Je serai attendu au tournant »
Jérôme Alonzo, gardien de but du PSG
APRÈS UNE SEMAINE de stage à Aix-les-Bains, où il s´est promis de revenir en week-end jouer au golf, Jérôme Alonzo, toujours détendu, s´épanche sur la future saison.
La préparation.
« On part sur des super bases. Les voyants sont à la hausse pour quasiment tout le monde. En s´arrêtant quatre semaines, vous ne perdez qu´un petit peu de souffle. Il faut aussi éliminer les deux, trois verres de rosé des vacances... A 31 ans, je pensais que j´allais exploser. Or je suis bien, nickel. »
Les exigences.
« La saison dernière, l´objectif, c´était vaguement d´être européen. Là, il s´agira au pire de finir dans les trois premiers. Le monde du football considérera comme un échec une place au-delà. Ça ne va pas être you-hou ! toute la saison avec trente-huit matchs sans défaite. Quand vous avez compris cela, vous avez tout compris. »
Le titre.
« Sur le papier, il n´y a aucune raison pour qu´on ne joue pas le titre. Maintenant, ce n´est pas à moi de dire aujourd´hui : le PSG joue le titre. Quand vous finissez vice-champion de France, vous allez essayer de faire mieux la saison suivante. Et mieux que deuxième, il n´y a pas grand-chose je crois... »
Sa prolongation de contrat.
« J´en suis fier. Ces deux années supplémentaires représentent d´abord la récompense de onze ans de travail. Pour moi, pour mes parents et tous ceux qui m´ont poussé. Ce n´est pas une question d´argent mais une espèce de reconnaissance tardive. »
L´attente du public.
« Je serai forcément attendu au tournant. Je l´ai senti en vacances. C´était incroyable. Quand cinquante personnes dans la même journée vous lancent : Belle saison Jé ! Je dis :Attends, il faudrait peut-être que je revoie quelques matchs à la vidéo. Parce que moi je suis davantage marqué par les mauvais moments que par les bons et il y a plein d´arrêts dont je ne me souviens plus. »
La concurrence.
« J´ai fait trente-cinq matchs la saison dernière et on termine deuxième. Si j´ai la chance de débuter le championnat, je ferai comme la saison passée : mon heure et demie après mon heure et demie. Si ça commence moins bien, je saurai comment le gérer car j´ai déjà tout vécu. S´il y a deux bons gardiens, le souci est pour le coach, pas pour moi. Aujourd´hui, je suis tellement heureux d´être là avec tout le monde que la question de la hiérarchie est très très loin. »
L´équipe de France.
« Si ça n´est pas pour cette année, je prendrai ma retraite internationale ! ( Rires.) En fait, je m´aperçois qu´il faut trois, voire quatre saisons au très haut niveau pour y arriver, et moi ça me fera 34 ans... Mais ce n´est pas pour ça que je me bats aujourd´hui. C´est pour mon club. »
Propos recueillis par David Opoczynski