
La manière dont on dirige les nains est ésotérique. De nos jours "ésotérique" est un mot sur-utiliser dans le monde de la critique de jeux vidéo, employé pour décrire un inventaire bizarrement implémenté ou encore un choix douteux dans la sélection du bouton de sauvegarde rapide. "C'est ésotérique !" est la phrase que j'utilise généralement pour me plaindre lorsque je presse accidentellement le bouton de saut. En vérité ses mots signifient que le jeu est un peu différent des normes, mais ces mots non pas leur place dans Dwarf Fortress, car l'interface de Dwarf Fortress est la véritable définition d'ésotérique, cela requiert des connaissances secrètes pour être compris. Ce savoir est impossible à acquérir de la manière dont il s'acquiert habituellement dans d'autres jeux, c'est à dire par le schéma essaie/erreur/essaie/réussite. Ici il doit être trouvé et décrypté à partir des wikis et des tutoriaux crées par la communauté. Vous vous heurtez constamment à l'interface dans ce jeu, les contrôles oscillant constamment entre clavier et souris, apparemment aléatoirement, l'utilité de chaque touche changeant de menu en menu. Pour jouer à Dwarf Fortress, et par jouer j'entend exécuter ne serait-ce qu'une seule action correctement, envisager quelques chose et le faire se réaliser à l'écran, et un succés qui maintient en haleine et font continuer à jouer les gens qui connaissent Dwarf Fortress.
Isolé par l'esthétique (4:50)
Et finalement, le plus important, isolé par l'esthétique. Tout dans Dwarf Fortress est représenté par un caractère ASCII, des chiffres et des lettres directement sortis d'un traitement de textes et rangés sur une grille. Il n'y a aucun graphismes, ce qui signifie qu'il faut traduire manuellement tous les symboles à l'écran, caractères par caractères, en quelques chose que vous pouvez comprendre, donc : un visage souriant est un nain, une case bleue est une portion de rivière, une apostrophe verte est un carré d'herbe avant qu'il ne soit tâché de sang, auquel cas il deviendra alors une apostrophe rouge et le restera jusqu'à ce que la pluie vienne laver le sang. Chacun de ces trois points contribue à faire que Dwarf Fortress reste un jeu inacessible pour la vaste majorité des gens. Même pour des gens qui ont joué, battu et créer des jeux vidéos toutes leurs vies, doivent faire d'énormes efforts vidéoludiques pour dire qu'ils ont réellement expérimenter le jeu. Cela m'a pris huit semaines “d'études” avant de pouvoir dire que je pouvais réellement jouer à Dwarf Fortress. Jouer ne voulait pas dire survivre, mais être capable de lancer le jeu, de donner des ordres simples à mes nains et, bientôt, de les voir mourir, de voir leurs corps froids enterrés dans des trous boueux dans le sol.
(6:00)
Mais la façon dont le jeu isole le joueur et le force à apprendre ses mécaniques et aussi son meilleur atout. Vous débutez dans le jeu comme un observateur, perdu dans le brouillard. Mais quand, finalement le brouillard se dissipe, vous dominez complétement le monde. Quand je vois les symboles à l'écran, je ne les vois plus comme de simples caratères, je les lis comme vous vous entendez ces mots, comme un riche assemblage de lettres. Il y a l'herbe, le sang, la pluie, mes nains, ma Reine. Elle se mord la lèvre, elle veut dire “Je sais, je sais”.
(6:30)
Il n'y a pas de missions dans Dwarf Fortress, seulement des histoires que vous écrivez, des contes se déversant par les fissures de ce système unique que vous avez créé. C'est votre travail de garder vos nains en vie aussi longtemps que possible. Votre forteresse grandit encore et encore, et de la friction entre les minuscules composants qui forme votre sytème complexe peuvent naîtrent des étincelles, littérallement et métaphoriquement et, d'un coup, les choses échappent à tout contrôle. La devise officielle du jeu est “Perdre est amusant” et Dwarf Fortress vous met des bâtons dans les roues à mesure que vous avancez. Invasions de gobelins, famine, dragons. Quand votre forteresse atteint une certaine taille, elle attire l'attention de la royauté. Vous vous heurtez alors à un problème de production. Une petite partie de l'écran montre une boîte de dialogue dans laquelle du texte défile constamment, décrivant les choses qui se passent autour de vous. Une sorte de monologue qui vous informe des choses importantes : naissances, morts, mariages. Une fois la royauté installée, elle vous tiendra informé de ses demandes. La Reine a ordonné la production de verre immédiatement. Le Roi a décrété qu'il faut produire des couverts en os de tigre. Ces demandes changeant constamment, elles pousseront vos ressources à leurs limites. Mais vous obéirez car c'est le jeu, cela fait partie de votre histoire.
