Menu
The Elder Scrolls V : Skyrim
  • Tout support
  • PC
  • Switch
  • PS4
  • ONE
  • PS3
  • 360
Forum
  • Accueil
  • Actus
  • Tests
  • Vidéos
  • Images
  • Soluces
  • Forum
EtoileAbonnementRSS

Sujet : [Fic] Une vie d'élu

DébutPage précedente
Page suivanteFin
BlackDeViL24
BlackDeViL24
MP
01 décembre 2020 à 22:08:49

Je poste.

BlackDeViL24
BlackDeViL24
MP
01 décembre 2020 à 22:09:11

Chapitre 8 : Au mauvais endroit, au mauvais moment.

Il y eu bien vite une bonne cinquantaine d'agents Impériaux au niveau du numéro vingt-deux, rue des flocons. Le service d'incidents daedriques bien entendu, mais également le département d'enquête criminelle, deux délégués du ministère de l'intérieur, une cellule psychologique, et bien sûr, pas mal de gardes chargés d’établir et de faire respecter un périmètre de sécurité.
Il y eu même un porte parole des services de renseignements, probablement pour mieux couvrir en quelque sorte la présence inattendue de Salmo, et surtout la mienne...
La maison ainsi qu'une bonne partie de la rue furent bouclées, une tente de commandement fut dressée juste en face de l'entrée du numéro vingt-deux, les riverains furent tous consignés chez eux, et ce fut d'ailleurs ce détail qui sembla poser le plus de problème à la garde impériale dans un premier temps. En effet, peu importe l'heure du jour ou de la nuit, il était toujours étonnant de constater à quel point les gens se sentaient subitement le besoin de promener leur chien lorsqu'un événement particulier se produisait non loin de chez eux...Les gardes eurent donc fort à faire durant la première heure de déploiement, contraints de refouler un paquet de curieux toujours enclins à sortir les prétextes les plus invraisemblables pour se rapprocher, quand ils ne se mettaient pas purement et simplement à défier et à agresser les forces de l'ordre pour arriver à leurs fins.
Hélas, un incident daedrique, c'était quelque chose que l'Empire ne prenait absolument pas à la légère, surtout depuis la crise d'Oblivion, et SURTOUT lorsque que ça se produisait en plein Cyrodiil. Des moyens et des procédures monstrueuses étaient systématiquement mises en place, et généralement, l'info tournait dans tous les sens et accaparait toute l'attention pendant des semaines et des semaines, que ce soit en interne, ou même chez monsieur et madame tout le monde, bien vite mis au courant par la presse. En parlant de presse, eux aussi ne tardèrent pas à arriver, et tentèrent bien évidement de forcer le cordon de sécurité, comme tout le monde, en vue d'arracher l'info inédite pour leur édition du lendemain matin.
Au beau milieu de tout ce bordel, Maro, Denel, Salmo et moi, contraints de rendre témoignage sur témoignage, compte rendu sur compte rendu, et bien sûr, tout ce que ça impliquait en matière d'authentification au vu de la gravité du dossier sur lequel on était tombé. Autant dire qu'on passa tous une bonne partie de notre nuit assis dans cette foutue tente de commandement, bondée et grouillante d'activité...
-...T'es un peu concon sur les bords toi non ?! Chuchota furieusement un officier du département criminel tout en prenant la déposition de Maro Salvitto. T'es au courant qu'on est censé te faire pisser dans un bocal pour authentifier ton témoignage dans ce genre d'affaire ?!

Le Khajiit haussa les épaules, l'air de s'en foutre royalement.
-...Tu pues le Sucrelune à dix bornes ! Insista l'enquêteur. Si je te fais pisser et que j'envoie ça au département d'alchimie, non seulement ton témoignage sera rendu nul, mais en plus tu risques de faire virer de la légion et de finir en t..Rigole pas ! Rigole pas putain !
-Maro, s'il te plaît...Commenta Denel Attius en voyant son caporal mettre sa main devant sa bouche pour ne pas éclater de rire.

L'enquêteur ratura rageusement sa feuille de notes, reporta son regard furieux vers Maro, et poursuivit :
-Je vais mettre que t'étais indisposé. Ton témoignage ne sera pas validé et basta. Mais je te fais une fleur énorme hein mon gars ! Tu serais tombé sur mon supérieur, tu finissais en cour martiale direct !
-Je...Je vais lui parler...Commenta Denel face à l'absence de réponse de son collègue.
-J'espère bien. Grinça l'enquêteur tout en lui jetant un regard mauvais à lui aussi.

Un reproche implicite qui était tout à fait compréhensible en fait, car pour un officier comme Denel, le fait de travailler sur le terrain avec un subordonné totalement chargé au Sucrelune constituait un manquement flagrant à ses obligations. C'était soit de l'incompétence, soit de la complaisance, et dans un cas comme dans l'autre, cela constituait une faute grave pour un lieutenant de la garde impériale. Autant dire que si l'enquêteur avait voulu faire chier son monde, Denel aurait eu tout autant à perdre que Maro. Peut-être même plus d'ailleurs...
L'impérial abandonna finalement les deux Khajiits, et se dirigea vers Salmo et moi, assis un peu plus loin dans la tente en compagnie de Safia Andronicus, l'une des portes paroles des services de renseignements, dépêchée sur place après que l'on eut vent de notre présence ici.
Évidemment, face à elle, l'enquêteur en mena moins large, et pour cause :
Si, physiquement, Safia était loin d'impressionner qui que ce soit du haut de ses vingt-six ans, affublée de sa jolie bouille de mannequin et de ses longs cheveux bruns bouclés, son statut de porte parole officiel des services de renseignements en faisait une véritable boule de piques administrative pour la plupart des autres services Impériaux. En ce qui me concernait, j'étais une agent de terrain, et Salmo quand à lui, ne faisait même pas officiellement partie du service. On avait de quoi se défendre et faire valoir nos droits certes, mais le temps de décanter les infos et de déterminer réellement notre identité, les différents services d'enquêtes auraient largement eu de quoi nous coller une arrestation crapuleuse ainsi qu'une bonne nuit de garde à vue dans une cellule puant la pisse si l'on avait eu la bonne idée de les envoyer chier sur le champ. Or la présence d'un membre officiel et reconnu tel que Safia Andronicus à nos côtés venait d'emblée contrer toute possibilité de nous chercher des noises, ne serait-ce que pour quelques heures. Après tout, si moi j'étais une agent de terrain, Safia elle, était une porte-parole, et plus encore, une juriste à la base. Elle savait donc exactement quoi dire et quel document montrer pour défendre farouchement et sans recours possible notre confidentialité. Fallait-il rappeler qu'à la base, hormis l'empereur lui même, les services de renseignements impériaux n'avaient de compte à prendre a personne...

BlackDeViL24
BlackDeViL24
MP
01 décembre 2020 à 22:09:35

Sauf qu'il y avait une petite subtilité cette fois-ci, dont l'officier du département criminel tenta rapidement de profiter :
-...Vous êtes au courant qu'il s'agit officiellement d'un incident daedrique...Commença-t-il d'un air faussement détaché tout en griffonnant quelque chose sur son bloc notes, et ce sans même nous adresser le moindre regard dans un premier temps.
-Oui, on était là, on a vu. Grinça Salmo.
-Oui, on est au courant. Répondit simplement Safia, assise à ma gauche, son petit cartable bourré de paperasse posé sur les genoux.
-...Et que vous êtes donc tenus de divulguer les informations dont vous êtes détenteurs, et ce sans discuter...Poursuivit calmement l'enquêteur.

Et effectivement, selon la loi, quelques rares cas de figures bien précis obligeaient tout de même les services de renseignements à divulguer leurs informations aux autres services Impériaux. Généralement, c’était lorsqu'une affaire était officiellement jugée comme présentant un « danger majeur, immédiat, mais non localisable et/ou non quantifiable pour la sûreté et l'intégrité globale de l'Empire », ce qui était notamment le cas pour des rumeurs d'assassinats impliquant l'empereur par exemple, ou bien une invasion soudaine d'une force ennemie non connue et non identifiable, ou en l’occurrence, un incident daedrique de type quatre. Le type quatre étant un incident daedrique d'origine inconnue ayant manifestement mené à une connexion concrète et complète entre notre monde et l'Oblivion...
C'était ainsi, c'était la loi, et elle avait pour but d'empêcher les services de renseignements de faire de la sélection ou de la rétention d'information potentiellement dangereuse pour le reste de l'Empire en cas de force majeure. Et c'était logique, étant donné le fait que c'était justement ce genre de bavure politico-miltaire qui avait notamment donné lieu à la crise d'Oblivion...
Le problème, c'était que cette loi comportait pas mal de subtilités également, et cela, l'officier du département criminel ne tarda pas à se le faire rappeler :
-Oui, en effet, nous sommes tenus de divulguer nos informations. Répondit toujours très calmement Safia Andronicus. Aux services compétents en la matière. Donc pas à vous, Leontius Fidenas, inspecteur au département d'enquête criminelle impérial...

