• De Jean-Stéphane Sauvaire
• Avec Tye Sheridan et Sean Penn
• Sortie le 3 avril 2024
• Synopsis:
Ollie Cross, jeune ambulancier de New York, fait équipe avec Gene Rutkovsky, un urgentiste expérimenté. Confronté à la violente réalité de leurs quotidiens, il découvre les risques d'un métier qui chaque jour ébranle ses certitudes et ne lui laisse aucun répit.
• https://youtu.be/-6uLyD3A0Vk?si=7LQGvxfc8rBJGweZ
Ça promet, non?
Les retours de Cannes étaient moyens, apparemment c'est assez grossier dans l'horreur et les symboliques chrétiennes, mais y'a Michael Pitt donc day one. Et c'est marrant qu'il ait pop si vite avec une date de sortie alors que pendant des mois on avait aucune info, et au début annoncé pour novembre 2023 de mémoire.
Je vais voir ça ce soir tiens !
Le livre qu'il adapte, 911, est très sympa. Bon apparemment c'est une adaptation très très libre

Actuellement en salle pour le voir, en espérant une belle surprise 
J'y vais vendredi soir, on verra bien ce que ça donne même si je le sens mal
Bon film qui laisse pas de marbre, je suis pas déçu, mais à ne pas mettre dans toutes les mains !!!
ça tire sur la longueur parfois sur la deuxième partie, le gros inconvénient je dirai c'est parfois la caméra épileptique avec le son trop fort dans certaines séquences, mais surtout les scènes de sexe franchement qui ne servent à rien à part faire du voyeurisme .
Le reste nickel, on s'engouffre dans les méandres de la misère humaine avec du crue, sans censure, film interdit au moins de 12 ans, mais pour moi ça devrait même monter à -16 ans.
Ce film c'est pas un genre de film divertissant, l'ironie du sort, c'est qu'on a envie d’oublier ce qu'on a vu pour pas penser et prendre en pleine face cette réalité qu'on côtoie de surface au quotidien, de très très loin.
Il faut pas mettre ce film à ceux qui ont vocation de devenir ambulancier (certes la vie au USA est bien plus violente qu'en France, enfin je ne sais plus si c'est trop vrai ou pas aujourd'hui), parce que je crois que les recrutements vont s'effondrer encore plus, déjà qu'on sait dans l'ordre général que c'est pas un métier facile.
du coup à la fin, le héro du film s'est suicidé avec les tâches de sang dans le métro et tout le reste qui a suivi ce n'est que son scénario fabriqué dans sa tête pour sa propre rédemption et de se dire qu'il a rien foiré et pas péter un plomb ? Sinon s'il est toujours en vie, j'ai pas compris, ça dit pas s'il a réussi ses études de médecines ou s'il continue d'être ambulancier et a accepter son sort et la réalité dure ?
le pauvre coéquipier au nom russe là, le vieux qui se suicide, perd sa femme, voit presque plus sa fille, pête les plombs lors de la scène du sauvetage du bébé de la femme accoucheuse, et se dit que ça sert tellement à rien d'essayer, que l'unique chance de le sauver c'est de le laisser mourir parce qu'il sait que le bébé vih ou pas dans l'absolu (avec une mère qui se dit clean mais on sait pas si on l'a croit sur parole ou pas) est condamné à une vie difficile où y a de grande chance en tant qu'ado ou adulte qu'il vend de la drogue ou guerre de gang, les mêmes personnes que les ambulanciers doivent sauver en cours de route car criblés de balles; l'ironie d'un cycle de vie destructif; avec la hiérarchie qui s'en battent les couilles tant qu'il y a pas des rapports qui les remettent en cause et que leur responsabilité soit pas touchée, ça touche direct au réel pour ceux et celles qui ont fait un job difficile au contact publique où tu peux même pas te défendre si la situation dégénère et que si tu l'oses, la direction se retourne contre toi pour te sanctionner, ça fout la haine !
Je crois que mon perso préféré c'est l'autre collègue là un peur barjo avec son rire de joker qui en a plus rien à foutre de tout, à croire comment une personne comme celle-ci peut rester parmi les ambulanciers alors qu'il a sa place dans un hôpital psy, et j'en suis sûr que certains se sont reconnus en lui et peuvent aussi péter un plomb comme lui
la scène de l'horreur dans la salle de bain avec le cadavre
et l'explication des "blacks flies" par son coéquipier mouches noires en français, et l'utilisation symbolique du son des mouches volantes dans certaines séquences pour annoncer la mort car elles le sentent venir bien avant les humains. Ce qui laisse penser que le héro s'est suicidé sous le train puisqu'il y avait le son ?
