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Liste des sujets

Armageddon Time - James Gray

Serval94
Serval94
Niveau 74
10 novembre 2022 à 15:49:41

J'ai fait virer une prof qui était raciste avec un élève arabe. Du coup j'ai toujours eu conscience du privilège blanc.

https://image.noelshack.com/fichiers/2021/31/2/1628011298-oss117-mrc-29.png

beaurainville62
beaurainville62
Niveau 43
10 novembre 2022 à 15:54:46

Le 10 novembre 2022 à 15:49:41 :

J'ai fait virer une prof qui était raciste avec un élève arabe. Du coup j'ai toujours eu conscience du privilège blanc.

https://image.noelshack.com/fichiers/2021/31/2/1628011298-oss117-mrc-29.png

https://image.noelshack.com/fichiers/2017/39/3/1506524542-ruth-perplexev2.png

RamiValak
RamiValak
Niveau 41
10 novembre 2022 à 16:16:01

Le 10 novembre 2022 à 14:58:10 :
Je viens de voir le film. Ca m'a pas mal touché parce que je me suis reconnu dans le gosse. Il joue vraiment bien par ailleurs. C'est un peu l'Antoine Doinel de James Gray.

Je suis allé à l'écolé publique et j'étais pote avec des arabes qui subissait le racisme de certains profs. J'ai fait virer une prof qui était raciste avec un élève arabe. Du coup j'ai toujours eu conscience du privilège blanc.

A New-York à cette époque ça devait être beaucoup plus flagrant. Et même si les Steinowitz subissait un certains rejet de la part des américains c'était beaucoup moins fort que les noirs je pense. Le fait qu'il soit blanc les sauvait. Un peu comme les réfugiés ukrainiens.

Dommage par contre que James Gray veuille trop nous expliquer explicitement que le racisme c'est mal. On le sait pas besoin d'en rajouter je pense.

La réalisation est sobre mais efficace. La lumière est parfaite et on se sent vraiment dans le New-York des années 80.

Dans l'ensemble le film est bon mais ça manque un peu de fulgurance je trouve. Il y en avait plus dans les 400 coups de Truffaut.

Je suis d'accord que c'est pas hyper subtil au début, la scène d'intro dans la salle de classe elle te dit 10 fois la même chose en 5 minutes, mais ça s'améliore après je trouve.
:rire: le flex d'avoir fait tej le prof raciste, GG en vrai.

Pseudo supprimé
Pseudo supprimé 10 novembre 2022 à 20:23:52

Le 09 novembre 2022 à 22:40:17 :
Et, pour clore le débat plus haut : pétez un coup, le film ne parle absolument pas de privilège blanc, mais bien de privilège plombier. :oui:

Ceci

Le 09 novembre 2022 à 23:51:29 :

On a d'ailleurs une scène ou 2 noirs voient d'un mauvais oeil l'un des leurs trainer avec un petit blanc.

Cette scène c’est surtout la voie de la raison, la grosse claque de réalité qui ramène le proto-astronaute sur terre.

Le 10 novembre 2022 à 00:31:43 :
Et je suis pas d'accord pour moi le film parle clairement de privilège blanc, mais le génie du film c'est de montrer que la société dépend de beaucoup d'autres facteurs, et c'est rare de voir un film aussi limpide tout en étant extrêmement complexe sur les raisons de la destruction d'un corps social, comment chacun est tellement opprimé qu'il en vient à se battre pour le peu de privilèges qu'il a.

Cela. J'ai trouvé que le traitement du racisme et du privilège blanc étaient un peu décorrélés. Le racisme est un vieux sujet, et Gray le traite frontalement (dès la première scène en effet), alors que le privilège blanc, notion popularisée plus récemment, est plus sous-jacent, il le met en pratique sans trop le commenter. (Le Dernier Duel faisait un peu la même chose avec la culture du viol)

Bien aimé le jugement radical sur certaines personnalités politiques, Jessica Chastain est délicieusement antipathique en quelques secondes, merci à elle.
Bien aimé la façon dont Gray gère tous ses personnages, avec les 3 figures parentales qui ont toutes l’occasion de montrer ce qu’elles ont de meilleur, et un fil rouge, l’amitié entre les deux gamins, et une émotion qu’il ne perd jamais.

