Après la chambre bleue qui ne m'a pas laissé un souvenir impérissable, Amalric livre ici son interprétation de Barbara et je suis un peu partagé.
J'ai eu un peu de mal à rentrer dans le film car je pensais voir un biopic normal, banal même, sur Barbara, le genre de film qui gagne des César... En réalité il s'agit d'un film sur un réalisateur joué par Amalric qui réalise un film sur Barbara. Une belle mise en abîme qui permet d'éviter certains écueils notamment une certaine dissonance où on reconnaît l'acteur grimé en une personnalité connue et où donc on n'arrive pas à croire au personnage puisque l'on ne voit que l'acteur déguisé.
On voit donc Jeanne Balibar jouer à Barbara dans un rôle où elle joue une actrice qui joue à Barbara et ça passe beaucoup mieux. D'ailleurs ça passe tellement bien, et c'est le thème du film, que le spectateur est toujours en train de se demander s'il voit Barbara en archive, Balibar qui joue Barbara ou bien Balibar qui joue cette actrice fascinée par Barbara qui devient petit à petit Barbara.
Certes, c'est connu comme concept, le rôle qui devient tellement envahissant qu'on ne sait plus si c'est réel ou non, que l'actrice se fond totalement dans son personnage qu'elle devient son personnage, je pense notamment aux chaussons rouges de Powell, mais d'une certaine manière également à Inland Empire.
La plus belle scène du film reste donc pour moi celle où elle se rend dans un café et chante au piano une chanson de Barbara et où on voit en arrière plan, flou, les habitués du bar la regarder. La scène est assez longue et la chanson assez belle pour être vraiment touchante.
Bref, Amalric a très bien pensé son film pour éviter tous les écueils des biopics et tous les procès en académisme qu'on peut faire au genre.
Par contre il reste un peu obscur, je n'ai pas l'impression à la fin d'être plus avancé, d'avoir vu quelque chose de réellement marquant. Le générique (très beau d'ailleurs) arrive et je ne comprends pas pourquoi... Disons que ça manque d'un accomplissement, ou d'une vraie fin, bref la fin est plutôt frustrante même si elle arrive comme une caresse tout en douceur.
Disons que le film a au moins l'avantage d'être intrigant.