Sans spoil svp, mais Michael Pitt on le voit un peu dans le film ? Il est dans la distribution mais y'a pas un plan avec lui dans la BA. ![]()
Le 03 avril 2024 à 21:55:52 :
Sans spoil svp, mais Michael Pitt on le voit un peu dans le film ? Il est dans la distribution mais y'a pas un plan avec lui dans la BA.
Oui on le voit, et il fait pas que de la figuration (y a des séquences de films sur son personnage que j'adore, parce que il nous représente tous en quelque sorte, tu vas comprendre) il joue un rôle de miroir pour le personnage principal, comme une sorte de anti héro.
Ok cool, je l'adore mais ça fait dix ans qu'il est finito, enfin là on peut enfin le voir dans un film intéressant.
Bordel ça fout bien le cafard et ça explose les tympans. Pas du grand ciné pour moi mais c'est bien immersif. La violence de la société est palpable.
Film assez mauvais pour ma part, politiquement je le trouve hyper confus et franchement douteux sur pleins de points. Je vais le laisser reposer et écrire un avis plus détaillé car le film est quand même intéressant même dans ses défauts.
Le 03 avril 2024 à 21:35:54 :
Bon film qui laisse pas de marbre, je suis pas déçu, mais à ne pas mettre dans toutes les mains !!!ça tire sur la longueur parfois sur la deuxième partie, le gros inconvénient je dirai c'est parfois la caméra épileptique avec le son trop fort dans certaines séquences, mais surtout les scènes de sexe franchement qui ne servent à rien à part faire du voyeurisme .
Le reste nickel, on s'engouffre dans les méandres de la misère humaine avec du crue, sans censure, film interdit au moins de 12 ans, mais pour moi ça devrait même monter à -16 ans.
Ce film c'est pas un genre de film divertissant, l'ironie du sort, c'est qu'on a envie d’oublier ce qu'on a vu pour pas penser et prendre en pleine face cette réalité qu'on côtoie de surface au quotidien, de très très loin.
Il faut pas mettre ce film à ceux qui ont vocation de devenir ambulancier (certes la vie au USA est bien plus violente qu'en France, enfin je ne sais plus si c'est trop vrai ou pas aujourd'hui), parce que je crois que les recrutements vont s'effondrer encore plus, déjà qu'on sait dans l'ordre général que c'est pas un métier facile.
du coup à la fin, le héro du film s'est suicidé avec les tâches de sang dans le métro et tout le reste qui a suivi ce n'est que son scénario fabriqué dans sa tête pour sa propre rédemption et de se dire qu'il a rien foiré et pas péter un plomb ? Sinon s'il est toujours en vie, j'ai pas compris, ça dit pas s'il a réussi ses études de médecines ou s'il continue d'être ambulancier et a accepter son sort et la réalité dure ?
le pauvre coéquipier au nom russe là, le vieux qui se suicide, perd sa femme, voit presque plus sa fille, pête les plombs lors de la scène du sauvetage du bébé de la femme accoucheuse, et se dit que ça sert tellement à rien d'essayer, que l'unique chance de le sauver c'est de le laisser mourir parce qu'il sait que le bébé vih ou pas dans l'absolu (avec une mère qui se dit clean mais on sait pas si on l'a croit sur parole ou pas) est condamné à une vie difficile où y a de grande chance en tant qu'ado ou adulte qu'il vend de la drogue ou guerre de gang, les mêmes personnes que les ambulanciers doivent sauver en cours de route car criblés de balles; l'ironie d'un cycle de vie destructif; avec la hiérarchie qui s'en battent les couilles tant qu'il y a pas des rapports qui les remettent en cause et que leur responsabilité soit pas touchée, ça touche direct au réel pour ceux et celles qui ont fait un job difficile au contact publique où tu peux même pas te défendre si la situation dégénère et que si tu l'oses, la direction se retourne contre toi pour te sanctionner, ça fout la haine !
Je crois que mon perso préféré c'est l'autre collègue là un peur barjo avec son rire de joker qui en a plus rien à foutre de tout, à croire comment une personne comme celle-ci peut rester parmi les ambulanciers alors qu'il a sa place dans un hôpital psy, et j'en suis sûr que certains se sont reconnus en lui et peuvent aussi péter un plomb comme lui
la scène de l'horreur dans la salle de bain avec le cadavre
et l'explication des "blacks flies" par son coéquipier mouches noires en français, et l'utilisation symbolique du son des mouches volantes dans certaines séquences pour annoncer la mort car elles le sentent venir bien avant les humains. Ce qui laisse penser que le héro s'est suicidé sous le train puisqu'il y avait le son ?