Cela dit, ça se traîne un petit peu par moment, ça avance par à-coups, et la photo est parfois vachement sombre, mais ça doit être un problème de projection, Darius Khondji... :(

J’ai pas pleuré mais c’est uniquement parce que j’ai pas voulu :fier:

Tinlicker
Tinlicker
Niveau 46
11 novembre 2022 à 01:21:06

ca n'existe pas ces délires de privilèges blancs, c'est juste un terme a la mode. Un pays qui discrimine une race en particulier ca s'appelle du racisme. Le "privilège" est juste ce qui découle d'une majorité qui domine une minorité. C'est un concept universel, pas propre a la race blanche.

RamiValak
RamiValak
Niveau 41
11 novembre 2022 à 01:35:24

Le 11 novembre 2022 à 01:21:06 :
ca n'existe pas ces délires de privilèges blancs, c'est juste un terme a la mode. Un pays qui discrimine une race en particulier ca s'appelle du racisme. Le "privilège" est juste ce qui découle d'une majorité qui domine une minorité. C'est un concept universel, pas propre a la race blanche.

Va voir le film l'opax, tu verras que tu dis de la merde et tu toucheras l'herbe.

Pseudo supprimé
Pseudo supprimé 11 novembre 2022 à 09:17:22

Le 11 novembre 2022 à 01:21:06 :
ca n'existe pas ces délires de privilèges blancs, c'est juste un terme a la mode. Un pays qui discrimine une race en particulier ca s'appelle du racisme. Le "privilège" est juste ce qui découle d'une majorité qui domine une minorité. C'est un concept universel, pas propre a la race blanche.

Un blanc sera discriminé s'il vit dans un quartier en majorité noir

Pseudo supprimé
Pseudo supprimé 11 novembre 2022 à 09:57:28

Le 11 novembre 2022 à 01:21:06 :
ca n'existe pas ces délires de privilèges blancs, c'est juste un terme a la mode. Un pays qui discrimine une race en particulier ca s'appelle du racisme. Le "privilège" est juste ce qui découle d'une majorité qui domine une minorité. C'est un concept universel, pas propre a la race blanche.

Si tu veux mais là on va partir sur un débat sémantique un peu chiant. Perso j'ai rien lu sur le sujet mais Gray en parlait en interview donc je me base là-dessus aussi.
En l'occurrence, le film se déroule dans un milieu, une époque où la majorité de la population est blanche, et c'est encore plus le cas du côté de ceux qui ont une forme de pouvoir : les politiques, la police, l'école.
D'ailleurs, on voit bien que c'est un peu plus complexe avec la famille juive du héro, qui n'ont pas le même statut que les autres blancs.

EDIT : je vois que ça a déjà été débattu pages précédentes, donc flemme un peu.

Message édité le 11 novembre 2022 à 10:02:05 par Pseudo supprimé
Serval94
Serval94
Niveau 74
11 novembre 2022 à 12:19:41

Petite interview de Jimmy :

(TW : privilège blanc, hiver nucléaire, bon cinéma)

Armageddon Time appartient à cette veine de films autobiographiques où un cinéaste quinquagénaire se penche sur son enfance. C’est presque un genre en soi…

Disons "semi-autobiographique" plutôt que "autobiographique". Ou "personnel", c’est encore mieux. Par ailleurs, je trouve un grand nombre de ces films vraiment bidons ! Totalement dépourvus d’âme. Le risque, quand on se lance dans ce genre de projet, c’est d’être trop indulgent avec soi-même. J’ai essayé au contraire d’être le plus honnête possible, vis-à-vis de moi, de mes proches, de mon monde.

A quel moment ces souvenirs qui forment la trame du film ont-ils commencé à refaire surface ? La présidence de Donald Trump a forcément quelque chose à voir avec votre envie de raconter vos années dans une école dirigée par sa famille…

