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Sujet : [Fic] Une vie d'élu

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BlackDeViL24
BlackDeViL24
MP
22 novembre 2020 à 17:08:16

Comme ma... https://image.noelshack.com/fichiers/2017/18/1493800718-hein2.png

Hin hin hin hin https://image.noelshack.com/fichiers/2017/18/1493800718-hein2.png

https://image.noelshack.com/fichiers/2017/18/1493800718-hein2.png ent

Newradion44
Newradion44
MP
22 novembre 2020 à 22:36:26

Excellent.

Le coup du métro parisien est du tinder de cyrodil est excellent

BlackDeViL24
BlackDeViL24
MP
23 novembre 2020 à 21:01:11

Je reste un peu dans la lignée d'une vie de criminel.

On est un peu dans le futur mine de rien, le monde évolue. :hap:

Newradion44
Newradion44
MP
24 novembre 2020 à 10:55:50

Tu est le meilleur auteur que j'ai pu lire mon Black.
Je lis ta fic jusqu'au bout du monde en parallèle

BlackDeViL24
BlackDeViL24
MP
24 novembre 2020 à 21:14:16

Ton soutien me fait chaud au coeur khey.

Bonne lecture déjà, puis à bientôt pour un autre chapitre, et probablement la réintroduction de quelques screens dans la foulée.

Newradion44
Newradion44
MP
24 novembre 2020 à 21:37:05

Moi tes chapitres m'aide à m'évader dans cette période d'incertitude que je traverse.

BlackDeViL24
BlackDeViL24
MP
26 novembre 2020 à 20:15:01

C'est avec plaisir mon bon khey.

J'avance bien dans la suite, mais je préfère être prudent et l'annoncer pour demain, histoire d'être sûr.
Donc suite demain. :hap:

Newradion44
Newradion44
MP
27 novembre 2020 à 20:32:22

Je suis impatient mon Black :noel:

BlackDeViL24
BlackDeViL24
MP
27 novembre 2020 à 21:27:58

Je commence la relecture puis je balance.

BlackDeViL24
BlackDeViL24
MP
27 novembre 2020 à 22:22:25

Chapitre 7 : Une main tendue dans le noir.

Nous quittâmes rapidement la station de RDS pour mieux gagner les rues de Bruma-centre, petit arrondissement parmi tant d'autres au sein du gigantesque département montagneux de Bruma.
Et le moins que l'on pouvait dire, c'était que l'endroit puait toujours autant la misère que dans mes souvenirs...
Le premier problème qui nous frappa en vérité, ce fut la météo, froide, neigeuse et sombre. D'un côté, on était toujours officiellement en hiver, et ça, j'avais presque fini par l'oublier vu les températures agréables qui baignaient d'ors et déjà les vallées du centre de Cyrodiil.
Hélas, ici, sur les hauteurs, c'était un chouilla différent. il faisait froid, humide, sale, glauque...
Une neige fondante tombait en continu dans les rues dégueulasses et boueuses de l'arrondissement, et vu l'heure avancée de l'après-midi, il faisait déjà presque noir, rajoutant encore un peu de misère et de déprime à cette carte postale déjà pas franchement aguicheuse.
En fait c'était bien simple, tout ce qui pouvait avoir éventuellement du charme ailleurs, et bien ici, ça devenait immédiatement glauque et dérangeant. Les lanternes qui illuminaient les rues de la cité impériale une fois la nuit tombée par exemple. Et bien dans la cité impériale, cela conférait immédiatement une sorte de petit cachet tout particulier à la cité. Ça donnait aux rues une allure chaleureuse, presque enchanteresse...
Ben ici non, ici c'était tout l'inverse. Les flammes étaient constamment soufflées de droite à gauche par les bourrasques qui s'engouffraient à intervalle régulier dans les rues, ce qui conférait déjà un sentiment d'inconfort extrêmement déplaisant. On se sentait agressé rien qu'à voir et entendre les flammes se faire malmener de la sorte. Et puis le petit gain de lumière qui en résultait était presque ridicule comparé aux énormes taches d'ombres que laissaient partout autour d'elles ces pauvres torches esseulées, car leur lueur blafarde ne suffisait clairement pas à chasser les ténèbres grandissantes qui rampaient un peu partout dans l'arrondissement. Pire, on aurait même dit qu'elles ne faisaient que les renforcer, les provoquer, les invitant presque à danser ainsi sur les façades des bâtiments délabrés en imitant autant de formes macabres et incertaines.
Alors, certes, je n'étais pas là pour méditer sur la luminosité ambiante, et probablement que j'avais passé l'âge d'avoir peur du noir. Mais tout de même, le fait d'avoir quitté la douceur et la lumière de la cité impériale pour mieux débouler dans un cloaque froid et sombre où les ténèbres semblaient presque animées de leur propre volonté, ça n'avait franchement rien de rassurant.
Non sincèrement, il y avait quelque chose de glauque dans ce quartier, et j'étais sûre et certaine que Salmo l'avait senti aussi, parce qu'il était étrangement silencieux pour le coup...
-Bon euh...On va par où ? Risquai-je après quelques secondes de silence à observer la place déserte entourant le quartier de la gare.
-On remonte un peu cette avenue, puis c'est la rue directement à droite. Expliqua l'Altmer en pointant du doigt la grande artère, pratiquement déserte elle aussi, qui montait légèrement en direction du nord.

Nous nous mimes rapidement en route, pataugeant aussitôt dans la boue et la neige fondante.
-Aaaaaah quel plaisir...Grommelai-je en sentant mes pieds s'enfoncer directement dans une bonne grosse gadoue de merde bien comme je les aimais. Et dire que les Nordiques vivent là dedans toute l'année...Tu m'étonnes qu'ils se bourrent la gueule comme des tonneaux...
-Putain...Mes chaussures sont déjà en train de percer...Commenta Salmo en regardant ses pieds trempés d'un air agacé. C'est grave quand même, pourquoi l'Empire ne rénove pas les routes de ce département ? Allez bordel mais t'as vu ça ?! Même dans le Khaj c'est pas aussi dégueulasse !

L'Altmer tenta de sautiller précautionneusement une grosse flaque de boue, mais perdit un chausson dans la manœuvre.
-Hé voilà putain ! Pesta Salmo en se retrouvant littéralement un pied nu dans la gadoue. C'est toujours pareil dans ce trou à merde !
-Bon allez, avance là. Marmonnai-je, ne souhaitant pas franchement m'éterniser ici.

