-----Attention, spoil mineur du début de Bioshock Infinite (vu dans le direct)-------
Donc.
Je regarde le direct live aujourd'hui sur Bioshock Infinite. J'ai plus ou moins apprécié les 2 premiers opus, mais je me dit "pourquoi pas, voyons de quoi il retourne".
Je suis donc en train de savourer le début du jeu, dans des décors ravissants, le soleil qui chatoie, direction artistique impeccable, des décors vivants qui racontent une histoire, des détails subtils qui font plaisirs, des choses à explorer et puis une ambiance qui s'instille petit à petit, de très belle manière… très calme, presque trop calme, on sent que quelque chose ne va pas... jusqu'à l'apparition de ce couple. Là, je me dis, bravo, on va là où le jeu vidéo s'aventure rarement. Chapeau! Hâte de voir la suite.
Et bam.
Les lames rotatives dans la gueule du NPC. Vraiment? Vraiment, Ken Levine? Une fatality, façon Mortal Combat?
À peine on commence à s'aventurer sur le terrain en pente, discriminations, minorités, valeurs morales de l'Amérique… Vlan! Le hachoir rotatif. Dans la bouche. Façon film d'horreur de série B, hémoglobine et testostérone... Pour faire plaisir au chaland. Comme s'il était impossible de rester sérieux 2 minutes, de s'attarder un peu, de profiter de l'ambiance déroutante de ce début de jeu. Comme s'il était impossible de faire un putain de jeu aujourd'hui qui ne contienne pas 3000% d'action (oui, je te regarde en coin, Resident Evil 6), de têtes éclatées et autant de morts à coup de hachoir électrique!
Non. On vient d'évoquer une critique de la société américaine. On vient de passer au moins 10 minutes sans scène d'action. Pire, sans mort. C'est l'heure de tuer des gens à coup de club de golf (voir le premier Bioshock) ou de lames rotatives.
Si je râle un peu ce soir, c'est parce que je viens aussi de me taper Dishonored et le dernier Tomb Raider, et que j'en ai marre que les développeurs confondent émotion/maturité et balancer des parpaings à la gueule des gens ou les empaler ou leur découper le couilles ou leur arracher la colonne vertébrale ou leur arracher les yeux ou les faire bouffer par des rats.
Je n'ai rien contre la violence dans les jeux vidéo ni le cinéma ni la littérature lorsqu'elle est justifiée. Je suis le premier à étriper du bandit dans Skyrim ou dézynguer du Cerberus à Mass Effect. Mais franchement, la violence gratuite, le gore pur et dur, c'est un peu comme le porno, ça sert pas à grand chose, si ce n'est à satisfaire les bas instincts des joueurs et ça relègue toute la crédibilité du message au second plan (si tant est que crédibilité il y eut).
Je ne déplore pas la violence, je déplore qu'elle soit utilisée à tort et à travers pour vendre, facilement, gratuitement, pour faire glousser. Lorsque je vois cette vidéo de Bioshock, j'ai l'impression que pendant 2 minutes, on me prend pour un adulte, quelqu'un d'intelligent, capable d'appréhender un jeu avec des idées et une argumentation, et d'un coup, un développeur me rappelle que non, en fait, je suis un grand ado attardé, amateur de franchise pleine de tripes qui volent, alors on va me donner ce que je veux.
Bon, pour Tomb Raider, la violence encore, on peut la justifier, en partie. Mais le reste?
Je me demandais si j'étais tout seul dans ce cas. Est-ce que je m'emballe pour rien? Sûrement. Et pourtant, je n'arrive pas à me départir de ce vilain sentiment… sentiment que l'industrie du jeu vidéo prend ses joueurs sont des ados attardés.
Et quand je vois qu'un éditeur a refusé Remember Me, dont le rôle principal est tenu par une femme qui (ô miracle) a une vie amoureuse active, sur ce commentaire:
"You can't make a dude like the player kiss another dude in the game, that's going to fell awkward."
Je me dit que merde, il serait temps qu'on grandisse un peu.
Le pire, c'est que je vais l'acheter, Bioshock. Je vais y jouer, et je vais y prendre du plaisir. Il mérite sûrement sa note. Mais voilà. Quoi. Je partage.
Désolé pour le pavé. Et pas la peine de signaler aux internautes votre difficulté à vous concentrer sur un texte de plus de 10 lignes par un message du type "trop long, pas lu". Je précise, pour les comiques. 