(7:45)
J'ai aimé et détesté mon Roi et ma Reine, comme le jeu l'avais prévu. Jusqu'au jour où les gobelins sont arrivés. À partir de cet instant, tout a changé. Par hasard l'invasion se produisit alors que le Roi en train de pêcher, ivre, juste à l'extérieur de la forteresse. Dès qu'ils les vit il sut, il su. Il se dressa sur ses pieds et une flèche l'atteigni en pleine poitrine. Quelques secondes plus tard les gobelins avaient franchis le pont levis et étaient sur lui, grouillands, tranchants, transformant le sol en un mélange de vert et de rouge. Un instant plus tard les gardes se ruèrent par les portes et massacrèrent les gobelins … trop tard. Puis, dans l'heure, quelqu'un frappa à la porte. La reine s'effondra, son cri résonna et … quelque chose se produisit. Je ne sais pas si c'était par accident ou si c'était prévu par le jeu. Dwarf Fortress est rempli de centaines, peut être même de milliers de bugs, ce qui fait qu'il est parfois difficile de différencier les bugs des actions prévues par le jeu, c'est en partie ce qui donne au jeu son humanité. Mais dès que l'ancien Roi fut enterré, sur un des rebords de la carte, un autre couple royal apparut. En remarquant que j'avais perdu le souverain de ma forteresse, le jeu m'avait offert un nouveau monarque.
(8:50)
En premier lieu je fus enchanté. Je construisis une nouvelle suite royale, décorée des plus beaux meubles qui soit, et mes nouveaux dirigeants en firent leur demeure. Ils commencèrent eux-aussi à ordonner la production de biens manufacturés spécifiques, comme les monarques sont destiné à le faire. Ils coexistaisent, mais en ne communiquant jamais avec l'ancienne Reine, ma Reine, devenue une ombre silencieuse. Je la regardais déambuler dans la forteresse, à travers les champs et ramasser des fleurs destinées à la tombe de son mari. Elle s'asseyait seule dans la salle à manger pendant des heures et des heures, elle aussi voudrait faire des demandes “Faites des armes avec les os des gobelins, beaucoup de gobelins, tous les gobelins”. Le problème avec la vengeance, c'est qu'elle vient toujours trop tard. Elle n'était plus qu'une plaie béante et, chaque fois que je la voyait, ma conscience se crispait “Aurais je pu le sauver ? Les choses auraient elles pu être différentes ?”. Cela me troublais, mais le vrai problème était plus d'ordre pratique. Ma forteresse avait était conçue pour supporter les demandes de deux souverains, pas trois. Notre réserve de nourriture s'amenuisait, notre armée était à bout de nerfs. La maladie et la dépression se répandirent dans la forteresse, le prolétariat était écrasé par le travail. Je voyais mon histoire touchée à sa fin. J'avais travaillé tellement dur pour ça mais tout aller s'effondrer à cause d'une seule flèche perdue, d'une reine triste et il n'y a rien que je puisse faire sauf …
(10:15)
Vous ne pouvez pas retirer des personnage dans Dwarf Fortress, il n'y pas un simple bouton “supprimer”, aucun moyens de supprimer quelqu'un. Vous ne pouvez ordonner à vos nains de se suicider, … mais vous pouvez les tuer. Pas directement, pas facilement mais ils certaines façons de la faire, des façons ésotériques. J'ai alors décidé de contruire une “chambre de noyade”. J'ai conçu une pièce, petite et simple, de trois cases par trois, proche de mon cimetière. En dehors de la pièce il y aura trois boutons : le premier ferme les portes et emprisonne la victime à l'intérieur, le deuxième remplit la salle d'eau jusqu'au plafond et le troisième ouvre une trappe pour vider la salle. Cela me permettra d'évacuer les cadavres, son cadavre. La “chambre de noyade” ne peut pas être construite en une nuit, ça prendra des mois au vu de la taille de ma forteresse, une demi-année de temps en jeu en fait. Du temps de perdu pour ma thérapie par le meutre. J'ai fait de mon mieux pour éviter son regard mais maintenant ma Reine est partout, à errer sans but, à toujours me rappeler le passé. Parfois elle déambule sur le site de construction. “Qu'est ce que c'est que ça”, murmure t'elle. Mais elle savait, elle savait, tout comme elle savait qu'on aller frapper à la porte, elle savait.