Nous remontâmes tant bien que mal l'artère ombragée, bordée de grands bâtiments à l'allure sinistre, et uniquement éclairés par la lueur timide et incertaine des torches aux flammes vacillantes que l'on avait disposé ça et là le long des rues.
Nous croisâmes brièvement quelques passants, sans toutefois les saluer, ni même trop les regarder à vrai dire. La pénombre des lieux conférait à chaque silhouette croisée ou aperçue au loin une sorte d'aura étrange, voir inquiétante.
Pour être honnête, plus les secondes passaient, et plus j'avais l'impression de m'être trompée de destination. Quelque chose, une sorte d'obsession silencieuse, me soufflait que je n'aurais pas dû être ici, que ce n'était pas là que l'on m'attendait, que j'aurais normalement dû sortir à la station de Bruma-centre, mais qu'à la place, j'avais débouché dans une antichambre d'Oblivion.
Quelque part, loin au nord-ouest, un chien aboyait à s'en rompe les cordes vocales. Parfois, lorsque l'on passait devant la fenêtre d'une maison, on entendait les bruits furtifs d'une vie sombre et misérable. Des jurons étouffés, des cris, des pleurs de bébé perdus dans la nuit...
Quelqu'un toussait péniblement devant nous, bien que je fus incapable de discerner d'où venait le bruit exactement. Probablement de quelqu'un que la maladie allait bientôt emporter...
Plus haut dans la rue, furtivement révélée par la lumière des torches, j'aperçus une silhouette avachie à même le sol, adossée contre l'une des maisons bordant l'avenue.
Là, vautré dans la boue, un sans domicile rachitique était en train de marmonner quelque chose d'incompréhensible, inconscient, coincé quelque part entre le coma éthylique et la fièvre de la maladie.
A quelle époque tout avait basculé ? A quel moment exactement l'Empire avait-il abandonné cet endroit ? Car cet endroit avait été abandonné, c'était un fait. Par l'Empire bien sûr, mais par les Divins également, qui avaient un jour décidé de laisser tous ces hommes et femmes à leur triste sort, incapables de les sortir de la misère du monde qu'ils avaient eux même créé.
Plus je m'avançais dans ce quartier, plus les questions se chevauchaient dans mon esprit. J'avais du mal à comprendre...Plutôt, j'avais du mal à admettre.
Où en était-on arrivé exactement ? Quel était le futur de l'humanité désormais ? Était-ce donc ça la modernité ? Était-ce donc pour cela que l'on avait provoqué des guerres, commis des meurtres, soulevé des peuples entiers et quasiment détruit des provinces ? Était-ce cela le progrès ? Cyrodiil m'avait toujours été vendue comme une province-ville moderne, futuriste même. Un véritable havre de paix où chacun aurait sa place, et une véritable chance de vivre le rêve Impérial, loin du Domaine Aldmeri et de sa société élitiste, loin de l'Union Dunmeri et de son univers violent, loin des guerres, des clivages et des doutes. Un havre de paix où, enfin, les gens pourraient vivre une vie paisible, une vie simple. Vivre leur vie, tout simplement.
Pourtant, ce que j'avais sous les yeux en ce moment même n'avait rien du havre de paix. Bien au contraire. La recherche effrénée d'une vie meilleure semblait avoir presque aggravé la situation provoquée par les différentes crises qui avaient secoué Tamriel ces dernières décennies.
Tous ces gens, tous ces laissés pour compte, tous ces sacrifiés, s'étaient-ils seulement imaginé atterrir dans cet univers lorsqu'ils s'étaient mis en quête d'un nouvel avenir, émerveillés par la promesse d'un tout nouveau Cyrodiil, et d'un tout nouvel Empire ? S'étaient-ils seulement imaginé à quel point leur vie basculerait dans un cercle infernal de misère et de désolation ?
Le Dun et ses innombrables défauts, je m'y étais habituée. J'étais née dedans, j'y avais grandi. Ce département n'était pas parfait certes, il était même bourré de défauts, mais d'une certaine manière, je commençais à penser que la combativité presque irrationnelle des Dunmers, couplée à leur mépris viscéral des Impériaux qui les avaient pourtant accueilli, les avaient poussé à construire un monde vivable, à leur manière du moins. Le Dun était un endroit parfois dangereux et hostile, c'était un fait, mais d'un autre côté, les gens qui y résidaient s'y étaient progressivement construit un petit monde bien à eux, perfectible, mais vivable, violent mais solidaire, teinté d'un espoir fugace, d'un futur fragile, mais plein de potentiel.
Ici, à Bruma, tout semblait complètement différent, et c'était maintenant que j'y remettais les pieds, après plusieurs années d'absence, que je réalisais à quel point cet endroit avait changé. Tous ces Hommes, Nordiques, Impériaux, Brétons et Rougegardes...A la base, ils étaient des citoyens Impériaux convaincus, bien plus que ne l'avaient jamais été les Dunmers. Ils auraient normalement dû trouver leur place dans ce nouvel Empire, faire de cet endroit un véritable tremplin vers une nouvelle vie. Pourquoi tout avait fini par dégringoler de la sorte ? Tous ces hommes, toutes ces femmes, auraient dû être le fer de lance de la nouvelle société Impériale, et aujourd'hui pourtant, ils étaient les grands abandonnés de l'Empire. Aujourd'hui, ils pataugeant dans la neige, la boue, la maladie et la désolation. Aujourd'hui, dans le déni et l'indifférence la plus totale, ils crevaient à même la rue, impuissants et silencieux, délaissés et dénigrés, bien loin du vacarme vigoureux et revanchard du Dun, ou du bouillonnement infatigable du Khaj.
Non, décidément, je ne comprenais pas, vraiment pas, comment on, et surtout eux, avaient pu en arriver là...

BlackDeViL24
BlackDeViL24
MP
27 novembre 2020 à 22:22:46

Nos pas nous menèrent bientôt à un premier grand carrefour, plongé dans la pénombre lui aussi.
Directement à notre droite, commençait alors la rue des flocons. Et fort heureusement, cette dernière était un peu mieux éclairée que la première grande avenue. Et un peu plus vivante aussi.
Les passants y étaient plus nombreux, et semblaient pour la plupart occupés à dégager les abords de leurs maisons respectives à grands coups de balais et de pelle à neige.
De quoi donner à cette rue un aspect un rien plus civilisé...
-Ah ! Les deux gardes qu'on doit rejoindre sont déjà là ! Commenta Salmo en désignant du doigt, une vingtaine de mètres plus loin dans la rue, deux Khajiits engoncés dans leurs tenues de gardes Impériaux, et visiblement plongés dans une intense discussion vu leur agitation.

Étonnement, je ne m'étais pas attendue à ce que les deux gardes soient des Khajiits.
Mais bon, j'étais bien une Dunmer officiant dans les services de renseignements Impériaux, alors...
-Ah merde attends, je dois récupérer des fioles au poste de garde ! Lança brusquement mon compagnon tout en fouillant ses poches.
-Quoi, on t'a demandé de prendre des échantillons ? Questionnai-je, curieuse.
-Au cas où, ouai. Bon, vas déjà les rejoindre, je reviens dans quelques minutes.

Salmo retourna rapidement vers la grande avenue ombragée, puis s'éclipsa en direction du nord.
De mon côté, je m'avançai lentement en direction des deux gardes, et croisai sur mon chemin plusieurs Nordiques toujours occupés à balayer le devant de leurs maisons.
Nordiques qui ne purent s'empêcher de me jeter un regard mauvais d'ailleurs, à croire qu'on appréciait toujours pas les peaux grises par ici...
-...Perdu plus d'une heure hein avec ces conneries ! S'éleva bientôt la voix de l'un des deux gardes Khajiits alors que j'arrivais à portée. J'ai du y aller en dehors de mes heures et tout ! Putain je suis pas payé pour ça moi hein !
-Ouai enfin bon, entre collègues on se rend service quand même...Fit remarquer le deuxième Khajiit.
-Ouai mais gros, ça va toujours que dans un sens avec lui ! Je sais pas si tu... !

Les deux gardes s'interrompirent brièvement en me voyant les approcher.
-Oui ? Bonsoir ? On peut vous renseigner ? Commença l'un des deux, un Khajiit d'une petite trentaine d'années à vue de nez, paré d'une belle fourrure dorée parsemée de tâches brunes, et visiblement lieutenant vu l'insigne cousu sur le col de sa tunique.

Son confrère, un caporal un peu plus jeune à la fourrure grise et à la barbe déjà bien touffue, me salue silencieusement de la tête.
-Euh, bonsoir...Commençai-je, pas forcément super à l'aise pour le coup. Je...J'accompagne Salmo...Pour l'enquête...
-Ah Salmo ! Répondit le lieutenant. T'es une collègue à lui ?
-On va dire ça oui...Répondis-je à voix basse.
-Ouai je vois. Sourit l'officier. Quoi, il arrive bientôt ou... ?
-Il devait passer au poste de garde avant, chercher du matériel au cas où, si il faut faire des relevés...

Pour être honnête, je n'étais absolument pas certaine que le fait de dire la vérité aussi platement était une bonne idée. Après tout, je ne connaissais pas exactement le degré d'implication de Salmo au sein des services de renseignements, ni le degré de légalité et de transparence qu'on avait bien voulu donner à sa mission. Du coup, il était assez difficile de prédire ce que les gardes étaient censés savoir ou pas, et à quel point ils pouvaient être mis dans la confidence vis à vis de cette affaire.
En fait, je ne savais pas grand chose, et dans un cas de figure comme celui là, j'étais persuadée que mentir ou inventer un bobard abracadabrant aurait été encore pire que dire simplement la vérité.
Donc je préférai dire la vérité...
-Ah bon d'accord, ben on va l'attendre alors. Conclut l'officier avec une relative indifférence.

