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Sujet : [Fic] Une vie d'élu

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BlackDeViL24
BlackDeViL24
MP
20 décembre 2020 à 15:02:14

J'envoie.

BlackDeViL24
BlackDeViL24
MP
20 décembre 2020 à 15:02:34

Chapitre 12 : Quand on aime on ne compte pas – Partie 3.

Salmo m'avait plusieurs fois répété de faire attention aux illustrations affichées sur les profils des gens utilisant les services de rencontres impériales, m'expliquant que souvent, elles n'étaient pas du tout représentatives de la personne qu'on allait rencontrer en face à face. Lumière clémente, angle favorable, le cristal de transcription avait apparemment l'art et la manière de rendre notre image plus attirante et présentable que ce que nous étions réellement dans la vraie vie. Salmo m'avait donc confié être plusieurs fois tombé sur des meufs qui, en vérité, ne ressemblaient pas vraiment à l'image de leur parchemin de profil, quand il n'avait pas purement et simplement s'agit de boudins méconnaissables. Forcément, je m'étais préparée à cette éventualité en me rendant chez Betto Flaccus. J'avais bien gardé en tête que l'Impérial auquel je ferais face ne serait probablement pas aussi séduisant qu'en image, et qu'il faudrait dès lors passer la soirée avec un individu peut-être un peu différent de l'illustration à laquelle je m'étais habituée.
Pourtant, lorsque la porte du numéro quatre-vingt-trois s'ouvrit, et laissa finalement apparaître en chair et en os celui avec qui je discutais par écrit depuis maintenant plusieurs jours, toute ma préparation mentale s'écroula d'un seul coup, et me laissa même un peu pantoise.
Betto Flaccus n'était pas moins beau que sur son image non, il était même mieux, beaucoup mieux.
En fait, il était carrément canon l'enfoiré, et ça pour le coup, ça me déstabilisa totalement.
Il était grand – au moins un bon mètre quatre-vingt-cinq à vue de nez -, athlétique, avait des cheveux mi-long un peu négligés, et arborait une petite barbe de trois jours, donnant à l'ensemble une dégaine de mannequin. Sur le coup, j'aurais presque préféré qu'il soit moche à vrai dire...
Pourquoi un individu si intelligent, si vif d'esprit, gagnant visiblement bien sa vie, et qui était par ailleurs – j'en avais la confirmation désormais – doté d'une si belle gueule, pouvait bien s'intéresser à une pouilleuse borgne et balafrée comme moi ? Où était le piège ? Où était le traquenard ?
En fait, c'était certainement moi la meuf qui ne ressemblait pas aux images. C'est moi qui allait rapidement le décevoir...
-Bonsoir ! Me salua Betto Flaccus avec un grand sourire avenant.
-Euh b...bonsoir...Répondis-je en tentant de sourire bêtement moi aussi.
-Entre donc !
-Ah euh oui merci.

Je pénétrai dans un hall d'entrée sobrement décoré. Un hall d'entrée tout à fait lambda en fait, en grosses pierres, comme approximativement cent pour cent des maisons de la cité impériale.
Un petit meuble par-ci, une petite étagère par là, pas de chichis, juste l'essentiel. Certes ce n'était que le hall, mais à première vue, ça ressemblait en tout cas trait pour trait au logement d'un mec célibataire, et ça, ça me rassura un peu. On en avait pas vraiment parlé par écrit, essentiellement parce que je n'avais pas osé poser la question d'ailleurs, mais j'admettais avoir craint l'espace d'un instant qu'il puisse s'agir d'un mec vivant en colloc, ou pire encore, vivant chez ses parents...
-T'as pas eu trop de mal à trouver ? Questionna Betto Flaccus alors que je retirais mon écharpe et observais les lieux avec attention.
-Non ça va, je connais un peu le coin quand même. Expliquai-je.
-En tout cas t'es ponctuelle ! Renchérit l'Impérial. Moi qui pensais que t'étais le genre de branleuse à arriver deux heures en retard !
-Ha ha...Non...Bégayai-je

Je me maudis presque immédiatement pour la mollesse de ma réponse. Moi qui avais passé des jours entier à le tacler par écrit et à répondre de manière ultra piquante à ses propres vannes, voilà que je m'écrasais comme une pucelle sitôt qu'il me taquinait en face à face.
-Euh...Il a quoi mon couloir, que tu le fixes comme ça ? Railla bien vite mon hôte.

En fait, j'avais surtout peur de le regarder lui, et c'était bien ça le problème. Là, en cet instant précis, j'étais carrément intimidée. Je ne savais pas quoi dire, ni comment me comporter face à cet individu dont la belle petite gueule contrecarrait à elle tous les plans que je m'étais fait.
Il fallait que je me reprenne bordel, et vite ! Il allait me prendre pour une grande gueule, ou débile profonde, si je restais aussi passive ! Une impression sur quelqu'un, ça se construisait en quelques secondes à peine, j'en étais parfaitement consciente. C’était bien pour ça que je devais absolument me mettre un énorme coup de pied au cul, sous peine de foirer mon rendez-vous avant même qu'il n'ait commencé.
-Tiens, homme, prends ceci et amène moi donc à ton salon. Lui lançai-je finalement d'un ton supérieur tout en lui tendant mon sachet rempli de bouteilles d'alcool.
-Oh excusez-moi ma bonne dame, tout de suite. S'inclina aussitôt l'Impérial en prenant mon sac et en m'invitant à la suivre.

Nous quittâmes le hall d'entrée, et pénétrâmes dans un petit salon sobrement décoré lui aussi, à l'exception de quelques divans plutôt originaux pour le coup.
-C'est quoi ça ? Questionnai-je en pointant du doigt un énorme pouf brun. Un mammouth a chié dans ton salon ou c'est comment ?
-Hey ! Il a coûté cher hein ce divan ! Fit remarquer Betto tout en déballant les bouteilles d'alcool. C'est un nouveau concept figure toi !

Oubliant là toute ma timidité, j'entrepris aussitôt de me jeter sur l'énorme pouf, et de me vautrer dedans comme un horqueur sur sa banquise.
-Délicatesse. Commenta l'Impérial.
-A boire, homme. Ordonnai-je.
-Putain elle me prend direct pour son valet elle ! Fit semblant de s'offusquer Betto.
-Et que ça se saute ! Insistai-je en claquant des doigts.

L'Impérial souffla du nez, et attrapa deux verres préalablement préparés sur la table basse située au centre du petit salon.
-Surilie ou Sujamma ? Questionna-t-il.
-Surilie. Répondis-je. Le Sujamma c'est pour moi, quand tu seras déjà pété et que je pourrai enfin passer aux choses sérieuses de mon côté.
-Alors là ma vieille...Ironisa Betto.

BlackDeViL24
BlackDeViL24
MP
20 décembre 2020 à 15:02:52

En fait, Safia avait raison : seuls les premiers instants avaient été compliqués, le temps de briser la glace. A peine quelques minutes sur place, et j'étais déjà vautrée comme une princesse arrogante et capricieuse dans son gros pouf nouveau concept, à tranquillement l'observer remplir nos verres.
-Et voilà. Conclut l'Impérial en me tendant mon verre.
-Tu le loues comb... – merci – tu le loues combien cet appartement si c'est pas indiscret ?
-Louer ? Je suis propriétaire, je l'ai acheté. Expliqua Betto en bombant fièrement le torse.
-Gné ? Bafouillai-je aussitôt en haussant un sourcil perplexe. Acheté ? Dans les jardins elfiques ? Mais l'immobilier coûte cher à crever ici ! Comment t'as fait ? Tu travailles dans quoi ?

L'Impérial s'assit dans un autre pouf, plus petit, juste en face de moi.
-Mais réponds sagouin ! Insistai-je.
-Oh elle va se calmer ouai ?! Railla Betto, avant de commencer à expliquer : En fait c'était un logement inhabité depuis des décennies. Il appartenait à un vieux type qui est mort depuis belle lurette, et un jour, ses enfants ont décidé de balancer toutes ses vieilles maisons et de les vendre. Ils voulaient pas se faire chier à gérer l'héritage apparemment. Enfin bref, ils l'ont mise en vente pour trois fois rien, et comme je bosse dans une agence immobilière, ben j'ai été un des premiers au courant. Je l'ai acheté pour un peu moins de cent milles Septims. Bon j'ai fait un prêt sur vingt ans à la banque centrale Impériale évidemment...
-Hein ?! Mais t'es un enculé ! M'offusquai-je en attrapant un coussin et en lui jetant en pleine figure. Cent mille Septims pour un appart' en pleine cité impériale – dans les jardins elfiques en plus – c'est rien du tout ! Même dans le Dun ça coûte plus cher !
-Ben ouai, c'est ça d'être malin. Commenta Betto en esquivant mon coussin. Mais bon j'ai dû refaire pas mal de travaux quand même. C'était devenu limite insalubre avec les années d'inoccupation. Mais comme j'ai fait une bonne partie moi même, ça n'a pas coûté si cher au final. Enfin bref, donc voilà, je suis proprio de cet appart'.
-C'est dégueulasse. Grognai-je. Vous les agents immobiliers, vous êtes des enfoirés. Toujours au courant de toutes les affaires avant les autres.
-Ben ouai c'est notre métier en même temps.

