j'attendais cette réponse
voilà j'ai finit d'écrire, je vous préviens c'est cliché.com
Un homme s'aventure dans un "village fantome", quasi épargné par la guerre nucléaire. Son visage est noircie par la crasse, son armure de cuir, sa carabine, son revolver et son équipement sont incrustés de sable, bien que dissimulés sous un grand sac de jute poussiéreux et sale qui lui sert de manteau.
Sa démarche est lente, bien qu'assurée.
Il explore quelques maisons, carabine à la main, mais ne trouve pas grand chose. Elle semblent avoir été pillées.
Il est dans la rue principale et s'apprète à reprendre son chemin dans le désert, convaincu qu'il ne trouvera rien à cause des pillages précédents, quand quelque chose de gros et métallique attire son regard : l'une des maisons, qu'il n'a pas exploré, est équipée d'un générateur de secours fonctionnant au fuel.
Il observe de plus près l'appareil, et rien n'indique que celui ci est hors d'état de marche, malgré la rouille et l'usure du temps.
Il ouvre le réservoir et voit qu'il reste un peu d'essence.
Il se met en alerte, attrape sa carabine et se rapproche de la fenêtre la plus près pour regarder si quelqu'un occupe la maison.
A première vue, plusieurs personnes semblent effectivement avoir squatté cette barraque, mais ils semblent être partis depuis 1 ou 2 jours, peut être plus. Difficile de juger avec toute cette poussière et ce sable !
Il constate qu'à l'intérieur, certains équipement semblent aussi en état de marche, bien qu'amochés ou usés. Cela expliquerait pourquoi le générateur a pu être utilisé récemment...
Piqué par la curiosité, il remet le générateur en marche. Celui ci fait un raffut de tous les diables et semble avoir toutes les peines du monde à démarrer, mais il finit par ronronner de façon régulière. Le courant est rétablit.
L'homme rentre dans la maison et fouille un peu partout.
Il trouve des cigarettes plus ou moins broyées par des voyages dans une poche, des vieux magazines jaunies et grignotés par divers bestioles, des ustensiles de cuisines rongés par la rouille tout comme certains équipements...
Le papier peint est en lambeaux et complètement défraichi, le sol est parsemé d'éclats de peinture venant du plafond, mélangés avec le sable et des miettes de nourriture, parfois même des excréments de rongeurs.
Dans le salon, il trouve un canapé délavé, troué et déchiré, mais toujours rembourré. En face, un vieil écran cathodique et un gros boitier noir, tous deux toujours en état de marche à en juger par les nombreuses traces de doigts graisseuses laissées dans la poussière enveloppant ces reliques de l'avant guerre.
Le générateur ronronne toujours...
L'homme allume le téléviseur. Celui ci émet un flash instantané, redevient noir (ou plutôt gris à cause de la saleté) puis, au bout de quelques secondes, commence lentement à afficher des motifs bizarres en constant mouvement, de plus en plus clairs et blancs. il avait déjà vu ça dans certains taudis et chez certains marchands qui vendaient des télévisions encore en état de marche.
Il essaie d'appuyer sur les boutons encore présents autour de l'écran, mais certains ne fonctionnent pas, d'autres font tressauter l'image tout en affichant un numéro.
Il remarque alors une boite noire de petite taille engagée dans le gros boitier en dessous de la télé. Il avait déjà entendu parler de toutes ces technologies d'avant guerre et de ces boites noires appelées "cassettes" qui servaient à regarder la même chose aussi longtemps et aussi souvent qu'on le voulait à l'aide de "magnétoscopes". Il parait même que l'on pouvait enregistrer des images avec cet équipement.
Il pousse la cassette qui finit par rentrer automatiquement dans le magnétoscope. Ce dernier commence alors à émettre des bruits bizarres.
De nouveau, l'écran tressaute mais affiche cette fois ci une image animée.
L'homme ne comprend pas vraiment ce qu'il voit.
Il y a des gens qui parlent entre eux autour de tables colorées avec ce qui ressemble à des grenades en face de leur bouche. Il n'entend pas ce qu'ils disent, la télévision semble ne plus avoir de son.
Il y a des choses bizarres qui s'affichent parfois, des lettres énormes, des images de nourriture, des gens qui se tirent dessus et qui meurent, des villes peuplées et propres, sans sable ni cratères. Les gens sourient souvent dans ces images, eux non plus ne sont pas sales. Ils sont beaux, leur peau est blanche et nette, leur cheveux sont propres et soyeux, leur vêtements ne sont pas troués et beaucoup ne sont pas armés.
Tout d'un coup l'image se brouille et l'écran est parcouru de centaines de traits noirs et blancs, parfois colorés et une autre suite d'image s'affiche.
Cette fois ci, il s'agit d'une femme et d'un petit garçon. Ils sont dehors, ils marchent sur une couche verte entourée d'une clôture neuve et regardent vers l'écran tout en parlant et rigolant. L'image ne cesse de bouger.
Derrière, il remarque les mêmes maisons, le même quartier qu'il vient de visiter. Il se rend compte alors combien tout semble propre et paisible et n'arrive pas à faire le lien avec ce qu'il vient d'explorer.