L'officier fronça furtivement les sourcils, et feinta de s'absorber quelques instants dans le griffonnage de son carnet de notes pour mieux garder la face.
Car oui, sombre imbécile. Pris dans ta petite gueguerre inter-services visant à gratter le plus d'infos possibles aux départements concurrents, et ce par tous les moyens imaginables, tu avais abattu tes cartes beaucoup trop tôt, aussi Safia t'avait-elle immédiatement remit à ta place.
Officiellement, il s'agissait d'un incident daedrique de type quatre. Cela avait immédiatement été annoncé par le service d'incidents daedriques, et confirmé dans la foulée par le ministère de l’intérieur. Concrètement, qui était donc compétent pour nous faire cracher des infos confidentielles sur de potentiels adorateurs daedrique ? Le service d'incidents daedriques, ou le département d’enquête criminelle, qui à la base était plutôt là pour enquêter sur des actes d'exhumation et de mutilations post-mortem ?
Cette loi n'existait pas pour rien. D'un coté, elle visait à garantir la sûreté de l'Empire évidemment, mais de l'autre, elle permettait également de préserver l'intégrité et l'efficacité des services de renseignements tout en évitant des fuites d'informations inutiles, des conflits entre services, ou plus largement encore, des mouvements de panique pouvant provoquer dans les cas les plus graves des effondrements économiques ou démographiques.
Au final, à titre d'exemple, si les services de renseignements dénichaient un jour des rumeurs d'assassinat fomenté contre l'empereur par la Confrérie Noire, et que d'autres services entendaient des bruits de couloir, qui était en droit d'exiger la collaboration des services de renseignements pour préserver la sûreté de l'Empire ? Les Lames, la garde personnelle de l'empereur ? Ou bien un fouille merde du service de comptabilité impériale par exemple ? Car oui, c'était totalement stupide. En plus de ne rien pouvoir faire sur le plan technique, le service de comptabilité risquait certainement de lancer de gros transferts d'argent préventifs dans la foulée, au cas où, et de dérégler ainsi l'économie, alors qu'il aurait simplement suffit de prévenir les Lames et la garde personnelle de l'empereur pour, peut-être, déjouer une tentative d'assassinat bancale et sans gravité pour le commun des mortels.
On travaillait déjà quotidiennement pour assurer la sécurité de l'Empire, l'immense majorité de nos enquêtes étaient dirigées en ce sens. Souvent, les révéler trop tôt à d'autres services, alors que nous n'avions encore que quelques éléments fragiles à notre disposition, c'était prendre le risque de multiplier les fuites et de faire capoter toute l'opération. C'était donc pour ça qu'on gardait souvent les infos jusqu'au dernier moment, jusqu'à être certains d'avoir mis le grappin sur quelque chose de solide. Et dans ce cas alors, on était les premiers à travailler de concert avec les autres départements, comme ça avait été le cas pour le démantèlement de la Confrérie Dunmer notamment, qui avait donné lieu à une série d'interventions musclées de la part du GIG.
Voilà donc pourquoi cette loi avait été crée. Voilà à quoi elle servait. Et voilà pourquoi des délégués comme Safia Andronicus étaient là pour l'appliquer à la lettre, et ainsi défendre nos intérêt à tous.
-Allez zou ! Retourne chez ta mère ! Railla Salmo une fois que l'enquêteur fut sorti de la tente, impuissant et dépité.
-Il avait raison cela dit. Confirma Safia en se retournant vers moi. Il faudra qu'on divulgue nos infos au service d'incidents daedriques...Un incident de type quatre, ça n'était plus arrivé depuis la crise d'Oblivion quand même...
-Je connais plusieurs personnes de ce service. La rassurai-je. C'est des pros, je pense pas qu'ils nous feront chier à gratter là où il faut pas. Au pire du pire, si vous avez des pistes, genre des noms ou des adresses, ils vont peut-être exiger une descente du GIG par mesure de précaution. Et encore, je suis même pas sûre...Si on leur explique bien qu'il y a une enquête en cours là dessus, je suis quasi persuadée qu'ils accepteront de rester en retrait jusqu'à ce qu'on ait assez d'infos, si il s'agissait d'un culte par exemple...
-J'ai aucune info là dessus. Fit remarquer Safia, qui avait bien évidemment relevé ma question implicite. Et si tu veux mon avis, je pense que personne chez nous n'en a. Je sais qu'il y a une équipe qui enquête sur les disparitions dans Bruma-centre. C'est justement pour ça que Salmo était là je crois, mais à propos d'un incident daedrique, par contre...Je pense pas avoir jamais entendu parler de ça au quartier général...Bon en même temps, moi je suis qu'une porte parole hein. Je suis pas au courant de tout.

La jeune Impériale jeta un regard pensif en direction de Maro et Denel, désormais occupés à effectuer je ne savais quel compte rendu à un officier qui semblait être leur supérieur hiérarchique direct.
-Bon, si quelqu'un chez nous venait à avoir une info et qu'il devait la transmettre, il vaudrait quand même mieux éviter que le service d'incident daedrique exige une descente du GIG...Marmonna soudain la porte parole. Ils font connerie sur connerie ces temps-ci. T'as vu le bordel qu'ils ont foutu place du vieux Stendarr lors de l'arrestation de Madras Romavel et Mavon Hlaran ? Parait que ça tirait de tous les côtés !
-Je sais Safia, j'y étais...Fis-je remarquer.
-Oui, pardon. S’excusa aussitôt la jeune Impériale en agitant brièvement la main, avant d’enchaîner : mais je veux dire, avec leur restructuration et leur roulement d'effectifs là, ils ont perdu pas mal de bons éléments récemment, et ils commettent pas mal de bavures quand même. La prise d'otages de l'année passée à l'ambassade Brétonne de la cité impériale, c'était pareille. Hey, je sais pas si t'avais eu l'info vu que t'étais encore en mission à cette époque, mais les mecs, ils ont buté deux civils lors de leur intervention quand même !
-On est sûr que c'est bien le GIG qui les a buté, et pas les preneurs d’otages ? Questionnai-je prudemment.
-C'était bien les carreaux du GIG qu'on a trouvé dans les corps. Confirma Safia. Et ça a fait un scandale énorme cette histoire. Allez quoi ! Flinguer deux civils dans un échange de tirs en plein milieu de la cité impériale ! Ils font quoi les mecs, ils essaient d'imiter les Ordonnateurs ?!

BlackDeViL24
BlackDeViL24
MP
01 décembre 2020 à 22:10:05

Je me retins d'éclater de rire, même si objectivement le sujet était tout sauf marrant.
C'est juste que j'avais cette affiche de dénigrement légendaire qui me revenait en tête, qui était placardée dans tous les services Impériaux depuis des décennies au moins, qui était connue de toute la société impériale d'ailleurs, et qui se foutait ouvertement de la gueule des Ordonnateurs de Morrowind, ces gros bourrins indélicats, en les représentant lors d'une prise d’otages, sous forme d'une peinture particulièrement réaliste, avec écrit en dessous :
« Les Ordonnateurs :

11 terroristes. 117 otages. 128 morts.

Mission accomplie ! »
-...Ouai mais bon...Morrowind c'est un autre univers, dans une autre dimension...Conclus-je en me retenant de nouveau de rire.

La jeune porte parole réprima un sourire elle aussi. A l'évidence, elle pensait à la même affiche que moi...
En fait, je me rendais compte, en cet instant précis, que je ne connaissais pas si bien Safia que ça finalement. Je savais qu'elle avait rejoint les services de renseignements deux ans après moi, à l'âge de vingt-deux ans seulement, et qu'elle avait surtout été débauchée avant même la fin de ses études de droit impérial, son dossier universitaire ayant apparemment séduit les bonnes personnes au sein du service. Je me rappelais d'ailleurs très bien des quelques rumeurs qui avaient couru à l'époque, prétendant qu'elle avait surtout été pistonnée comme pas permis, car il était, sinon impossible, en tout cas très rare et très improbable qu'une gamine d'à peine vingt-deux ans rejoigne un service aussi prestigieux et sélectif avant même d'avoir obtenu son diplôme – quand on savait les réticences qu'ils avaient déjà eu à propos de mon propre dossier, alors que j'avais pourtant vingt-cinq ans et sept ans de légion derrière moi lors de mon arrivée...
Pour autant, je ne pensais sincèrement pas que Safia ait pu être pistonnée par qui que ce soit. Tout d'abord parce qu'elle venait d'une famille de classe moyenne de la banlieue impériale, qu'elle n'avait absolument aucun référent ou connaissance au sein des services de renseignements avant son arrivée, et ensuite parce que son poste, contrairement au mien par exemple, ne demandait pas d'aptitudes ou de conditions d'entrée particulières. En l'état, je crois que c'était surtout son excellent dossier universitaire qui avait séduit les chasseurs de tête du service. Bon, et certainement son physique agréable aussi, fallait pas se mentir...
Au final, quoi de mieux qu'une jeune et brillante future diplômée en droit impérial, doublée d'un visage aguicheur et attirant, pour représenter au mieux les services de renseignements au grand public ? Du reste, on avait jamais vraiment pris la peine de sympathiser durant ces quelques années. Quelques discussions un peu bateau autour d'un café dans la salle de pause du QG, quelques échanges d'infos par pupitre pour qu'elle soit mise au parfum de ce qu'elle pourrait ou ne pourrait pas dévoiler lors de sa prochaine conférence de presse, et c'était à peu près tout.
Et puis bon, j'avais passé ces deux dernières années à m'infiltrer à plein temps dans un des gangs carcéraux les plus violents de toute l'histoire de Tamriel. Autant dire que je ne l'avais pas beaucoup croisé pendant tout ce temps...
Mais bon, malgré tout, Safia, je l'appréciais quand même mine de rien, même si je la connaissais pas plus que ça. C'était une fille sympa, pas prise de tête, et surtout extrêmement impliquée dans son travail. On aurait facilement pu la prendre pour une cruche sans cervelle avec son visage d'ange, ses grands yeux de biche et sa longue chevelure brune bouclée. Pourtant, bien loin de répondre aux stéréotypes, c'était surtout un monstre d’efficacité au quotidien, prête à défendre l'intégrité et l'image des services de renseignements à n'importe quel prix. La preuve encore aujourd'hui : quand elle avait été mise au courant de notre situation à Salmo et moi, elle avait foncé tête baissée dans la première navette de RDS et nous avait immédiatement rejoint avec tous les documents et papiers nécessaires, alors qu'on était pourtant en pleine nuit, largement en dehors de ses heures de travail habituelles. Ça changeait largement des tires-au-flanc ou des incapables qui composaient majoritairement le personnel administratif de la Légion Impériale, à titre de comparaison...
-...Au fait, j'ai lu ton entrevue dans le courrier du cheval noir de ce matin. Repris-je après quelques instants de réflexion un peu fatiguée. C'était propre...
-C'est mon métier va. Sourit Safia. Bon, ça et me faire draguer lourdement par le journaliste...
-Allez ?
-Je te jure. Insista la jeune Impériale. Le mec, il a d'abord essayé de me gratter des infos classifiées, normal quoi. Puis il a posé quelques questions auxquelles j'ai pu répondre quand même. Jusque là ça allait bien. Puis après, je sais pas ce qu'il s'est imaginé le gars, il a commencé à faire des sous entendus bizarres, à me dire que c'était dommage que je gâche mon potentiel en restant dans les services de renseignements, que si je le voulais, il pouvait m'introduire dans d'autres structures, me faire rencontrer des gens dans le monde de la presse, des affaires, tout ça...
-Et t'as dis quoi ? Questionnai-je.
-Bah qu'est-ce que tu veux que je dise au final...J'ai juste...