Je bus une gorgée de Surilie, et fixai l'Impérial durant plusieurs secondes. Maintenant, je n'avais plus peur de le toiser non. Je tentai même de le dévisager avec mon regard le plus hautain et le plus mauvais à la fois. C'était ma manière à moi de lui tenir tête et de lui faire croire qu'il ne m’impressionnait pas. Toujours est-il que lui aussi se mit à me fixer, sans ciller une seule fois, avec ces yeux bourrés d'assurance. Yeux face auxquels je finis par décrocher d'ailleurs, brièvement ramenée à ma condition de gamine intimidée.
Betto souffla du nez, amusé d'avoir gagné cette première bataille de regards. De mon côté, je me sentis aussitôt gagnée par un terrible sentiment de honte...
-Bon et donc ?! Fais moi visiter au lieu de me regarder comme un demeuré ! Contre-attaquai-je après quelques secondes d'un silence où se mêlaient malaise pour moi, et sentiment de victoire pour lui.
-Lève ton cul et suis moi. Conclut Betto.

Nous retournâmes dans le hall, fîmes un bref crochet par sa cuisine – tout à fait lambda soit dit en passant - puis montâmes à l'étage. Les anciennes maisons de la cité impériale avaient beau être relativement petites en terme de surface au sol, elles n'en dégageaient pas moins un cachet tout particulier. Si j'avais moi même été propriétaire de l'une de ces maisons, j'aurais en tout cas mis beaucoup de moyens et d'idées dans son aménagement intérieur. Ici...Bah disons que c'était une maison de mec célibataire quoi. C'était propre, mais sobre à un point où c'en était presque triste.
Ça manquait de folie, d'agréments, de personnalisation...
-...Donc là la salle d'eau, et ici, la chambre. Commenta simplement Betto en désignant tour à tour différentes pièces. Ah et ici mon balcon.
-Là où tu épies tes voisines je suppose...
-Évidemment !

Tiens, moi aussi j'avais un balcon dans mon appartement du Dun. Sauf que là-bas, on ne s'en servait pas pour épier ses voisins mignons, mais plutôt pour épier les tas d'ordures, les clodos qui chiaient dans le caniveau, ou bien encore les trafiquants de drogues qui se tiraient dessus à l'arbalète en pleine rue.
-Putain t'as une sacré vue n'empêche ! Soufflai-je alors qu'on pénétrait justement sur le dit balcon, et que j'avais désormais le loisir d'observer toute une partie du nord de Cyrodiil, des pieds de la muraille de la cité jusqu'aux différents arrondissements qui composaient le département de Bruma, bien plus haut dans la montagne. De quoi donner le tournis, en voyant les centaines de milliers de maisons qui composaient la métropole infernale du Cyrodiil moderne.
-T'as faim ? Questionna soudain Betto.
-A fond !

Nous revînmes à l'intérieur, et redescendîmes dans le salon.
-Je me ressers du Surilie hein. Annonçai-je alors que l'Impérial quant à lui, attrapait un tas de prospectus rangés sous sa table de salon.
-...Alors...Commença ce dernier tout en feuilletant ce qui ressemblait à des menus de différents restaurants et tavernes du quartier. Il y a de tout ici. Plutôt Impérial, Nordique, Dunmer, Khajiit, Bosmer, Altmer ? Plus exotique encore ? En parlant de ça...Ah oui voilà ! J'ai même le menu du resto akavirois qu'ils ont ouvert le mois passé !
-Pas Dunmer en tout cas. On va cracher des flammes avec leurs épices.
-Tu fais honte à ta race. Se moqua Betto.
-Akavirois, on peut peut-être essayer ? Proposai-je.
-T'as déjà mangé akavirois ?
-Une fois. C'était super bon. Mais par contre c'est un peu plus cher. Mais je paie avec toi hein ! T'en fais pas.
-Bah t'inquiète. Lâcha l'Impérial en agitant la main en signe de dénégation.

Il attrapa un menu parmi tous les autres, et me le tendit.

«Les délices d'Akavir.

Menus :

1) Les mystères du Tsaesci :
-Entrée : Soupe de poisson-crête, fèves d'arbre-mouche et oignons.
-Plat : 2 roulades de saumon, 2 roulades de perche armorée, 2 roulades de larbre akavirois, 2 roulades d'anguille moutarde, salade de crabe et feuilles d'épinoir.
-Dessert : Authentique crème de framboise d'akavir.

Prix : 26 Septims.

2) Le murmure du Kamal :
-Entrée : Grand coquillage Padomaïque aux épices.
-Plat : Tartare de vasard, œuf et pétales de perce-neige.
-Dessert : Boule de glace à l'orange du blizzard.

Prix : 26 Septims. »

BlackDeViL24
BlackDeViL24
MP
20 décembre 2020 à 15:03:12

J'arrêtai là ma lecture, les deux menus suivants, à savoir la « fureur du Ka Po'Tun » et la « malice du Tang Mo » étant nettement plus chers, en plus de mettre en avant des appellations, des aliments et des épices qui ne m'évoquaient franchement rien de bon. Après tout, je n'avais pas refusé d'entrée de jeu la cuisine ultra piquante de Morrowind, si c'était pour mieux ensuite me faire littéralement dégommer les papilles gustatives par des plats à base de «graines de feu crue » ou autre « gousses d'arbre-tempête ». Je restai donc sur les « mystères du Tsaesci », alors que Betto de son côté, préféra tenter le « murmure du Kamal ». Les menus étant choisis, l'Impérial se leva et alla effectuer la commande via son pupitre, alors que je me resservais quand à même un troisième verre de Surilie.
Jusqu'ici, j'avais l'impression que ça se passait plutôt bien...Mon rancard n'était pas difforme, ne me faisait pas l'effet d'un sociopathe, on ne s'était pas encore tapé des blancs super malaisants...Donc tout allait bien non ? Je pouvais me laisser aller et profiter un peu de ma soirée...
-Ils livreront dans environ vingt minutes. Conclut finalement Betto en revenant s'asseoir en face de moi.
-Trop long bordel. Râlai-je. Je vais m'emmerder d'ici là. Distrais moi, homme.

L'Impérial ricana, se resservit un verre de Surilie, puis se pencha dans ma direction et commença à me questionner :
-Bon et toi donc ? Tu fais quoi dans la vie ? Parce que tu me questionnes sur la mienne, tu viens carrément squatter dans ma maison, mais toi tu m'as encore rien dit au final.
-Hum...

Je reposai mon verre sur la table basse, et mis rapidement de l'ordre dans mes idées.
Le truc, c'est que les verres de Surilie commençaient tout doucement à me filer le tournis, or c'était justement à ce moment là que je pouvais me mettre à raconter des conneries. Et ça bien évidemment, quand on avait un travail comme le mien, on ne pouvait pas franchement se le permettre. Mais sa question ne me fit pas vraiment peur malgré tout, car je m'y étais bien évidemment préparée. En même temps, c'était évident qu'il allait me la poser, alors...
-Je suis dans la légion impériale. Commençai-je calmement, ayant tout simplement décidé d'occulter mes années dans les services de renseignement, et tout le bordel classifié qu'il y avait autour.
-Oh merde, sérieux ?! Souffla aussitôt l'Impérial en faisant des yeux ronds. Mais...Où ? Enfin je veux dire, tu fais quoi ?
-Je suis capitaine dans la cavalerie, dans le onzième.
-Merde alors ! Répéta Betto. Mais tu te bats et tout ?! Tu tues des gens ?!
-C'est confidentiel tout ça ! Rétorquai-je en bombant le torse d'un air fier. Mais pour te répondre à moitié...Tu te doute bien qu'on se retrouve pas avec cette tronche là en écrivant des rapports dans un bureau...

L'Impérial bégaya, visiblement mal à l'aise de me voir aborder aussi franchement le sujet de mes cicatrices et de mon œil blanc. D'un autre côté, il avait bien noté mon profil malgré ce détail plus que voyant de mon visage. Ça ne devait pas l'avoir dérangé plus que ça...
Malgré tout, je savais pertinemment bien que ces séquelles bien visibles de mon altercation avec Arsyn en prison, étaient souvent synonyme de prudence et de malaise chez la plupart de mes interlocuteurs. Aussi préférais-je cette fois-ci aborder le sujet moi même, le démystifier, et crever l’abcès le plus rapidement possible. Bon évidemment, je ne lui raconterais pas les circonstances exactes qui m'avaient mené à cette blessure. Tout juste me contenterai-je de lui expliquer que c'était arrivé en mission, ce qui dans les faits, était la vérité...
-Mais euh donc...Recommença Betto après quelques instants d'hésitation. T'es aveugle d'un œil du coup ?
-Non, c'est juste une dépigmentation. Expliquai-je. Je vois très bien, aucun soucis de ce côté là.