Ce qui me rassura un peu à vrai dire, car soit il était déjà au courant, soit il s'en tapait complètement.
Dans un cas comme dans l'autre, c'était plutôt positif.
-Lieutenant Denel Attius au fait. Se présenta l'intéressé en me tendant sa main venue.
-Caporal Maro Salvitto. Renchérit son confrère en l'imitant.
-Teleri Othril...Euh...
-Ouai t'inquiète, on se doute. Gloussa l'officier tout en me serrant la main. C'est certainement classifié, comme tout le reste va.
-Ben...Comment dire...Hésitais-je.
-T'inquiète j'ai dis.

Pendant qu'on parlait, le caporal Maro Salvitto sortit une pipe de l'une de ses poches, et commença à la bourrer tranquillement. Puis, évidemment, il y ajouta une pincée de Sucrelune, comme ça, sans pression...L'occasion de me rappeler que les Khajiits officiants dans la garde n'étaient pas forcément les plus rigoureux vis à vis des lois pourtant très strictes qui délimitaient la possession et l'usage de drogues dures. Quand ils ne s'en battaient pas tout simplement les couilles, en fait...
-Ah non...Pas en pleine rue putain...Grommela aussitôt le lieutenant, qui semblait tout de même un peu plus à cheval sur les règles que son acolyte pour le coup.
-Ben quoi ? Répondit bêtement ce dernier en allumant puis en tirant un gros coup sur sa pipe.

Une épaisse fumée aux relents sucrés s'éleva lentement dans l'air. M'est avis qu'il l'avait chargée un peu plus que je ne l'avais estimé d'ailleurs, parce que le simple fait de la sentir me donna subitement le tournis.
-Ouah...Elle arrache...Fis-je remarquer.
-T'as vu ? Commenta fièrement le caporal Maro Salvitto, avant de se retourner vers son collègue et d’enchaîner :  Bon, donc euh...Je disais quoi déjà avant tout ça ?
-On parlait de la déposition chez Sergius. Rappela le lieutenant Denel Attius. Et tu veux bien ne pas souffler dans ma direction ?
-Pardon...S'excusa le caporal en soufflant sa fumée ailleurs. Ouai donc en gros... ! Je suis arrivé là, il faisait déjà presque nuit ! Donc j'arrive, ils me servent un thé et tout, bon...

Les deux Khajiits reprirent la discussion qu'ils étaient visiblement en train de mener avant que je ne vienne les interrompre. D'après ce que je compris, il était essentiellement question d'un de leurs collègues, Khajiit lui aussi, qui vivait encore chez sa mère et qui s'était fait fracturer sa porte d'entrée et voler pas mal d'objets de valeur la semaine passée. Une affaire que le caporal Maro Salvitto avait dû prendre à sa charge en allant enregistrer les différents témoignages et dépositions après sa journée de travail. D'où la réflexion du lieutenant Attius concernant l'entraide entre collègues...
-...En plus sa mère tu l'as déjà vu ? Questionna le caporal.
-Euh, vite fait je crois...Réfléchit Denel Attius. Le genre à parler encore d'elle à la troisième personne non ?
-Ah mais gros, une blédarde je te jure ! Souffla Maro Salvitto en faisant des gros yeux effarés. La meuf elle était là en mode « Vous allez retrouver les jolies carpettes de Sabani ? Pitié, aidez Sabani à retrouver ses jolies carpettes ! Elles ont été léguées à Sabani à l'époque où elle vivait encore dans le désert de Dune ! »

Je faillis éclater de rire en écoutant le caporal imiter l'accent des Khajiits d'Elsweyr. Ce qu'il remarqua aussitôt d'ailleurs.
-Tu te marres toi ! Gloussa Maro Salvitto. Ah mais tu te rends pas compte des mangeurs de sables qu'on se coltine dans le Khaj ! C'est la folie je te jure !

BlackDeViL24
BlackDeViL24
MP
27 novembre 2020 à 22:23:15

Il se retourna ensuite vers son collègue, et poursuivit :
-...bon et donc je lui dis, en gros « madame, je comprends bien que ça a de la valeur à vos yeux. Je vous assure qu'on fera tout pour les retrouver, mais vous vous doutez bien que la garde ne peut rien vous promettre... »
-Ben ouai, on manque de moyens et d'effectifs. Commenta le lieutenant Attius. Puis avec les Sablards et les Baanides qui foutent le bordel...
-Ben c'est clair ! Renchérit le caporal. On va pas foutre toute la garde en alerte pour trois vieux tapis volés ! Mais bon bref, je lui explique, j'essaie de la rassurer et tout, mais je lui promets rien quoi...Putain gros, voilà qu'elle me propose un de ces sac de Sucrelune en récompense...

Maro Salvitto étouffa un rire, puis reprit :
-Hé je te jure ! C'est un truc de fou ! Elle en a des tonnes dans son arrière cuisine ! Tu m'étonnes que Sergius a jamais voulu nous faire rentrer chez lui ! Il doit pas être bien le mec ! T'imagines la division des stups qui fait une descente chez ses parents ?!

Denel Attius leva un sourcil blasé. A l'évidence, ce genre de cas de figure de légionnaire Khajiit cramé jusqu'au cou par les dérives de sa propre famille, ce n'était pas spécialement rare...
-Enfin et donc, j'ai pris leur témoignage, puis j'ai transmis ça à la hiérarchie le lendemain. Reprit le caporal. Bon, en omettant le Sucrelune hein, je suis pas en enculé, mpphhrphhrphhrr ! Mais par contre ouai, les mecs ils se sont bien servi quand même. Ils ont pas touché au Sucre, mais ils ont pris pas mal de poteries, de tapis, de bijoux...Il y en a quand même pour plusieurs milliers de Septims quoi. Les pauvres...
-Ben ouai mais en même temps tu veux quoi ?! Railla Denel Attius. Ils habitent Leyawiin ouest ! Il y a que des blédards et des voleurs là-bas !

Des bruits de pas mouillés s'élevèrent furtivement derrière nous. Quelques secondes plus tard, Salmo nous rejoignait enfin.
-Ah quand même ! Tu t'étais perdu ou c'est comment ? Lança Maro Salvitto en tirant à nouveau sur sa pipe.
-Mec on te sent depuis le poste de garde hein...Fit remarquer l'Altmer en pointant sa pipe du doigt. Je voudrais pas dire, mais...

Le Khajiit lâcha un petit « pf » dédaigneux, puis tira de nouveau.
-Bon, on peut y aller ? Questionna le lieutenant Attius. Je préférerais passer mon service tranquillement au poste à faire des papiers, et pas traîner ici, si vous voyez ce que je veux dire...

Nous primes tous les quatre la direction de l'est, sur une petite cinquantaine de mètres environ, avant d'arriver devant le fameux numéro vingt-deux.
-Bon allez maintenant éteins ça bordel ! Ordonna l'officier à son collègue.

Ce dernier s'exécuta nonchalamment, et vida ses restes de cendre à même le sol boueux de la rue.
Le lieutenant de son côté, se retourna en direction de la grosse porte en bois épais, et frappa trois fois.
Des bruits de pas lourds retentirent de l'autre côté. Quelqu'un approcha de la porte.
-Ouai ? Lâcha une grosse voix depuis l'intérieur.
-Bonsoir, c'est la garde impériale. Annonça poliment Denel Attius. Nous venons à la suite de votre demande par pupitre. Vous pouvez nous ouvrir s'il vous plaît ?

Un cliquetis retentit au niveau de la serrure. L'instant d'après, la grosse tête hirsute d'un Nordique d'une cinquantaine d'années apparut dans l'entrebâillement de la porte.
-AH NON PAS ENCORE UN FOUTU CHAT ! Aboya brusquement ce dernier.

