Moi je mets dix à Gungrave, parce que c'est un chef d'oeuvre, qui n'est pas moins cohérent dans sa deuxième partie, et celle-ci ne gêne en rien le développement de son propos et de son message.
Ceci-dit, la seconde partie ( je préfère dire la seconde que la partie fantastique parce que le fantastique est présent dans la première partie aussi vers la fin ) reste pour moi tout de même moins bonne. Mais cela n'a rien à voir avec le fantastique (sauf peut-être le petit ridicule que cela apporte à un personnage auparavant plus charismatique Lee et au personnage de Bob qui ne se démarquait pas forcément non plus auparavant), c'est plutôt la structure même de l'intrigue qui n'est pas moins solide, ou qui n'a pas de vraies faiblesses scénaristique, mais est clairement moins originale et moins dense.
Sa structure est basique, un héros qui affronte un boss, le bat, enchaine avec un deuxième boss, le bat, enchaine avec un troisième boss, et conclut le scénario avec le boss final. Au-delà de ces combats qui intercalent le chemin du héros vers le boss final, il y a peu de vraiment développée. L'intrigue de la jeune fille et de sa relation avec le héros est pareillement très secondaire. L'évolution même du héros, et des boss, est très peu présente, contrairement à la première partie. Il y a un décalage de rythme, une gestion du temps différente légèrement perturbante, beaucoup de choses, beaucoup d'événements, beaucoup d'évolutions surtout, et une deuxième partie limité à quelques jours qui ne sont pas denses en révélations, en évolution. Il faut dire qu'on peut pas faire évoluer des personnages en quelques jours. Un tel contraste est perturbant.
Mais ce n'est pas forcément un mal attention, il y a déjà un intérêt dû à l'ellipse, les personnes n'ont pas besoin d'évoluer pendant cette partie car ils ont évolué entre les deux parties. Pour autant, pour faire aussi bien que la première partie, il eût fallu introduire subtilement le nouveau personnage et ses distinctions par rapport à son ancienne version. Le décalage de Bob n'est pas introduit, celui de Lee est introduit de manière peu subtile, légèrement caricatural. Le personnage de Bear Walken n'a pas fondamentalement évolué, même si son charisme persiste. Finalement seul, le personnage de Bunji nous présente la problématique de sa relation avec Brandon de manière plus subtile et apportant une nouvelle pierre solide à l'édifice psychologique de l'intrigue. Et bien entend, la fin que nous spoilerons pas, elle permet de véritablement poser un regard différent sur cette deuxième partie, et justement suffit en partie à lui donner une touche d'originalité malheureusement une touche qui n'est qu'a posteriori. Mais elle a l'avantage de donner une cohérence entre cette seconde et première partie qui fait que celle-ci bien que n'étant pas forcément aussi intéressante que la première n'en est pas moins un défaut de l'anime.
Un anime, c'est avant tout une narration réalisée en vidéo et une narration n'est pas une suite d'instants mais bien un mouvement d'un point à un autre à travers maints points intéressants. Le mouvement général n'est pas moins bon, car ces étapes ne se valent pas. Aucun chef d'oeuvre de la littérature, dans le genre du roman, un art qui contient des classiques qu'on ne peut remettre en cause tout en conservant une part de crédibilité, n'est exempt de moments plus basiques, de moment de liens, des moments de transitions, des moments au-delà même de transitions, des moments importants et nécessaires bien que moins denses ou intenses, pour arriver de A à C.