L'image arrête de bouger et un homme apparait, ce doit être le père.
La famille mange sur une table blanche et légèrement brillante, posée sur la couche de vert touffu. Ils semblent tellement heureux et en bonne santé. Le père dit quelque chose à son fils et lui ébouriffe les cheveux avec sa main. La femme rit puis dit aussi quelque chose au petit garçon.
L'homme est tellement absorbé par les images qu'il n'a pas entendu cette chose lourde et puante qui respire comme une bête et s'approche derrière lui.
Il attrape sa carabine et fait volte face mais trop tard, le super mutant l'a déjà en joug avec sa gatling.
Ils restent comme ça quelques secondes à se viser mutuellement et à se fixer dans le blanc des yeux.
Le mutant semble jauger l'homme. Il observe son équipement, son visage...et finalement, lance un grognement caverneux et répétitif qui ressemble à un rire, puis baisse sa lourde arme.
Il contourne le canapé, passe devant et s'assoie par terre en face de l'écran.
L'homme, tremblotant de peur, vise toujours le mutant avec sa carabine, bien que ce dernier semble ne pas s'en soucier.
L'homme entend alors qu'à l'extérieur, quelques autres mutants sont aussi présents et font beaucoup de bruit dans les maisons. Il entend des râles, des rires sourds et des paroles inaudibles de là où il est.
Il baisse alors son arme et reporte son attention sur la télé.
La famille a presque finit de manger.
L'homme attrape un objet plat et noir dans une poche, l'ouvre et le porte à son oreille. Son expression devient grave. La femme devient soucieuse en voyant la tête de son mari.
L'homme se met à crier à en juger par la déformation de sa bouche et l'enfant pleure. La femme tente de réconforter l'enfant, mais elle même semble déboussolée.
Le père continue d'ouvrir la bouche de façon désordonnée, quand une lumière aveuglante apparait au loin derrière les montagnes.
L'image vacille un peu et semble parasitée pendant un bref moment. Toute la famille observe le phénomène, immobiles. Le vent se lève et leur cheveux commencent à s'agiter, tout comme les feuilles et les vêtements dans le voisinage.
La lumière s'étend dans le ciel et un nuage énorme se forme.
Le père se met à vociférer, mais c'est de la peur qu'il y a dans son expression. Sa famille est terrifiée. Ils s'enfuient et disparaissent tous de l'image.
Une onde semble parcourir la campagne entre les montagnes et le quartier. Elle se voit dans la terre et dans le ciel, comme un souffle unique et épais, bien qu'invisible.
Cette onde atteint le jardin et une ou deux chaises blanches tombent sur le lit de vert. La poussière et la terre se lèvent partout, des vêtements et des petits objets volent, l'image vacille de plus en plus puis est de nouveau parasitée, mais sans interruption et de façon progressive.
Au bout d'un moment l'image devient indescriptible tant elle est parasitée, puis elle tressaute comme tout à l'heure, avec toutes les lignes blanches et noires, et laisse place aux motifs blancs en mouvement de tout à l'heure.
Le mutant regarde l'humain, puis commence à fourrer ses énormes mains dans le canapé et en extirpe la mousse.
L'homme observe le mutant mais ce sont en fait toutes les images qu'il vient de voir qui défilent devant ses yeux.
Un autre mutant passe à côté de la maison. Le générateur s'arrête, tout comme la télé, et dans un énorme fracas, le monstre repart avec le générateur.
Le mutant qui a rencontré l'humain, place la mousse sous sa tunique faite de tissus grossier, de cuir épais et craquelé et de pièces de métal.
L'homme se retourne vers le téléviseur et pense.
Il n'avait jamais réalisé à quel point cette vie ne ressemblait à rien, n'avait aucun sens. Cette vie de pillage, de récupération, de troc, de solitude et de mort.
Après avoir vu les gens dans la télé, il ne comprends pas comment il a fait jusque là pour supporter tout ça. Il n'avait pas compris à quel point sa survie ne rimait à rien, à quel point c'était inutile, à quel point l'humanité avait régressé à cause d'elle même.
Il savait bien pourtant qu'il y avait eu une guerre nucléaire, mais il n'avait jamais compris, il n'avait jamais pu imaginer à quoi ressemblait la vie et le monde avant ça.
Il ne comprenait pas comment des gens qui vivaient dans un tel monde ont pu y mettre fin eux mêmes.
Sa conception de la vie était détruite, totalement remise en question.
Plus rien n'avait d'importance.
Il prend son révolver. Le mutant le surveille, près à attraper sa gatling, au cas où.
L'homme met son revolver dans sa bouche, et dans une affreuse détonation qui semble faire sauter toute la poussière de la maison, l'arrière de sa tête explose dans une gerbe de sang et d'os.
Le mutant observe un moment l'homme mort, incrédule, puis part dans un rire encore plus tonitruant et caverneux que tout à l'heure.
Il prend la carabine et les vivres de l'homme et rejoint l'armée du Maitre qui reprend sa longue route à travers le désert.