L'Impérial se resservi un verre, et ce fut cette fois-ci à moi de me sentir quelque peu triomphante, pour des raisons peut-être un peu stupides cela dit. Faut dire que le fait de faire partie de l'armée, et des services de renseignement à fortiori, fascinait toujours les gens avec lesquels j'étais amenée à parler. Cela nous entourait d'une certaine aura de mystère. On nous imaginait toujours effectuer des missions secrètes et périlleuses, partir en guerre pour la sécurité et la gloire de l'Empire, mener une vie dure, dynamique, honorable, parsemée de voyages et de batailles épiques. Pour la plupart des civils, cela nous rendait...Fascinants oui, voir séduisants...
Je me gardai dès lors bien volontiers d’expliquer à mon rancard que la vie à la Légion Impériale, aujourd'hui, c'était surtout effectuer des patrouilles inutiles en temps de paix, jour aux cartes tout en se bourrant la gueule au camp, et parfois, faire quand même quelques exercices pour ne pas trop se ramollir. Non, je préférai plutôt rester sur l'image de la légionnaire endurcie, qui vivait le danger au quotidien, qui en avait d'ors et déjà vu de toutes les couleurs, et qu'un petit péteux d'agent immobilier ayant vécu toute sa vie au sein même de la cité impériale n'allait certainement pas impressionner le moins du monde.
Oui, c'était mieux. Ça me mettait plus en valeur...
-...mais capitaine...Reprit Betto en réfléchissant. Donc t'es officier, tu commandes des gens et tout ?
-C'est le rôle d'un officier...Répondis-je.
-Mais il faut faire des études pour ça non ? Insista l'Impérial. C'est pas donné à n'importe quel troufion.
-Quatre ans à l'académie militaire impériale.
-Et tu fais ça depuis combien de temps ?
-Neuf ans de service actif, et treize ans si tu comptes mes quatre années à l'académie justement.

Le regard de Betto sembla brusquement traduire une profonde incompréhension. J'eus presque l'impression de voir les engrenages de son cerveau dérailler.
-Attends mais...T'as quel âge en fait ? Questionna soudain l'Impérial, perplexe.
-Ben...Trente-et-un ans...Répondis-je, interloquée moi aussi. Tu l'as bien vu sur ma fiche non ?
-Je t'avoue que j'ai pas trop fait gaffe à ça...Confia-t-il. Ah ouai, trente-et-un ans...T'es plus vielle que moi en fait...

Je sentis la contrariété me gagner brusquement.
-Ouai, j'ai trente-et-un ans, et donc ? Grognai-je. Un problème le puceau ?

Betto pouffa.
-Non non aucun problème ma bonne dame. Se défendit aussitôt l'Impérial. Mais c'est juste que t'en fais dix de moins quoi. Donc ça m'a un peu surpris...

Je sentais bien que mon visage devait afficher une mine renfrognée, car les secondes passées ne firent que rendre mon interlocuteur encore plus goguenard.
-...Et donc bientôt la ménopause du coup ? Questionna Betto.

L'Impérial prit plusieurs coussins rageurs en pleine gueule, au moment même où quelqu'un frappait soudain à la porte.
-Ah ! C'est le livreur ! Gloussa-t-il en esquivant un autre coussin et en s’éclipsant vers le hall d'entrée de l'appartement.
-Petit enculé...Grommelai-je tout en reprenant une gorgée de vin.

Je me surpris toutefois à sourire bêtement dans mon verre, et sentis même mes joues s'empourprer un peu. Finalement, ce n'était pas désagréable, ce genre de petites chamailleries innocentes avec un bel inconnu...
Betto revint rapidement dans le salon, les bras chargés de sachets. Un doux fumet se rependit doucement dans la pièce.
-...Donc cette barquette, c'est pour toi, et celle là du coup...Distribua l'Impérial tout en étudiant les inscriptions. On mange ici ? Pas envie de bouger jusqu'à la salle à manger.
-Faisons ça oui.

BlackDeViL24
BlackDeViL24
MP
20 décembre 2020 à 15:03:30

Le dîner commença finalement, et putain ce que ce fut bon ! La soupe était déjà très goûteuse, épicée jusque ce qu'il fallait, mais alors les roulades bordel...Cela devait faire des années que je n'avais plus mangé de vraie cuisine, trop prise par mon travail que pour m'accorder ce genre de petit plaisir. Et là pour le coup, mes papilles gustatives en prirent plein la gueule. Peu importe la roulade que je goûtais, elles étaient toutes aussi bonnes les unes que les autres. La salade de crabe accompagnait parfaitement, et même les feuilles d'épinoir, qui n'étaient pourtant qu'un petit extra, sublimaient le plat de la plus belle et orgasmique des façons. Cette fois-ci c'était officiel : rien que pour la bouffe, ce rendez-vous en valait totalement la peine...
-C'est bon ? Questionna Betto, quant à lui affairé sur son tartare de vasard.
-A fond ! Répondis-je, la bouche pleine.
-Je peux goutter ?
-Dégage !

L'Impérial rit, mais tendit sa main vers mes roulades malgré tout.
-Mon gars, t'as pas intérêt...Commençai-je en le fixant d'un œil dément.

Betto ignora superbement mon conseil, plus moqueur que jamais, mais dut presque aussitôt battre en retraite, esquivant de justesse un solide coup de fourchette de ma part.
-Oh la vache ! Glapit-il en me fixant avec des yeux ronds, mi-choqué, mi-hilare. Ah ouai toi tu rigoles pas avec la bouffe !
-NAN !

Je repris un verre de surilie, et continuai de manger. Bien sûr, c'était ultra bourratif comme plat, et d'ailleurs, je commençai rapidement à coincer. Mais malgré tout, je me forçais, temporisais, rebuvais un petit verre, puis reprenais une bouchée, refusant d'en laisser la moindre miette, car c'eut été un terrible gâchis. Le dessert fut presque contraignant d'ailleurs, car je commençais véritablement à n'en plus pouvoir. Pourtant, je refusai de m'arrêter, tout simplement car ce qui était censé être une « Authentique crème de framboise d'akavir » était en fait un énorme macaron rouge farcis de crème fraîche et de framboises. Le genre de dessert tellement gourmand qu'il en était presque indécent...Mais peu importe, car il fit totalement planer mes papilles lui aussi.
-Ouuuuuf...Je me sens grosse...Soufflai-je en me laissant aller dans le gros pouf.
-Ouai, moi aussi. Admit Betto, même si ce ne devait pas aussi violent que moi, différence de gabarit, et donc d'estomac, oblige.

Je repris encore un verre, et le sirotai calmement, presque nauséeuse d'avoir autant bouffé.
Là, posés dans nos divans respectifs, tentant de digérer tant bien que mal, les discussions reprirent de plus belle. Je crois bien que nous abordâmes tous les sujets possibles et imaginables, sauf qu'un détail commença rapidement à me chiffonner au fil des conversations et des verres : en fait, je commençais à être carrément bourrée, et ça, c'était pas bon, je le savais pertinemment bien. Je devais vraiment me contrôler au maximum, et faire absolument gaffe à tout ce que je disais, pour ne pas me foutre dans la merde vis à vis de mon taff, d'un part, mais également pour ne pas me faire passer pour une grosse relou incapable de se tenir chez son hôte.
Les faits m'avaient largement appris que je n'étais pas forcément toujours de très bonne compagnie lorsque je commençais à être saoule. Non pas que j'avais l'alcool agressif, ou triste, loin de là. Non, moi j'étais plutôt la joyeuse luronne qui rigolait de tout et enchaînait connerie sur connerie, sauf que si ce trait de caractère pouvait se révéler amusant dans le cadre d'une sortie entre amis, ce n'était peut-être pas le plus indiqué lorsqu'il s'agissait d'un rendez-vous galant.
Et puis bordel, je ne savais pas bien dire si c'était les roulades, les feuilles d'épinoir, le macaron à la crème fraîche, ou bien tout ce joyeux foutoir mélangé au vin qui me faisait cet effet là, mais je me sentais de plus en plus mal, nauséeuse. J'avais l’impression d'être un énorme sload sous pression qui allait bientôt exploser en projetant des gerbes de bouffe partout autour de lui.
Si j'avais été seule, j'aurais viré mes fringues fissa et me serais foutue en sous vêtements pour être plus à l'aise. Hélas, je n'étais pas seule, et pas chez moi qui plus est...
-Bouaah...Je me sens pas bien...Grommelai-je, affalée dans mon pouf.
-Ah ouai à ce point là ? Gloussa Betto.
-Grave...