(11:35)
Le chantier avait commencé depuis trois mois quand j'ai réalisé que l'histoire ne pouvait pas se finir ainsi. Je ne pouvais pas enfermer ma Reine dans une pièce, la noyer et voir le reste de mes nains continuer leurs vies comme si c'était quelques chose de normal. Même si elle ne voyait aucun avenir et ne désirait rien d'autre que la mort, cela n'était pas juste. Alors j'ai écrit une nouvelle fin. J'ai récolté de l'obsidienne, une des pierres les plus rares du jeu, qui l'était d'ailleur tout autant à l'endroit où je me trouvais. J'allais la transformer en quelque chose de spécial. J'ai demandé à mon meilleur artisan de sculpter une statue de l'ancien Roi, puis l'ai déposée au milieu de la “chambre de noyade”. J'ai déplacé le second interrupteur, le bouton qui remplit la salle d'eau, à l'intérieur de la salle pour le mettre sur la main de la statue. Et voici ce qui se produira. Un matin, un matin clair et ensoleillé, ma Reine se réveillera comme d'habitude et marchera jusqu'au cimetière. Là, elle enlèvera son alliance, la déposera sur la tombe de son mari et donnera à la pierre un doux baiser. Finalement elle marchera vers la salle que j'ai construite, brisant l'attente de cet écran. À l'intérieur de la chambre elle se tiendra en face de la statue de son mari, et le regardera dans les yeux. Elle se rappellera des plans qu'ils avaient fait pour cet endroit, leur maison. Elle pensera à sa vie avant ce cri, comme pour s'assurer que le passé avait bien existé. Car même si l'histoire, leur histoire, était finie elle avait était racontée, et c'était suffisant. Elle sourira, enfin elle sourira. Elle n'entendra pas la porte se fermer derrière elle, elle n'y aurais pas prêté attention de toute façon. Elle ferme les yeux, elle étreint la statue, elle place sa main sur la sienne. Et ensuite …
(13:20)
La construction c'est terminée ce matin, il fait beau, ensoleillé et ma Reine se réveille. Il est maintenant clair que je parle tout seul en faisant cela, mais je ne suis pas tout à fait en paix avec ma décision, la forterresse est en difficulté, quelque chose doit être fait. La statue est en place et la Reine se dirige du cimetière vers la chambre. Elle entre dans la salle et je demande à un autre nain de verrouiller les portes. Il partit en courant juste après, comme s'il savait. En regardant cette grille de texte de trois cases par trois, représentant l'amour, la mort, le commencement et la fin, j'attend que la Reine, ma Reine, appuie sur le bouton. Elle n'appuie pas sur le bouton, elle est en train de penser, elle continue de penser, pourquoi continue t'elle de penser ? Soudain je vois, il y a deux personnes dans la salle, elle n'est pas seule. “Arrêtez, arrêtez, quelque chose ne va pas”, mes yeux se dirigent instinctivement vers la boîte de dialogue pour essayer de comprendre ce qui se passe. Et voici ce que je lis : “La Reine a donné naissance à une petite fille”. “Impossible”, me dis-je “c'est impossible elle a était seule depuis la mort du Roi il y … a … neuf mois”. Oh mon dieu, elle ne peut pas le faire, je ne peux pas le faire. J'ouvre la porte. Trois moi de temps en jeu plus tard, les étincelles aussi bien métaphoriques que littérales échappèrent à tout contrôle et la forteresse brûla. Tous les gens à l'intérieur moururent, la nouvelle Reine, l'ancienne Reine, sa petite fille de trois mois, tout le monde. “Il n'y a rien que j'aurais pu faire” me dis-je. Je jette un coup d'oeil à l'heure, trois heures du matin, il est temps d'éteindre mon ordinateur. Je me lève, appuie sur le bouton et, tous les plans que j'avais fait, les histoires que j'avais écrites ont étaient réduits, une fois de plus, à néant.
Le jeu est un mélange entre SimCity, Dungeon Keeper, NetHack, Microsoft Excel, et une atroce douleur mentale.
