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TÁR - Todd Field

1critiquecinema
1critiquecinema
Niveau 4
12 mars 2023 à 23:29:44

:salut: à tous,

nouvelle analyse sur ma chaîne concentrée sur la femme de Tchaikovski et Tar, réunis par le hasard programmatique et dont les esthétiques respectives, pourtant contradictoires, se joignent sur la question existentielle de l'identité.

Lien ici :d) https://www.youtube.com/watch?v=Ha3WuhXtU9Q

EXTRAIT: La mission de cette main [celle de Lydia Tar] qui pénètre dans l’espace sacro-saint des croches et double-croches est paradoxale: elle doit intervenir tout en laissant intact l’œuvre originale , c-à-d à la fois toucher et ne pas toucher.
C’est précisément à cet état de fait quantique, qui n’est pas sans rappeler le paradoxe du bateau de Thésée,
que croit Antonina Tchaikovski dans la relation qui l’oppose à son mari. Si l’on craint qu’elle nuise à son
génie créateur, Antonina est quant à elle convaincue qu’elle peut et doit intervenir pour le révéler à lui-
même, son homosexualité que d’ailleurs ils refoulent tous deux, c-à-d à la fois le changer et ne pas le
changer.

Comme d'hab n'hésitez pas à faire vos retours, ici, sur la chaîne ou par mail. Bonne soirée!

EdnaTheXII
EdnaTheXII
Niveau 80
15 août 2023 à 12:41:57

Hier, dans mes rêves, j'ai vu ce que le cinéma avait de plus pénible à offrir, et ça s'appelait TÁR.

Sincèrement, j'aimerais que vous m'expliquiez ce que vous et la majorité des critiques (dythirambiques) avaient pu trouver à ce film. J'entend parler "d'études de personnages", "de rouages subtils sur les mécanismes du pouvoir", d'un "MeToo féminin"

Le film n'est rien de tout cela, parce que le film, disons-le n'est rien ou pas grand chose, ou un peu de tout et donc pas grand chose tout à la fois. Et il s'en vante. Et tout le monde prend son vide pour de l'épaisseur. J'ai lu vos messages, et même ceux qui ont aimé ont du mal à définir ce qu'ils y ont vu. On se contente généralement, dans ces cas-là, de dire que c'est "ambigu" (Ce qui devrait être une qualité à priori) mais c'est insultant pour l'ambiguïté elle-même.

Pour vous donner une idée de ce qu'est le film, le début laisse clairement entrapercevoir ce que ce sera. Et si je m'était écouté, j'aurais déjà coupé le film pour lancer autre chose, mais ce ne serait pas la première fois qu'un film commence "mal" à mes yeux et que je finisse par accrocher malgrés mes préjugés du début, alors je décide de continuer (Je précise quand même, j'ai tenu 2h avant d'arrêter, mais j'aimerais sincèrement qu'on me les rende tant jamais un film ne m'a donné cette impression d'avoir perdu mon temps ) (D'autant que la première image, Tar filmé en train de pioncer dans l'avion à travers le téléphone portable et la conversation est quand même intrigant, ça pour le coup, ça m'a fait resté )

Générique basique mais se voulant sophistiqué, Police d'ecriture classique du genre Arial, sur fond noir, parce qu'on est dans un film sérieux, de haut standing, et ça dure des plombes, et y'a une voix stridente sur le tout. Instinctivement, d'emblée, je me dis que ça pue.

Et le film s'ouvre sur cette scène de conférence-interview de TÁR (Vachement subtil pour introduire un personnage au spectateur, c'est de l'ordre de la lecture de Wikipedia) et enfin elle s'exprime. Et là, c'est une avalanche de name-dropping, d'anecdotes, de réflexion sur son art, son travail etc etc...

Et là j'ai compris ce que j'avais pressenti dés le générique : On est dans ce genre de films pour happy-few qui se flatte de mettre à distance son spectateur, qui se place au dessus de lui, qui dispense, comme un prof dans un cours magistral (Et je me dis que j'ai visiblement vu juste puisque c'est justement la scène qui suit) tant pis pour le profane, il n'avait qu'à s'y interesser de son coté avant de venir.