Un ronflement sonore nous interrompit brièvement dans notre discussion. A la gauche de Safia, Salmo semblait s'être endormi sur sa chaise...
-...Mais...Il dort ? Lâcha la jeune Impériale en toisant l'Altmer d'un regard qui semblait être partagé entre la perplexité et la fascination.
-Je commence à être un peu crevée aussi je t'avoue...Confiai-je.

Safia jeta un œil autour de nous, puis en direction de Maro et Denel, toujours occupés à débattre avec plusieurs enquêteurs impériaux de l'autre côté de la tente, puis se pencha ensuite vers moi.
-Il paraît que tu as demandé à être re-transférée vers la cavalerie impériale ? Chuchota-t-elle après s'être assurée que personne ne pourrait nous entendre. Tu comptes vraiment retourner dans la Légion ?
-Ah...Les nouvelles vont vite...Répondis-je.
-Bah oui évidemment ! Acquiesça la porte-parole. Mais c'est vrai ? Parce qu'il y a rien d'officiel pour le moment je suppose, alors...
-C'est vrai. Confirmai-je simplement.
-Le RAC en plus ? Insista Safia.

Malgré la distance, j'aperçus clairement Denel Attius froncer les sourcils, et nous jeter un bref regard depuis l'autre côté de la tente.
-Moins fort...Marmonnai-je, un peu prise de cours.
-Lieutenant Attius ! Vous me le dites hein, si je vous fais chier ! Aboya dans la foulée un colonel impérial, forçant le Khajiit à se re-concentrer et à lui accorder de nouveau toute son attention.
-...Les forces spéciales quand même, c'est pas de la rigolade ! Chuchota nerveusement Safia. Surtout celles de la cavalerie !
-Je sais Safia, je sais...J'ai été sept ans dans la légion quand même...
-Trois officiellement, si tu décomptes tes quatre ans de formation d'officier à l'académie militaire impériale. Rectifia la jeune Impériale.
-Tu connais mon dossier par cœur dis donc...Répliquai-je à mon tour. Et ces quatre années comptent dans le calcul de mon ancienneté...
-Mais pas pour les forces spéciales non ? Questionna Safia, qui semblait douter tout à coup. Il faut minimum cinq ans d'activités dans un régiment régulier pour pouvoir postuler, c'est bien ça ? Donc tes années à l'académie ne sont pas comptabilisées. Mais du coup, en principe tu ne peux pas...

BlackDeViL24
BlackDeViL24
MP
01 décembre 2020 à 22:10:33

Le regard de la porte-parole s'illumina soudain.
-Oh...Les services de renseignements, ça compte ? Questionna-t-elle.
-Et bien figure toi que oui. Confirmai-je. Je l'ai appris récemment. En gros, du moment que tu aies fait tes classes au sein de la légion, les années passées dans un autre service impérial officiel comptent dans l'ancienneté. Donc aujourd'hui, j'ai officiellement neuf ans d'activité de terrain, donc je peux postuler. C'est pour ça que je l'ai fait d'ailleurs.
-Merde alors, je savais même pas...Souffla Safia, interdite. Tu vois, tu viens de m'apprendre un truc.

Je ne savais pas quelle connerie Maro Salvitto avait encore bien pu commettre pour en arriver là, mais en tout cas, depuis ma position, je l'aperçus très clairement se faire empoigner par le colonel furibond qui avait rabroué Denel Attius quelques instants plus tôt.
A l'évidence, les deux Khajiits n'étaient pas sorti de l'auberge eux non plus...
-...Ça va te faire un sacré CV si t'es prise...Commenta Safia après quelques secondes de réflexion.
-Je serai pas prise va...Maugréai-je. L'officier qui m'a accordé l'entrevue a été infâme. Aucune chance que mon dossier soit accepté...Et quand bien même il le serait, faudrait encore que je réussisse le programme de sélection, et je vois pas comment. Je vais me retrouver en concurrence avec les meilleurs cavaliers éligibles de toute la légion impériale. Et même là, ils ne prendront que la crème de la crème. Autant dire que c'est cuit...
-Mais non, faut pas dire ça. Me consola Safia. Tu sais, comme tu l'as dis, j'ai pu lire un peu ton dossier. Et il est impressionnant. J'ai vu que t'avais tout déchiré lors des sélections à l'entrée des services de renseignements, alors que les sélections pour les agents de terrain, c'est pas de la tarte non plus, loin de là...
-M'ouai...
-Enfin moi je te posais la question par curiosité. Tempéra la porte-parole. Mais ne te tracasse pas trop avec ça va. T'es en vacances non ? Profite de ta semaine, puis tu verras bien. Si ça passe tant mieux, et si ça passe pas, ben tant mieux aussi.
-Tant mieux ? Relevai-je en haussant un sourcil perplexe.
-Ben oui. Conclut Safia. T'es un super bon élément. Levus Mico me parle tout le temps de toi. Puis je te trouve sympa moi. Ça me ferait chier que tu partes...

Je ne savais pas si c'était la fatigue, mais cette dernière phrase me toucha énormément. Je ressentis véritablement un profond mélange de tristesse et de reconnaissance en entendant la jeune Impériale proférer ces mots à mon encontre. Peut-être parce qu'au vu de mon mode de vie, de mon travail, et plus généralement du chaos et de la solitude dans laquelle j'avais toujours vécu depuis ma naissance, le simple fait de recevoir soudain une marque d'affection, aussi innocente soit-elle, provoquait en moi une véritable bouffée de sentiments trop longtemps refoulés.
Safia pensait-elle vraiment ce qu'elle disait, en prétendant qu'elle ne voudrait pas me voir partir ?

Bah...Ça devait être la fatigue oui...J'étais complètement crevée, et j'avais plus les idées claires...
Qu'est-ce que j'aurais pas donné pour aller pioncer là tout de suite...
-Euh...Safia Andronicus ? Questionna un agent du service d'incidents daedriques en glissant sa tête sous la tente de commandant et en balayant l'endroit du regard.
-Oui ! Je suis là. Répondit aussitôt la jeune Impériale en se levant.
-Ah ! On peut se parler deux minutes à l'extérieur ?
-Oui bien sûr, j'arrive. Conclut Safia.

Je me retrouvai finalement seule avec Salmo - toujours endormi sur sa chaise – à observer d'un œil fatigué tous ces enquêteurs aller et venir au beau milieu de la tente de commandant.
Et vas-y que ça papotait, que ça émettait des hypothèses, que ça analysait, re-analysait et re-re-analysait le moindre échantillon relevé dans la maison du pauvre Kodlak.
On attribuait tout d'abord l'incident à la Confrérie Noire, rapport à l'anneau trouvé dans la bouche du corps sans vie. Ensuite, on revenait sur son impression, jugeant que ce n'était pas possible. On cherchait ensuite un quelconque indice susceptible de relier l'affaire à une secte d'adorateurs daedriques connue. Le culte du ver ? Peu probable vu leur présence marginale sur le continent. L'aube mythique ? Ils ne représentaient aujourd'hui rien de plus qu'une force symbolique composée de quelques hurluberlus sans véritable foi, et par ailleurs tous bien connu des services de renseignements. Peu probable également. Un agent du Domaine Aldmeri ? Pratiquement impossible, car les Altmers ne pousseraient probablement pas la perfidie jusqu'à invoquer une magie qu'ils répugnaient à ce point, surtout si il s'agissait de nuire à un ennemi avec lequel ils partageait actuellement une trêve, fragile certes, mais qui les arrangeait bien eux aussi.
Qui alors ? Un individu isolé ? Pas impossible mais hautement improbable vu les moyens nécessaires à ce genre de processus. Une secte encore inconnue à ce jour ? Peut-être, mais quelqu'un aurait forcément remarqué quelque chose avant qu'un portail daedrique ne soit ouvert en plein Cyrodiil. Des individus aptes à contrôler une telle magie, ça se sentait de loin. Les nombreux sorciers des différents services impériaux, ou même la guilde des mages, l'auraient détecté...
Mais alors qui ? Et pourquoi déterrer et mutiler un cadavre dans la même pièce ? Et pourquoi lui enfoncer une bague de la Confrérie Noire dans la bouche ? Et pourquoi ceci ? Et pourquoi cela ?
Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ?

Je fermai les yeux quelques instants, les paupières lourdes.
Pourquoi me poser ces questions au fond ? Ce n'était pas de mon ressort. Puis merde, j'étais en vacances à la base ! Normalement ce n'était pas mon problème !
Des vacances oui...Ça m'aurait fait tellement de bien...Des vraies vacances je voulais dire, avec une plage, des palmiers...Comme sur les croquis promotionnels des agences de voyage de la cité impériale. C'était où d'ailleurs ce genre de paysages ? Pas en Cyrodiil en tout cas. Le sud d'Elsweyr peut-être ? Ou du Val-Boisé ? Ou même l'Archipel de l'automne ? Avec des Altmers, des Khajiits...Des Khajiits...Des gros chats...Qui viennent ronronner en se frottant à vos pieds...Ronron...Ronron...Les Khajiits ronronnent d'ailleurs ? Un Khajiit qui vient me draguer en ronronnant...Ma bourse ? Il vient de me piquer ma bourse ? Un Ordonnateur le pourchasse puis je les perds de vue. Pas grave, elle est jolie cette plage, puis j'ai pas grand chose dans ma bou...Attends ! Un Ordonnateur sur une plage ? Hein ? C'est pas logique. Eux ils vivent dans les champignons géants, je les ai vu...Ah oui les champignons d'ailleurs...Ça doit être trop bien là haut, au sommet d'un champignon, avec une vue sur tout Vvardenfell, la cité de Vivec...Euh, elle existe toujours la cité de Vivec ? Ben oui je la vois là...C'est ça là-bas, non ? Avec le...Le truc là...Puis il y a plein de chats qui ronronnent au pied du champignon, alors je descends pour les accueillir, mais quand j'arrive...Ben ils ne sont plus là. Il y a juste un mec, un Dunmer, comme moi...Oui je suis une Dunmer...Ben oui ! Mais lui il a la peau de plusieurs couleurs, il est chauve, il lévite dans les airs et il me regarde en me disant...Non, en gueulant et en me secouant :
-TELERI !

