Comment remettre au goût du jour le Red Dust de Victor Fleming, sorti vingt ans plus tôt ? En troquant le noir et blanc par la couleur, l'Indochine française par le Kenya, Jean Harlow et Mary Astor par Ava Gardner et Grace Kelly et enfin Clark Gable par... Clark Gable, parce que l'on ne remplace pas Clark Gable (même vingt ans plus vieux).
Et pourquoi pas, après tout. Moi ça me va très bien : à la jungle vietnamienne je préfère de loin la cambrousse africaine et à Jean Harlow je préfère largement Ava Gardner (qui fait quand même moins putain). Et puisque le film raconte – à deux ou trois péripéties inédites (et inutiles) près – exactement la même chose que l'original, pourquoi se priver...
Parce qu'en plus, savane kenyane oblige, le film joue la carte safari à fond et s'autorise à nous caser plein d'animaux (de mémoire : rhinocéros, impalas, éléphants, hippopotames, gorilles, panthère – je crois les avoir tous cités), là où l'original était bien plus avare sur le sujet (la jungle indochinoise doit moins faire rêver – surtout lorsque reconstituée en studio). Forcément, c'est plus spectaculaire que la fabrique de caoutchouc de Red Dust...
Puis le charme de ces plans semblant tout droit sortis de documentaires animaliers, sur lesquels sont parfois superposés nos héros... j'ai l'impression de regarder un Tarzan des années 30, c'est assez irrésistible. Maintenant est-ce que tous ces animaux justifient de rallonger le film de vingt-cinq minutes de plus que son aîné, je ne sais pas, mais c'est sympa. En tout cas bien plus que le domestique chinois bouffon de l'original (personnage ici passé à la trappe).
Bref. Un remake tout à fait honnête. Plus prude, hélas, mais honnête.