La mise en scène, pour tout le reste du film, est du même ordre. Sophistiqué, impersonnel, sans saveur, distante (J'imagine que c'est ça que les fans du films prennent pour de la "subtilité" et de "l'ambiguité", ce qui est en fait une absence de point de vue). Ca et là, quelques beaux cadres. Et la photo est belle, mais comme la mise en scène, sophistiqué mais sans âme.

Je me dis que c'est tout de même un problème quand ton film se tourne INTEGRALEMENT (il me semble qu'il n'y pas un plan/une scène ou Cate Blanchett n'est pas présente) autour d'un personnage dont l'existence est précisément motivé par la passion pour son art et son métier. Toute sa vie tourne autour de ça. Et c'est terne, sans éclat. (Tout le monde se branle sur la transition ou elle joue du piano cut et plan suivant ou elle anime l'orchestre et que ça éclate aux oreilles du spectateurs, j'trouve ça juste vulgaire perso)

Prenez un film très différent comme Whiplash, mais qui prend aussi la musique et la passion comme toile de fond, le feu qui anime le personnage de Miles Teller IRRADIE à chaque plan. On le sent, on le comprend, on le suit, on est porté par lui, comme lui est porté par la batterie, c'est incandescent.

TÁR, c'est l'extreme opposé, ah non madame, dans TÁR, on est sérieux. On est clinique, on est froid, raisonnable, intello, verbeux.

Je me demande bien par exemple, qui aurait envie de devenir chef d'orchestre après avoir vu TÁR ?

Mais peut être que ce n'est pas le sujet du film, que je me fourvoie, que le sujet, c'est "les mécaniques du pouvoir, l'abus"...

EdnaTheXII
EdnaTheXII
Niveau 80
15 août 2023 à 12:50:18

Alors qu'est-ce qu'on à sur ce sujet là :

TÁR a collaboré avec une autre artiste en devenir, elles se sont embrouillés, TÁR l'a descendu partout de sorte qu'elle puisse jamais travailler dans le secteur et ça l'a poussé jusqu'au suicide.

C'est tout. Je vous ai donné tout les élèments qu'on avait au compte goutte disséminés dans le film (de façon tout à fait hasardeuse, on en parle, puis plus pendant 25 minutes, puis on revient dessus) sur cette relation.

A coté de ça, on a une histoire interminable avec la jeune russe que TÁR propulse et qu'on sent bien que c'est pour des raisons extra-musical. (Todd Fields nous fait à 2 ou 3 reprises un plan ou la compagne de Tar surprend les especes d'oeillades entre les deux pendant les séquences d'orchestres... Sauf que c'est jamais suivi d'effet, on la voit jamais demander à TÁR ce qu'il peut bien se passer, TOUT EST COMME CA DANS CE FILM)

Et puis vaguement, TÁR qui se débarasse de Sebastian, dont je comprend pas trop la place dans l'orchestre.

J'ai à peu prés résumé ce qu'il en était pour le film sur "le pouvoir et ses abus"

Ah et dernière chose aussi, alors ça, si y'a une âme charitable qui veut bien m'expliquer, je suis preneur... (Message suivant)

EdnaTheXII
EdnaTheXII
Niveau 80
15 août 2023 à 12:57:45

Plusieurs scènes ont lieu, mais n'ont aucune continuité dans le film et ne recouvre aucun sens à mes yeux :

- Les multiples scènes ou TÁR pensent entendre quelque chose quand elle est chez elle, la scène ou elle entend le métronome dans l'armoire la nuit, et la scène ou elle fait son jogging, entend des hurlements de femme, tente de chercher d'ou ça provient... Et cut sur la scène suivante et on y revient jamais. Un fan du film capable de m'expliquer ce qu'on est censé voir là dedans ?

