Le fait est que Kiritsugu, bien qu'ayant des idéaux similaires se trouve à une phase bien différente de celle d'Emiya Shirou. Il sait dès le début de Fate/zero que son idéal n'est pas réalisable, c'est pourquoi il choisit comme dernier ressort de s'en remettre à un miracle qui contournerait le processus pour arriver directement au résultat. C'est certain, un individu déjà brisé comme Kiritsugu peut sembler plus charismatique, mais à mon avis l'intérêt d'Emiya Shirou est ailleurs.
Il suffit de poser le décors, on a un visual novel nous permettant de voir les choses de son point de vue, ses pensées, ses doutes et la manière dont le scénario va plus ou moins compromettre son idéal. Il n'a au départ rien mis en oeuvre pour l'accomplissement de celui-ci, ce qui impose une certaine naïveté qui est d'ailleurs voulue. Pour preuve Kinoko a même dit considérer les trois routes comme des passages différents de sa "croissance" vers ce qui fait de quelqu'un un adulte.
Au final ça semble logique, l'Emiya Shirou de fate poursuit son idéal. Celui d'unlimited blade works est confronté à toutes ses contradictions mais refuse d'y renoncer sous peine de voir tout ce qu'il est et ce en quoi il a cru jusqu'à présent s'effondrer. Enfin, celui d'heaven's feel fait face à une situation dans laquelle poursuivre son idéal signifierait abandonner quelqu'un auquel il tient tout autant.
Et c'est là qu'on fait aisément le parallèle avec Kiritsugu, après un tel sacrifice ne rien trouver à terme signifie bel et bien avoir raté sa vie.
Comme tout le reste, il y a une part de subjectivité qui s'impose, mais personnellement je préfère davantage suivre quelqu'un dans ses doutes profondément humains que quelqu'un qui a dors et déjà perdu. Si un Emiya Shirou brisé et plus mature s'avère plus intéressant, alors il se trouve également dans Fate/stay night.
Pour ce qui est de l'éternel débat qui consiste à déterminer quelle adaptation est la meilleure, alors le Fate/Zero d'urobuchi n'est à mon avis que le simple fait de mettre un scénario derrière les nombreux élements que Kinoko avait déjà écrit au sujet de la 4ème guerre. L'ennui, c'est qu'urobuchi, fidèle à lui-même ne nous offre rien de plus qu'un spectacle à mi-chemin entre la boucherie gratuite et l'excédent de forme pour compenser le carence en matière de fond.
C'est triste, mais lorqu'on prête un peu d'intérêt au fond que ce soit en matière de background ou de psychologie des personnages, alors Fate/Zero n'a pas lieu d'avoir la prétention d'arriver à la cheville de Fate/stay night, et ce n'est de toute façon pas son rôle.