Je sursautai violemment, et me retrouvai face à Safia, toujours assise sur ma chaise, toujours dans la tente de commandement.
-...Vous pouvez rentrer chez vous. Expliqua gentiment la jeune Impériale. Je me suis arrangé avec le service d'incidents daedriques. Ils passeront à notre QG demain. Et les autres enquêteurs n'ont plus à vous retenir. J'ai fait ce qu'il fallait.

Je clignai des yeux, et jetai un œil autour de nous.
-Euh...Je dormais ? Questionnai-je.
-Tu ronflais même...
-Sérieux ?
-Oui...
-Hum...

Je me redressai sur ma chaise, me frottai les yeux, collai ensuite une grosse claque à Salmo...
-HEIN QUOI QUOI ?! Aboya ce dernier, arraché de surprise à son sommeil.

...Et me levai finalement, les jambes engourdies, le cerveau embrumé.
-Rentrez chez vous et allez dormir. Vous êtes zombifiés...Nous lança Safia.
-Hmmm...Répondis-je en m'étirant. Et toi ? Tu viens pas avec nous ?
-J'ai encore un dernier truc à régler avec les deux représentants du ministère de l'intérieur. Juste une question de procédure.
-Ben on peut t'attendre...Fis-je remarquer, parce que franchement, je me voyais mal la planter là après tout ce qu'elle venait de faire pour nous.
-Non non, allez-y. Insista la porte-parole. De toute façon je rentrerai sûrement pas dans la banlieue ce soir. Mon mec habite pas loin d'ici en fait, donc...

BlackDeViL24
BlackDeViL24
MP
01 décembre 2020 à 22:11:02

Je clignai des yeux. J'avais l'impression que mon cerveau tournait au ralenti.
-Bah...T'as un mec toi ? Relevai-je, interloquée. Je savais pas...
-Enfin un mec...Rectifia Safia. Je côtoie quelqu’un quoi...
-Mais...Tu l'as rencontré où ? Comment ? Avec notre taff là...Persistai-je.
-Ben via le service de rencontre du pupitre tiens, comme tout le monde ! Conclut Safia.
-Ah ! Ben tu vois ?! Lâcha soudain la voix de Salmo derrière moi. Tu vois ?! Même Safia s'est inscrite dessus ! Alors arrête de faire ta gênée et... !
-Oh rendors toi toi ! Pestai-je, exaspérée.
-Quoi, tu hésites à t'inscrire sur le service de rencontre ? Questionna aussitôt la porte-parole. Bah faut pas hein ! Tout le monde est dessus maintenant ! Tu peux rencontrer plein de types super, puis bon entre nous, on a pas trop le choix. Avec nos emplois du temps, c'est soit rencontrer quelqu'un via ce genre de service, soit finir vieille fille avec dix-sept chats.
-Ouai bon...Je vais rentrer moi...Conclus-je, blasée.

Nous quittâmes finalement la tente, et laissâmes la jeune Impériale à ses affaires après un ultime salut de notre part. Une fois dehors, dans le froid de la nuit et dans l’agitation qui continuait de régner rue des flocons – car oui, il y avait toujours malgré l'heure tardive une solide ribambelle de gardes et d'enquêteurs sur place – nous retrouvâmes Denel Attius et Maro Salvitto, visiblement bien crevés eux aussi vu leur mine affaissée.
-Vous avez fini ? Questionna Denel en nous voyant sortir de la tente.
-Ouai. Et vous ? Répondis-je.
-On devra faire un dernier compte rendu demain à notre taff. Expliqua l'officier Khajiit. Mais là ouai, on a fini.
-Et donc lui, il fête sa libération en s'envoyant une grosse rafale de Sucrelune devant tout le monde. Commenta Salmo, en réponse à l'énorme bouffée de tabac que Maro était en train d'aspirer en ce moment même à l'aide de sa pipe.
-Déstresse le Thalmor. C'est que du tabac. Répondit l'intéressé après avoir soufflé sa fumée dans une autre direction. Ils ont choppé mon paquet de Sucrelune et l'ont confisqué.
-Ah c'est pour ça que ton chef t'a empoigné ? Questionnai-je.
-Entre autres ouai...Lâcha platement le Khajiit. Je vais me prendre un méchant blâme je crois...
-Ils vont te virer ? Interrogea à son tour Salmo.
-Non ça je pense pas. Répondit Maro. Mais à mon avis je suis bon pour réguler le trafique de chariots à l'entrée de la cité pendant un mois...

Un silence épuisé s'installa au sein de notre petit groupe, uniquement interrompu par les petites bouffées de Maro, et bien entendu, par l'activité qui régnait tout autour de nous.
-...Euh...Sembla soudain hésiter Denel. Salmo, j'ai plus ou moins compris, mais donc toi Teleri, tu fais officiellement partie des services de renseignements, c'est bien ça ?
-Mec pourquoi tu poses la question ? Rétorqua aussitôt son collègue en levant les paumes d'un air perplexe. Ils viennent de passer plusieurs heures à l'écart et personne n'a osé les faire chier. Bien sûr qu'elle fait partie des services de renseignements.
-C'est à toi que je parle ? Lâcha Denel en le toisant d'un air totalement saoulé.
-C'est bien ça oui. Répondis-je simplement, trop crevée que pour chercher à mentir.
-Mais j'ai entendu...Poursuivit l'officier en se retournant vers moi. Enfin si j'ai bien compris...T'étais officier dans la cavalerie avant, c'est ça ? Et tu veux y retourner ?
-C'est ça...
-Parce que moi, figure toi que je vais demander mon transfert de la garde, et revenir dans l'infanterie.
-Oh...Pourquoi ? C'est si chiant que ça la garde ?
-Écoute...J'ai trente balais...Souffla Denel Attius, dont l'épuisement ne semblait plus être le seul fait de cette nuit interminable, mais plutôt d'une vie qui ne lui convenait plus du tout. Je me suis engagé dans l'infanterie à la base, j'ai fait mes quatre ans d'étude à l'académie militaire impériale, et quand je suis sorti lieutenant, me demande pas pourquoi, j'ai directement demandé mon transfert dans la garde...
-T'avais peur d'être envoyé sur le front ? Questionnai-je. Ça fait des décennies qu'on est en trêve avec le Domaine Aldmeri...En principe tu risquais rien...
-Non non c'est pas ça. Contra le Khajiit. Justement, avec cette trêve qui n'en finit pas, je me voyais mal passer ma vie à aller faire de l’humanitaire ou de la surveillance inutile dans tous les coins paumés dans l'Empire. Je voulais autre chose, donc je me suis dit que la garde impériale, la sécurité intérieure tout ça, ce serait peut-être plus dynamique comme vie. Je me suis dit que ce serait plus utile, je sais pas...
-C’est pas le cas ? C'est vrai que vous devez pas chômer par ici, quand je vois comme nous on se faisait chier en déploiement extérieur avec la cavalerie...
-Ouai tu parles ! Lâcha le Khajiit. Quelle vie dynamique ! On passe notre temps à résoudre des conflits de voisinage, raccompagner des mecs bourrés chez eux, verbaliser des chariots mal garés...Puis on se fait tout le temps insulter, regarder de travers...

Il se retourna vers Maro et lança :
-C'est pas vrai franchement ?

Ce dernier tira de nouveau sur sa pipe, et se contenta de hausser les sourcils et de faire des gros yeux, l'air de dire « ah ça mon gars, tu l'as dit »...
-...Bref, donc j'ai demandé mon transfert retour vers l'infanterie. Conclut Denel en revenant vers moi. Ça devrait aller vite vu que la garde est une sous-branche de l'infanterie...Mais enfin bref, ce que je voulais dire à la base, c'est que j'ai entendu la conversation entre toi et la fille là. Parait que t'as monté un dossier pour rentrer au RAC ?

Je sentis une bouffée de désespoir m'envahir tout à coup.
Le RAC...Pourquoi le simple fait d'évoquer le Régiment Autonome de Cavalerie m'emplissait désormais d'un tel accablement ?
-Ouai...Soupirai-je finalement. Mais bon...J'y crois pas du tout...
-Parce que moi, j'ai postulé pour la DRI. Confia finalement l'officier.
-Ah oui, quand même...

La DRI...La Division de Reconnaissance de l'Infanterie impériale, l'une des deux forces spéciales de l'infanterie avec le PRAX, et un peu l'équivalent du RAC, mais chez les fantassins du coup.
Autrement dit, la crème de la crème de la Légion, des opérateurs triés sur le volet et chargés des missions les plus secrètes, les plus critiques et les plus prestigieuses.
-...Pourquoi pas le GIG ? Questionnai-je après quelques instants de réflexion. Vu que t'es dans la garde, tu pourrais postuler directement chez eux. Ils recrutent plus facilement que n'importe quelle autre force spéciale...
-Non non, je veux quitter ce cloaque pourri. Insista Denel. Et le GIG, c'est encore et toujours se battre avec la pire racaille de Cyrodiil. C'est juste qu'on te donne un meilleur matos et que les risques de crever son encore plus grands...
-Ouai c'est pas faux ça...Fis-je remarquer.

BlackDeViL24
BlackDeViL24
MP
01 décembre 2020 à 22:11:17

Il était vrai que le GIG, Groupe d'Intervention de la Garde impériale, était un régiment de forces spéciales vraiment à part. Autant dire qu'il fallait vraiment être bien accroché, et avoir des motivations bien particulières pour vouloir le rejoindre, celui-là...
-J'aimerais bien rejoindre le GIG moi. Fit remarquer Maro en mâchonnant distraitement sa pipe.
-Les Divins aient pitié de nos âmes si un sagouin comme toi intègre le GIG...Répondit Salmo.
-Tu vas voir, un jour j'y arriverai. Conclut le caporal.
-Bon...On va plus tarder à rentrer. Annonça finalement Denel, avant de se retourner de nouveau vers moi, et d’enchaîner : Écoute...Ça te dit qu'on reste en contact ? Si on venait à intégrer nos régiments respectifs, ça serait pas mal. Puis même...Après ce qu'il s'est passé ce soir...
-Ouai bien sûr. Acquiesçai-je. Je loge à l'hotel du Roi Nédique cette semaine, mais il y a un pupitre dans ma chambre, donc tu peux me joindre à cette adresse. Et au pire, je te donne également celle de mon appart' à Terre-neuve. T'as de quoi noter ?