- La scène ou TÁR raccompagne Olga en voiture, puis tente de la rejoindre pour lui donner une peluche, elle se retrouve en train d'errer dans un couloir avec de l'eau au sol, un chien grogne au bout du couloir, elle prend peur, s'enfuit et se casse la gueule dans l'escalier. (Ridicule putain) Et le film reprend son cours comme si de rien n'était. On sait pas ou est passé Olga, TÁR n'a pas l'air de se le demander non plus, on comprend pas la scène, on comprend pas la présence du chien.

Je vous assure, ça a était pour moi uns des films les plus insupportables que j'ai vu récemment, et ça incarne à peu prés tout ce que je peux detester au cinéma. Ca faisait longtemps que j'avais pas arrêté un film en cours de route. C'était vraiment pénible.

Pouerte6
Pouerte6
Niveau 52
01 janvier 2024 à 17:03:30

Très bon film, une bonne surprise.
J'ai surtout aimé la manière dont les gens se battent pour des postes. C'est très réaliste, c'est exactement ça, c'est fait avec beaucoup de subtilité.

Ce qui est vrai dans la musique l'est dans tous les postes où les offres sont en sous nombre et à haute valeur sociale mais avec énormément de demande. C'est représentatif de certain milieu, être bon ne suffit pas, il faut aussi savoir intriguer, manoeuvrer, proposer quelque chose de l'époque ou vendeur.

Le personnage de la russette illustre bien l'époque, elle est charmante, sait se faire remarquer, en plus d'être douée. Puis lorsque Tàr commence à vaciller, tu la vois s'éloigner. Idem avec son assistante qui probablement la méprisait en secret, suffit de voir le dialogue au début dans la voiture.

OGrandRutten
OGrandRutten
Niveau 55
02 janvier 2024 à 21:01:48

Le 15 août 2023 à 12:57:45 :
Plusieurs scènes ont lieu, mais n'ont aucune continuité dans le film et ne recouvre aucun sens à mes yeux :

- Les multiples scènes ou TÁR pensent entendre quelque chose quand elle est chez elle, la scène ou elle entend le métronome dans l'armoire la nuit, et la scène ou elle fait son jogging, entend des hurlements de femme, tente de chercher d'ou ça provient... Et cut sur la scène suivante et on y revient jamais. Un fan du film capable de m'expliquer ce qu'on est censé voir là dedans ?

- La scène ou TÁR raccompagne Olga en voiture, puis tente de la rejoindre pour lui donner une peluche, elle se retrouve en train d'errer dans un couloir avec de l'eau au sol, un chien grogne au bout du couloir, elle prend peur, s'enfuit et se casse la gueule dans l'escalier. (Ridicule putain) Et le film reprend son cours comme si de rien n'était. On sait pas ou est passé Olga, TÁR n'a pas l'air de se le demander non plus, on comprend pas la scène, on comprend pas la présence du chien.

Je vous assure, ça a était pour moi uns des films les plus insupportables que j'ai vu récemment, et ça incarne à peu prés tout ce que je peux detester au cinéma. Ca faisait longtemps que j'avais pas arrêté un film en cours de route. C'était vraiment pénible.

Non, c'est de l'ésotérisme low cost histoire de faire chic, la totalité des gens qui ont aimé le film avec qui j'ai pu discuter n'ont aucune réponse a donner sur l'intrusion de l'étrange (et je suis le premier à vouloir qu'un film ne se livre pas totalement, m'enfin là..).
On est clairement sur un film qui se donne un genre..

Pouerte6
Pouerte6
Niveau 52
02 janvier 2024 à 21:25:14

Rien à voir, la fille qui crie c'est sans doute parce qu'elle se fait violer par un migrant, j'ai trouvé ça très naturaliste et tout cas c'est comme ça que j'ai compris la scène, même chose avec le squat de la russe. Tàr est devenu tellement immense, tellement puissance, tellement brillante par son poste qu'on nous montre qu'il existe un monde à côté et dont elle est complètement désarmée, elle est un "robot" et s'en rend compte lorsqu'elle visionne une cassette. J'ai trouvé la fin magnifique car c'est une belle conclusion, elle trouve enfin un lieu où elle peut s'épanouir sans avoir à intriguer et atteindre la sagesse. J'attends la suite avec Tàr 2.

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