La porte se referma brutalement, laissant derrière elle un lieutenant pantois avec des gros yeux surpris.
Maro Salvitto faillit étouffer de rire, sûrement parce qu'il fumait trop d'ailleurs.
Personnellement, je ne sus pas exactement quoi dire en réponse à cette situation, aussi fut-ce Salmo qui se décida à briser ce silence gênant :
-Bon d'accord. On est tombé sur un vrai de vrai. Observa le Haut-Elfe. Je propose que Teleri essaie, elle aura peut-être plus de chance...
-M'ouai...Bon...Marmonna Denel Attius en s'écartant de la porte.
-Pourquoi moi ? Questionnai-je aussitôt. T'as qu'à essayer toi !
-Alors, je sais pas si t'as remarqué, mais moi je suis un Altmer. Et les Nordiques n'aiment pas trop les Altmers...
-...Personne n'aime les Altmers...Plaisanta Maro Salvitto en ressortant paisiblement sa pipe de sa poche.
-Non non mais tu te fous de ma g... ! S'emporta brusquement Denel Attius.

L'officier arracha la pipe des mains de son collègue, et la rangea dans sa propre poche.
-Allez c'est bon hein, fais pas chier...Grommela le caporal en tendant sa main.
-Non non ! Tu la récupéreras après ! Coupa le lieutenant.
-...Oui parce qu'à côté de ça, les Nordiques adorent les Dunmers évidemment...Ironisai-je en direction de Salmo.
-Ils les détestent moins que les Altmers en tout cas. Insista Salmo.
-Je suis pas sûre...Insistai-je à mon tour.
-Je crois qu'il a raison. Intervint Denel Attius en reportant son attention sur nous. Historiquement, les Nordiques ont eu plus de conflits avec les Dunmers, mais au vu du contexte actuel...Les Sombrages, le Thalmor, le culte interdit de Talos, tout ça...Enfin cela dit, il est vrai que les Nordiques ont également eu pas mal de conflits avec les Elfes du sud-ouest...Les Ayléides, le premier domaine Aldmeri...
-Je vois pas pourquoi vous vous cassez le cul avec l'histoire. Fit remarquer Maro Salvitto. Là on parle d'un vieux cassos cloîtré dans sa maison, pas d'un roi Nordique. Vous croyez qu'il en a quelque chose à foutre des tensions ancestrales de son peuple ?

Après une rapide concertation, nous décidâmes qu'il était effectivement plus sûr que ce soit moi qui retente ma chance, la race de Salmo étant effectivement un énorme frein potentiel au dialogue, surtout avec un Nordique...
-Monsieur ? Monsieur ? Repris-je alors en frappant de nouveau à la porte. Monsieur ! Ouvrez-vous s'il vous plait ! Nous sommes là pour vous aider, à votre demande !

Un cliquetis retentit une nouvelle fois au niveau de la serrure, bientôt suivi par l'apparition de cette grosse tête hirsute et méfiante.
-Hmmm...Marmonna le Nordique en me voyant apparaître devant lui cette fois-ci. Il a quoi votre œil, peau grise ? Vous êtes bien sûrs de faire partie de la garde impériale, tous autant que vous êtes ?
-Je...Vous...Bégayai-je, prise au dépourvu.
-Monsieur, nous sommes là pour vous. Intervint calmement Denel Attius derrière moi. Détendez-vous, et laissez-nous vous aider, vous voulez bien ?

Le Nordique le fixa d'un œil calculateur, et toujours aussi méfiant.
-Bon d'accord...Lâcha-t-il après quelques secondes, acceptant finalement de nous laisser rentrer. Mais essuyez-vous bien les pieds s'il vous plaît !

Nous pénétrâmes directement dans un petit salon modeste, mais assez propre et ordonné, étonnement. Moi qui m'était attendue à tomber dans un taudis...

https://image.noelshack.com/fichiers/2020/48/5/1606509954-skyrimse-2020-11-25-19-59-07-93.jpg

-Asseyez-vous, je vous en prie. Proposa le Nordique une fois que nous fûmes tous rentrés. Je vous sers quelque chose à boire ?

Nous primes tous place dans les quelques divans sommaires mais relativement confortables que le locataire des lieux avait positionné en cercle dans son salon, entourant une unique petite table basse en bois ancien.
-Rien pour moi, merci. Répondit poliment le lieutenant Attius.
-Moi non plus, merci. Répondis-je à mon tour.
-Vous avez quoi ? Questionna Salmo.
-Café, bière, hydromel...Énonça le quinquagénaire.

Ses yeux s’illuminèrent soudain. A l'évidence, sa méfiance s'était évanouie aussitôt qu'était revenu son entrain typiquement Nordique.
-...Un petit hydromel ? Proposa-t-il alors, le regard complice.
-Allez, va pour un hydromel ! Acquiesça Salmo.
-Moi aussi ! Renchérit Maro Salvitto.
-Et vous ? Poursuivit le Nordique en direction de Denel et moi.
-Non merci, vraiment. Répondit poliment Denel Attius.
-Allons...Plaisanta le propriétaire des lieux, qui semblait parfaitement à l'aise désormais. Une petite bière au moins...Ça ne se refuse pas...
-Bon allez une petite bière, mais légère hein ! Plaisanta à son tour le lieutenant. Je vais me faire taper dessus par ma hiérarchie si j'écris votre déposition de travers !

BlackDeViL24
BlackDeViL24
MP
27 novembre 2020 à 22:23:36

Le Nordique s'esclaffa, puis se retourna vers moi, le regard interrogateur.
-Bon, une petite bière aussi...Capitulai-je.
-C'est parti ! Conclut l'intéressé en s'éclipsant aussitôt en dehors du salon.
-...Bon ben ça va...Ça a pas l'air d'être un mauvais gars finalement...Chuchota Denel Attius.
-Puis c'est propre et bien rangé mine de rien...Fit remarquer Maro Salvitto, à voix basse lui aussi. C'est rare...

Salmo ne répondit pas, plus volontiers occupé à tester le moelleux des divans qu'à débattre du profil de notre hôte. Quand à moi, je jetai un œil curieux autour de nous.
C'est vrai que l'endroit était réellement plus propre, ordonnée, et même chaleureux qu'il ne l'avait semblé de l'extérieur. Surtout, il était bien plus accueillant que ne l'étaient les rues glauques de ce putain d'arrondissement...
Non, à priori, il n'y avait rien d'anormal ici. C'était finalement une petite maison tout à fait lambda, sans rien de bien particulier à signaler. Enfin, sauf une odeur étrange et diffuse qui m'effleura plusieurs fois les narines pendant les quelques minutes que nous passâmes dans le salon, sans que je ne parvienne toutefois à en identifier la source, ni la provenance.
-Bon, vous m'excuserez. Annonça finalement le Nordique en revenant dans le salon, un plateau rempli de verres dans les mains. Cet hydromel vient d'une petite fabrique artisanale située dans le sud de Bordeciel. C'est une nouvelle formule, donc il est peut-être un peu...Un peu...Enfin bon, vous me direz ce que vous en pensez après l'avoir goutté.

Nous fûmes servi tour à tour, levâmes poliment nos verres, et fîmes honneur à notre hôte en gouttant ses boissons, son hydromel pour Salmo et Maro, et ses bières pour Denel et moi.
Un processus durant lequel je remarquai soudain quelque chose d'anormal, qui me sauta littéralement aux yeux, mais qui ne fut visiblement relevé par personne d'autre que moi.
En effet, l'espace d'une seconde, le Nordique sembla se raidir, et pour cause :
Un bruit, léger mais bien réel, s'était furtivement fait entendre depuis l'étage inférieur...
Les autres ne semblaient pas l'avoir entendu, mais moi, j'en étais persuadée. Une sorte de petit « poc » s'était fait entendre quelque part sous nos pieds...
Mon regard croisa celui du Nordique, qui préféra quand à lui regarder aussitôt ailleurs, et reporter son attention sur Denel Attius, qui était de son côté déjà occupé à déballer un parchemin neuf et à préparer encre et plumes.
-...Bon. Commença le Khajiit en s'affairant sur son matériel. J'aurais besoin de votre nom, votre date et votre lieu de naissance...Et...Votre adresse je l'ai déjà.
-Kodlak, le douze âtrefeu de la cent-soixante-quatorzième année de la quatrième ère, clinique de Torche-vive, dans l'arrondissement de Bruma-centre. Récita méticuleusement le Nordique.