Je vois pas ce qui suggère qu'il s'est suicidé, pour moi le bruit des mouches c'est juste pour symboliser la hantise de manière assez grossière
Maintenant que je connais Sauvaire, je peux voir que ce film condense tout ce qui pose problème dans ses deux premiers films, en appuyant le trait encore plus. Il a aussi, premièrement, les qualités de son cinéma, à savoir une âpreté et une brutalité qui n'est pas qu'un argument publicitaire un peu racoleur, le film parvient à ne pas sombrer complètement dans l'envie de représenter des choses de plus en plus dégueulasses, au contraire, il parvient plutôt bien à rendre ce que l'on voit à l'écran banal, où du moins à les rendre communs, y compris aux moments où l'on pourrait s'attendre à ce que le film lâche vraiment les chiens sur la violence graphique (le macchabée dans la baignoire), mais où justement il sait prendre de la retenu. Même s'il ne va pas vraiment à fond là-dedans, le film tend également à travailler une sorte de faux rythme, où les interventions s'enchaînent sans de progression dramatique claire, ni crescendo. La scène dans la laverie est super bien venue de ce côté-là, en montrant aussi que le métier, bien qu'il implique des rencontres étranges, ne mène pas que vers le drame. Cette monotonie et cette répétition permettent au film de déployer un discours politique simple et qui se passe de mots (très loin d'être une règle ici) : la violence subie se situe globalement du côté des pauvres, qui plus est dans des communautés issues de l'immigration.
Néanmoins j’émettrais une première critique quant à cela, ses représentations étant tout de même assez limitées, les personnes secourues étant tout de même plus ou moins dépeintes comme des sauvages, ce que je trouve pertinent en un sens, particulièrement dans la scène où Cross est impassible devant les insultes de la vieille femme dans l'ambulance, montrant bien la limite inhérente au secours apporté par les ambulanciers, qui ne peuvent jamais réellement apporter de solutions humaines, et débarquent équipés d'uniforme pour accomplir des manœuvres pragmatiques dans des quotidiens extrêmement difficiles. Je trouve qu'il aurait gagné à allonger davantage certaines scènes, quitte à montrer moins de choses, afin de rendre son discours moins caricatural, ce qu'il est parfois. La scène où il récupère l'homme blessé par balles illustre bien cela, on est censés voir que Cross commence à changer d'état d'esprit par rapport au métier, mais le passage est trop court pour véritablement créer un double discours, donc ce qu'on voit c'est simplement des gens - tous noirs - s'insurger et violenter Cross et son collègue. Je reste prudent quant aux procès fait au film car Johnny Mad Dog m'avait également mis le doute sur le racisme éventuel du film, mais il parvenait bien à se nuancer, mieux que celui-là, qui se raccroche aux branches in extremis dans son dernier mouvement. Même ressenti dans le passage avec les intégristes religieux, d'origine indienne je suppose, qui pour le coup est vraiment raté car stupidement court, ce qui le rend vraiment bête sur ce qu'il traite, n'ayant rien d'autre à montrer que les images que l'on a tous des témoins de Jéhovah et autre : "on donne pas de médicaments c'est la volonté de Dieu", sans plus, donc totalement bête et accessoire.
Ces différents soucis que j'ai avec la façon dont le film déploie son discours, plus qu'avec le discours en lui-même, s'expliquent aussi par l'échec quasi systématique des scènes qui sortent des interventions, et même des scènes de dialogue, si l'on va au bout du problème. En voyant les trois films de Sauvaire, ce qui est évident c'est qu'on a affaire à un type de l'action. Les meilleures scènes d'Une prière avant l'aube sont celles totalement muettes, ou limitées à des échanges vides de sens, soit par l'impossibilité factuelle de communication (barrière de la langue), soit par la répétition absurde de mots qui deviennent presque des bruits d'animaux. Johnny Mad Dog tombait un peu dans les travers de Black Flies dans la dernière scène, qui résumait bêtement ce que le film disait jusque là très bien sans dire un mot. Ici, les échanges entre Cross et Rut, Cross et LaFontaine (qu'est-ce qu'ils t'ont fait Michael ??), ou Cross et sa petite-amie sont tous assez indigents, si ce n'est incohérents, tous très clichés, illustratifs, et faisant doublons avec d'autres scènes vu auparavant. La scène où Cross et Rut se revoient après la seconde suspension de Rut est purement consternante, révélant également un gros problème de montage dans le film, Rut racontant ce qu'il a fait à Cross en le tournant comme une révélation alors qu'on a littéralement eu la scène de son point de vue quelques minutes avant. C'est un problème de point de vue, on ne peut pas éprouver le ressenti de Cross, vu que l'on a une longueur d'avance sur lui. Le film crée une distance