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Sinon, super boulot ! Ça a du te prendre du temps, mais ça valait le coup ! Merci à toi ![]()
Merci beaucoup pour la trad, je me rend compte que j'ai mal interprété pas mal de choses. ![]()
La traduction n'est pas parfaite hein, il y a deux ou trois portions de phrases que j'ai vraiment pas réussi à entendre, mais bon j'ai fait de mon mieux. ![]()
Si vous avez des suggestions de trucs que je pourrait traduire pour aider la communauté francophone de DF (les DF Talk par exemple) ça pourrait se faire. ![]()
En fait c'est con mais depuis qu'on me dis que j'ai une super voix j'ai envie de conter une histoire.
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Du coup je me suis dis que j'allais améliorer la traduction Monster, que je remercie beaucoup, pour faire une version audio française de cette histoire. ![]()
Mais comme je suis un abruti et que je fais ça à 4 heures du matin alors que j'ai les yeux qui piquent, je voulais vous demander si vous pouviez relire pour me corriger au cas où il y aurait des fautes. ![]()
Je jette un coup d'oeil à l'horloge, il est peu après minuit. La Reine, pas la Reine mais une autre Reine, ma Reine est assise sur le rebord de sa chaise près de sa coiffeuse dans sa chambre, attendant qu'on frappe à la porte. Quand cela se réalisera ? Ce soir ou demain matin, peut être le jour d'après, mais elle sait que cela arrivera. Et quand cela arrivera elle se lèvera pour ouvrir la porte, et l'homme de l'autre côté reculera dans les ténèbres, craintif, tremblant.
Quand il s'avancera dans la lumière vacillante il inclinera la tête comme d'habitude, normalement en signe de respect, maintenant car il ne peut pas la regarder dans les yeux. Elle se mordra la lèvre et voudra dire "Je sais, je... Sais déjà." Mais ce n'est pas comme ça ainsi que l'histoire se déroule et avant qu'elle ne puisse le dire... "Mère", dira-t-il, je suis désolé de vous déranger mère mais, le Roi... Il est..."
Après cette phrase son monde s'effondrera, un cri retentira dans les murs de pierre de la forteresse, un rugissement, une secousse, à la fois gutturale et perçant, inoubliable, infinie. Tout air la quittera, son estomac se tordra et elle s'effondrera comme une tapisserie qu'on décroche. Quelque part un bouton a été enfoncé, créant la lumière dans les ombres. Tout leurs rêves, les plans qu'ils avaient conçus et les histoires qu'ils avaient écrites réduits à la fiction, tout comme le futur emportant avec lui le passé. Ce n'est pas juste comme si il n'y a rien, mais comme il n'y avait jamais rien eu. Il n'y a qu'ici, que ça, que les ténèbres et la solitude, pour toujours. C'est le futur. Pour le moment elle est assise et attends qu'on frappe à la porte. Cela viendra. Et je ne peux que regarder.
Dwarf Fortress est un jeu traître, un jeu vidéo comme aucun autre. Un projet indépendant développé par Tarn Adams, un programmeur solitaire, qui considère ce jeu comme le projet de sa vie. Il simule le monde pour un groupe de nains dont le but est d'établir une colonie dans un monde fantastique et inhospitalier. C'est un mélange entre Sims City, Dungeon Keeper, NetHack, Microsoft Excel, une insondable magie et un immense mal de tête. Dwarf Fortress est aussi un jeu solitaire, pas simplement parce que vos nains se retrouvent isolés au milieu de nul part, comme dans Minecraft ils doivent impérativement créer un abri temporaire à partir de leur environnement immédiat avant que ce même environnement ne les tuent, mais parce qu'il laisse le joueur complètement isolé de trois manières différentes. Isolé par la conception, isolé par l'interface et isolé par l'esthétique.
Isolé par la conception.
Vous n'avez pas un contrôle direct sur les nains, vous pouvez émettre des demandes, leur ordonner de faire telle tâche ou d'aller à tel endroit et, du moins en théorie, ces tâches seront effectuées. En vérité ce système est au mieux obstructif et au pire impénétrable, et vous êtes à la merci des désires de vos nains. Vos nains peuvent parfois être très étranges, et vous pourrez passer beaucoup de temps dans les menus à chercher pourquoi, disons, votre fossoyeur est en train de pêcher ivre plutôt que d'enterrer les cadavres pourrissant dans le dortoir. Il est probablement déprimé. C'est presque toujours la dépression.