Denel Attius griffonna son parchemin en silence, pendant que Maro Salvitto de son côté, se grattait nonchalamment l'oreille avec l'une des plumes de rechange.
-...Alors, si j'ai bien compris, vous nous avez appelé pour des bruits suspects dans votre sous-sol. Poursuivit l'officier. Vous pouvez nous en parler un peu plus, avant qu'on aille jeter un œil ?

Le dénommé Kodlak sembla soudain mal à l'aise. Il paraissait d'ailleurs vouloir à tout prix éviter de croiser à nouveau mon regard, maintenant que j'avais entendu quelque chose et qu'il le savait.
-...Et bien, voyez-vous, depuis que ma femme est décédée l'année dernière...Commença lentement le Nordique sur un ton hésitant.
-Désolé...Commenta poliment Denel Attius.
-Merci...Acquiesça Kodlak, avant de poursuivre. J'ai descendu toutes ses affaires à la cave. Pour faire mon deuil, vous savez...Enfin bref...J'ai tout descendu là dessous, et je n'y ai plus mis les pieds depuis l'hiver dernier. Le problème...

Il hésita, puis reprit :
-...Le problème, c'est qu'il y a environ deux semaines, une nuit, j'ai commencé à entendre des bruits bizarres. Au début j'ai cru que c'était un voisin qui faisait des travaux, ou qui rangeait...Les bruits se propagent parfois pas mal dans ces vieilles maisons mitoyennes...
-Quels genres de bruits ? Questionna Maro, curieux.
-Comme des coups sourds. Comme si on tapait au plafond de la cave avec un balais...Expliqua le Nordique.

L'officier griffonna sur son parchemin, laissant à son collègue le soin de poser les questions.
-...Vous n'êtes pas descendu voir ? Poursuivit le caporal.
-Ben...A l'époque je n'y ai pas fait plus attention que ça, comme je vous ai dis. Je pensais que c'était le voisin. Ça a duré une heure ou deux, puis ça s'est stoppé, alors...
-Et ensuite ?
-Ensuite, plus rien pendant deux semaines...Jusque avant hier...Les bruits ont repris, mais plus forts, et plus régulièrement. Là, je me suis dit que j'allais aller jeter un œil, puis euh...

Un silence gênant s'installa dans le salon. Maro Salvitto attendit pendant plusieurs secondes une réponse qui ne vint jamais. Salmo de son côté, ne dit rien, mais fixa le Nordique avec un visage plutôt tendu à vrai dire. Quand à Denel Attius, après avoir terminé sa prise de notes précédente, il releva la tête vers le Nordique, et le fixa lui aussi avec un regard qui l'invitait implicitement à continuer.
-...La nuit d'avant-hier à hier, il y a eu un énorme boum...Confia alors Kodlak tout en se tordant les mains. J'étais à l'étage, dans mon lit, et j'ai senti que ça tremblait, pour vous dire...
-Et ensuite ? Questionna Denel Attius.
-Ensuite, quelques petits bruits légers, presque plus rien...Expliqua le Nordique. Mais quand même parfois, j'entends des trucs...J'aurais pu aller vérifier moi même, c'est vrai, mais après cet énorme boum...Je vous avoue que je n'ai plus trop osé...Et puis...

Notre hôte se tut à nouveau.
-Oui ? Insista l'officier.

Le Nordique sembla hésiter, jeta un œil derrière lui, en direction du couloir, puis revint vers nous :
-...Je suis presque sûr d'avoir entendu quelqu'un...D'avoir entendu un rire...
-Un rire ? Répéta Maro, incrédule.
-Plutôt...Comme un ricanement...Souffla Kodlak.

Je sentis le regard de Salmo se poser furtivement sur moi, mais ne le lui rendit pas.
Denel Attius griffonna de nouveau son parchemin, alors que son collègue quand à lui, observa le Nordique tout en se grattant le menton à l'aide de sa propre plume, l'air pensif.
-Vous êtes sûr que ça venait de votre cave ? Reprit le lieutenant Khajiit après couché ses nouvelles notes.
-Sûr et certain. Confia le Nordique, embarrassé, avant de se reprendre un peu et d’enchaîner : écoutez, je sais que ça peut vous paraître ridicule, mais avec tout ce qu'il se passe à Bruma-centre ces derniers temps, ces disparitions et tout ce qui va avec...Je vous avoue que j'ai préféré vous appeler. Le décès de ma femme a été difficile à vivre vous savez, alors je crois qu'au fond, je ne suis plus...Enfin...Je ne suis pas...
-Vous n'avez pas à vous justifier. Le rassura aussitôt Denel Attius. Nous sommes là pour ça. C'est notre métier.

Il reposa sa plume, s'avança au bord du divan, et enchaîna :
-Bon, on va aller jeter un œil. Allez savoir, vous avez peut-être une invasion de ragnards dans votre cave...
-Des ragnards qui ricanent et font péter des trucs ? Interrogea Maro Salvitto, incrédule.

L'officier, qui s'apprêtait à se lever, s'interrompit soudain dans son geste, le regard fixé dans le vide.
-M'ouai...Admit-il, un peu perplexe lui aussi.

BlackDeViL24
BlackDeViL24
MP
27 novembre 2020 à 22:23:59

Nous nous levâmes tous, et quittâmes le petit salon sous les indications du propriétaire des lieux.
Là, près de la porte d'entrée de la maison, un petit couloir étroit s'en allait vers ce qui semblait être une arrière cuisine. Jouxtant le petit couloir, un escalier vieillissant grimpait quand à lui vers l'étage supérieur. Enfin, en dessous de cet escalier, à même le mur du couloir, juste avant d'arriver dans l'arrière cuisine en fait, une porte étroite semblait donner sur ce qui devait être l'entrée de la cave.
-'Tendez, elle est dure, faut que je la fasse raboter...Indiqua le Nordique en nous ouvrant péniblement la petite porte qui menait vers le sous-sol.
-Les troufions d'abord. Indiqua Denel Attius en direction de son collègue.
-Ben ouai bien sûr. Railla ce dernier.

Maro Salvitto ne semblait pas franchement appréhender un quelconque danger cela dit, vu le détachement avec lequel il dépassa son supérieur et se présenta au sommet des escaliers de pierre qui s'enfonçaient droit dans l'obscurité du sous-sol.
-Bon, file moi ta torche quand même. Lança-t-il à son collègue. Je suis pas un Suthay, je vois pas dans le noir moi.
-Tiens la voilà.

Je me présentai derrière Maro et Denel, curieuse, mais un peu méfiante également. Non pas que j'avais peur du noir ou des monstres, mais disons que mon métier m'avait tout de même appris à redouter les psychopathes, les fous furieux, ou bien encore les toxicos agressifs qui pouvaient parfois être tentés de s’introduire chez les gens et de squatter leurs sous-sols.
-Euh, faites attention quand même. Nous prévint Kodlak en reculant derrière Salmo.
-Mais oui voyons. Le rassura Maro tout en embrasant sa torche.
-...Ma femme avait pour habitude de dire que cette maison était maudite, et que le mal venait d'en bas...Conclut le Nordique.

Maro s'interrompit dans son geste, et adressa un rictus mi-nerveux mi-moqueur à son collègue.
-Bon, tu sais quoi ? Lâcha-t-il alors. Tiens moi la torche, et moi je sors la matraque. Parce que bon...Hein...On sait jamais...

Nous commençâmes finalement notre descente, pas à pas, progressant précautionneusement le long de l'escalier en pierre qui descendait dans les sous-sols lugubres de la maison.
J'avais beau être troisième dans la file, cachée derrière deux Khajiits plutôt costauds pour le coup, je ne pouvais m'empêcher de ressentir un certain malaise en cet instant précis. Je ne pensais pas que ça venait des propos du Nordique en fait, mais plutôt...Je ne savais pas comment l'expliquer...
Plutôt de quelque chose d'autre...Une impression bizarre, diffuse, mais persistante...
Nous arrivâmes rapidement en bas, mais fûmes alors entourés par une obscurité particulièrement opaque, dans laquelle il était tout bonnement impossible d'apercevoir quoi que ce soit.
-Mec, lève la plus haut tu veux ? Je vois rien là ! Pesta Maro.