Nous nous échangeâmes rapidement nos adresses.
-Tiens, prends la mienne aussi va. Me lança Maro Salvitto. Et toi aussi le Thalmor, file la tienne.
-Bah écoute...Abdiqua Salmo en indiquant sa propre adresse. On pourra se faire une petite partouze à l'occasion.
-Bon parfait alors ! On se tient au jus ! Conclut Denel Attius.
-Ouai, et peut-être que dès demain vous croiserez Teleri sur le service de rencontres ! Poursuivit Salmo.
-Mais tu vas fermer ta gueule toi...Marmonnai-je.

Nous nous quittâmes ici, regagnant chacun notre destination respective.
Enfin...Sans compter la bonne heure et demi de RDS qu'on devait se coltiner moi et Salmo avant d'enfin pouvoir regagner le centre de la cité impériale.

Dormir...Maintenant, j'allais dormir oui...
Pendant au moins une semaine...

Newradion44
Newradion44
MP
02 décembre 2020 à 18:46:53

Tu m'a trop mis l'eau à la bouche avec ta porte de l'oblivion

BlackDeViL24
BlackDeViL24
MP
06 décembre 2020 à 17:48:34

Chapitre 9 : Les faux de l'amour.

Tu es tout seul, toi, le rejeté du sexe opposé ? Tu ne trouves personnes ? Tu pues la misère affective ou sexuelle à dix bornes ? Tu rêves, le soir dans ton lit, que le vieux coussin crade que tu sers désespérément dans tes bras ne devienne brusquement un beau prince charmant ?
Alors viens donc t’inscrire à notre super service de rencontres Impériales !
-Mais qu'est-ce que je fous là...Grommelai-je un beau matin, alors que Safia était littéralement en train de me traîner de force en direction de l'une des nombreuses succursales du service en question, celle du quartier du marché de la cité impériale, en l’occurrence.
-A choisir, t'as dis que tu préférais que ce soit moi qui t'accompagne plutôt que Salmo ! Répondit la jeune Impériale avec un sourire enjoué qui me donna sitôt la furieuse envie de lui faire ravaler ses dents. Puis c'est mieux d'y aller entre filles non ?
-A choisir je préférerais ne pas être là, surtout...Fis-je remarquer.
-C'est pour ça qu'on te force ! Lâcha Safia. Tu le feras jamais sinon !
-Arrête de me tirer comme ça...
-Ben arrête de traîner alors !

Heureusement, cette partie du quartier du marché semblait être relativement peu fréquentée par les passants. Ajouté au fait qu'on était encore tôt dans la matinée, et qu'on était en plein milieu de semaine, il n'y avait finalement pas grand monde dans le coin.
Personne – enfin du moins je l'espérais – ne nous aperçu donc franchir la porte de ce joli petit bâtiment estampillé « service des rencontres impériales – osez trouver l'amour ! »
-...Putain je suis gênée...
-Oh arrête hein ! Me coupa Safia. Tout le monde l'utilise on t'a dit ! Il y a aucune honte ! Faut te mettre à la page hein !
-Bonjour ! C'est pour une inscription ? Nous accosta aussitôt une jeune Impériale – plus jeune que Safia encore – alors que nous pénétrions dans un petit vestibule, sobrement décoré d'un petit comptoir et de quelques affiches publicitaires placardées ça et là.
-Oui ! Pour mon amie ! Répondit ma collègue en raffermissant sa prise sur mon bras.
-Hmmm...Confirmai-je à mon tour en lâchant mon sourire le plus crispé.
-Bien sûr ! Suivez-moi je vous prie !

La réceptionniste nous invita immédiatement à la suivre jusqu'au petit comptoir, ce que nous fîmes...Non sans quelques difficultés de ma part évidemment. Au passage, je me posai rapidement la question de l'utilité de posséder un si gros bâtiment si ce n'était finalement que pour utiliser et accueillir les gens dans une si petite salle de réception.
-...Arrête de tirer la gueule ! Chuchota Safia.
-Je tire pas la gueule ! Répliquai-je.
-Tu rigoles ?! C'est sûr que si tu fais cette tronche là, tu vas pas en attirer beaucoup des mecs !
-Vas te faire mettre tu veux ?!
-Alors ! Commença la jeune réceptionniste en me tendant une petite feuille qui semblait être une fiche pré-remplie. Vous savez comment ça fonctionne ?
-Pas trop non...Marmonnai-je.
-Pas de soucis ! Dans un premier temps, j'aurais besoin que vous complétiez ceci. Prénom, âge, adresse, tout simplement.

La réceptionniste se tourna rapidement vers Safia :
-Pour vous aussi ?
-Non non moi je suis déjà inscrite. Répondit ma collègue.
-Ah ben parfait ! Et tout se passe bien ? S'enquit poliment l'employée.
-Oh oui ! Très bien même ! Gloussa Safia.
-Teleri...Trente-et-un...Récitai-je à voix basse tout en remplissant déjà les cases de mon petit papier. Euh par contre...Je loge à l’hôtel pour le moment...
-Votre chambre a bien le pupitre ?
-Oui.
-Dans ce cas pas de soucis. Conclut la réceptionniste. Quand vous changerez d'endroit, il faudra simplement que vous repassiez dans une dans nos succursales pour mettre à jour votre adresse. Tout simplement.
-Tout simplement...Répétai-je en reposant lentement la plume.
-Bien ! Parfait ! Observa l'employée en prenant aussitôt ma fiche. Maintenant il faut que vous passiez devant le cristal de transcription, pour imprimer votre visage sur votre fiche.
-Euh...Hésitai-je, car très honnêtement, j'estimais que ça allait un peu vite pour le coup.
-Ne vous en faites pas ! Me rassura aussitôt la jeune Impériale. C'est un simple sort de mysticisme. En gros il capture un fragment de votre image et la restitue sur du papier. Vous allez voir, c'est simple comme bonjour ! J'ai juste besoin de ça pour compléter votre inscription, puis ensuite je pourrai vous expliquer comment tout ça fonctionne.
-Allez hein ! M'encouragea Safia.

Je lui jetai un regard noir, mais entreprit bientôt de coopérer avec la jeune employée, qui m'invita quand à elle à la suivre derrière un petit rideau situé juste à côté du comptoir.
Là, dans ce qui ressemblait finalement à une cabine d'essayage lambda d'un magasin de vêtements, un petit cristal monté sur un support métallique trônait silencieusement, luisant d'une légère lueur blanche. A bien des égards, il ressemblait plutôt pas mal aux pierres de welkynd dont se servaient fréquemment les mages d'ailleurs.
-Attendez...Deux petites secondes...Commenta l'employée en s'affairant autour du support.

Pendant quelques instants, elle sembla chipoter au positionnement du cristal sur son support. Probablement pour le régler à ma taille j'imagine...Après quoi, elle posa un parchemin vierge dans un petit espace situé juste sous le cristal luisant, puis se retourna dans ma direction.
-Bon ! Reprit-elle. Regardez simplement le cristal, et faites un joli sourire !

Je sentis mes joues s'empourprer. Qu'est-ce que j'avais envie de disparaître là tout de suite putain...
-Allons allons ! Insista l'employée sur un ton joyeux. C'est mieux avec un joli sourire non ?
-J'ai du mal à faire des sourires sur demande...Expliquai-je, franchement mal à l'aise. Enfin...Si vous permettez...Je vais juste essayer de garder la tête la plus normale possible...

BlackDeViL24
BlackDeViL24
MP
06 décembre 2020 à 17:48:54

La jeune Impériale réprima un sourire poli, bien que j'eus surtout la terrible impression qu'elle luttait intérieurement pour ne pas se foutre de ma gueule.
Petite merdeuse va...
-Allez, regardez bien le cristal, et c'est parti ! Commenta-t-elle après quelques derniers ajustements.

Je fixai le cristal luisant avec attention. Si j'avais été capable de me voir de l'extérieur, je me serais trouvé incroyablement ridicule en cet instant précis...
La jeune employée effleura l’objet enchanté du doigt, provoquant aussitôt une réaction magique chez ce dernier. En effet, un léger vrombissement emplit la pièce, suivi d'une brève lueur.
L'instant d'après, j'aperçus clairement le parchemin vierge se ternir et s’imprégner peu à peu du fragment d'image que venait de capturer le cristal.
-Et voilà ! Conclut l'employée. On peut retourner au comptoir maintenant.

Nous quittâmes la petite pièce, et revinrent dans le vestibule principal où nous attendait Safia.
-T'as fait un beau sourire ? Questionna ma collègue.

Je levai les yeux au ciel et poussai un soupir gavé, alors que derrière le bureau, l’hôtesse d'accueil semblait immédiatement s’affairer avec tout un tas de tampons et de ciseaux.
-...Après tu m'offres une glace. Grinçai-je.
-Hein ? Bégaya aussitôt Safia.
-C'est ma récompense pour endurer tout ça. Insistai-je.
-Pfff t'as quel âge franchement ?

J'aperçus soudain la jeune employée hésiter derrière son comptoir, l'air intriguée par quelque chose.
-Il y a un soucis ? Questionna Safia alors, qui l'avait remarqué elle aussi.
-Euh je...Vous ne vous êtes pas trompée dans l'âge ? Hésita la réceptionniste. Vous avez mis trente-et-un sur la fiche. Vous ne vouliez pas dire vingt-et-un plutôt ?
-Non non j'ai bien trente-et-un ans. Confirmai-je.
-Ah ben vous faites beaucoup plus jeune !
-Merci...
-C'est les Elfes ça ! Conclut Safia. Elles trichent ! On peut pas rivaliser nous, pauvres humaines !

