(pas de topic ?)
Un film de Abderrahmane Sissako
Réalisé en 2014
Avec Ibrahim Ahmed, Abel Jafri, Toulou Kiki ...etc
Nationalité : Mauritanie
Genre : Drame
Durée : 1h37
Images disponibles ici : http://www.cinelounge.org/?page=film&num=51618
Synopsis : Non loin de Tombouctou tombée sous le joug des extrémistes religieux, Kidane mène une vie simple et paisible dans les dunes, entouré de sa femme Satima, sa fille Toya et de Issan, son petit berger âgé de 12 ans. Jusqu'à que ...
Tu peux refaire le topic car ça craint un peu.. ![]()
Sujet d'actualité brûlant (l'occupation de la ville éponyme du Nord du Mali par AQMI en 2011), sélection cannoise, Timbuktu fait a priori craindre quelque peu le pensum politisé indigeste et manichéen. J'avais peur que ce soit binaire, type très gentils habitants VS très méchants djihadistes, et donc lourdingue. Et bien, pas du tout, et c'est la vraie force du film de Sissako. Il est d'une profonde sincérité, refusant absolument de foutre des étiquettes disgracieuses sur ses personnages.
Les djihadistes sont représentés beaucoup moins comme des fous sanguinaires que comme des pantins paumés, dans leur foi, dans leur rapport à la pratique religieuse, donnant parfois même dans le ridicule. Il faut voir la scène à la fois drôle et touchante de l'enregistrement de la vidéo de propagande, où le grotesque de la situation (l'un des djihadistes est incapable de s'exprimer face à la caméra) le cède à une belle représentation de la solitude. Et il fallait en avoir de l'audace pour faire exister pareils personnages autrement que sous les oripeaux du mal absolu.
La première moitié du film qui sert d'exposition est, à ce titre, assez remarquable. Parce que Sissako connaît son Pasolini sur le bout des doigts et que, comme chez lui, les visages en disent plus long que les paroles. Tout baigne dans une sorte de contemplation, dans la simple beauté des choses et des gens, captés sans recours à la péripétie. L'esthétique, entre gros plans et panoramas, est fabuleuse, évoquant parfois les effluves cinématographiques du western spaghetti en plein Mali. C'est là que le film est le plus doux, dans la capture lancinante du quotidien.
Dommage que le soufflet retombe un peu en seconde moitié de film, malgré quelques envolées sublimes, précisément parce que, même si Sissako demeure dans une pudeur salvatrice, il se laisse rattraper par la gravité et la sensibilité de son sujet. Et le film enchaîne alors davantage des séquences plus iconiques, moins spontanées, moins naturels. Ici, une jeune femme qui se fait fouetter, là un mariage forcé, là la lapidation de deux amants. Malgré la sobriété relative de ces scènes de violence, il y a un côté larmoyant qui en ressort. Et le film s'épuise alors, au moins un peu, entre palabres lourdingues sur la foi et constructions narratives plus traditionnels, climaxs à la clé.
C'est un peu dommage.
N'ayant vu de cinéma Africain (hors Afrique du Sud) qu'un horrible film mais que tout le monde a contextualisé à mort dans le but de le faire passer pour un bon film (moolade) j'avais un peu peur pour ce timbuktu. Au final, c'est rassurant, on a certes un film qui aurait pu être meilleur mais on est tout de même loin de la médiocrité.
Timbuktu donne lieu à une très bonne expérimentation visuelle, m'ayant à plusieurs reprises fait pensé à Pasolini. Ce soleil perçant un crime étrange, presque irrationnelle dans sa cause, peut être rapproché à l'attaque d'oedipe du transport dans lequel est présent son père.
Contrairement à de nombreux cinéastes académiques qui se serait contentés de montrer les islamistes radicaux comme des grands méchants loups, on a ici une approche plus subtile de la représentation des djihadistes. Sissako ridiculise les terroristes. Cela par des personnages surpassés par leur pouvoir, l'irrationalité de leur doctrine, et aussi par la faiblesse d'esprit des partisans. Une réelle originalité donc.