Denel s'exécuta, et leva plus haut sa torche, histoire d'éclairer plus efficacement les environs.
La pièce qui se révéla alors à nous, bien que lugubre, ne parut pas révéler quoi que ce soit d'anormal dans un premier temps. A priori, il s'agissait vraisemblablement de la première pièce d'une cave qui en comptait plusieurs, et qui était accessoirement chargée d'une tonne de mobilier et de caisses en tous genres.
Par contre, ce qui m'interpella très rapidement, c'était l'opacité véritablement anormal de l'obscurité qui régnait ici. La torche peinait réellement à apporter la lumière, même lorsque Denel l'approchait des différents meubles en vue de les examiner. D'une certaine manière, on aurait presque dit que les ombres de la cave vivaient, luttaient férocement pour garder leur emprise sur ce royaume devenu le leur. Et ce n'était pas métaphorique : pour moi, il y avait clairement un soucis avec la manière dont l'obscurité réagissait à notre torche. Un soucis concret, véritable.
Et cette odeur qui avait gagné en intensité...De quoi s’agissait-il ? D'où venait-elle ?
-On a fait de la magie ici...Soufflai-je à voix basse, car j'en étais persuadée désormais.
-Ouai...Je crois aussi...Confia l'officier, perplexe.

Je ne sus pas vraiment dire comment je devais prendre sa réponse pour le coup.
D'un côté, elle me rassurait vis à vis de ma première impression, mais de l'autre...Elle ne fit hélas que confirmer l'idée que quelque chose d'anormal, ou du moins d'inattendu, s'était produit dans cette cave...
-Un parchemin magique qui se serait déclenché tout seul ? Proposa Salmo derrière moi.
-Possible...Ça arrive oui...Réfléchit Denel. Je l'ai déjà vu en tout cas. Quand on les entrepose trop longtemps dans des endroits humides, ou trop chauds. J'ai déjà vu des parchemins de destructions prendre feu tout seul par exemple.
-Ah mais attends, ils ont pas eu un soucis avec ça à la caserne de Plaine-rivière l'année dernière justement ?! Intervint Maro. Tout un stock de parchemins d'illusion qui s'est déclenché tout seul ! Parait que les mecs en poste sont restés invisibles pendant une semaine entière, le temps que les mages trouvent comment annuler le sort !
-Ah oui, ça aussi, j'avais oublié cette histoire...
-Bon ben si c'est ça, on devrait au moins trouver des résidus alors...Fit-je remarquer. M'enfin, ça me semblerait étonnant que le type ait entreposé des parchemins là dessous...
-Bah c'est possible hein. Mais il n'y a rien ici en tout cas. Peut-être dans la pièce d'à côté ? Proposa Denel. Maro, allons voir.
-Ouai ben éclaire moi alors !

Nous nous dirigeâmes vers la pièce suivante, plus sombre encore que la première.
L'odeur devint subitement plus forte, plus distincte également...
-Bordel mais...Tu m'éclaires ou... ?! Grommela Maro.
-Ben oui ! Répliqua Denel d'un air agacé.
-T'es sûr ?! Parce que je vois vraiment rien hein ! Insista Maro.
-Attendez un peu...Les stoppai-je brusquement, alertée par une impression soudaine. Cette odeur...Vous sentez pas ?
-Ça sent le brûlé oui...Confirma Salmo.
-Oui mais pas que...Insistai-je, vraiment perplexe pour le coup. Il y a autre chose...Vous sentez pas ?
-Elle a raison, il y a autre chose...Renchérit Maro en humant l'air devant lui. On dirait...Je sais pas...Comme une odeur de...
-Une odeur d'ozone...Conclus-je en sentant une forme d'angoisse m'envahir petit à petit.
-De la magie daedrique...Conclut Denel Attius dans un souffle interdit. On a pratiqué de la magie daedrique ici...

Je sentis un frisson me parcourir subitement l'échine. De la magie daedrique ? Ici ? En Cyrodiil ?
Mais comment était-ce possible ? Sa pratique avait pour ainsi dire toujours été interdite au sein de l'Empire, ce qui n'avait toutefois pas empêché certains de s'y adonner malgré tout. Le truc c'était que, depuis la crise d'Oblivion, tout ce qui y touchait était véritablement devenu un sujet tabou pour tout le monde, même au sein des sectes et des groupuscules criminels les plus enclins à profaner les lois. Autant dire que celui qui s'y serait adonné aujourd'hui était soit un véritable timbré, soit un individu animé des plus vils et obscures intentions. En tout cas, quelqu'un qui n'aurait certainement pas agi par hasard, ou sur un coup de tête...
Et là en l’occurrence, le problème, c'est qu'on avait beau regarder de tous les côtés, on ne voyait absolument rien dans ce noir opaque. Autrement dit, ni trace, ni indice qui aurait pu nous donner une ébauche d’explication sur le pourquoi du comment l'on était soudain confronté à une terrible odeur de magie daedrique...
-Il y a quelque chose qui bouge devant. Fit soudain remarquer Maro en fixant l'obscurité devant lui.
-Arrête tes conneries tu veux ? Grommela Denel.
-Non non, il y a quelque chose qui bouge, j'en suis certain. Persista le Khajiit.
-Mais...Il y a de la lumière là-bas, non ? Relevai-je en apercevant quelque part devant nous les faibles reflets vacillants d'une source lumineuse.
-Restez bien groupés...Grommela de nouveau Denel en levant sa torche.
-T'as peur que l'Oblivion s'ouvre devant nous ? Plaisanta Maro, qui semblait prendre la situation avec un peu trop de légèreté à mon goût soit dit en passant.
-La magie daedrique est une magie extrêmement puissante et instable, Maro...Lui fit remarquer l'officier. Aujourd'hui encore, on connaît très mal ses propriétés, et là en l’occurrence on ne sait pas du tout à quoi on a à faire, donc vaut mieux rester prudents.

BlackDeViL24
BlackDeViL24
MP
27 novembre 2020 à 22:24:24

Un bruit léger, semblable à celui que j'avais entendu tout à l'air dans le salon à l'étage, retentit furtivement devant nous. Comme un nouveau « poc » sec et bref.
-Alors toi mon gars, soit t'as des couilles en béton, soit t'es totalement inconscient...Souffla Salmo en voyant Maro Salvitto s'avancer prudemment en direction de l'obscurité, suivi de près par son lieutenant, toujours occupé à tenter d'éclairer les lieux à l'aide de sa torche.

Nous avançâmes lentement, pas à pas en direction de cette lueur étrange qui semblait provenir d'une autre pièce, située plus loin dans la cave.
Un nouveau « poc » brisa furtivement le silence, mais ce ne fut pas ça qui me mit le plus mal à l’aise pour le coup. En effet, à mesure que l'on s'avançait dans un noir devenu véritablement agressif envers nous, d'autres bruits étranges, ressemblant plus volontiers à des chuchotements, nous parvinrent petit à petit.
-Chut ! Vous entendez ? Murmura Denel.
-J'entends...Confirmai-je.

Difficile de dire d'où ça venait exactement. En fait, je crois bien que ça venait de partout en même temps...Et ça semblait bouger et fluctuer en même temps que les ombres d'ailleurs, ce qui expliquait leur opacité anormale finalement...
-Hmmm...Charmant...Tenta de plaisanter Salmo, sûrement plus pour se rassurer lui même qu'autre chose.
-Je crois...Que c'est normal...Tentai-je d'expliquer le plus calmement possible, probablement pour mieux tenter de me rassurer moi aussi. Ce sont des résidus d'une magie venue d'ailleurs. Ça n'obéit pas aux mêmes lois physique que celles de notre univers...
-Ah ben ça va alors, tout va bien. Ironisa l'Altmer.