Oui bon...J'eus tout de même bien envie de lui faire remarquer que dans le cas particulier des Dunmers, premièrement ce n'était pas vrai, quand on voyait le nombre de femmes Dunmers qui, justement, vieillissaient atrocement mal et attrapaient très tôt des gueules de sorcières pas possible.
Et que deuxièmement, quand bien même c'eut été vrai, ce n'eut été que justice, vu la peau sombre et les yeux rouges qu'on devait se coltiner toute notre vie en retour.
Les Hommes et les Femmes, et mêmes les autres Elfes, ne pouvaient pas comprendre ça, mais c'était tout de même un frein énorme pour beaucoup d'entre nous, que de se retrouver à faire peur aux enfants ou encore de se ramasser constamment des remarques sur le fait qu'on avait des gueules de « méchants » ou qu'on était « porteurs de malédiction. »
Non, en l'occurrence, la remarque de Safia aurait été justifiée pour une Bosmer, ça oui.
Mais pour une Dunmer par contre...
-Voilà, j'ai terminé ! Conclut finalement la jeune employée tout en nous exhibant fièrement ce qui semblait être ma fiche personnelle. Vous en pensez quoi ?

J'eus aussitôt envie de lui arracher le parchemin des mains, et de le déchirer en centaines de petits morceaux. Non pas pour la qualité du travail, qui était remarquable, je le concédais.
L'image, imprimée par processus magique, était bien taillée, me représentait bien, et les inscriptions en dessous étaient correctes et bien positionnées. Techniquement, je n'avais rien à redire au final.
Non, ce qui me choqua en vérité, ce fut ma gueule, tout simplement...
Cela faisait des mois que j'évitais le moindre miroir, depuis mon altercation avec Arsyn en fait, et si je m'étais ramassée un paquet de remarques déplacées depuis cet incident, et était bien évidemment au courant de ma situation, une partie de moi était en quelque sorte passée outre cette histoire. Comme une sorte de déni qui m'avait, d'une certaine manière, permis de continuer à vivre ma vie le plus normalement possible. Or le simple fait de voir soudain ma propre tronche imprimée sur ce papier, à la vue de tous, avec cet œil blanc et ces cicatrices bien visibles, me fit l'effet d'un véritable coup de massue en plein sur ma dignité.

Là, d'un coup, j'eus envie de pleurer...

https://image.noelshack.com/fichiers/2020/49/6/1607180572-teleri.jpg

-...On dirait une vieille cendraise du bled...Couinai-je en entendant ma propre voix se fissurer.

Le visage de la jeune employée se figea brusquement. A l'évidence, elle cerna immédiatement ma détresse.
-Bah non ! Vous êtes jolie comme tout sur cette image ! Contra-t-elle aussitôt.
-Mais non hein ! Renchérit Safia, qui sembla elle aussi chercher à me rassurer par tous les moyens possibles. Ça se voit presque pas ! Et puis ça change pratiquement rien à ton visage ! Et puis les gens font pas attention à ça hein !
-Votre amie à raison ! Insista la réceptionniste. Vous n'aurez aucun mal à trouver quelqu'un, croyez-moi c'est mon métier !

Honnêtement, je ne les écoutais déjà plus, trop atterrée par la vue de mon propre visage.
Une cendraise du bled...C'était vraiment ça...J'avais littéralement la même gueule que les cendraises de Morrowind, les vraies de vraies, celles qui élevaient des guars dans la nature et avaient la tronche pleine de cicatrices à force de se battre contre des animaux sauvages, des maisonnais, ou même d'autres cendrais.
A la base, je n'avais pas pensé à ce détail – mon visage - en me présentant ici. Je n'y avais pas non plus spécialement pensé depuis ma sortie de prison, ni lorsque j'étais infiltrée dans la Confrérie Dunmer. Après tout, les gueules de travers étaient légions dans le milieu carcéral.
Je n'avais pas non plus beaucoup pensé à ma propre apparence les années précédentes d'ailleurs.
J'étais une carriériste...J'avais trouvé ma voie dans la Légion Impériale dès l'âge de seize ans, puis dans les services de renseignements, et n'avais plus jamais quitté ces milieux très particuliers où le métier n'était plus seulement un métier, mais une philosophie de vie, une véritable raison d'être.
Je n'avais jamais vraiment réfléchi aux rencontres, à la vie de couple, à l'intimité, à l'amour.
Enfin, l'idée était parfois apparue, furtivement, mais s'en était allée presque aussitôt, trop occupée que j'avais été durant tout ce temps que pour daigner lui accorder une véritable importance.
Je n'avais jamais songé qu'un jour, je voudrais peut-être rencontrer quelqu'un, développer une affinité avec un garçon, un homme, apprendre à le connaître en toute sincérité, et qui sait, pourquoi pas, aller plus loin, petit à petit, voir où la vie m'aurait mené.
Quelque part dans ma tête, je m'étais dit que ça arriverait plus tard, après, dans un certain temps, car du temps justement, j'en avais. Après tout, on verrait le moment venu...
Et aujourd'hui ? Où en étais-je ? A quoi ces multiples reports, ce déni, avaient-ils servi ?
Aujourd'hui, j'avais trente-et-un ans, j'étais seule, sans famille, sans véritables amis, sans personne, sans rien, et j'avais la gueule complètement amochée de surcroît. J'aurais même voulu me lancer activement dans la recherche d'un compagnon, à quoi bon ? A quoi bon me bercer de telles illusions quand je voyais désormais de mes propres yeux, sur ce foutu parchemin en l’occurrence, la tronche à moitié aveugle et pleine de cicatrices que j'avais à offrir, en plus de mon inadaptation totale à la vie en société ?
Les deux Impériales pouvaient bien me rassurer, ça ne changeait rien au fait :
J'étais une Dunmer de trente-et-un ans qui n'avait absolument rien pour elle, même plus son visage. Or le visage, ici, dans ce service de rencontres à la con, c'était justement ce que tout le monde allait voir en premier...

BlackDeViL24
BlackDeViL24
MP
06 décembre 2020 à 17:49:16

J'aurais dû m'écouter, je n'aurais pas dû céder, je n'aurais pas dû venir ici.
C'était une idée à la con, une idée qui ne me rapporterait rien de bon.
Je le savais...Je l'avais su bien avant de franchir cette porte...
-Allez venez ! Vous allez voir ! Lança soudain la jeune réceptionniste en nous invitant à la suivre en direction d'une petite porte dont je n'avais pas remarqué la présence jusqu'ici.
-Allez ! Tires pas cette tête ! Renchérit Safia.

Je lui suivi mollement, dépitée. Je me sentais comme vidée de tout espoir, de toute énergie.
Un peu comme un vieux horqueur échoué sur une plage, qui n'aurait même plus eu la force de donner un ou deux coups de nageoires pour déplacer sa grosse carcasse vers la mer.
A quoi bon se débattre et lutter ? J'étais un vieux horqueur. J'allais bientôt crever dans l'indifférence générale de toutes façons...
Nous débarquâmes bientôt dans une immense salle, et effectivement, la réceptionniste ne m'avait pas menti pour le coup. J'allais « voir » oui...Et là effectivement, j'en pris plein les mirettes.
En fait, c'était bien simple, il devait y avoir des milliers et des milliers d'affiches comme la mienne placardées sur les quatre murs de cette immense pièce. Des gens, hommes et femmes, de tous les âges, de toutes les races, et certainement, de tous les milieux socio-culturels également.
Des milliers oui. Peut-être même des dizaines de milliers...
-Et ce n'est que le premier étage ! Lança fièrement la jeune réceptionniste en suivant mon regard médusé. Il y a six étages en tout !

Ce qui expliquait finalement la taille du bâtiment, et l'usage qu'ils en faisaient...
-Mais...C'est énorme ! Soufflai-je, hypnotisée. Combien de gens utilisent ce service au juste ?
-Ouf ! Des dizaines de milliers ! Confia l'employée. On a des succursales partout en Tamriel, mais bon les gens utilisent surtout notre service en Cyrodiil. Je crois qu'ailleurs, ils préfèrent encore les rencontres à l'ancienne, à la bonne vieille méthode, parce que c'est vrai qu'on a pas beaucoup de succès dans les autres provinces d'après ce que j'ai compris. Mais bon c'est un choix, on respecte évidemment !
-Les autres provinces vivent en retard sur Cyrodiil. Fit remarquer Safia. Regardez en Bordeciel, les Jarls refusent toute implantation du service d'enchantement Impérial et la plupart des habitants ne savent même pas ce qu'est le pupitre...
-Ouai mais Bordeciel aussi, c'est un monde à part. Commentai-je. J'ai passé plusieurs semaines au bastion des vigiles de Stendarr, et je peux vous affirmer que les gens vivent encore comme à la troisième ère là-bas...
-Bon, pour vous expliquer rapidement comment ça fonctionne. Enchaîna la jeune employée en nous ramenant à nos moutons. Mur de gauche, les hommes, mur de droite, les femmes. Quand une nouvelle personne s'inscrit, elle est placardée en premier. Donc sur le premier mur. Et au fur et à mesure que des nouveaux inscrits arrivent, les plus anciens reculent, jusqu'à être transférés à l'étage supérieur, et cetera et cetera. C'est une manière de donner de la visibilité et une chance aux nouveaux inscrits, en gros.
-Et ceux qui se retrouvent au dernier étage ? Questionnai-je, un peu perplexe. Personne ne va jamais voir là-haut j'imagine.
-C'est rare en effet. Admit l'employée. Mais rassurez-vous, avant d'arriver là tout en faut, la plupart des gens ont déjà trouvé chaussure à leur pied depuis bien longtemps. On a jamais eu de plaintes de la part de laissés pour compte en tout cas.

Certainement parce que ce devait être la honte suprême, doublé d'un terrible sentiment de tristesse et d’humiliation...
-Ça doit être un sacré travail en tout cas, de gérer, trier et déplacer toutes ces fiches au quotidien. Glissai-je en préférant immédiatement chasser mes idées noires.
-Ah ça je vous le fait pas dire ! Plaisanta la réceptionniste. Et évidemment, on est en contact permanent avec les autres succursales, donc on doit constamment trier et afficher ceux qui se sont inscrits ailleurs aussi, pour que vous puissiez avoir accès aux affiches de tout le monde, qu'ils viennent de Leyawiin, du Khaj, de Bruma-centre...Enfin, quoi qu'il en soit, à partir de là c'est très simple. Vous parcourez les salles, vous repérez les affiches qui vous font de l'oeil, vous notez leurs adresses et lorsque vous rentrez chez vous, il suffit de leur écrire un petit message depuis votre pupitre enchanté. Et voilà !
-Pas oublier d'avoir assez de feuilles vierges en réserve. Gloussa Safia.
-Oui, en effet ! Ajouta l'employée. Vous allez forcément recevoir des messages de la part d'un certain nombre d'hommes, alors autant prévoir le coup.
-Mouai...