Les discussions reprirent encore une fois, et bien que je perdis rapidement la notion du temps, il me sembla que cela dura longtemps. Suffisamment longtemps que pour me permettre d'outrepasser un peu l'envie de gerber mon trop plein de nourriture.
-...jamais rencontré personne avant moi du coup ? Questionna Betto au détour d'une conversation visant à connaître nos expérience respectives vis à vis des services de rencontres impériales.
-T'es le premier ouai.
-Je me sens flatté dis donc...
-Et toi ? Questionnai-je à mon tour.
-Boh...Quelques unes, sans plus...
-Ha ha ! Mon cul ! Je parie que t'en vois une différente chaque soir !
-Non quand même pas hé...

Je repris un verre – de la deuxième bouteille de surilie, car on avait tué la première – et entrepris de continuer mes taquineries.
-Pourquoi t'es célibataire au fond ? Quel est le problème ? Questionnai-je, ayant bien du mal à retenir un rictus.
-Je te retourne la question. Répliqua Betto en me toisant avec attention, ses yeux de séducteur rivés dans les miens.
-Moi c'est à cause de mon taff. Répondis-je du tac au tac. Et toi ? Allez, c'est quoi le problème ? Tu bandes mou c'est ça ?

L'Impérial manqua de s'étrangler dans son verre, alors que je sentais déjà mes joues s'empourprer, honteuse d'avoir lâché une vacherie aussi osée à un mec que je ne connaissais que depuis quelques heures, et avec lequel j'essayais de me comporter à peu près correctement malgré mon ébriété.
Fallait vraiment que je me reprenne là...C'était tout sauf classe, ce genre de comportement lors d'un premier rendez-vous galant...
-Hum, alors déjà...Commença Betto, rigolard, mais déstabilisé malgré tout. Je te permets pas, et ensuite...Mon travail aussi me prend du temps figure toi. C'est pas forcément facile de développer une vie affective quand tu rentres à pas d'heure tous les soirs.
-Ah oui, je connais...Répondis-je en tentant par tous les moyens possible de me refaire une image convenable. Et donc euh...Les meufs que t'as rencontré avant moi...Ça s'est pas bien passé ?
-Oh ben...Les gens sont de plus en plus difficiles de nos jours. Confia l'Impérial. Et de plus en plus instables aussi. Les temps ont changé...
-Écoutez-le, le vieux misanthrope...
-Non mais en même temps c'est logique hein. Se défendit-il aussitôt. On a des milliers de gens à disposition avec ces services de rencontres. Donc forcément, ça biaise totalement le jeu. On ne s'intéresse plus autant à l'autre, car au moindre pet de travers, on peut le remplacer par un concurrent. On ne fait plus d'effort, on ne cherche plus à connaître. On pense toujours trouver mieux ailleurs. Plus beau, plus belle, plus intelligent ou intelligente, et ainsi de suite. Et le problème c'est qu'on a pas d'autre choix que de s'inscrire à ces services, parce qu'on n'a plus forcément le temps de rencontrer des gens dans la vie de tous les jours. Enfin bref, en ce qui me concerne, ben, honnêtement j'ai pas trop cherché à comprendre. Ça n'a pas marché, c'est tout. Mais bon les quelques filles que j'ai rencontré étaient parfois bien tarées aussi...
-Genre ?
-Genre celles qui viennent juste pour du cul, celles qui viennent bourrées au rendez-vous, celles qui s'envoient une fiole de skouma tranquille sous ton nez, celles qui te piquent de l'argent, et j'en passe...

BlackDeViL24
BlackDeViL24
MP
20 décembre 2020 à 15:03:47

J'eus un hoquet, étonnée de réaliser que les mecs des services de rencontres impériales n'avaient visiblement pas le monopole de l’indécence et du mauvais goût.
-Et toi ? Reprit Betto en tentant de nouveau de sonder mon âme avec son regard de prédateur mignon. Qu'est-ce qui t'as poussé à t’inscrire ? Hmmm ?
-Ha ! Moi, je me suis inscrite sous les conseils de quelques potes. Parce qu'à cause de mon travail, je suis seule depuis pas mal de temps, et bon à un moment donné t'as la dalle quoi ! Et donc...

Je m’interrompis aussitôt, réalisant la connerie totalement déplacée que je venais de lâcher. Betto quant à lui, manqua de nouveau de s'étouffer dans son verre.
-...Euh enfin bon, et donc ben...J'aimerais rencontrer des gens quoi, puis voir où ça mène...Conclus-je, cramoisie.

Il y eu un petit silence gêné, qui ne dura heureusement que quelques secondes, la conversation reprenant bientôt comme si de rien n'était. Nous nous remîmes à aborder tout un tas de sujets différents, même si je perdis quelque peu le fil une fois encore. Durant cette interminable discussion – je crois qu'on parlait de mes années à la Légion cette fois-ci - mon interlocuteur se leva, se reversa un verre, puis vint s'asseoir à côté de moi.
-...apprend à manier plein d'armes. Expliquai-je. Mais moi, ils m'ont mis un espadon en arme principale...
-T'es pleine de ressources dis donc...Souffla Betto en prenant place à ma gauche.
-Si tu savais. Répondis-je avec arrogance.

L'Impérial me fixa une fois encore avec son regard de séducteur, regard que je soutins cette fois-ci avec fermeté. Lentement, il se pencha alors vers moi...
-Oh mais t'as une épée justement ! M'écriai-je en apercevant soudain un glaive suspendu au dessus de la cheminée.

Je me levai d'un bond, me dirigeai vers le support métallique fixé au dessus du foyer, et décrochai ce qui ressemblait à un glaive d'exposition.
-Ah...Oui...Commenta l'Impérial d'un air bizarre. J'ai acheté ça au marché. Je trouvais que ça donnait un style à mon salon...
-Hmmm...Ouai, on sent bien que c'est pas une vraie...Observai-je tout en soupesant l'épée.

Je commençai à faire des moulinets, de la main droite, puis de la main gauche. Puis à faire tournoyer la lame dans tous les sens, mimant des coups de taille et d'estoc.
-Ah ouai quand même ! S'exclama Betto en m'observant avec des yeux ronds. Tu sais y faire !
-Ouai, donc t'as vu ? Me fais pas chier, ou je te découpe en rondelles !
-Je tremble...Ironisa l'Impérial.

J'eus soudain un éclair de conscience, au point de m'interrompre dans mes mouvements. En fait, je réalisais seulement maintenant qu'il s'était probablement penché vers moi dans le but de m'embrasser, et que moi, totalement nigaude, je venais de lui mettre un énorme vent...
Honteuse comme pas permis, je reposai lentement le glaive sur son support, et revins tranquillement vers le pouf, où Betto était toujours assis. Quoi qu'il semblait quelque peu désarçonné tout à coup...
Était-ce le bide qu'il venait de se prendre, ou plutôt le fait de me voir mouliner comme une sociopathe avec son glaive ?
-Euh je...On...On goûte le Sujamma ? Proposai-je, gênée.
-Oui, bonne idée.

Le sujamma oui, c'était ça la solution. Je l'avais certainement coupé dans son élan avec mes conneries, mais j'étais quasi certaine qu'avec un ou deux verres de ce truc, il serait certainement aussi bourré que moi, et qu'il pourrait donc reprendre sa petite affaire là où il l'avait laissé.
-Santé ! Lançai-je en trinquant avec lui.

Nous bûmes une gorgée, qui me brûla la gorge, et me fouetta l'esprit. Tu m'étonnes que les Dunmers de Morrowind étaient aussi violents et excités la plupart du temps. Une seule gorgée, et je sentais d'ors et déjà à quel point cette gnôle de merde pouvait flinguer le cerveau et rendre ultra agressif.
-Teu-heu ! Toussa Betto, les larmes aux yeux. Costaud !
-Ouai, pas pour les tapettes hein ! Gloussai-je, avant de reprendre une gorgée.