Devant nous, révélé par la lumière faiblarde de la torche, un angle de mur nous apparut furtivement.
Ici, la cave semblait bifurquer vers la droite, vers une autre pièce.
Sans piper mot, Maro approcha de l'angle en question, prit la torche de Denel sans même lui en demander la permission, et risqua un œil de l'autre côté.
-Oh putain la vache ! Souffla-t-il alors en faisant des gros yeux.
-Mais... ! Maro bordel ! Pesta l'officier en voyant son collègue s'engouffrer brusquement derrière l'angle de mur.
-Hé sérieux il est fou ton pote ! Couina la voix de Salmo derrière moi.

Je dépassai silencieusement Denel, et entreprit de suivre le caporal sans traîner. Premièrement parce que c'était lui qui avait la torche désormais, soit notre seule et unique source de lumière dans ces ténèbres malfaisantes, mais aussi et surtout parce que, malgré la situation, j'avais la profonde intuition qu'on ne risquait pas grand chose dans l'immédiat.
Ce que je vis une fois arrivée dans la seconde partie de la cave m'arracha un hoquet de surprise malgré tout...
La première chose que j'aperçus, ce furent en fait des petites flammèches qui dansaient sur le sol calciné, ce qui expliquait dans un premier temps d'où venait cette étrange source de lumière.
En effet, un peu à l'image d'une forêt récemment ravagée par le feu, cette partie de la cave était totalement noircie, et parsemée de petits résidus de suie et de cendres qui terminaient lentement leur combustion post-incendie, telles des petites bougies résistant dans la nuit.
L'odeur d'ozone était pratiquement asphyxiante désormais, et les ombres ici ne cherchaient même plus à cacher leur conscience propre. Au mépris le plus total de toute forme de logique et de physique, elles tournaient lentement autour de la pièce, dansant et gigotant au delà du cercle de lumière que créait la torche de Maro. A bien des égards, l'on aurait dit une sorte de prédateur obscur, rodant en cercle autour de sa proie, attendant le moment opportun pour mieux lui bondir dessus.
Les chuchotements aussi avaient gagné en intensité. De tous les côtés en même temps, des voix invisibles murmuraient des paroles incompréhensibles, dans différentes langues, modernes ou anciennes, et avec des intonations différentes également.
Une sensation de présence extrêmement désagréable se fit bientôt ressentir, et j'avais beau tenter de garder mon calme, d'analyser la situation sous un angle rationnel, cette impression était extrêmement pénible à supporter. J'avais réellement l'impression que quelqu'un me regardait, me scrutait depuis l'obscurité.
Évidemment, je savais que tout ceci était « normal », en quelque sorte. L'académie militaire impériale tout comme les services de renseignements informaient généralement leurs membres face à ce type d'éventualité, « au cas où » comme ils disaient si bien. Je savais donc que les chuchotements, les ombres obéissants à leurs propres lois, et même cette impression de présence étaient le résultat logique d'une magie daedrique récente.
Malgré tout, l'on m'avait prévenu qu'une confrontation directe à ce genre de phénomène serait très difficile à supporter, et qu'il faudrait absolument garder mon calme et analyser la situation avec un œil cartésien si je voulais la gérer le plus efficacement possible.
Je pris donc une grande inspiration, refoulai mes craintes d'un revers mental de la main, et rejoignis Maro et centre de la pièce, suivie de près par Denel et Salmo.
Devant nous, au milieu du sol calciné, des flammèches résiduelles et des ombres vivantes, se trouvait finalement la cause de tout ce remue-ménage :

Une petite porte d'Oblivion d'environ deux mètres de haut, éteinte fort heureusement, se dressait dans l'obscurité...
-Bordel de merde...Souffla Denel Attius tout en fixant l'arche menaçante avec des yeux gros comme des soucoupes.

Salmo déglutit bruyamment à ma droite, alors que Maro, à ma gauche, tendait la torche pour mieux tenter de cerner les contours du portail éteint.
-...Il a servit récemment...Fit-il remarquer après quelques secondes d'inspection.
-Bien sûr qu'il a servit récemment. Rétorqua son collègue d'un air agacé, et interdit à la fois. La moitié de cette putain de cave est brûlée. Il y a des traces de présence daedrique partout...
-Euh...On devrait pas faire intervenir le service spécialisé ? Proposai-je. Parce que je crois que ça dépasse un peu nos compétences là...
-Si, il vaudrait mieux...
-Je...J'y vais...Commenta Salmo, avant de faire demi-tour, et de déguerpir sans demander son reste.

Maro se retourna, et le suivi du regard jusqu'à le voir tourner à l'angle du mur qui nous avait mené ici.
-...Il va vraiment y aller ou... ? Questionna-t-il, perplexe.
-Il faudra réinterroger le propriétaire. Enchaîna Denel tout en continuant de scruter méticuleusement le portail inerte.
-Je pense pas qu'il soit lié à ça. Fis-je remarquer. Il a pas trop la dégaine d'un adorateur daedrique.
-Non clairement pas. Mais malgré tout, quelqu'un est venu dans sa cave, et s'est livré à des rites vraiment pas nets. Allez, un portail daedrique ? Celui qui a fait ça, c'est pas un branquignol. C'est forcément quelqu'un qui s'y connaît. Qui que ce soit, il a quand même réussi à ouvrir une brèche vers l'Oblivion...Et va savoir ce qu'il s'est passé ensuite ? En tout cas, ça s'est passé sous son toit, dans sa cave. Il y a forcément des trucs qu'il a oublié de nous dire. Peut-être que quelqu'un aurait eu accès à sa maison ? Un ami ? De la famille ?
-Beeee, c'est vraiment de la magie de merde en tout cas ! Grommela Maro en agitant la torche comme l'aurait fait quelqu'un voulant chasser un insecte un peu trop collant.
-C'est de la magie daedrique en même temps...Expliquai-je. Ça provoque une fissure dans notre monde et ça ouvre un passage vers celui des daedras. C'est hyper violent comme processus en fait. Ça laisse des résidus tenaces...

BlackDeViL24
BlackDeViL24
MP
27 novembre 2020 à 22:24:46

Maintenant que le pourquoi du comment nous avait été révélé, je commençais à me sentir un peu mieux. Pas au top de ma forme, certes, mais le simple fait de voir ce portail éteint m'aidait en quelque sorte à ignorer les murmures, toujours présents, et à mieux appréhender les mouvements anormaux des zones d'ombres.
Même la sensation de présence semblait s'être atténuée, preuve qu'une analyse objective des faits, aussi étranges soient-ils, aidaient à garder la face. Après tout, combien de gens n'avaient pas subit une crise de panique lors de leur première confrontation directe à une expérience daedrique ?
-Putain, et dire que lors de la crise d'Oblivion, les légionnaires impériaux rentraient carrément dans ces portes pour aller combattre les daedras sur leur propre territoire...Commenta Denel d'un air impressionné, comme en réponse à mes propres pensées.
-Grave, ils étaient déter les mecs à l'époque...Renchérit Maro.

Nous restâmes tous les trois silencieux durant plusieurs secondes, méditant et observant sous toutes ses coutures l'arche de pierre aux contours acérés qui continuait de trôner silencieusement dans le fond de la pièce.
-...Enfin bon, ça a l'air fini maintenant. Conclut l'officier Attius en hochant la tête. Le service spécialisé va certainement mener une enquête approfondie, et peut-être qu'ils trouveront des pistes susceptibles d'expliquer ce qu'il s'est passé ici...

Un nouveau « pop » résonna furtivement derrière nous. Sans lâcher le portail des yeux dans un premier temps, Maro tourna alors sa torche dans la direction indiquée, puis y braqua ensuite son regard, en quête d'un indice sur la provenance de ce bruit bizarre.
En vérité, j'aurais tout simplement préféré qu'il ne braque pas la torche par là...
-OH PUTAIN DE MERDE ! Glapit subitement le Khajiit en trébuchant à moitié. PUTAIN ALORS CA C'EST VRAIMENT TORDU !