Oui et non. Il y a quelques années, mes enfants m’ont dit qu’ils avaient envie de voir la maison où j’avais grandi. Nous sommes donc allés y faire un tour. Elle n’était plus tout à fait la même que celle que j’avais connue, mais on pouvait encore voir des vestiges du passage de notre famille. Par exemple des traces, sur les murs, de la bombe de peinture que j’utilisais pour mes modèles réduits… J’ai commencé à repenser à tous ces repas de famille, qui étaient si importants pour nous, avec mes parents, mes grands-parents, mon grand-oncle et ma grand-tante. Plus aucun d’entre eux n’est vivant désormais, ils sont tous partis, ils sont comme des fantômes. Puis je suis parti à Paris mettre en scène Les Noces de Figaro, Trump venait d’être élu et ça me faisait vraiment peur, sans parler du sentiment d’humiliation que je ressentais en tant qu’Américain vis-à-vis de mes amis européens. Le soir, dans mon appartement parisien, seul, loin de ma famille, je repensais à ces fantômes, à mon ancienne maison… L’histoire d’Armageddon Time a commencé à prendre forme. La première fois que j’ai parlé du projet à Darius Khondji (le directeur de la photographie du film - ndlr), je lui ai dit : on va raconter une histoire de fantômes.

Vous parlez dans le film d’un moment très précis de votre enfance, d'une histoire très intime, mais vous l’associez à un tournant majeur de l’histoire américaine…

Le film s’appelle Armageddon Time parce que l’élection de Reagan donnait un sentiment de fin du monde. On pensait vraiment qu’il allait lancer les missiles nucléaires. 1980 a été un tournant politique, culturel. Mohammed Ali, qui était l’un de mes héros, a perdu un combat de façon très humiliante, contre Larry Holmes. John Lennon, un autre héros, a été assassiné... La culture et la politique changeaient à toute vitesse. En un clin d’œil, les Etats-Unis sont devenus un pays très différent de ce qu’ils étaient l’instant d’avant.

Vous soulignez surtout qu’il y a eu une sorte de "dissociation", au début des années 80, entre la communauté juive et la communauté afro-américaine, l’une rejoignant le mainstream, l’autre restant dans la marge…

Oui, même si je n’ai jamais pensé le film comme portant sur la question raciale. Le vrai sujet, c’est la classe, cette idée de privilège. Et les différents degrés de privilège. Disons qu’il y a le privilège blanc, et le privilège blanc sous stéroïdes ! Celui-ci est représenté dans le film par Maryanne Trump (sœur de Donald, jouée par Jessica Chastain), qui explique qu’elle s’est battue pour arriver là où elle est... Battue ? Quelle blague ! Sa famille pèse 400 millions de dollars ! Mais au-delà de ça, je ne peux pas prétendre parler de l’expérience noire américaine avec une quelconque intelligence. Je serais un trou du cul si je faisais ça ! Je ne peux parler que de mon microcosme. Avec cette idée, qui ne me quitte jamais, que c’est dans le microcosme personnel, dans l’intime, que naissent l’histoire et le mythe.

Armageddon Time marque votre retour à New York, après un film dans la jungle (The Lost City of Z) et un autre dans le cosmos (Ad Astra). Tourner loin de votre territoire habituel, c’était pour tenter de devenir un autre réalisateur, ou pour voir si vous étiez le même réalisateur sous d’autres latitudes ?

Je ne pense pas être devenu un autre réalisateur, ni même avoir essayé de le devenir. Mais disons que j’ai voulu changer d’air parce que je trouverais ça ennuyeux de faire encore et toujours le même film… Par ailleurs, je sais qu'on est condamné à faire toujours le même film ! On revisite toujours les mêmes thèmes, on a toujours le même goût. Ça ne m’empêche pas d’avoir envie de me dépasser. De grandir, de devenir un meilleur artiste. C’est ce que j’essayais de faire en tentant ces expériences. Je me suis parfois déçu en tant que cinéaste. J’essaye d’être un meilleur réalisateur, plus personnel, plus direct, plus honnête, plus généreux avec les acteurs. Je ne sais pas si j’y suis parvenu, mais c’était ce que j’essayais de faire !

A quel moment vous êtes-vous déçu ?

Je ne m’en rends compte qu’a posteriori. Ça n’a rien à voir avec le fait de savoir si les gens ont aimé mon travail ou pas. C’est plutôt lié au sentiment d’avoir réussi ou non à immerger émotionnellement les spectateurs dans mon film. Je me fais la plus haute idée possible du drame, je veux qu’il contienne toute l’ampleur de l’expérience humaine, la tendresse et l’amour et la rage et la colère et le danger et la beauté... C’est impossible à atteindre, mais ça ne m’empêche pas d’être déçu quand j’échoue. Avec Two Lovers, j’avais essayé de faire le film le plus honnête possible sur le désir, mais je crois qu’il n’a pas été bien compris à l’époque. Pareil pour The Lost City of Z, dont la fin irrésolue a désarçonné beaucoup de monde. Moi je l’aime, cette fin, mais les gens n’y ont pas réagi très favorablement.