Je ne sus plus bien dire comment la suite des événements se déroula. A un moment, l'Impérial tenta de nouveau de se rapprocher, puis de me chatouiller, mais fut immédiatement puni par une grosse clef de bras. Moi évidemment, cela me faisait rire. Je trouvais ça mignon même, voir séduisant, cette manière de jouer...Jusqu'à ce que je réalise que je venais, encore une fois, de le couper net dans sa tentative de conclure. Et de me sentir encore plus nulle dans la foulée.
Étais-je destinée à foutre en l'air toutes ses manœuvres de séduction ? Était-ce ma fonction primaire à moi, Teleri, la grosse bourrine maladroite, pas foutue de laisser un beau garçon l’entraîner doucement vers un doux moment d'intimité ?
J'avais la tête qui tournait à fond. J'étais complètement torchée. Il était quelle heure déjà ?
Les voix, la mienne comme la sienne, devenaient troubles, difficiles à déchiffrer.
Ça faisait combien de temps que j'attendais ? Pourquoi il ne venait plus ? J'étais là, juste là. Regarde, j'étais gentille, je ne faisais plus rien, promis...J'étais pas méchante hein, juste...J'avais pas l'habitude, fallait me comprendre. Mais reviens, s'il te plaît...J'en avais tellement envie...
Qu'est-ce que je faisais ? Je devais me mettre d'une manière précise peut-être ? Elle m'avait dit quoi Safia ? J'avais envie de gerber. Juste un bisou. Ou alors un câlin...Pourquoi je me sentais seule comme ça ? Il était où Betto ? Juste là, je le voyais. Mais il était loin. Enfin, juste à côté de moi, mais loin...Il suffisait de me prendre dans ses bras, c'était pas compliqué. Pourquoi il ne le faisait pas ? Qu'est-ce que j'avais encore fait comme connerie ? J'avais du mal à comprendre ce qu'il disait, et j'avais encore plus envie de gerber. C'était le Sujamma, cette saloperie de Sujamma, qui me dégommait le cerveau, comme tous ces tarés de Morrowind, qui buttaient des gens tous les jours, où se buttaient entre eux, parce que c'était ça notre problème à nous les Dunmers : on était une sale race violente, bourrée de haine et de rancoeur. Et on était pas foutu de faire le bien autour de nous, même si on le voulait. Non. Le mal, rien que le mal. Il fallait qu'on fasse systématiquement le mal autour de nous, car c'était dans nos gènes, dans notre ADN.
J'aurais aimé naître Impériale, une gentille et jolie Impériale de la cité impériale. J'étais une Impériale d'ailleurs, mais c'était juste que j'avais pas eu de chance, et que j'étais née avec la peau grise, des yeux rouges et des oreilles pointues. Enfin des yeux rouges...Un œil rouge, et un œil blanc, parce que c'était comme ça que j'étais, une grosse moche avec un œil blanc et plein de cicatrices. Comme tous les criminels qui vivaient une non-vie dans leur ghetto, ou leur prison. C'était là que j'étais le mieux de toute façon, avec tous ces tarés sans avenir, parce que c'était ma place, c'était là que je méritais d'être, moi l'inutile, moi la grosse nulle qui ne valait rien. Et fallait même pas rêver hein. Au RAC, ils ne voudraient jamais de moi. Ils avaient accepté ma candidature parce qu'ils avaient eu pitié, mais ensuite, ils me recaleraient aux sélections. Et même si ils ne me recalaient pas ? Ce serait quoi ma vie ? Être tout le temps en mission ? Ne jamais voir personne ? Ne jamais avoir le moindre amoureux ? Mais je voulais un amoureux moi, vivre une vraie vie, avec des vraies personnes...L'amour ? C'est nul. J'en avais envie, même si c'était nul. Un truc de bébé. Un truc pour les nuls...
Il faisait quoi Betto ? Il était où ? Je l'attendais toujours. Pourquoi il ne m'embrassait pas ? Il venait d'essayer deux fois, il suffisait de recommencer...
Allez Betto, réessaie...J'étais juste là...
-Euuuuuuh la vaaaaache...Gargouillai-je, la tête dans un seau, de la gerbe me coulant le long du menton.

BlackDeViL24
BlackDeViL24
MP
20 décembre 2020 à 15:04:08

Comment j'étais revenue dans ma chambre d’hôtel ? Putain je m'en rappelais même pas.
Le soleil se levait non ? Je voyais une lumière timide par la fenêtre.
Ma gorge allait éclater, mon cerveau aussi...Ça sortait de ma bouche dans un rot immonde, comme un démon infernal voulant absolument quitter mes entrailles pour mieux venir me faire chier en tête à tête. Sombre enculé, tu pouvais pas me foutre la paix et me laisser mourir ?! Corps de merde ! Vomi de merde ! Vie de merde ! Et allez ! On gerbe encore un bon coup messieurs ! Applaudissez !
J'avais du mal à respirer, j'avais la tête en vrac. Quelle heure il était maintenant ? Fallait que je me repose, mais fallait pas oublier que demain j'avais rendez-vous à fort machin, enfin au RAC quoi, a huit heures, donc je devais me lever à six heures pour être prête. Mais j'avais le temps, c'était demain. Donc reprenons. Il était où Betto ?
-Je suis là...Me murmura doucement l'Impérial à l'oreille.
-Ah enfin...Murmurai-je à mon tour.

Il m'embrassa, et je sentis littéralement mon corps s'envoler. Comme un petit oiseau.
C'était si beau, si doux, si merveilleux...Voilà ce que j'attendais ! Et ça dura des heures. J'avais envie de pleurer tellement c'était féerique. Avais-je déjà seulement vécu un si beau moment ? Ce pique-nique au parc était magique. Il y avait des papillons, des petites fleurs, un grand champ, et des petites forêts qui sentaient bon le printemps. Et Betto était là, plus beau que jamais, et il m'embrassait de nouveau.
C'était un si bel après-midi. J'aurais aimé qu'il dure toute une vie...
Il faisait noir par la fenêtre de ma chambre ? Ma chambre...Putain j'étais en train de rêver. Betto n'était pas là. Il était où ? J'étais toute seule dans ma chambre, et il faisait de nouveau nuit. Donc...La nuit de sundas à morndas ? J'avais passé tout mon sundas ici ?
Betto était toujours là, mais il semblait bizarre. Il semblait comme...S'éloigner...
Le champ était silencieux lui aussi. Il y avait toujours les petites forets, mais les papillons et les fleurs étaient partis. Il commençait à faire nuit dans le petit parc.
-Tu ne viens pas ? Questionnai-je en direction de Betto, déçue.
-Tu sais bien que non...Murmura ce dernier en s'éloignant doucement.

J'étais triste. C'était dommage...
J'étais si proche d'avoir réussi...
Un orage gronda au loin, et avec lui, retentirent des bruits de batailles, de coups d'épées, de hennissements de chevaux. Et ça me faisait peur...
Betto n'était plus là, il était parti, et moi j'étais seule, seule dans le parc, seule dans ma vie, seule dans mon lit, à regarder la lumière qui revenait à la fenêtre. Le jour ? Quel jour on était ? Je me sentais si mal, et si triste à la fois...Pourquoi Betto était parti ? Il était juste là...
Et cette énorme horloge qui cliquetait. J'avais dit quelle heure déjà ? Je devais me lever à six heures, voilà. C'était ça, six heures. Il faisait un peu plus clair dans la chambre désormais. Six heures...Tranquille, j'avais le temps. Elle disait quoi l'horloge ? Sept heures...Bah...Donc j'avais...Attends un peu...Sept heures...Sept...C'est avant ou après six ?
Je sentis la contrariété me gagner bizarrement. J'entendis même pas propre bouche grommeler.
Pourquoi je me sentais comme ça tout à coup, contrariée ? C'était l'horloge qui m'énervait comme ça ? Mais pourquoi ? Je ne comprenais pas...Elle ne m'avait rien fait...
Là, d'un coup, je sentis un violent sursaut parcourir mon corps, alors que mon cerveau se remettait brusquement en marche, et que je me redressais d'un bond dans mon lit, gueulant :
-MERDE ! JE SUIS A LA BOURRE !

Newradion44
Newradion44
MP
20 décembre 2020 à 16:56:56

Si tu a peu quitter l'académie des mages noir de fort d'hiver je le peux aussi :noel:

Ayaaaaaa le retard je m'attendais à ça.

J'ai remarqué que tout tes héros principal de chaque fic galère en amour :noel:

BlackDeViL24
BlackDeViL24
MP
20 décembre 2020 à 18:05:19

A leur manière khey. Sedris a quand même une vraie histoire, Nilvyn et Raven...Bah il se passe rien, et Teleri...Wait and see. :hap:

Newradion44
Newradion44
MP
22 décembre 2020 à 14:10:22

Ah oui pas faux. D'ailleur j'ai bientôt fini jusqu'au bout du monde la :noel:

Raven deviens zinzin :hap:

BlackDeViL24
BlackDeViL24
MP
25 décembre 2020 à 19:56:18

Chapitre 13 : Vos papiers s'il vous plait.

