Je me permet d'ajouter une pierre à la réflexion :
La façon de chanter "pop" ("les façons" serait plus juste) sont aussi liées à l'apparition du microphone et de la possibilité d'amplifier la voix et sont plutôt récentes ("démocratisation" à partir des années 30/40).
Si on exclue la musique traditionnelle (dans le sens "ancien") qui est souvent vouée, pour le cas des œuvres chantées, à être produite devant un public restreint (pub, taverne, salle commune, salon), et peut se contenter d'un chant "typé pop" (bien que le therme aie aucun sens dans le contexte historique), sous entendu "avec une puissance vocale limitée", alors que l'opéra, lui, a vocation à être joué dans une grande salle, et demande donc une technique vocale particulière (on a pas besoin de la même puissance dans un pub irlandais ou un salon quand on chante pour 20 ou 100 personnes avec un luth ou un accordéon que dans une salle de concert classique ou on peut potentiellement jouer pour un millier d'auditeurs dans une salle immense et en concurrence avec une section de cuivres).
Par conséquent, on peut aussi arguer que le chant lyrique nait plus d'une contrainte technique que d'un choix artistique... Technique dont s'enorgueillissent les chanteurs du début 20eme dont certains n'hésitaient pas à railler les chanteurs se produisant avec un microphone (sous entendu : qu'il n'avaient pas assez de voix pour chanter).
Et Technique qu'on retrouve aussi beaucoup dans les premiers temps de l'enregistrement audio, je pense par exemple à Edith Piaf, certainement la plus connue, dont la technique vocale fait le pont entre le chant lyrique et la pop.
La question qui me parait intéressante (et insoluble) : si les auteurs du passé avaient eu accès au microphone, qu'en auraient-ils fait ?