Dans Armageddon Time, vous postulez que le monde dans lequel on vit aujourd’hui a été inventé au début des années 1980. Vous diriez que 1980 et 2022, c’est la même chose, le même monde ?

L’élection de Reagan a changé la donne. Il a clairement pavé la voie à quelqu’un comme Trump. Ça a sonné le glas, au moins aux Etats-Unis, d’un gouvernement dédié à l’idée d’égalité. Reagan a vraiment érigé la cupidité comme une forme de vertu et a permis le déchaînement d’un capitalisme débridé qui a entraîné des inégalités terribles, qui déchirent le pays aujourd’hui. Au-delà de ça, je ne pense pas que les gens ont vraiment changé, non. Quand on va voir une pièce de Shakespeare, ou qu’on lit un roman de Dostoïevski, est-ce qu’il y est question de choses très éloignées de nous, qui nous sont incompréhensibles ? Pas vraiment. On revit et on raconte les mêmes histoires, encore et encore. En ce qui concerne le monde occidental en tout cas, on peut dire que les Grecs avaient tout compris dès le début.

https://www.premiere.fr/Cinema/News-Cinema/James-Gray-J-ai-concu-Armageddon-Time-comme-une-histoire-de-fantomes

Borovnica
Borovnica
Niveau 65
11 novembre 2022 à 15:17:26

Toujours aussi mal à l'aise avec les semi-autobiographies :-(

Autant le traitement de la politique laisse à désirer, Gray tire son épingle avec la discrimination envers les "lents", reste à savoir s'il voulait l'inclure dans la montée de l'inhumanité dans l'éducation américaine ...

Nicolas_98
Nicolas_98
Niveau 40
11 novembre 2022 à 17:11:44

C’est marrant, il est ce qu’il dénonce. Il me semble bien auto-centré et pense que tout a commencé lors de son enfance. C’est ridicule et peu subtil.

RamiValak
RamiValak
Niveau 41
11 novembre 2022 à 17:37:56

Le 11 novembre 2022 à 17:11:44 :
C’est marrant, il est ce qu’il dénonce. Il me semble bien auto-centré et pense que tout a commencé lors de son enfance. C’est ridicule et peu subtil.

Khey t'as vu le film ? Le grand père il sert littéralement à ça : dire que la discrimination aux États-Unis s'entretient et touche les vagues d'immigration qui se succèdent.

Nicolas_98
Nicolas_98
Niveau 40
11 novembre 2022 à 17:46:11

Le 11 novembre 2022 à 17:37:56 :

Le 11 novembre 2022 à 17:11:44 :
C’est marrant, il est ce qu’il dénonce. Il me semble bien auto-centré et pense que tout a commencé lors de son enfance. C’est ridicule et peu subtil.

Khey t'as vu le film ? Le grand père il sert littéralement à ça : dire que la discrimination aux États-Unis s'entretient et touche les vagues d'immigration qui se succèdent.

Non je n’ai pas encore vu le film et je pars pour l’aimer, j’adore Gray mais son interview est ridicule.

Nicolas_98
Nicolas_98
Niveau 40
11 novembre 2022 à 17:50:27

« Trump venait d’être élu et ça me faisait vraiment peur, sans parler du sentiment d’humiliation que je ressentais en tant qu’Américain vis-à-vis de mes amis européens. »

« Le film s’appelle Armageddon Time parce que l’élection de Reagan donnait un sentiment de fin du monde. On pensait vraiment qu’il allait lancer les missiles nucléaires. 1980 a été un tournant politique, culturel. Mohammed Ali, qui était l’un de mes héros, a perdu un combat de façon très humiliante, contre Larry Holmes. John Lennon, un autre héros, a été assassiné... La culture et la politique changeaient à toute vitesse. En un clin d’œil, les Etats-Unis sont devenus un pays très différent de ce qu’ils étaient l’instant d’avant. »

« L’élection de Reagan a changé la donne. Il a clairement pavé la voie à quelqu’un comme Trump. Ça a sonné le glas, au moins aux Etats-Unis, d’un gouvernement dédié à l’idée d’égalité. Reagan a vraiment érigé la cupidité comme une forme de vertu et a permis le déchaînement d’un capitalisme débridé qui a entraîné des inégalités terribles, qui déchirent le pays aujourd’hui. »

Méchant Trump, méchant Reagan. Avant c’était bien, ma jeunesse ça allait puis pendant mon adolescence c’est devenu de pire en pire jusqu’à aujourd’hui, bouhou j’ai peur et je m’auto-flagelle.