Le jeune sous-officier Impérial assis en face de moi, étudiant mon dossier et remplissant ma fiche d'admission dans la foulée, semblait avoir toutes les peines du monde à ne pas éclater de rire. Probablement parce que j'avais une gueule de bois phénoménale, et que ça se voyait à dix mille kilomètres...
Au tout début, j'avais cru ne jamais pouvoir arriver à temps à la base militaire de Fort-Lancier. J'avais quitté ma chambre d’hôtel tellement tard qu'il m'avait paru tout bonnement impossible d'atteindre ma destination au vu du trajet de RDS qui m'en séparait. Par ailleurs, j'avais enfilé et emporté tout mon bordel à la va vite. Mon armure, mes armes, mon dossier...Et tout au long du trajet, j'avais dû lutter contre la très désagréable impression d'avoir oublié quelque chose, sans parvenir à dire quoi. Ce qui m’avait rendue dingue d'ailleurs...Et je m'étais donc retrouvée là, dans ma rame de RDS, engoncée dans mon armure lourde de centurion, à la bourre comme jamais, mon bordel sur les genoux et la tête encore dans le cul, à me poser mille et une questions pendant que tous les autres passagers me dévoraient du regard.
Je n'allais pas arriver à temps, c'était certain. Quelle excuse allais-je bien pouvoir trouver ? Quelle excuse digne d'un régiment de forces spéciales surtout ? Parce qu'ici, c'était plus la Légion des troufions et des branle-couilles. Ici c'était la Légion des vrais, des durs, des darons, des mecs qui n'allaient pas se contenter d'un simple « j'avais mes règles » en guise d'excuse, de me faire faire dix pompes pour la forme, et de m'envoyer ensuite rejoindre ma section comme si de rien n'était.
Autant dire que j'allais devoir leur sortir une excuse béton...
J'avais bien vite arrêté mon choix sur une urgence au sein même des services de renseignements, un dossier de dernière minute qui avait nécessité mon intervention en pleine nuit, qui avait débordé sur la matinée, et qui m'avait donc quelque peu retardé. Le genre de truc tout bonnement impossible à vérifier en fait, du moins sans mener une grosse enquête inter-services, ce qui n'arriverait évidemment jamais dans le cadre d'une simple procédure de recrutement. Tout juste me ferait-on chier pour le principe, à propos de mon engagement dans le RAC, du fait que dorénavant je devais abandonner ces rats sournois du renseignement pour mieux me concentrer à cent pour cent sur la glorieuse Légion, et ainsi de suite. On me casserait les couilles pour la forme, mais on admettrait également à demi-mots que j'étais forcément une meuf dévouée à fond, car qui se donnerait la peine de foncer sur une intervention nocturne de son ancien service, la nuit même précédent sa nouvelle affectation ? Une personne incroyablement consciencieuse, assurément.
Oui, c'était cette excuse sur laquelle je finis par m'arrêter. Elle était cohérente, impossible à contrer, et elle me mettait même en valeur. Que demander de mieux ?
Sauf que je n'eus même pas besoin de m'en servir en vérité, car par un heureux concours de circonstances – et un gros problème mécanique surtout - la navette de RDS dans laquelle j'étais sauta littéralement ses deux derniers arrêts, filant à toute vitesse sous le regard dépité des dizaines de badauds attendant patiemment sur les quais. Je fus donc devant Fort-Lancier à huit heures moins cinq, me présentai à l'accueil non sans une pointe d'angoisse, et fut immédiatement prise en charge par un sous-officier délégué aux procédures administratives.
Et ce fut donc ainsi que commença le calvaire de mon recrutement au sein du RAC, par une entrevue avec un petit merdeux qui passa son premier quart d'heure à remplir mes fiches dans un silence absolu, propre à ceux qui tentaient de refouler un fou rire nerveux par tous les moyens possibles. C'est sûr que je devais pas être belle à voir, avec ma gueule chiffonnée et cramoisie...
-...Dur nuit mon capitaine ? Avait-il simplement glissé en m'invitant à rentrer dans son bureau.
-On va dire ça ouai...Avais-je grommelé.

J'eus bien une nouvelle rafale de questions qui me vint à l'esprit durant ce premier long silence de procédures administratives. Avais-je bien fait de présenter ma candidature ici ? N'avais-je pas été trop optimiste ? Allais-je être à la hauteur ? N'allais-je pas purement et simplement me faire dégager comme une grosse merde au premier obstacle ?
Je décidai rapidement de les refouler malgré tout, premièrement car il était trop tard pour m'en tracasser, et deuxièmement, car me torturer l'esprit de la sorte ne m'aiderait en rien.
Je l'avais voulu, j'y étais. Désormais, il fallait faire comme l'on m'avait appris : un pas après l'autre, un problème après l'autre. On verrait bien pour la suite...
-...Bon, votre fiche est complète. Annonça le sous officier après avoir visiblement rempli tous les papiers d'admission. Je récapitule. Dites moi si j'ai fait une erreur. Donc Teleri Othril. Née à l’hôpital Impérial de Cheydinhal le douze primétoile de la deux-centième année de la quatrième ère. Capitaine, anciennement affectée aux services de renseignements, et avant ça, au onzième de cavalerie impérial. Un mètre soixante-cinq, cinquante-cinq kilos. Pas d'allergies connues. Casier judiciaire vierge. Dossier médical en ordre, en dehors d'une hospitalisation pour un traumatisme crânien léger, sans conséquence. Groupe sanguin AB positif. Pas de consommation de stupéfiants. Consommation d'alcool occasionnelle. Et euh...Pour le dossier préliminaire, c'est bon pour moi. Je le joindrai à votre dossier militaire et ça partira ensuite vers les officiers du recrutement.

Le sous-officier classa différents papiers dans une grosse farde bien épaisse, attrapa ensuite un autre papier dans l'un de ses tiroirs, puis se retourna vers moi et enchaîna :
-...Alors, vous connaissez la procédure concernant les officiers ?
-Je dois renoncer à mon grade c'est ça ? Me rappelai-je.
-Oui et non. C'est un peu plus compliqué que ça. Expliqua l'Impérial. En gros, il est très rare d'avoir des officiers dans les escadrons de terrains des forces spéciales. Généralement, on tente de les caser au QG, à la direction des opération, et cetera. Question de ressources. On a tendance à vous envoyer là où vous serez la plus utile au vu de vos compétences. Enfin bon, vous savez comment ça va, c'est partout pareil. Pour les FS, ça fonctionne à peu près de la même manière, sauf que vous avez la possibilité de renoncer à l’exercice de vos fonctions, sans toutefois la perdre. Vous me suivez ?

J’acquiesçai vaguement de la tête. Pour le coup, moi je comprenais oui. C'était surtout lui qui avait l'air de se paumer un peu dans ses explications...
-...Enfin je veux dire, en gros vous resterez capitaine. Poursuivit le sous-officier. Mais étant donné le fait que vous postulez pour une place d'opérateur échelon un, vous serez amenée à rejoindre un escadron composé majoritairement de sous-officier, incluant probablement votre chef d'escadron. Donc concrètement vous allez peut-être devoir obéir à un sergent, ou un sergent-chef, alors que vous êtes capitaine, ce qui est totalement illogique par rapport au système militaire habituel. Bon, généralement il assez rare que des officiers postulent pour des place d'opérateurs de terrain, mais ça arrive quand même de temps en temps, surtout quand ils sont encore jeunes comme vous. Donc pour éviter tout quiproquo au sein d'un escadron, ou de votre future hiérarchie en général, vous devez renoncer à l’exercice de vos fonctions d'officier. Autrement dit, vous ne perdez pas votre grade, mais acceptez de ne plus en tenir compte aussi longtemps que vous resterez au RAC.

Je clignai des yeux, un peu perplexe, mais le sous-officier tendit aussitôt la main, histoire de me faire comprendre qu'il n'avait pas fini, et qu'il allait clarifier quelque peu ses explications.
-...Bon, je vais un peu vite. Admit ce dernier. On va simplement commencer par le commencement. En gros, là tout de suite, vous vous apprêtez à entrer dans le programme de sélection du RAC. Vous allez suivre tout un long processus de recrutement, des épreuves, des tests, des mises en situation, et ainsi de suite. Vous allez être encadrée par des formateurs, et la plupart d'entre eux sous des sous-officiers. Évidemment, vous n'allez pas les envoyer chier au moindre exercice sous prétexte que vous êtes plus gradée qu'eux, on est bien d'accord ? Vous n'allez pas non plus commencer à leurs donner des ordres. Vous devez jouer le jeu. Sauf que, juridiquement, vous auriez le droit de faire tout ceci. DONC, pour éviter ce genre de situation, vous devez signer ce premier papier officiel qui stipule bien que vous renoncez à l’exercice de vos fonctions d'officier durant le temps des sélections. Autrement dit, peu importe qui vous êtes, d'où vous venez, votre grade ou autre, on s'en fou. Vous partez tous au niveau zéro, et vous devez suivre les règles de la sélection, obéir aux formateurs et plus généralement respecter les procédures du RAC. A savoir que cette règle ne s'applique qu'au RAC. En dehors d'ici, pendant vos permissions par exemple, vous restez bien enendu capitaine et gardez vos prérogatives. Donc ce n'est pas à prendre au même titre qu'une dégradation. C'est une règle propre aux forces spéciales. Vous comprenez ? Bon, et en ce qui concerne votre éventuelle affectation au sein d'un escadron, c'est grosso modo le même principe. Mais bon pour ça évidemment, vous devez réussir avec succès la sélection. Et ça c'est autre chose...On aura largement le temps d'en reparler d'ici là...

