La suite.
CH 2 : Visite à big town
__________________________
Confiné dans trois mètres carrés depuis ma naissance, l’étendue des terres désolée me paraissait d’autant plus impressionnante. Ni le vent chaud et malsain, les arbres dépravés, le sol rocheux et calcareux, ou même se soleil ardent ne parvinrent à modérer mon enthousiasme.
J’avais en ma possession une liste de nom. Tous des scientifiques ayant travaillé sur le projet Vault-tech, tous des scientifiques ayant favorisés leur recherche au détriment de la vie humaine. Ce projet c’était moi.
Père et mère ne c’étaient pas donné la peine de recopié les noms et seul un morceau de papier jaunis par l’âge et froissée faisait office de « répertoire ». D’ailleurs la plupart des noms étaient pour la plupart illisibles. Seuls quelques noms tels que « Dr Li » et « Red »trônaient fièrement sur le haut de la page évitant les altérations de temps. Je me promis de commencer par eux. Cette petite visite de courtoisie me permettrait également de soutirer quelques informations quant aux sombres desseins qu’ils projetaient sur moi.
Je n’avais aucune idée de l’endroit où je me situais. J’ignorais également la position exacte des scientifiques. Par chance j’avais eu la vivacité d’esprit d’emporter avec moi une carte.
Après quelques minutes d’intense réflexion à observer les escarpements je pus plus au moins me situer. D’après le plan je me situais entre Arfefu et Big Town. Le deuxième nom sonna étrangement en moi, comme un vieux souvenir refoulé, faisant remonter en moi un flot de pensée que j’avais préféré oublier. Je me souvins avoir entendu père citer ce nom à plusieurs reprise. Derrière mon dôme de verre, sa voix se répercutait sur les parois en un interminable écho, puis de sa voix fluette et grinçante, mère faisait référence à une certaine Red. Oui ! C’était ça ! D’une façon ou d’une autre les informations que je cherchais se trouvait certainement à Big town.
Je pris les quelques affaires dont j’avais besoin et me dirigeai vers le nord-Est.
Chacun de mes pas soulevais un épais nuage de poussière tandis que d’un regard vide d’émotion je scrutais attentivement les plaines. Tous étaient chaos. Au loin se dressait des bâtisses délabrées, dont le toit pentu avait depuis longtemps cédé. Les portes avaient été barricadés pour on ne sait quel obscures raisons et les murs effondrés offrait un bien triste spectacle. Au centre des ruines trônait un vieux téléviseur à moitié éventré, unique vestige d’une présence qui fut autrefois humaine.
La nuit tomba soudainement, m’enveloppement dans son sombre linceul et m’offrant le temps d’un soir, un peu d’air frais et quelques brises nocturnes non négligeables.
Au loin, je pus distinguer une sorte d’agglomération. Ou plutôt un ensemble de maison positionné de manière totalement disparate et entouré d’une barricade se voulant menaçante mais qui n’aurait même pas fait frémir un enfant d’une dizaine d’années.
Je me dirigeai vers ce qui ressemblait à une entrée et fut accueilli par une voix rauque et gutturale
« Et toi là mécréant, que vient tu faire ici ? Parle avant que je te plombe la cervelle » maugréa un homme à l’aspect buriné.
Je ne sus quoi trop répondre. Mes géniteurs, m’ayant classés dans la catégorie de « projet scientifique » n’avait pas trouvé bon de m’éduquer et par conséquent ne m’adressait ni la parole, ni ne montrait une quelconque marque d’affection. J’étais resté muet jusqu'à mes 12 ans, jusqu'à ce que père, dans un élan de bonté avait placé une radio à émetteur dans ma cage.
« Ca lui évitera de geindre toute l’après midi et de nous casser les oreilles » s’était t-il exprimer à l’attention de mère.
Depuis lors les temps m’avait parut moins long, j’avais cessé de compter les jours, j’avais arrêté de marteler la vitre opaque de ma prison de verre et j’avais appris à parler. Drôle de manière d’apprentissage.
« Je cherche un endroit où dormir » fis-je dans un langage qui se voulut compréhensible.
Le gade haussa un sourcil.
« Tu ne viens pas d’ici toi » éructa t-il
« Que je vienne d’ici ou d’ailleurs, quel importance ça a ?
« Ouais, c’est ça joue pas au plus malin. Tu peux passer, mais je t’ai à l’œil. Avec tous ces négriers, raideur, et super mutant qui viennent, on est jamais trop prudent »dit-il.
J’avais déjà entendu parler de ces supers mutants, un certain Three Dog, un vieux radoteur et de surcroit un sombre imbécile imbu de sa personne ne cessait de déblatérer des palabres à leur sujet.
« Bien sûr, on est jamais trop prudent. »répliquais-je
« Excusez moi, mes ces derniers temps je suis à cran. »
« Oh, mais c’est déjà oublié »fis-je en affichant un large sourire.
Pour montrer ses émotions, j’étais également assez médiocre et mon sourire dut étrangement ressembler à une grimace, mais il dut s’en contenter car apparemment, il me rendit la pareille.
Je traversai une sorte de passerelle surplombant une flaque d’eau…ridicule rempart défensif.
Elle tangua légèrement et je dus me maintenir au cordage pour éviter la chute.
J’arrivai à la hauteur de l’homme.
« Est ce que vous sauriez où je peux trouver Red ? »
« Red ? Et bien je suppose à la clinique. C’est la bâtisse là bas » fis-t il en m’indiquant du bout du doigt une habitation. »
« Merci bien » répondis-je
« Evitez de trop la bousculer .Elle a vécut des choses difficiles ces derniers temps. Des supers Mutant sont venus ici et l’ont capturé. Sans l’intervention d’un courageux vagabond, elle pourrirait encore dans ses geôles et dieux seul sait ce qui lui serait arrivé »
« Ne vous en faite pas »dis- je d’un ton neutre.
Lorsque je poussai la porte de l’habitation, faisant grincer les battants ce qui devait être Red me regarda d’abord de façon interloqué puis, ses yeux s’écarquillèrent et je sus qu’elle savait…