Si l’histoire de cet interprète Afghan risquant sa vie pour sauver celle d’un sergent de l’US Army, grièvement blessé en territoire Taliban, était prometteuse (on pense un peu au méconnu « Windtalkers » de John Woo), la présence de Guy Ritchie aux commandes du projet avait de quoi susciter quelques inquiétudes. Sacrément prolifique, ces dernières années, pour des résultats bien inégaux, on était en droit de se demander s’il allait être en mesure, au delà du film d’action, de capturer cette belle histoire d’hommes. Pour cela, le réalisateur Britannique était tenu de soigner le casting de ses deux têtes d’affiche et, s’il joue la sécurité en confiant le rôle du sergent John Kinley au toujours impeccable Jake Gyllenhaal, le choix de Dar Salim pour interpréter Ahmed tient du coup de génie, l’acteur d’origine Irakienne portant, avec intensité, une bonne partie du long métrage sur ses épaules. Évitant le piège de sombrer dans le trop spectaculaire, « The Covenant » profite du côté réaliste de ses scènes d’action, sans oublier, dans les limites d’un film de deux heures, de développer la relation entre ses deux protagonistes. Un très bon cru du cinéaste, donc, à la limite de l’œuvre engagée, le long métrage rendant hommage, en filigrane, à ces centaines d’interprètes Afghans abandonnés à leur triste sort par l’Oncle Sam.