BlackDeViL24
BlackDeViL24
MP
25 décembre 2020 à 19:56:35

Le sous-officier marqua un silence et m'observa durant plusieurs secondes, probablement pour bien s'assurer que j'avais compris le pourquoi du comment. En même temps, son discours était logique : je me doutais bien que je ne me pointais pas ici pour donner des ordres à des opérateurs des forces spéciales, pour la seule et unique raison qu'ils étaient moins gradés que moi dans la hiérarchie générale de la Légion Impériale. Les forces spéciales, c'était un monde à part, avec des règles à part, à fortiori lorsqu'on parlait d'opérateurs échelon un, soit la crème de la crème des soldats du monde entier. Évidemment que je n'allais pas forcer mon grade de capitaine en débarquant à Fort-Lancier. Mes barrettes d'officier subalterne et mon casque de centurion avaient peut-être de la valeur dans la grande Légion, mais ici, au RAC, c'était une toute autre histoire...
-Bon, et bien pour moi, c'est en ordre. Conclut le sous-officier après que j'eus signé la décharge. Vous pouvez attendre dans le couloir juste à côté avec les autres sélectionnés. Les formateurs ne devraient plus tarder je pense. Bonne chance capitaine !

Je quittai le petit bureau sans traîner, et regagnai le couloir adjacent. Là, assis sur des petites chaises postées de part et d'autre du corridor, engoncés dans leurs armures et visiblement gagnés par l'appréhension eux aussi, une vingtaine de soldats attendaient déjà, en silence, sans se parler, et sans même chercher à se regarder. Je m'assis à mon tour, à côté d'un Khajiit à la mine inquiète, et décidai simplement d'attendre la suite des événements, l'esprit vide, presque résigné. Ça ne servait plus à rien de penser à quoi que ce soit de toute façon. C'était trop tard. Tout ce qu'il fallait faire, c'était attendre, attendre qu'on s'occupe de notre cas, attendre qu'on vienne nous chercher, et attendre que l'Oblivion nous tombe sur la gueule.

Loin d'être seulement un centre de recrutement, Fort-Lancier était aussi et surtout le quartier général du Régiment Autonome de Cavalerie. C'était ici que les opérations étaient étudiées et planifiées, que les opérateurs s’entraînaient, que le corps médical passait son temps à les ausculter, et que l'administration effectuait ses différentes tâches. Du coup, assis sur nos chaises comme des bleus, ignorés de tous en attendant que quelqu'un daigne enfin venir nous chercher, nous eûmes l'occasion de voir défiler pas mal de monde à travers le petit couloir. Beaucoup de sous-officiers et d'officiers évidemment, chargés des renseignements, de la logistique, voir plus simplement encore de la comptabilité, de la gestion du matériel, ou d'autres choses encore. Mais également des collègues des services de renseignements – ou anciens collègues du coup -, probablement présents dans le but de fournir des informations nécessaires à une future opération de terrain.
L'un d'eux sembla même me reconnaître, à en juger le regard perplexe qu'il me lança furtivement en passant devant moi...
Enfin, nous vîmes passer quelques véritables opérateurs du RAC, râblés, hirsutes, balafrés, négligés, soit tout le contraire de ce qu'on attendait généralement d'un soldat de la Légion Impériale. Et tout bourrés de charisme et d'expérience qu'ils étaient, ils ne se gardèrent pas de nous jeter des petits regards moqueurs en passant devant nous...
-Ah ouai c'est vrai. C'est la rentrée des puceaux aujourd'hui...Commenta l'un d'eux, un Impérial avec un énorme barbe et une musculature de minotaure.
-C'est quoi ? Questionna son collègue, un Impérial lui aussi, tout en nous dévisageant d'un air dédaigneux. C'est les nouveaux cuisiniers ?

Nous restâmes silencieux, trop concentrés, trop enfermés dans nos bulles respectives pour prendre la peine de relever ce genre de vanne. De toute façon, on eut pas vraiment le loisir de se tracasser beaucoup plus longtemps, car plusieurs sous-officiers vinrent brusquement à nous.
L'espace d'un instant, j'eus d'ailleurs l'impression d'être revenue en prison...
-Bon les puceaux, quand je cite votre nom, vous venez vous mettre devant moi. Commença sans détour un Impérial d'une quarantaine d'année, barbu et négligé comme à peu près tout le monde au sein des forces spéciales.

Un prit son petit calepin, et commença à citer les noms inscrits sur sa lite :
-Matius...

Aucune réaction dans le couloir...
-Matius ! Répéta-t-il, plus fort.

Un Impérial d'une trentaine d'années, bien rasé et bien coiffé, se leva lentement de sa chaise. Beaucoup trop lentement évidemment...
-HEY DUCON MAGNE TOI ! Aboya aussitôt un autre formateur en l’empoignant sauvagement. PUTAIN T'AS RIEN COMPRIS TOI ! ICI ! DEVANT ! ET TU BOUGES PAS !
-Salvarus...Enchaîna l'autre comme si de rien n'était.

Un deuxième Impérial se leva et vint se placer au pas de course derrière le pauvre Matius.
-Vendicci...Previa...Ponius...Velarius...Cita tour à tour le sous-officier, provoquant à chaque fois l'arrivée précipitée d'un aspirant.
-EN FILE PAS EN TROUPEAU ! Beugla de nouveau son collègue en poussant brutalement les recrues pas assez bien rangées à son goût.
-Hlaano...Herennius...Othril...

Je me levai d'un bond, et rejoignis la file aussi vite que je le pouvais. Le gueulard ne me fit pas de réflexion, mais me jeta un regard si dédaigneux que j'aurais presque préféré prendre une trempe comme les autres. Je crus d'ailleurs que ce silence à mon encontre était dû à mon statut d'officier, mais vu la gueulante que prit soudain un autre centurion quelques places devant moi, je réalisai bien vite que ce n'était pas ça le problème...A mon avis, c'était plus volontiers parce que j’étais la seule femme du groupe, que c'était extrêmement rare chez les forces spéciales, et qu'ils ne savaient donc pas encore tout à fait comment m'appréhender.
Mais ça viendrait cela dit...Assurément...
-Bon allez, suivez-nous dans la cour. Conclut finalement le premier formateur en rangeant son calepin et en nous invitant à le suivre au fond du couloir.
-Mais tenez la file bordel de merde ! Grommela son collègue sitôt que nous nous mîmes en marche. Putain mais vous sortez d'où franchement ? Mais me regarde pas comme ça toi ! Avance !

Nous rejoignîmes rapidement une petite cour intérieure, encaissée entre plusieurs bâtiments, et fumes positionnés en rectangle élargi, à environ un mètre les uns des autres. En ce qui me concernait, on me plaça sur la ligne du fond, contre le mur. De quoi avoir une vision relativement dégagée sur l'ensemble des gens présents sur place, et de remarquer qu'on était qu'une vingtaine au total, ce qui en disait long sur la sévérité du processus de recrutement. De fait, je peinais à croire que seulement vingt soldats aient monté un dossier d'admission au sein de ce régiment, aussi fallait-il se figurer à quel point l'entrée au RAC devenait être abominable compliquée, pour que seulement vingt petites personnes soient retenues sur base de leur seul dossier...
-Ça va ? Tout le monde se sent bien à l'aise ? Plaisanta le gueulard en passant entre les rangs, gratifiant ça et là les pauvres recrues de quelques petites piques bien senties. Attache tes lacets toi, gros beauf. Et toi...C'est quoi ça ? Tu t'es rasé ?

BlackDeViL24
BlackDeViL24
MP
25 décembre 2020 à 19:56:53

Il eut un silence de plomb en guise de seule réponse...
-Matius. Reprit le gueulard en direction de celui qui avait visiblement bien du mal à répondre aux appels. Je vais t'expliquer, parce que t'as l'air un peu con. Ici, t'es pas chez ta mère. Ici, quand on t'appelle, tu bouges ton cul, et quand on te poses une question, tu réponds. Donc je recommence : Tu t'es rasé ce matin, avant de venir ?
-Oui sergent ! Répondit le jeune Impérial en fixant un point indéfini droit devant lui.
-Et pourquoi ça ? Insista le sous-officier.
-Euh-euh...Parce que ce-ce...C'est euh...Bégaya soudain le dénommé Matius, visiblement désarçonné. C'est-c'est...C'est la...La...Rè-rè-ègle mon sergent ?
-Ouai ben la rè-rè-règle, elle existe pas ici. Le contra aussitôt le formateur. Et on veut pas de puceau, ou de mineur. T'es plus dans ton régiment de troufions là, donc tu vas me faire le plaisir d'arrêter de raser ce petit duvet, et tu vas me laisser pousser une belle barbe. Compris ?
-Oui sergent !
-Brave petit. Railla le gueulard, avant de continuer son petit tour.