Isolé par l'interface.
La manière dont vous dirigez les nains est ésotérique. Esotérique est un mot trop utilisé dans les critiques de jeux vidéos, souvent employé pour décrire un inventaire étrangement réalisé ou encore un choix douteux dans la sélection du bouton de sauvegarde rapide. «C'est tellement ésotérique!» doit se plaindre un journaliste à un bouton de saut mal placé.
Ce qu'ils veulent dire par là est que ce comportement est légèrement différent de la norme, et ces lâches n'ont pas leur place dans Dwarf Fortress dont l'interface est la véritable définition d'ésotérique. Elle requiert des connaissances secrètes pour être compris, ces connaissances sont impossibles à obtenir par l'essai et l'erreur, la façon habituelle de maîtriser les jeux. Ici elles doivent être décryptées à partir de wikis et des tutoriels crées par la communauté.
Vous vous heurtez constamment à l'interface dans ce jeu, les contrôles oscillant constamment entre clavier et souris, apparemment aléatoirement, et l'utilité de chaque touche changeant de menu en menu. Pour jouer à Dwarf Fortress, et par jouer j'entends exécuter ne serait-ce qu'une action correctement, envisager quelque chose et le faire se réaliser à l'écran, est un succès qui tient les joueurs qui connaissent Dwarf Fortress en haleine.
Et finalement, isolé par l'esthétique.
Tout dans Dwarf Fortress est représenté par un caractère ASCII, des chiffres et des lettres que vous pourriez trouver dans un traitement de texte et rangés sur une grille. Il n'y a aucun graphisme, ce qui veut signifie traduire manuellement chaque symbole à l'écran, caractère par caractère, en quelque chose que vous pouvez comprendre. Donc: un visage souriant est un nain, une case bleue est une section de rivière, une apostrophe verte est un carré d'herbe avant qu'il ne soit tâché de sang, auquel cas il deviendra une apostrophe rouge et le restera jusqu'à ce que la pluie ne vienne laver le sang.
Chacun de ces trois points fait que Dwarf Fortress est tout sauf accessible à la vaste majorité des gens. Même pour ceux qui joué, battus et crées des jeux vidéos toute leur vie doivent faire d'énormes efforts vidéo-ludiques pour dire qu'ils ont réellement expérimenter le jeu. Cela m'a pris huit semaines d'études avant de pouvoir dire que je pouvais «jouer» à Dwarf Fortress. Et jouer ne veut pas dire survivre, mais être capable de lancer de jeu, donner des ordres simples à mes nains et, bientôt, de lire cette sinistre mort, visualiser leurs corps froids enterrés dans des trous boueux dans le sol.
Mais la façon dont le jeu isole le joueur et le force à apprendre ses mécaniques est aussi son plus grand triomphe. Vous débutez le jeu en tant qu'observateur, vous expérimentez, enveloppé par un brouillard. Mais quand le brouillard se dissipe enfin, vous voyez que le monde est vôtre. Quand je vois ces symboles à l'écran je ne les vois plus comme des symboles, je les lis comme vous entendez ces mots. Comme un riche assemblage de lettres. Il a l'herbe, le sang, la pluie... Mes nains... Ma Reine. Elle se mort la lèvre, elle veut dire «Je sais, je sais...»
Il n'y a pas de missions dans Dwarf Fortress, juste des histoires que vous écrivez, des contes se déversant par les fissures du système unique que vous créez. C'est votre travail de garder vos nains en vie aussi longtemps que possible, votre forteresse devient de plus en plus grande et éventuellement la friction entre vos minuscules composants dans votre système complexe peuvent faire naître des étincelles. Littéralement et métaphoriquement, et d'un coup les choses échappent à tout contrôle. La devise officielle du jeu est «Perdre est amusant», et Dwarf Fortress vous met des bâtons dans les roues à mesure que vous progressez. Invasions de gobelins, famine, conditions climatiques, dragons. Quand votre forteresse atteint une certaine taille, elle attire l'attention de la Royauté Naine, vous vous heurtez alors à un problème de production. Une petite partie de l'écran montre une boite de dialogue dans laquelle du texte défile constamment, décrivant les choses qui se passent autour de vous. Elle sert de monologue au jeu pour vous informer d'événements importants, naissances, morts, mariages, etc... Et quand la Royauté arrive elle vous tient au courant de leurs demandes. La Reine a ordonné la production de verre immédiatement. Le Roi a décrété qu'il faut produire des couverts en os de tigre. Ces demandes changeant constamment, pousseront vos ressources à leurs limites. Mais vous obéirez car c'est le jeu, cela fait partie de votre histoire.