Néanmoins, je pense que ce qu'il m'a gêné ici est la forme faisant très "exposé" du système djihadiste. On y apprend tout. Mais on peut penser que l'on part un peu dans le journalisme ou la géopolitique à la place de l'art cinématographique même non? Et puis, les situations se répètent un peu: les femmes sont rabaissés injustement, mais pourquoi choisir plusieurs scènes pour appuyer ce problème? Pourquoi dire plusieurs fois que les libertés individuelles sont menacés? (foot + musique)
En bref, j'en sort un tantinet déçu, mais je ne regrette pas d'être allé le voir.
Petite critique spontanée :
Parfois, il suffit de faire les choses simplement. C'est comme certaines filles qui sont plus belles sans maquillage et qui ne le savent pas. Là, le réalisateur avait compris que pour traiter son sujet, il n'avait nul besoin d'en faire trop. Il s'agit de montrer les ravages que peuvent générer les islamistes radicaux au Mali, pays qui est actuellement le fief d'un groupuscule important comprenant de plus en plus de fanatiques qui terrorisent la population locale.
L'une des qualités appréciables du film, c'est qu'il veille à ne pas diaboliser bêtement la religion, en l'occurrence l'Islam. On navigue entre les extrémistes et les modérés, en passant par le jeune égaré et enrôlé par des laveurs de cerveaux, en oubliant pas l'imam sunnite qui peine à montrer aux radicaux à quel point ils se sont éloignés des préceptes de l'Islam.
En dehors de ces considérations, on est face à film humain, simplement beau à regarder, où la nature a une grande place, au milieu de ces étendues désertiques et arides. On se ressource de cette vie basique et minimaliste qui nous est exposée, où rien ne vient troubler le calme ambiant, si ce n'est le bruit du bétail. La famille est peinte sous son plus simple apparat, mais c'est une vie presque enviable à une époque où les rapports sociaux sont de plus en plus distants et séparés par des écrans.
Je me souviens de deux ou trois plans de grand ensemble absolument saisissants, dont un qui est en plus le moment où tout bascule ; la caméra n'a alors aucun besoin de bouger, tout est là, immense et si petit à la fois.
Dans ce contexte qui reprend la réalité horrible des choses actuelles, la fiction arrive à prendre sa place et nous guide vers une fin attendue mais ô combien poignante et déchirante.
Un film qui dépeint avec brio le fanatisme qui traversent certains Hommes, mais on voit que ces mêmes fanatiques affichent toujours les failles qu'ils pensent cacher.
http://www.ecranlarge.com/films/news/934763-timbuktu-stupidement-censure-par-le-maire-de-villiers-sur-marne
Un maire interdit le film ...
D'accord avec Zappa, c'est dommage que Sissako essaie à tout prix de créer une histoire à la fin, alors que l'on avait de vrais moments poétiques au début.
Qu'il est beau ce désert! Ça donne follement envie d'aller en Afrique, à la rencontre de ces gens, avec ce début où l'on voit que ceux sont juste des gens perdus, cherchant des réponses, et ne les trouvant pas car ils n'ont pas choisi la bonne voix, contrairement à l'imam. Et cette lutte, entre deux hommes seuls en plein milieu d'un oasis, avec chacun des personnages essayant de ramper hors de l'eau, de survivre un jour de plus dans ce territoire hostile. La c'est magnifique.
Et soudain la fin... Finalement, l'espoir est un peu nié, le pathos arrive un peu, des gens meurent, la simplicité s'envole avec la légèreté perdue. Les terroristes débiles perdent en humanité. Et l'Afrique ne fait plus rêver du tout. Et le film n'intéresse plus trop non plus. Faire un film sur un grand sujet c'est bien, faire un film sur des hommes, c'est mieux.
Je sais bien que quand on fait un film sur des terroristes, il faut les montrer en train de lapider des gens, mais quand même, ça sert à rien... Surtout qu'on ne les connaît pas ces gens en train de se faire lapider, c'est juste des cadavres en devenir exposés en gros plan.
Bref, c'est dommage, j'en attendais un peu plus. Mais ça donne envie de découvrir le cinéma africain, c'est sûr.
J'avais trouvé ça dommage que le film essaye maladroitement d'adopter un récit plus classique et directif en cours de route, alors que finalement il se tenait déjà extrêmement bien dans sa première partie sans avoir besoin de ça. Le coté tranches de vie multiples fonctionnait très bien.
Après c'est loin de plomber le film, et dans l'ensemble ça reste vraiment excellent. C'est juste dommage d'avoir ce petit bémol en cours de route, qui n'était pas spécialement nécessaire.