avec le personnage que je ne comprends pas, car même si on prend cette de discussion sur un plan purement esthétique, c'est une rupture de ton avec une grammaire classique illustrant des dialogues accessoires. Son intérêt est narratif, mais on a déjà connaissance de tout ce qui se joue, vu que même la réaction de Cross n'a pas d'intérêt particulier. De leur côté, les scènes avec Michael Pitt sont censées nous dire quelque chose d'un glissement du personnage vers une zone grise, mais le film s'arrête avant que quoi que ce soit ne soit abouti, et ça ne me paraît pas de la subtilité de montrer qu'il s'agace un peu plus quand on le malmène alors qu'il essaie de porter secours à quelqu'un. L'absence de véritables scènes de vie privée empêche la compréhension de cette contamination progressive que l'on ne fait que deviner, ou qui prend des proportions stupides pour nous le faire comprendre (l'étranglement sérieux faut vraiment avoir seize ans pour écrire ça, il côtoie la violence donc en deux mois il devient un wifebeater). Idem avec les parasites sonores, si on oublie que c'est vu et revu, ça apparaît dans une scène ou deux, mais encore une fois aucune progression dramatique, aucune graduation, tout est toujours extrême du premier coup, on le voit bazarder ses affaires par la fenêtre sous le coup de la colère, et la scène d'après il dit à Rut qu'il vient de passer son concours et qu'il attend les résultats : ?. C'est juste fatiguant une écriture aussi caricaturale et qui se pose jamais la question de ce qui précède et suit, chaque scène semble autonome car c'est plus simple à faire, et quand il essaie de créer du liant dans son récit c'est avec du symbolisme qui ne fonctionne que par rimes et ne veut au final rien dire. Les bras qui deviennent des ailes la vie ou la mort, s'écraser ou s'envoler, ok, la baignoire... on sait pas trop, la mort ? Mais pour dire quoi derrière, aucune idée. Une prière avant l'aube était déjà gourmand sur les symboliques religieuses ronflantes, mais je pense que celui-ci est pire.
En somme un film sensoriel et visuel enrobé dans des couches d'éléments rendant le film vendable et ouvert, qui dans ce cas précis le parasitent complètement, faisant d'un récit simple et brut classique et finalement, gentil. Car ce que je reproche le plus au film, c'est d'être au final très conventionnel, de ne jamais quitter cette posture de saint donnée aux ambulanciers, de ne jamais vraiment franchir la ligne. Car c'est plus simple de se débarrasser de ton élément gris, de lui offrir un salut unanime en le rendant "injugeable", pour garder ton héros au comportement au pire critiquable, mais dont les conséquences de ses actes ne retombent au final que sur lui-même. De poser une question aussi intéressante que : si on a le choix de donner la mort, est-ce que parfois, oui, il faudrait la donner, pour conclure ton film sur une réponse claire, répondant parfaitement aux normes sociales, avec en prime un redorage de portrait histoire de convaincre les circonspects dans l'assemblée, tout étant fait pour nous rassurer dans nos avis, plutôt censés par ailleurs, sur ce qui est bien ou mal. Il faut sauver les bébés, évidemment, mais en plus si c'est une bonne mère, pas de raison. C'est nul, c'est con, c'est confortable.
Et je passe sur la copine du héros qui, littéralement dans toutes les scènes, ou se fait baiser ou s'occupe de son gosse. Et sur le gâchis de Katherine Waterston.
Je suis allé le voir car il était à Cannes et que le sujet m'intéressait mais je me rappelais des retours désastreux du festival. Je m'attendais donc vraiment à rien et c'est peut-être pour ça que j'ai bien aimé.
Je suis prêt à reconnaitre plein de défauts au film. C'est trop souligné, trop appuyé. Je suis gêné par le fait que chaque cas soit tragique (gang, femme battue etc.). Ils sont jamais appelés pour aller soigner la vieille qui est tombée dans l'escalier.
De plus, tous les gens qui font appel au service sont issus de minorités. C'est un peu étrange. Mais bon.
Le film gagnerait à être raccourci de 20 minutes peut-être également.
Mais... mais j'ai bien aimé. J'ai trouvé l'ambiance de ce NY nocturne très bien retranscrite. Il y a des séquences d'une brutalité et d'une efficacité folle. C'est très sensoriel. On est plongé dans ce capharnaum dans pouvoir en ressortir. Très peu moments de répis. La mise en scène est certes, too much, mais on ne peut ignorer son efficacité et qu'elle nous attrape sur notre fauteuil.
Bref, je trouve que les retours n'ont mis en avant que les défauts alors que le film a des qualités. C'est pas un film que je vais oublier en 2 jours quoi (d'ailleurs je l'ai vu y a une semaine déjà aha).
Voir l'entrevue du réal pour capture mag :
Film qui traume, Sean Penn surjoue a mort mais ça passe.
Sinon rien de transcendant, on s ennuie vite malgré des pic de tension avec les interventions ambulance .