Devant le rectangle formé par les recrues immobiles, plusieurs autres formateurs semblaient discuter entre eux, bien qu'il me fut impossible de les entendre depuis ma position.

https://image.noelshack.com/fichiers/2020/52/5/1608914292-skyrimse-2020-12-22-13-01-03-43.jpg

-...Et vous ma donne dame ? M'apostropha le sergent en apparaissant soudain devant moi. On se sent à l'aise ? Un petit thé peut-être ?
-Non merci sergent ! Répondis-je du tac au tac.
-Pardon ? Tu refuses la proposition d'un honnête homme ? Ironisa mon interlocuteur. C'est très grossier figures-toi.
-Je ne suis pas venue ici pour prendre le thé, sergent ! Expliquai-je.
-Ouuuh...Attention...Railla de nouveau l'Impérial, avant de lâcher un petit « pf » de dédain puis de continuer son tour.
-Bon, écoutez-moi bien ! Conclut finalement celui qui semblait être le formateur en chef.

Toute l'attention se redirigea vers l'avant de la formation, là où se tenaient plusieurs sous-officiers visiblement prêts à nous dévoiler la suite des événements.
-...Aujourd'hui, vous commencez le programme de sélection du RAC. Commença le formateur en chef. Félicitations à vous, et bienvenu en Oblivion. C'est maintenant que vos emmerdes commencent. Bon, sauf gros chamboulement, vous êtes partis pour pas moins de six mois de tests, d’exercices, de formations, d'examens, et de tout un tas d'autres choses encore. Alors j'espère que vous avez bien dormi, que vous avez bien mangé, et que vous êtes prêts dans vos têtes, parce qu'ici, c'est plus la Légion. Ici, c'est le RAC, un régiment de forces spéciales, échelon un qui plus est. La crème de la crème, les meilleurs des meilleurs.

Un silence attentif régnait dans la cour, chacun écoutant avec attention les propos du sous-officier.
-...Là, en ce moment, vous êtes dix-huit, choisis parmi plusieurs centaines de candidatures. Enchaîna l'intéressée. Statistiquement, seuls six d'entre vous atteindront la fin du programme de sélection. Les autres seront renvoyés dans leur régiment de plouc, et basta.

Le sous-officier nous jeta un regard sévère, puis poursuivit :
-Bon, en gros, vous allez commencer par un mois de remise à niveau. Ce sera un peu comme refaire vos classes, mais en beaucoup plus difficile. Ben ouai, vous êtes censés être des soldats de métier, pas des civils, alors on va pas vous ménager. On va vous casser les couilles bien comme il faut, et vous avez intérêt à vous accrocher dans vos êtes, sinon c'est pas la peine. Les lâches et les fragiles, on en veut pas et on leur fait comprendre vite fait bien fait. Si vous êtes pas foutus d'encaisser, retournez pleurer chez vos mères et nous faites pas perdre notre temps. D'accord ? Bon, dans le même temps, vous passerez tout un tas d'examens médicaux. Prise de sang, poumons, dos, genoux, chevilles, muscles, articulations...Alors les fumeurs, les alcoolos, les camés, les aveugles ou les déglingués de la vie, on les dégagera aussi. C'est pas une clinique pour handicapés ici. Vous passerez également des examens psychotechniques et des entretiens avec des psychologues. On examinera votre cervelle, vos réflexes, vos aptitudes intellectuelles, et tout ce qui va avec. Et là encore une fois, pareil : les débiles ou les menteurs, c'est pas la peine. Cassez-vous.

Nouveau silence, nouvelle observation des recrues...
-...Ça c'est pour le premier mois. Poursuivit le formateur. Généralement, la moitié d'entre vous s'arrêtent là, soit parce que que vous êtes cons, soit parce que vous êtes des mythos, soit parce que vous êtes des tapettes. Donc vous vous cassez, merci et bonsoir. Bon, une fois qu'on aura viré tous les merdeux de la sélection, ceux qui auront réussi partiront pour cinq mois de formations à proprement parler. Et comme je disais : vous êtes pas des civils. Donc ça va aller vite hein. Si vous suivez pas le rythme, vous dégagez, c'est aussi simple que ça. On va vous apprendre comment réellement monter un cheval, comment manier tout un tas d'armes, comment vous repérer en territoire inconnu, comment survivre dans différents climats...Bref, on va faire de vous des hommes, des vrais. Oubliez les branle-couilles que vous étiez lors de vos précédents affectations. Mais bon d'ici là, vous avez d'autres problèmes à gérer je crois. On aura le temps d'en parler. Des questions ? Non ? Pas de question ?

En fait, il ne nous laissa tout simplement pas le temps de les poser, nos éventuelles question, car il conclut son discours presque aussitôt :
-Bien ! Parfait ! On peut commencer !
-ALLEZ TAS DE BRANLEURS ! Beugla aussitôt le gueulard. AU VESTIAIRE, ET AU PAS DE COURSE !

Ainsi commençait ma première journée dans le programme de sélection du RAC. Un programme qui allait donc durer des mois, et qui allait réellement m'en faire voir de toutes les couleurs, comme je n'allais pas tarder à le découvrir...

BlackDeViL24
BlackDeViL24
MP
25 décembre 2020 à 19:57:09

Bon voilà, petit chapitre de Noel, chill. :hap:

Ol1mps
Ol1mps
MP
25 décembre 2020 à 20:10:11

Me revoilà après t'avoir recroisé sur le forum Battlefront et eu le bonheur d'apprendre que tu écrivais encore :hap:

T'as plus ton forum où tous les chapitres des anciennes fics étaient tous rassemblés ? C'était fort pratique pour qqn comme moi qui voudrait enchaîner rapidos la trilogie précédente avant de commencer celle-là :noel:

BlackDeViL24
BlackDeViL24
MP
25 décembre 2020 à 21:08:59

Non hélas, les forums JVperso ont sauté depuis belle lurette. Mais j'ai un lien pour télécharger tous les pdf si tu veux. Je t'envoie ça par MP ?

Ol1mps
Ol1mps
MP
25 décembre 2020 à 22:31:28

Le 25 décembre 2020 à 21:08:59 BlackDeViL24 a écrit :
Non hélas, les forums JVperso ont sauté depuis belle lurette. Mais j'ai un lien pour télécharger tous les pdf si tu veux. Je t'envoie ça par MP ?

Très chaud, si t'as même ceux de ta première trilogie je veux bien aussi !

Newradion44
Newradion44
MP
25 décembre 2020 à 22:50:04

Ah mon Black c'est un joyeux cadeau de Noël ce chapitre bien que court comparer au précédent :noel:

Remarque je pense que ça me fait ça car j'ai terminé "jusqu'au bout du monde" et jusqu'a maintenant j'ai surtout découvert tes fics quand tu les avait fini et j'avais donc tout un roman à lire ça me prenait des semaines.

Je dois apprendre à patienter mon Black, pour m'avader à nouveau des ces univers fictif que tu crée et que j'aime temps :hap:

Merci pour tout mon ami

Newradion44
Newradion44
MP
25 décembre 2020 à 22:50:51

Le 25 décembre 2020 à 22:31:28 Ol1mps a écrit :

Le 25 décembre 2020 à 21:08:59 BlackDeViL24 a écrit :
Non hélas, les forums JVperso ont sauté depuis belle lurette. Mais j'ai un lien pour télécharger tous les pdf si tu veux. Je t'envoie ça par MP ?

Très chaud, si t'as même ceux de ta première trilogie je veux bien aussi !

Oui tu verra il a tout moi j'ai tout telecharger. Par contre y'a pas les images.

BlackDeViL24
BlackDeViL24
MP
25 décembre 2020 à 23:35:19

Et bien merci pour votre soutien les kheys.

C'est vrai que, comme je viens d'expliquer par MP, les nombreuses mises à jour du site ont bien foutu le bordel dans mes fictions, sachant qu'à l'époque, j’écrivais ces dernières directement sur JVC, dans la zone "répondre" et que je n'archivais absolument rien. Les deux premières trilogies ont vraiment été écrites à la barbare, sur le tas. Forcément, quand JVC a subi toutes ces modifications et que plein de messages ont sauté (incluant certaines chapitres du coup), ben ça a un peu foutu le bordel quoi.

Heureusement que j'avais déjà pu archiver un peu sur les forums JV perso, et que je ensuite tout recopié dans des archives Word. https://image.noelshack.com/fichiers/2017/39/3/1506463227-risitaspeur.png

Enfin bon le problème n'a plus lieu d'être vu que j'archive tout au fur et à mesure depuis le début de "jusqu'au bout du monde" (ça date de 2013 tout de même) mais bon voilà. La relecture des anciennes trilogies est un peu brutale aujourd'hui (plus d'images, style qui a forcément évolué lui aussi, etc).

Concernant le chapitre d'aujourd'hui, il était un peu court oui. Mais bon c'est le contexte IRL. https://image.noelshack.com/fichiers/2020/52/4/1608826199-1608826111728-min.png

Un plus gros chapitre suivra rapidement. https://image.noelshack.com/fichiers/2019/25/4/1561027521-ordonnateur-columbo.png

Message édité le 25 décembre 2020 à 23:35:59 par BlackDeViL24
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