En sortant de la salle de cinéma je ne savais pas trop quoi penser du film, j'avais l'impression qu'il manquait de réalisme, et justement qu'il idéalisait certaines choses... Les djihadistes ont l'air juste d'etre des enfants paumés, le chef du groupe n'a pas l'air très cruel... Bien sur ça change de l'image que l'on reçoit tous les jours par la télé, les journaux, des djihadistes diaboliques, mais j'ai l'impression que le film les a rendu trop bête, faut pas oublier qu'ils sont réellement violents
Mais le héros est aussi idéalisé je trouve, on dirait plus une caricature qu'autre chose
Je me suis un peu renseigné et j'ai trouvé cet article super intéressant, que je vous conseille:
http://mondafrique.com/lire/societe/2014/12/19/timbuktu-attention-chef-duvre
Et celui là aussi:
http://www.kinopitheque.net/timbuktu/
Bah en tout cas le film m'a donné envie d'en savoir plus, de connaitre la vérité...
Si hier j'ai je rageais parce que ce film raflais toutes les récompenses aux César et parce que je dois le dire il ne m'intéressais pas outre mesure, je dois l'avouer après l'avoir vu que j'avais raison de rager et que la seule chose que je retiendrai du film ça sera les décors qui sont forcément somptueux... En fait le film ne m'a pas vraiment passionné, les seuls moments que j'ai aimé c'était lorsque le mari et la femme étaient posés sous leur tente avec leur fille, quelque part... perdus dans le désert. Et c'est un peu ma définition du bonheur ou du paradis.
Seulement voilà le film montre bien vite ses limites en terme de scénario, d'ailleurs le réalisateur l'a lui-même avoué à la cérémonie des César et il a raison, c'est très faible. Le type a une vache qui s'appelle GPS... comme par hasard c'est sa préférée et comme par hasard... disons que tu sens la mécanique bien huilée qui se met en marche et on n'assiste pas réellement à des tranches de vies à Timbuktu mais bel et bien à un film qui a un message "faire le djihad c'est mal" (sans déconner, tu en as d'autres des portes ouvertes enfoncées comme ça ?) et qui va tout faire pour le passer. Bon ce n'est pas non plus du bourrage de crâne, mais ce n'est pas non plus super subtile.
J'ai détesté par exemple la scène où ils jouent au foot sans ballon, on se croirait dans un clip... ou une publicité pour je ne sais pas trop quoi. C'est gênant tant c'est artificiel.
Du coup j'ai trouvé la dernière demi-heure franchement longue. Le film n'est pas mauvais, mais je n'irai pas jusqu'à dire qu'il est bon non plus, c'est moyen, banal, je l'aurai bientôt totalement oublié. Sauf comme dit les décors... Et donc forcément j'ai envie de râler pour les César qu'il a obtenu... bon vaut mieux ça que la famille Bélier, mais quand même ! Meilleure photographie si je ne m'abuse ? C'est assez quelconque, et j'ai repéré des plans où le point n'était pas fait... La musique n'a rien d'impressionnante...
Bref un beau pétard mouillé qui surfe beaucoup sur son sujet on dirait, plus que sur de réelles qualités... Sujet qui ne m'intéresse guère vu comme il est traité.
Dommage parce que c'est un lieu qui me fascine, des décors qui sont majestueux !
Déçu, déçu, déçu... déçu par 3.
Déçu, je m'attendais à un film comme Yeelen de Souleymane Cissé qui avait obtenu le prix, mérité, du jury à Cannes en 1987. Un film dépaysant où j'aurais découvert une nouvelle forme de cinéma, au lieu d'un film d'artisan j'ai eu une grosse production quasi européenne, un comble, un film fait pour un public européen.
Déçu, D'après de ce que j'ai compris le film a été financé à partir de 2 feuilles a4, alors il faut le rappeler le problème ne se situe pas là puisque le cinéma n'a rien à voir avec la littérature, même si le scénario est un outil appréciable, mais on peut s'en passer c'est même meilleur.
Déçu, le film n'est pas mauvais en soi mais il est tellement banal, il n'a rien de neuf c'est juste un honnête film. Tout le monde l'a déjà oublié d'ailleurs. Il y a juste la scène d'ouverture qui n'est pas trop mal avec la gazelle, les types tirent juste pour la faire courir et à côté la scène grotesque du foot sans ballon "mé sé poétique", non c'est paresseux.