Je le répète, je l’aime bien Gray mais reste normal mec.

JohnMcCabe
JohnMcCabe
Niveau 9
11 novembre 2022 à 19:10:45

J'ai une questio concernant sa famille dans le film, ils utilisent le terme"goy" ? :question:

coolraoulcool
coolraoulcool
Niveau 9
11 novembre 2022 à 22:23:22

Beau moment de cinéma. La première séquence du film résume ce que le film va nous dérouler : des écoliers américains, le dessin d'un enfant moqueur envers son professeur, une amitié qui se crée, ce professeur qui fait preuve d'un degré de tolérance variable selon la couleur de peau de l'enfant turbulent. Les thématiques de Armaggedon Time sont déjà abordées dès ce moment là.

Ce que j'ai trouvé fort dans le film c'est qu'il est très singulier et personnel dans la forme, en étant profondément universel dans le fond. James Gray nous raconte le parcours de vie d'une famille, issue de la classe moyenne, à New-York, en 1980. À ce moment précis cette famille à son histoire, un exil d'Ukraine et l'appartenance à la communauté juives; ses rêves : devenir artiste, s'ancrer durablement dans la société américaine et offrir ce qu'il y a des mieux à sa descendance ; ses problèmes : les bêtises et les difficultés scolaires de Paul, la maladie du grand-père; et son quotidien : beaucoup d'amour, une relation entre Paul et son grand-père très forte, des repas animés... Le film va mettre en parallèle ses éléments avec un contexte social et politique aux États-Unis rude pour les afro américains qui sont victimes de racisme.

On vit chaque événement du point de vue de Paul, l'enfant. L'amitié entre les enfants Paul et Jhonny va mettre en exergue les problématiques de racisme qui gravitent autour d'eux. Jhonny est confronté à des situations et des paroles très dures, qui vont indirectement impacter son ami Paul. Le film questionne notamment la façon dont des enfants, pleins de rêves et de malice, reçoivent et subissent à la fois des injustices et son incompris par les adultes.

Le rôle des grand-parents et des parents est essentiel dans l'évolution du personnage de Paul, j'ai été particulièrement touché par le grand-père qui est celui qui comprend le mieux son petit fils. Anthony Hopkins est très bon dans ce rôle, on oublie qu'il est acteur j'avais juste l'impression d'avoir un grand-père aimant à l'écran.

La communication avec son père est plus difficile, qui est un personnage assez compliqué à appréhender. Dès lors qu'il se livre sur son métier de plombier et le rapport vis-à-vis de sa belle famille sur son métier, on comprend que c'est un homme en souffrance. Il est dur avec Paul car lui-même a souffert de sa situation, il ne veut pas que la même chose arrive à son fils. D'ailleurs le face à face père fils dans la voiture est d'un grand pessimisme (le film est globalement pessimiste). J'ai trouvé ça tellement cru et dur de dire à un gosse que certes son ami a subit une injustice mais tant pis c'est la vie, il y pourra rien et il faut faire avec et se concentrer sur lui-même. Finalement étant donné la vie du père, cela est compréhensible qu'il tienne ce discours. Contrairement au grand-père, lors du décollage de la fusée, qui tient des propos totalement différents sur la conduite à tenir lorsqu'on est témoin d'injustice. Superbe scène, la photographie est sublime.

La famille et le rôle du père occupent une place importante, comme souvent chez James Gray. On retrouve dans Armaggedon Time un dilemme qui s'offre à Paul et qui m'a fait penser à la fin de Two Lovers : rester souder et faire confiance à sa famille pour son avenir ou bien prendre la fuite.

Ici Paul a tenté de fuir, finalement sa fuite restera un rêve sous forme de vignettes pendant que Jhonny se fait coffrer. La scène est très belle, lorsque l'on voit des images apparaîtres dans l'imaginaire de Paul avec les 2 gamins en Floride. L'un en train de peindre sur la plage, l'autre devenu d'astronaute.