Un tintement métallique retentit quelque part derrière nous. A l'évidence, quelqu'un d'autre venait de rentrer dans le petit hall d'entrée du bâtiment.
-Ah ! Un nouveau client ! Commenta la réceptionniste en jetant un œil en direction de la porte restée entrouverte. Tout est clair pour vous ? Avez-vous d'autres questions ?
-Non c'est parfait, je vais faire un petit tour avec elle ! Conclut Safia en l'absence de réponse enjouée de ma part.
-...Bon on peut s'en aller maintenant ? Grognai-je alors que la jeune employée nous quittait enfin pour mieux retourner dans le vestibule d'accueil.
-Oh arrête hein ! Pesta ma collègue. Tu vas me faire le plaisir de prendre cette feuille vierge sur la pile là, de faire le tour de la pièce, et de prendre au moins quelques adresses de beaux mecs !

Nous nous retrouvâmes donc là, comme deux lécheuses de vitrines devant un étal particulièrement bien garni, à observer et étudier les innombrables affiches placardées du côté « hommes » de la pièce. Et il y en avait tellement qu'après quelques secondes à peine, je ne sus déjà plus où donner de la tête. Autant dire que peu de gens devaient prendre la peine ne serait-ce que de monter au deuxième étage...
-Hmmmmm ! Commenta goulûment Safia en s'attardant sur la fiche d'un Nordique visiblement très bien bâti.
-Mais qu'est-ce que tu fous ? Questionnai-je en la voyant soudain prendre une feuille vierge elle aussi, et commencer à noter l'adresse en question.
-Ben quoi ? Je profite de ce fabuleux service de rencontres pardi !
-Mais, tu m'as pas dit que t'avais un mec ?
-Tu tu tu. J'ai dis que je côtoyais quelqu'un. Rectifia sobrement l'Impériale.
-Ah donc toi tu côtoies plusieurs personnes en même temps ? Questionnai-je, outrée. Mais c'est pas bien !

BlackDeViL24
BlackDeViL24
MP
06 décembre 2020 à 17:49:35

Safia pouffa en mettant sa main devant sa bouche.
-Alors toi ma grande, t'as beaucoup de choses à apprendre je crois. Gloussa-t-elle.

Je sentis mes joues s'empourprer de nouveau, dans un savant mélange de honte et d'indignation.
-Hmmmm...Celui là aussi il est pas mal...Enchaîna ma collègue comme si de rien n'était, devant l'affiche d'un Impérial cette fois-ci.
-Pfff.

J'entrepris de m'avancer de quelques mètres, plus volontiers dans le but d'échapper au spectacle décadent et déshumanisant auquel se livrait ma collègue, qu'à réellement étudier les innombrables affiches qui trônaient un peu partout sur le mur. De toute façon c'était vraiment une idée à la con. Cette manière de procéder ne me convenait pas du tout, je le sentais bien. Afficher nos têtes ainsi, à la vue de tous, comme du vulgaire bétail prêt à être vendu au plus offrant, c'était un concept auquel je n'accrochais pas, sincèrement. Pour moi, une rencontre, une vraie, ça aurait dû se faire par hasard, comme ça, sans qu'on l'ait calculé, et sans qu'on l'ait vu venir. Ça aurait dû être quelque chose de beau et d'insouciant à la fois, quelque chose qui nous aurait immanquablement surpris, fait ressentir des petits papillons dans le bas ventre, je sais pas moi...Quelque chose de véritable quoi, d’authentique. Pas une espèce de brocante de la deuxième chance où tous les miséreux affectifs du monde moderne seraient venu s'entasser avec désespoir, rêvant qu'enfin, sur un malentendu sait-on jamais, on leur prête l'attention qu'ils n'avaient jamais pu trouver ailleurs.
-Ouuuuh toi aussi mon coco, je te note sur ma liste ! Souffla la voix de Safia derrière moi.

...A moins que ça ne soit pas du mal-être et du désespoir, mais simplement un futur que tous aurait finalement accepté, car c'était devenu normal pour eux de procéder ainsi ?
Était-ce donc ça le Cyrodiil moderne ? Un monde de blasés et de branleurs qui préféraient descendre en bas de la rue pour qu'on trouve l'âme sœur à leur place, plutôt que de se casser le cul à le faire eux même, voir à laisser la vie s'en charger ?
Peut-être que c'était moi qui n'était pas normale au fond. Peut-être que Safia avait raison.
Peut-être que j'avais beaucoup de choses à apprendre...
-...Vous savez comment ça fonctionne n'est-ce pas ? Questionna la jeune réceptionniste en réapparaissant soudain dans l'immense salle, accompagnée cette fois-ci d'une jeune Bosmer.
-Oui oui...Affirma cette dernière en jetant aussitôt des regards curieux du côté des « hommes ».
-Bien, je vous laisse dans ce cas. Conclut l'employée.

Cette dernière fit rapidement un crochet du côté des « femmes », et placarda mon affiche, ainsi que celle de la Bosmer, près de l'entrée, soit du côté des nouvelles inscrites, là où elles seraient les plus visibles. Après quoi, elle quitta de nouveau la pièce, nous laissant à notre étude contemplative.
-Tu trouves ? S’enquit Safia en revenant vers moi, avant de jeter un œil à ma feuille encore vierge, et de s'emporter aussitôt : Mais enfin ! Tu vas te bouger oui ?! Notes au moins une adresse, au moins une quoi !
-Oh ça va ! Pestai-je, excédée.

Je longeai rapidement le mur, m'arrêtant tour à tour sur des affiches qui, en d'autres circonstances, m'auraient peut-être fait de l'oeil qui sait. Sauf que là, en l'état, j'étais à la fois trop honteuse, trop déprimée et en même temps trop agacée que pour vraiment prendre le temps d'étudier les prétendants. En fait, les seuls qui me sautaient aux yeux, c'était les profils les plus ingrats, paradoxalement. Et ça me faisait un peu mal au cœur pour eux d'ailleurs, car j'étais d'ors et déjà convaincue que pas mal de mecs ici ne verraient certainement jamais leur adresse notée sur un petit bout de papier, et ne recevraient donc probablement jamais de messages de la part d'une fille...
-Tu veux bien arrêter de me coller oui ?! Lançai-je soudain en sentant le souffle bovin de Safia dans ma nuque.
-Je te surveille ! Répliqua aussitôt ma collègue. Je te laisse pas quitter cette pièce avant que tu aies noté au moins une adresse ! Alors hop hop hop ! On s'y met ma vieille !
-Tu me gonfles...
-C'est pour ton bien !

...Mais comment choisir ? Il y en avait tellement...Et non, je n'étais pas du genre à en noter vingt-cinq d'un coup moi ! Alors bon...Celui-là peut-être ? Quoi que...Finalement, bof...Celui-là alors ? Mouai...Celui-ci du coup ? Ou bien celui-ci ? A moins que...Celui-là n'était pas mal non plus...
-...Je rêve où tu t'arrêtes systématiquement devant les fiches de mecs qui ont presque dix ans de moins que toi ? Remarqua soudain Safia.
-Mais tu vas me lâcher ouai ?!
-Cougar va !

Un soufflement de nez amusé s'éleva quelques mètres derrière nous. A l'évidence, la jeune Bosmer n'avait rien perdu de notre enrichissante discussion...
Sans crier gare, Safia m’entraîna alors quelques mètres plus loin.
-Mais quoi ?! Quoi encore ?! Sifflai-je. Qu'est-ce que tu veux me montrer cette fois-ci ?!
-La Bosmer là...Chuchota soudain ma collègue tout en la dévisageant furtivement.
-Quoi ? Je m'en fou qu'elle nous entende ! Persistai-je. Au point où j'en suis...
-Non, c'est pas ça. Tempéra ma collègue. C'est juste que...Sa tête me dit quelque chose...

Je sentis ma tension retomber d'un cran.
-Comment ça ? Questionnai-je alors, soudain assaillie par la curiosité.
-Je suis presque sûre d'avoir eu son dossier entre les mains à un moment. Confirma Safia. Je crois qu'elle fait partie des forces spéciales de la cavalerie impériale.
-Que...Hein ? T'es sûre ? Questionnai-je en fixant la Bosmer d'un regard interloqué.
-Pas sûre à cent pour cent, mais je crois qu'elle fait partie du RAC justement...Confia ma collègue. Dans la logistique ou un truc du genre. Je me demande si c'est pas avec elle que j'ai dû échanger deux-trois infos par pupitre l'année dernière, à propos d'une opération classifiée qu'ils ont dû mener en Elsweyr.

Alors qu'elle semblait de son côté absorbée par l'étude d'une fiche en particulier, je continuai de dévisager la Bosmer durant de longues secondes, intriguée, et admirative en même temps.
Faire partie d'un régiment de forces spéciales, même lorsqu'on était chargé d'une tâche annexe telle que la logistique ou l'administratif, c'était tout de même un honneur, et un privilège. Si Safia avait raison, cette Bosmer était donc une personne importante, qualifiée, et particulièrement bien informée sur un tas de trucs totalement inaccessible au commun des mortels. Un peu comme nous, en fait. Pourtant, elle avait l'air si jeune, si innocente vue de l'extérieur...
D'un autre coté, si Safia disait vrai encore une fois, la présence de cette Bosmer ici était finalement logique : comme nous, son travail n'était probablement pas propice à des rencontres amoureuses...
-Bon euh, j'ai trouvé. Conclus-je finalement en notant une adresse au pif - celle d'un Impérial de mon âge environ - car je sentais bien qu'on allait se faire griller si on restait ici, à fixer cette jeune Elfe comme deux débiles profondes.
Et puis très honnêtement, je n'avais plus trop la tête à regarder toutes ces affiches de mecs en cet instant précis...
Nous nous décidâmes donc finalement à quitter la grande salle, et à revenir dans le petit vestibule d'entrée, où nous croisâmes quatre jeunes Impériaux visiblement venus « chasser la meuf » entre potes. A moins que ce ne soit pour refaire le plein de nouvelles adresses ?
-Bonjour. Nous salua aussitôt l'un d'entre eux avec un petit regard en coin.
-Ouai...B'jour...Marmonnai-je sans même lui rendre son regard.
-T'es vraiment une grosse coincée. Conclut Safia quand nous fûmes finalement à l’extérieur du bâtiment.

