Blues
Le post-confinement à rebours, déjà daté, images déjà vieilles, mais canalisées dans un esprit fort, qui n'en dit rien mais fait le bilan calmement. Quasiment un suivi, ou un contre-rendu d'idées fragmentaires, rendant la chose hasardeuse, abstraite, mais libre, et finalement tellement condensé que digeste, avec néanmoins un sentiment de futilité du visionnage, mais aussi celui d'un privilège, tant l'on semble confrontés à des brouillons augmentés, des pages déchirées qui seraient passées dans l'écran. Le film est construit comme une série de propositions traduites en mise en scène, de sujets, d'idées, tout est vite balayé, et finalement rien ne se passe, et il n'y a qu'à voir pour qui veut, une politique du pourquoi pas ?
Il ne construit jamais son expérimentation, et ne fait pas de choix. Il n'exprime pas de discours vis-à-vis de tel ou tel sujet, il choisit de les représenter comme il le souhaite, et ne se pose jamais la question de la finalité d'un propos, ne bâtissant pas de réelle unité, rendant le film peut imposant malgré son utilisation de techniques très surprenantes, comme cette animation très réduite dans les détails, ou le stop motion avec les poupées. Ce qui pourrait être un geste radical est donné sans attente, donnant à l'ensemble un ton égal plus que monotone, où l'on peut apprécier voir Gaspard Ulliel réciter Trump ou enculer sa sœur et trouver les scènes avec les adolescentes complètement nulles, c'est selon, de toutes façons le film semble ignorer qu'il est vu, et c'est très bien comme ça, c'est hypnotique.