J'ai aimé et détesté mon Roi et ma Reine, comme le jeu le voulait, jusqu'au jour où arrivèrent les gobelins et alors tout changea. Par hasard l'invasion se produit était en train de pêcher, ivre, en dehors des murs de la forteresse. Dès qu'il les vit, il sut. Il se dressa sur ses pieds et une flèche le frappa dans la poitrine, deux pas trébuchants vers les ponts-levis et les gobelins étaient sur lui, grouillants, tranchants, muant le sol vert en rouge. Quelques instants plus tard les gardes se ruèrent à l'extérieur et massacrèrent les goblins... Trop tard. Et alors dans l'heure quelqu'un frappa à la porte, la Reine s'effondra, son cri résonna et... Quelque chose arriva. Je ne sais pas si c'est par accident ou si le jeu l'avait prévu, Dwarf Fortress est rempli de centaines, si ce n'est de milliers de bugs, ce qui fait qu'il est parfois difficiles de les différencier des fonctionnalités du jeu, et c'est en partie ce qui donne au jeu son humanité. Mais dès que l'ancien Roi fut enterré, sur l'un des rebords de la carte, un autre couple royal apparut. En remarquant que j'avais perdu le souverain de ma forteresse, le jeu m'avait offert un nouveau monarque.
En premier lieu je fus enchanté. Je construisis une nouvelle chambre royale, décorées des plus beaux meubles, et mes nouveaux dirigeants en firent leur demeure. Eux aussi, commencèrent à faire des demandes, comme la royauté est codée à faire. Ils coexistaient mais ne communiquaient jamais avec l'ancienne Reine, ma Reine et cette ombre silencieuse. Je la regardai déambuler dans la forteresse, à travers les champs et ramasser des fleurs pour la tombe de son mari. Elle s'asseyait seule dans la salle à manger pendant des heures et des heures, et elle aussi faisait des demandes: «Faites des armes avec les os des gobelins, beaucoup de gobelins, tout les gobelins.» Le problème avec la vengeance, c'est qu'elle vient toujours trop tard. Elle était une plaie béante et chaque fois que je la voyais, ma conscience se crispait «Aurais-je pu le sauver ?Les choses auraient-elles été différentes ?» Cela me troublait mais le vrai problème était d'ordre pratique, ma forteresse été conçue pour supporter deux souverains, pas trois. Notre réserve de nourriture s'amenuisait, notre armée était à bouts de nerfs. La maladie et la dépression s'installèrent dans la forteresse, niché à côté du surmenage que subissaient les artisans nains. Des étincelles se mirent à voler et je pouvais voir mon histoire arriver à son terme. Mais j'avais travaillé si dur, aussi tard dans la nuit et se dire que tout allait s'effondrer à cause d'une seule flèche, une Reine attristée et il n'y avait rien que je ne pouvais faire... Sauf...
Vous ne pouvez pas retirer de personnages dans Dwarf Fortress, il n'y a pas de simple bouton effacer, aucun moyen de supprimer quelqu'un. Vous ne pouvez pas demander à vos nains de s'entre-tuer... Mais vous pouvez les tuer. Pas directement, pas facilement. Mais il y a des moyens. Des moyens ésotériques.
Alors je me résolus à construire une chambre de noyade. Je conçus une pièce, petite et simple, de trois cases par trois, à côté de mon cimetière. En dehors de la pièce il y aurait trois boutons: le premier ferme la porte, enfermant la victime à l'intérieur, le deuxième remplit la salle d'eau jusqu'au plafond, le troisième ouvre une trappe pour vider la salle. Cela me permettrait d'évacuer le corps, son corps.
La chambre de noyade ne pourrait pas être construire en une nuit, cela prendra des mois au vue de la taille de ma forteresse, une demi-année de temps en jeu en fait. J'ai fais de mon mieux pour éviter son regard mais désormais ma Reine est partout, errant sans cesse, toujours à me rappeler. Parfois elle déambule sur le site de construction. «Qu'est-ce que c'est que ça ?» murmure-t-elle à demi-coeur. Mais elle savait, elle savait... Tout comme elle savait qu'on allait frapper à la porte, elle savait.