Armaggedon Time m'a fait penser à Licorice Pizza vis-à-vis de son rapport à une époque et sa jeunesse. On sent une tendresse similaire dans les 2 films. Mohamed Ali, les Beatles, ou encore le flipper sont des objets et des marqueurs d'une époques qui font sens dans le film et dans l'histoire qu'on nous raconte.

Ad Astra reste toujours le plus beau film de James Gray pour moi, celui-ci s'en rapproche :hap:

coolraoulcool
coolraoulcool
Niveau 9
11 novembre 2022 à 22:27:57

J'ai oublié de dire que Anne Hathaway est magnifique en milf :hap:

Elle et Caitriona Balfe la maman milf dans Belfast nous ont gâté cette année :bave:

RamiValak
RamiValak
Niveau 41
11 novembre 2022 à 22:44:26

Le 11 novembre 2022 à 17:50:27 :
« Trump venait d’être élu et ça me faisait vraiment peur, sans parler du sentiment d’humiliation que je ressentais en tant qu’Américain vis-à-vis de mes amis européens. »

« Le film s’appelle Armageddon Time parce que l’élection de Reagan donnait un sentiment de fin du monde. On pensait vraiment qu’il allait lancer les missiles nucléaires. 1980 a été un tournant politique, culturel. Mohammed Ali, qui était l’un de mes héros, a perdu un combat de façon très humiliante, contre Larry Holmes. John Lennon, un autre héros, a été assassiné... La culture et la politique changeaient à toute vitesse. En un clin d’œil, les Etats-Unis sont devenus un pays très différent de ce qu’ils étaient l’instant d’avant. »

« L’élection de Reagan a changé la donne. Il a clairement pavé la voie à quelqu’un comme Trump. Ça a sonné le glas, au moins aux Etats-Unis, d’un gouvernement dédié à l’idée d’égalité. Reagan a vraiment érigé la cupidité comme une forme de vertu et a permis le déchaînement d’un capitalisme débridé qui a entraîné des inégalités terribles, qui déchirent le pays aujourd’hui. »

Méchant Trump, méchant Reagan. Avant c’était bien, ma jeunesse ça allait puis pendant mon adolescence c’est devenu de pire en pire jusqu’à aujourd’hui, bouhou j’ai peur et je m’auto-flagelle.

Je le répète, je l’aime bien Gray mais reste normal mec.

Parle quand t'auras vu le film l'opax.

Le 11 novembre 2022 à 22:27:57 :

>J'ai oublié de dire que Anne Hathaway est magnifique en milf :hap:

Elle et Caitriona Balfe la maman milf dans Belfast nous ont gâté cette année :bave:

Horny jail. :sors:

RamiValak
RamiValak
Niveau 41
11 novembre 2022 à 22:45:06

Les Blancs, nous et eux

Sous couvert d'un récit plus ou moins autobiographique, on a là affaire à un discours politique extrêmement complexe dans les rapports humains qu'il tente d'expliquer. Passé une introduction franchement bête où on nous montre le racisme de la même façon cinq fois de suite, l'ensemble va s'affiner au fur et à mesure, et ne va s'arrêter devant aucune contradiction, en prenant en compte les variations, chaque sous-classe, responsables de cette lutte perpétuelle, quand chacun a quelque chose à défendre.
Bien qu'ancré dans l'époque qu'il dépeint, Gray montre que la pensée politique est un flot continu, et qu'il n'y a pas de tournant, très bien illustré par la famille Trump, présente dans le film à différents échelons, démontrant que le choc de 2016 n'est au final que le résultat de la croissance d'un germe bien plus daté, bien plus daté que 1980 par ailleurs, comme le montre le discours du grand-père : les États-Unis fonctionnent selon un renouvellement de la classe prolétaire par des vagues successives d'immigration (si on traduit) - évoquant la ré-actualisation récente de West Side Story. Cette vision nihiliste est incarnée par les adultes (excepté le grand-père, qui parvient à se connecter à son petit-fils grâce à un contre-discours, justement, bien que parasité par ce nihilisme, d'où son envie d'envoyer Paul en école privée), et le père, évidemment (métaphoriquement James Gray lui-même quand il décide de rester dans la voiture avec les garçons, la mère on la traitera si on a le temps...), qui verbalise - de manière un peu directe mais tellement au clair dans son écriture et son interprétation - ces réflexions, et annonce à son fils qu'il devra saisir tout ce qu'il peut saisir, car ne pouvant se permettre l'inverse, énonçant les racines du problème, de l'opposition contrainte.
Contrainte, mais pas uniquement. Cela reste une histoire d'enfants, et c'est le sujet premier ; la rencontre avec le monde, et la prise de position plutôt que la fin de l'innocence. Paul ne prend pas conscience du statut de son ami au cours du film, ni même de l'exercice de son privilège blanc, il semble très au fait des dynamiques qui se jouent autour de lui, mais comprend en se sur-classant qu'il ne lui sera plus permis de ne pas choisir, là où le collège public lui permettait cette latitude, explicitée par l'absence d'autorité du professeur, qui permettra à Paul d'ignorer un temps ce qui heurte ses parents. Il ne cesse de répéter que sa famille est "très riche" quand il est question d'une sortie scolaire, témoignant de son illusion (gros poisson dans petite mare jusqu'à ce qu'il gagne l'océan). En se concentrant sur un enfant, il épouse donc d'abord ce point de vue et ces problématiques, les relations intra-familiales demeurant le cœur du récit, ainsi que les rêves de Paul, qui comme la plupart des héros chez Gray, l'est car veut s'affranchir des normes (tant familiales que sociétales pour Paul), et ne poursuis rien d'autre que l'auto-détermination. A ce niveau là son ami Johnny est bien plus dominant que n'importe quel membre de la famille (sauf le grand-père), car habité par ce même désir, plus fortement même car malheureusement davantage illusionné vis à vis de son propre statut dans la société. Là où lui devra plier face au poids du monde, Paul aura sa chance, et c'est là que le film quitte le nihilisme.
Le constat est amer, certes, mais la question est posée par Hopkins : comment tu réagis face à ça ? mettant en évidence les limites de sa détermination à devenir quelqu'un. La problématique vient directement connecter Paul à Batman (The Batman), quand on te dit que tout est mort, que les institutions sont corrompus, qu'est-ce qu'il reste ? L'individualité, l'action concrète et immédiate de comment toi tu interagis avec l'autre. Sur ça, la conclusion me bouleverse, car elle me raconte comme rester libre.

Message édité le 11 novembre 2022 à 22:46:45 par RamiValak
Nicolas_98
Nicolas_98
Niveau 40
12 novembre 2022 à 11:22:37

Le 11 novembre 2022 à 22:44:26 :

Le 11 novembre 2022 à 17:50:27 :
« Trump venait d’être élu et ça me faisait vraiment peur, sans parler du sentiment d’humiliation que je ressentais en tant qu’Américain vis-à-vis de mes amis européens. »

« Le film s’appelle Armageddon Time parce que l’élection de Reagan donnait un sentiment de fin du monde. On pensait vraiment qu’il allait lancer les missiles nucléaires. 1980 a été un tournant politique, culturel. Mohammed Ali, qui était l’un de mes héros, a perdu un combat de façon très humiliante, contre Larry Holmes. John Lennon, un autre héros, a été assassiné... La culture et la politique changeaient à toute vitesse. En un clin d’œil, les Etats-Unis sont devenus un pays très différent de ce qu’ils étaient l’instant d’avant. »

« L’élection de Reagan a changé la donne. Il a clairement pavé la voie à quelqu’un comme Trump. Ça a sonné le glas, au moins aux Etats-Unis, d’un gouvernement dédié à l’idée d’égalité. Reagan a vraiment érigé la cupidité comme une forme de vertu et a permis le déchaînement d’un capitalisme débridé qui a entraîné des inégalités terribles, qui déchirent le pays aujourd’hui. »

Méchant Trump, méchant Reagan. Avant c’était bien, ma jeunesse ça allait puis pendant mon adolescence c’est devenu de pire en pire jusqu’à aujourd’hui, bouhou j’ai peur et je m’auto-flagelle.

Je le répète, je l’aime bien Gray mais reste normal mec.

Parle quand t'auras vu le film l'opax.

Le 11 novembre 2022 à 22:27:57 :

>J'ai oublié de dire que Anne Hathaway est magnifique en milf :hap:

Elle et Caitriona Balfe la maman milf dans Belfast nous ont gâté cette année :bave:

Horny jail. :sors:

Le film peut être subtile, son discours ne l’est pas ici. Je ne vois pas le soucis à le souligner.

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