En acceptant le principe d'universalisation de Kant, et en considérant contingents les métiers de la publicité n'existant que par intérêt économique (celui de s'approprier une part de la valeur d'un produit en augmentant cette valeur), la coexistence des métiers du commerce et d'une société moralement saine est impossible. Selon Kant, une action est moralement acceptable si elle peut être érigée en loi universelle sans contradiction. Or, si l'on applique ce principe aux métiers de la publicité, on se rend compte que leur finalité principale est de manipuler les perceptions pour augmenter artificiellement la valeur perçue d'un produit, indépendamment de sa valeur intrinsèque.
Cet objectif mercantile, centré sur l'augmentation des profits, est en contradiction avec une société moralement saine où la valeur des choses devrait être reconnue pour ce qu'elles sont réellement et non pour ce qu'elles semblent être sous l'influence de la publicité. Par conséquent, l'activité publicitaire, en tant que moteur de la surconsommation et de la manipulation des désirs, ne peut être universalisée sans conduire à une société où la moralité est compromise par l'intérêt économique.
L'avantage souvent présenté en défense de cette pratique est celui de la visibilité accrue d'un produit au public. Cependant, cet avantage est souvent illusoire. Il se concentre fréquemment sur des produits qui répondent à des besoins artificiels qu'ils ont eux-mêmes créés ou qui sont déjà solutionnés par d'autres moyens, à l'exception des innovations reconnues. En d'autres termes, la publicité ne fait souvent que déplacer l'attention et les ressources vers des produits superflus, contribuant ainsi à une culture de la consommation excessive et de la superficialité.
Ainsi, si l'on considère l'impératif catégorique de Kant, qui nous invite à agir de manière à ce que nos actions puissent être universalisées sans contradiction, il apparaît que les métiers de la publicité, dans leur forme actuelle, ne peuvent coexister avec une société véritablement moralement saine. Leur existence repose sur des pratiques contraires à l'éthique kantienne, qui privilégie la sincérité, la vérité et l'authenticité des actions et des relations humaines.