Cela faisait trois mois que le chantier avait commencé que je réalisais que l'histoire ne pouvait pas se finir comme ça. Je ne pouvais pas enfermer ma Reine dans une pièce, la noyer et voir le reste de mes nains continuer leur vie, comme si c'était quelque chose de normal. Même si elle ne rendait volontairement, même si elle ne voyait aucun avenir et ne souhaitait rien d'autre que la mort, ce n'était pas juste. Alors j'ai écris une nouvelle fin. J'ai récolté de l'obsidienne, une des pierres les plus rares du jeu, qui l'était d'ailleurs tout autant à l'endroit où je me trouvais. J'allais la transformer en quelque chose de spécial. J'ai ordonné à mon meilleur artisan de sculpter une statue de l'ancien Roi, puis je l'ai déposée au milieu de la chambre de noyade. J'ai déplacé le deuxième interrupteur,celui qui remplira la salle d'eau, pour la mettre dans la main de la statue. Et voici ce qui se produira.
Un matin, un matin clair et ensoleillé, ma Reine se réveillera comme d'habitude et marchera jusqu'au cimetière. Là, elle enlèvera son alliance, la déposera sur la tombe de son mari et donnera à la pierre un doux baiser. Et finalement libérée de ce fardeau, elle marchera vers la chambre que j'avais construite. Dans la chambre elle se tiendra en face de la statue de son mari et la regardera dans les yeux. Elle se souviendra des plans qu'ils avaient fait pour cet endroit, leur maison. Elle pensera à sa vie avant ce cri et saura que le passé a vraiment existé, que même si l'histoire, leur histoire, était finie, elle avait été racontée, et c'était suffisant. Et elle sourira, enfin elle sourira. Elle n'entendra pas la porte se fermer derrière elle, elle n'y prêterait pas attention de toute façon. Elle ferme les yeux, elle étreint la statue, elle place sa main sur la sienne... Et ensuite...
La construction s'est terminée ce matin, il fait beau et ensoleillé, et ma Reine se réveille. Il est maintenant clair que je me suis engagé à faire cela, mais je ne suis pas tout à fait en paix avec ma décision. Et de toute façon, la forteresse est en difficulté. Quelque chose doit être fait. La statue est en place alors que la Reine se dirige vers la chambre, elle pénètre dans la pièce et je demande à un autre nain de verrouiller la porte. Il s'enfuit en courant après ça, comme s'il savait. Et là, en regardant sur une grille de texte de trois cases par trois représentant l'amour, la mort, le commencement et la fin, j'attends que la Reine, ma Reine, presse le bouton.
Elle ne presse pas le bouton. Elle pense. Elle continue de penser. Pourquoi continue-t-elle de penser ? Soudainement je le vois, il y a deux personnes dans la salle, elle n'est pas seule. «Arrêtez, arrêtez, quelque chose ne va pas.» Mes yeux se dirigent instinctivement vers la boîte de dialogue pour essayer de comprendre ce qu'il se passe.
Et voilà ce que je lis.
La Reine a donné naissance à une petite fille.
Impossible me dis-je, c'est impossible, elle est restée seule depuis la mort du Roi il y a... Neuf... Mois...
Oh mon dieu.
Elle ne peut pas le faire. Je ne peux pas le faire. J'ouvre la porte.
Trois mois de temps de jeu plus tard les étincelles, métaphoriques et tout aussi littérales, échappèrent à tout contrôle et la forteresse brûla. Tout le monde à l'intérieur mourut, la nouvelle Reine, l'ancienne Reine, sa petite fille de trois mois, tout le monde. «Je n'aurais rien pu faire» me dis-je alors que je jette un coup d'oeil à l'heure: trois heures du matin, puis au bouton d'arrêt de mon ordinateur. Je me lève, appuis sur le bouton et tout les plans que j'avais fais, les histoires que j'avais écrites, réduits une fois de plus à néant.
Oh et 
Allez aidez-moi svp ![]()
Les fautes ne sont pas importantes si tu lis, et j'aurais probablement du mal à corriger sans être tenté de remanier des phrases entières pour un gain pas forcément évident. ![]()
fake-edit : La partie qui présente le jeu est un putain de mensonge, c'en est presque révoltant. Je ris toujours de ces gens qui brandissent DF en prétendant que seulement y jouer est réservé à une sorte de pseudo-élite parmi les joueurs. Il est triste que ce soit devenu la réputation du jeu.