Eastern Boys
Réalisé par Robin Campillo
Avec Olivier Rabourdin, Kirill Emelyanov, Daniil Vorobyov
durée 2h08
genre : the tribe
pays : France
année : 2013
Synopsis :
Daniel aborde Marek dans une gare parisienne où ce dernier traine avec sa bande. Il lui propose de le retrouver chez lui le jour suivant. Mais lorsque Daniel ouvre la porte de son appartement le lendemain, il est loin d’imaginer le piège dans lequel il s’apprête à tomber et qui va bouleverser sa vie.
Mon avis 
Bon Durendal a tout de même une utilité, être une boussole qui indique le Sud, ce n'est pas donné à tout le monde (enfin il a tout de même spoilé toute la fin du film...). Ainsi, sans lui, je n'aurai jamais vu Eastern Boys, j'aurai laissé filé... et c'est un tort, parce que si ce n'est pas excellent, c'est vraiment sympa (et on peut profiter du festival Télérama pour le rattraper). Enfin "sympa", ce n'est pas vraiment le bon mot, parce que c'est un film assez éprouvant.
J'ai envie de dire que ce film c'est peut-être the tribe en réussi, on retrouve ce côté ultra glauque de ces types de l'est qui zonent sans autre but que de foutre la merde et qui s'est constitué sous forme de mini mafia avec le grand caïd à sa tête. C'est dans ce contexte que l'on a un type qui a sans doute la quarantaine, bourgeois, homosexuel qui tombe sous le charme d'un de ces types (un cosplay très réussi de Dumbo) et "l'invite" à du sexe en échange d'une rétribution...
Et c'est là que le film fait fort, c'est que ce gang, sale, ignoble, qui a tout pour dégoûté, non seulement il dégoûte, on sent à travers l'écran toute l'odeur qu'il dégage, l'haleine pestilentielle du macdo, la transpiration, le tabac... Tout ce que je déteste. Mais il arrive aussi à l'humaniser ! C'est-à-dire que les personnages existent, dans les détails, les mimiques. Ainsi le gamin de 14 ans, laid comme un pou (franchement il est difficilement regardable sans avoir la nausée) ben il est vrai, on en a tous vu des gamins comme ça, horripilant, insolents, prétentieux, alors qu'ils sont tout frêles et qui agissent comme ça car ils ont grandi dans un milieu défavorable qui leur a pourri la tête et donné l'impression qu'ils étaient des géants.
Le film est plein de "surprises", de choses un peu étranges dont on ne sait pas si elles sont immondes, belles ou glauques, c'est l'un des autres grandes qualités du film, c'est ambigüe, rien n'est manichéen... Et quelque part ça traduit bien des relations complexes entre les être humains et ça c'est beau.
Néanmoins, j'ai trouvé la troisième partie un peu longue et que ce n'était pas forcément la plus palpitante dans son exécution, car assez répétitive... même si l'évolution des personnages est intéressante et est nécessaire pour que le film fonctionne, il fallait peut-être dynamiser un peu plus tout ça, sachant que le reste du film, surtout la quatrième partie est plutôt haletant et tendu. Bon faut aussi dire que voir des mecs copuler ça ne m'intéresse pas plus que ça... et que c'est loin d'avoir le côté intense et virtuose de l'inconnu du lac (bien que l'homosexualité y soit traitée différemment).
Ce n'est pas un film parfait, mais il dit quelque chose il touche quelque chose d'assez complexe sur les relations humaines et juste pour ça, ça vaut le coup... d'autant que j'aime particulièrement lorsque c'est ambigüe...
Intéressant et assez juste à défaut d'être réellement émouvant.