Je sentis subitement mes cheveux se dresser sous l'effet de la surprise et de la frayeur.
Là, cloué à même le mur, le cadavre ignoble et décomposé d'une vieille femme nous faisait face dans la lumière blafarde de la torche, ravagé par la pourriture, mais également par ce qui semblaient être des actes de mutilation volontaires.
Près du sol, les os de ses pieds décharnés se balançaient lentement au gré du petit courant d'air qui flottait dans la cave, allant de temps à autre taper contre la petite caisse en bois calciné qui trônait juste à côté.

« poc »

-Mais qu'est-ce que...Balbutia Denel en reculant de plusieurs pas. C'est quoi ça ? Qui...Comment...

J'observai le corps sans vie avec un frisson de crainte et de dégoût, et tentai de garder mon calme à tout prix. Car oui, se retrouver soudain nez à nez avec un corps putréfié dans une cave sombre, c'était le genre de truc qui vous prenait salement aux tripes, surtout quand on s'y attendait pas.
Je pris donc plusieurs inspirations, et rassemblai rapidement mes pensées.
A l'évidence, il s'agissait d'un cadavre qu'on avait déterré, à en juger l'état de moisissure et de décomposition qu'il affichait. Une vielle Nordique à priori, vu sa morphologie, et les quelques restes de cheveux gris qui demeuraient sur son crâne putréfié.
-Oh...Putain...J'étais pas près...Haleta Maro, penché en avant, les mains sur les genoux.
-Vous pensez...Que c'est la femme du proprio ? Risquai-je après quelques secondes d'une observation prudente.

Les orbites vides de la défunte nous jetaient un regard qui semblait presque accusateur, un peu comme si elle nous blâmait implicitement d'avoir laissé faire tout ceci, de ne pas être intervenu à temps pour la sauver.
L'officier ne me répondit pas tout de suite, observant la scène d'un air interdit, les bras croisé, une main devant la bouche. Maro de son côté, après avoir repris son souffle durant plusieurs secondes, se redressa finalement, et approcha de nouveau la torche du corps sans vie.
-Bordel de merde...C'est quoi cette boucherie ? Ils l'ont ouverte en deux. Observa-t-il, dégoutté lui aussi. Il lui manque des organes non ? Ça a un lien avec le portail ?
-J'ai jamais entendu parler de sacrifice ou d'offrande d'organes pour ouvrir un portail vers l'Oblivion...Répondis-je tout en y réfléchissant. Ni de déterrer des cadavres et de les mutiler...
-Si le portail a bien été ouvert d'ici...Fit remarquer Denel en reprenant la parole.
-Il a forcément été ouvert d'ici non ? Répliquai-je. Pour qu'une connexion avec l'Oblivion ait lieu, il faut forcément des salopards qui leur ouvre la voie de notre côté...
-Mais quel rapport avec...Avec ça ? Insista Maro tout en pointant le cadavre décomposé d'un geste dégoutté.
-J'en ai aucune idée...Confiai-je.

Le caporal Khajiit balaya lentement le corps à l'aide de sa torche, cherchant visiblement des indices, ou quoi que ce soit qui pourrait nous apporter un semblant de réponse à toute cette affaire.
Soudain, sans crier gare, mais avec un peu d'hésitation quand même, il entreprit de glisser précautionneusement ses doigts dans la bouche entrouverte du cadavre.
-Maro...Qu'est-ce que tu fous encore...Marmonna Denel, excédé.
-Elle a un truc dans la bouche. Expliqua le Khajiit.

L'officier soupira, consterné. Il semblait toutefois que son collègue ait vu juste, car bientôt, il extirpa un objet étrange du corps sans vie.
-Une bague ? Commentai-je, curieuse, en voyant Maro retirer délicatement ses doigts.

Le Khajiit observa l’objet en question, l'air perplexe. Après plusieurs secondes d'étude, il fronça alors les sourcil d'incompréhension, et me tendit la bague sans piper mot.
Lorsque je l'eus enfin entre les mains, je compris tout de suite le doute du caporal, et pour cause :
Il y avait, gravé sur cette grosse bague, un symbole que je reconnus aussitôt. Un symbole très particulier en fait, mystérieux, mais connu de tous malgré tout.

Une main noire, ni plus ni moins...
-Mais...C'est le symbole de la Confrérie Noire ? Risquai-je, incrédule.
-Ça y ressemble ouai...
-Montre ? Lança Denel en tendant sa main.
-...Mais...J'y comprends rien...Hésitai-je tout en lui refilant la bague.

L'officier l'étudia à son tour, et vu la mine qu'il afficha ensuite, il ne parut comprendre beaucoup mieux que nous...
-...Ça n'a pas de sens...Insistai-je, un peu perdue.
-Mais rien n'a de sens dans cette histoire. Rien. Lâcha finalement le lieutenant, dont l'impatience et l’énervement semblaient avoir définitivement balayé le doute et l'incrédulité. Un vieux Nordique, qui nous appelle pour des bruits dans sa cave, qui de toute évidence, avaient des squatteurs dans son sous-sol - qui sont rentrés par comment ? Par où ? - qui se sont adonnés à un rituel daedrique complexe, et qui sont arrivés à leurs fins de toute évidence, et qui en même temps, auraient déterré sa femme défunte pour mieux ensuite la mutiler, la clouer au mur et lui enfoncer une bague de la Confrérie Noire dans la bouche ? Et il s'est passé quoi ici finalement ? Quelque chose est sorti de ce portail je présume, mais pour aller où ? A moins que cette chose soit repartie d'où elle venait, emportant avec elle celui ou ceux qui ont ouvert ce portail ?

Nous observâmes un long silence, perdus dans nos pensées respectives.
Finalement, ce furent les nombreux bruits de pas venant soudain dans notre direction qui eurent raison de la torpeur méditative dans laquelle nous nous étions tous les trois plongés.
-Messieurs-dame, bonsoir. Salua un mage officier impérial en déboulant finalement dans la petite cave, accompagné d'au moins une dizaine d'enquêteurs spécialisés, tous équipés de matériel d'analyse, de parchemins enchantés et de torches magiques, largement plus adaptées à l'illumination de ces lieux profanés que notre pauvre flambeau soit dit en passant.
-Ouch...Ça c'est du solide...Commenta l'un de ses collègues tout en frissonnant, observant rapidement les contours de la pièce, probablement en réponse aux ombres vivantes et aux murmures qui continuaient de roder un peu partout.
-Ah ouai, ça c'est pas du petit rituel...Confirma un autre en toisant le sol calciné.
-On va prendre le relais. Conclut poliment le mage officier tout en déposant sa valise d'outils à même le sol. Et on va devoir boucler la zone, du coup. Enfin, vous connaissez le topo. Je peux vous raccompagner à l'extérieur ? J'aurais deux ou trois questions à vous poser en même temps.

Il se retourna vers ses collègues, et leur indiqua de commencer le travail d'un bref signe de la tête.
Moi qui, en d'autres circonstances, aurait normalement dû entamer ma semaine de vacances à l'heure qu'il était...Autant dire que c'était foutu de chez foutu, maintenant que je me retrouvais associée à une enquête officielle impliquant un incident daedrique...

Salmo...Salopard...
On avait des comptes à régler tous les deux...

Newradion44
Newradion44
MP
27 novembre 2020 à 23:31:12

:bave:

Tetrazbi
Tetrazbi
MP
28 novembre 2020 à 12:46:49

C'est des sacrés pavés mais j'aime beaucoup, j'attends la suite.

NahlokinXV
NahlokinXV
MP
28 novembre 2020 à 14:47:30

Comment tu fais pour être aussi productif ? C'est possible d'apprendre ce pouvoir ? :rire:

BlackDeViL24
BlackDeViL24
MP
28 novembre 2020 à 21:55:22

Merci pour votre soutien mes bons kheys.

Pour la productivité...Bah disons que j'étais largement plus productif à l'époque de mes deux premières trilogies (2011 et 2012) que maintenant. https://image.noelshack.com/fichiers/2018/10/1/1520256134-risitasue2.png

Mais généralement c'est une question d'envie. Quand t'as vraiment l'envie d'écrire, et des idées, ça vient tout seul. Tout simplement.

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