BlackDeViL24
BlackDeViL24
MP
06 décembre 2020 à 17:49:59

Je fourrai rapidement ma feuille de notes quasi vierge dans ma poche, alors que Safia quand à elle, rangea précautionneusement ses deux feuilles REMPLIES dans son sac à main.
-C'était sympa non ? Ça augure du bon. Annonça l'Impériale.
-Parles pour toi...Grognai-je.

Je sentis la contrariété monter d'un coup.
-...Et puis c'est quoi cette manière de procéder ? Enchaînai-je aussitôt. Juste ton image, ton âge, ton adresse, et rien ? Même pas un petit mot, une phrase pour expliquer qui tu es, ce que tu cherches ?
-Ça, tu en discutes après avec la personne, justement. Expliqua Safia. Il faut laisser un peu le mystère de la découverte...
-Donc là, tu choisis juste les gens pour leur physique quoi ! Lâchai-je, outrée. C'est pas bien ! Il y a pas que le physique dans la vie ! Peut-être qu'une personne avec un physique moins joli peut avoir d'autres qualités pour...Mais pourquoi tu te marres bordel ?!
-Mais pour rien ! Se défendit Safia, un rictus figé sur le visage.
-T'es pas d'accord avec moi ?! Insistai-je.
-Bah écoute...Tu te vois aller à un rendez-vous avec un mec que tu trouves moche ? Désolée hein, mais je m'en fou que le mec soit intelligent, censé, marrant, riche ou tout ce que tu veux, si il a une sale gueule, c'est mort, faut être honnête.

Je me renfrognai dans un silence agacé. Non pas que Safia avait fondamentalement tord, sur le principe. C'est juste que, sur le principe justement, je refusais de l'admettre parce que c'était pas bien. Point.
-Bon je dois filer ! Conclut la jeune Impériale en repositionnant son sac à main sur son épaule. Je t'écris un message plus tard pour voir comment ça se passe. Et fais pas ta prude hein ! Sors de ta zone de confort et écris lui un message à ce gars !

Ma collègue fila presque aussitôt, me laissant seule avec ma frustration.
Qu'est-ce que ça m'aurait fait du bien là tout de suite, de la pourchasser tout en lui balançant des pierres...
Je décidai finalement de rentrer à l’hôtel du Roi Nédique, arpentant sur mon chemin un quartier du marché qui commençait tout doucement à se réveiller et à s'engorger de monde, comme tous les matins.
-...Gné gné gné...Fais pas ta prude...Marmonnai-je tout en donnant un coup de pied dépité dans une bouteille vide qui traînait sur mon chemin. Sors de ta zone de confort hein...Gné gné gné...Sinon tu vas finir seule avec dix-sept chats...
-Dites donc ! M'apostropha un vieil Impérial à l'air indigné en me voyant donner un coup de pied dans la bouteille vide. Ramassez là et jetez là au lieu de taper dedans !
-Mêle toi de ton cul toi ! Aboyai-je.

Je regagnai rapidement le grand hall d'entrée de l’hôtel, bien décidée à retourner me vautrer dans mon lit avec un gros pot de yaourt glacé, et à ne plus jamais en bouger.
-Mademoiselle Othril ? M'appela alors, contre toute attente, un réceptionniste depuis l'autre côté du comptoir.

J'eus un léger mouvement de sursaut, ne m'attendant pas franchement à me faire interpeller dans ce grand hall calme et silencieux.
-Euh...Oui ? Questionnai-je en m'approchant prudemment de l'individu en question.
-Nous avons reçu un courrier pour vous. M'expliqua poliment le jeune employé en me voyant arriver à sa hauteur. C'est un recommandé Impérial, alors je préférais vous prévenir aussitôt que je vous apercevais...
-Ah oui...Bon d'accord...Merci...Conclus-je en prenant précautionneusement la petite lettre barrée du sceau officiel de la Légion Impériale.

Certainement ma lettre officielle de refus au RAC...
Je regagnai finalement ma grand chambre de luxe, balançai sans ménagements toutes mes affaires sur un petit banc près de l'entrée – l'exception de la lettre du moins - et entrepris de me jeter dans mon énorme lit grand format tel un mammouth dans son bain de boue favoris.
Là, nonchalamment vautrée dans mes couettes, fatiguée et pensive à la fois, j'aperçus, quelques mètres plus loin, le pupitre de ma chambre, avec sur la feuille en place, deux écritures visiblement laissées en mon absence :
« Grosse t la ??? » laissé par Maro Salvitto, et « Alors les salopes ? Ça mord ? » laissé par Salmo.
-Bah je leur répondrai plus tard...Marmonnai-je en me retournant dans mon lit.

J'observai la lettre durant plusieurs secondes, l'esprit vide, comme épuisé par trop de questions, de doutes et de désillusions.
A quoi aurait ressemblé ma vie si j'étais restée à la Légion, dans mon régiment de cavalerie ? Non pas que je regrettais d'être rentrée aux services de renseignements. Ça avait été une incroyable aventure, et je me sentais flattée quelque part d'avoir eu la chance d'être acceptée et de faire partie intégrante de ce service. Mais malgré tout, je m'étais souvent posée la question, de savoir ce que je serais devenue, si j'étais restée dans le onzième de cavalerie, à effectuer des missions de maintient de la paix aux différentes frontières de Cyrodiil.
Quel chemin aurais-je pris ? Qui serais-je devenue ? Me serais-je d'avantage épanouie qu'ici, ou me serais-je au contraire enfoncée dans une spirale infernale et inextricable de missions inutiles et abrutissantes, à tel point que j'aurais fini alcoolique ou dépressive ?
A moins que je ne me serais reconvertie dans une entreprise de sécurité privée, comme le faisaient beaucoup d'anciens légionnaires, gavés par les mauvaises paies et la gestion calamiteuse de notre bonne armée impériale par tous ces abrutis de politicards ?
J'avais du mal à croire que je serais restée dans le onzième de cavalerie pendant toutes ces années en tout cas. La vie y était chiante, et molle. Probablement que cette paix prolongée avec le domaine Aldmeri y était pour quelque chose d'ailleurs...C'était terrible de dire ça, mais c'était vrai, en un sens : les militaires ne se faisaient jamais autant chier qu'en temps de paix...

Je déchirai finalement la lettre dans un soupire résigné, désireuse d'en finir une fois pour toute avec cette douce utopie du RAC, et de passer enfin à autre chose.

«Capitaine Teleri Othril.

Nous avons, par le présent courrier, l’insigne honneur de vous confirmer votre admission au sein du programme de sélection du Régiment Autonome de Cavalerie.

Nous vous demandons donc de bien vouloir vous présenter à la base militaire de :
-Fort-Lancier, Avenue des églantiers, n°44, Dun.

Le :
-Morndas 27 Clairciel 4E231 à 8.00 heures.

Veuillez également vous munir de votre dossier militaire complet, ainsi que de votre équipement réglementaire.

Compte tenu du caractère profondément confidentiel du processus de sélection, toute autre information vous sera donnée sur place.

En l'attente de votre venue, veuillez accepter l'expression de nos sentiments les plus distingués.

Le général Nero Sertorius, commandant en chef du Régiment Autonome de Cavalerie. »

J'eus l'impression que mon cœur venait subitement de se décrocher de ma poitrine. Il me fallut d'ailleurs relire au moins quatre ou cinq fois la lettre pour être bien sûre et certaine de ce que je venais d'y découvrir.
-Oh merde...Murmurai-je finalement, le cœur battant la chamade, le souffle coupé. Ils m'ont accepté...Je suis prise...

Sozrag
Sozrag
MP
06 décembre 2020 à 20:02:55

merci monsieur :cute:

BlackDeViL24
BlackDeViL24
MP
07 décembre 2020 à 11:04:42

Mais merci à toi mon khey. :hap:

Newradion44
Newradion44
MP
07 décembre 2020 à 23:11:01

car j'étais d'ors et déjà convaincue que pas mal de mecs ici ne verraient certainement jamais leur adresse notée sur un petit bout de papier, et ne recevraient donc probablement jamais de messages de la part d'une fille...

Ayaaaaaa elfamosos bug tinder :noel:

BlackDeViL24
BlackDeViL24
MP
11 décembre 2020 à 18:50:47

Chers lecteurs,

Je vais sortir le chapitre suivant en deux parties pour que ce ne soit pas trop long. Donc une ce soir, et une autre demain, ou dimanche.

Cordialement,

Blackdevil24. :hap:

Newradion44
Newradion44
MP
11 décembre 2020 à 20:10:20

Je suis prêt mon amie.

Newradion44
Newradion44
MP
11 décembre 2020 à 20:10:40

Moi perso je kiff les longs chapitre

BlackDeViL24
BlackDeViL24
MP
11 décembre 2020 à 21:08:37

Oui mais là c'était trop de trucs en un seul je pense, donc j'ai préféré split.

Je relis et j'envoie.

DébutPage précedente
Page suivanteFin
Répondre
Prévisu
?
Victime de harcèlement en ligne : comment réagir ?
Infos 0 connecté(s)

Gestion du forum

Modérateurs : Annihilus, EsZanN
Contacter les modérateurs - Règles du forum

Sujets à ne pas manquer

Meilleures offres
Disponible à l’achat ou en téléchargement sur :
Télécharger sur le Playstation StorePlaystation Store
Amazon PC 14.99€ Amazon PC 15.31€ Fnac Marketplace PS4 18.00€ Fnac PS4 19.99€ Amazon Switch 59.99€ Fnac Marketplace Switch 64.23€
Marchand
Supports
Prix