Football, série ( 4/6)/ « Les joueurs pensent qu´on va être champion »
Le PSG à l´assaut du titre
HALE, les traits reposés, Vahid Halilhodzic respire la sérénité à deux jours du début du championnat. Comme d´habitude, il se confie sans langue de bois. Au-dessus de son bureau, le message de Sacha Guitry floqué sur un t-shirt est clair : « Si ceux qui disent du mal de moi savaient exactement ce que je pense d´eux, ils en diraient davantage.
» En deux mois, vous avez terminé deuxième du championnat, gagné la Coupe de France et reçu la Légion d´honneur. Qu´est-ce qui vous a le plus touché ? Vahid Halilhodzic. Au Stade de France, en finale de la Coupe de France, j´ai pleuré parce qu´on a réussi quelque chose de très difficile vu d´où on venait. La Légion d´honneur, je n´aurais jamais imaginé la recevoir un jour, c´est une fierté plus personnelle. Quand j´ai reçu la lettre du président de la République, avec quelques mots, j´avais la chair de poule, je me sentais bizarre. Il y a douze ans, j´étais au fond du trou, au chômage sans un sou en poche. Pourquoi moi ? Est-ce que je le mérite ? Je sais que cela va susciter de la jalousie et un certain cynisme. Alors j´en suis fier, mais j´ai quelques craintes. Comment abordez-vous la reprise du championnat ? Nous avons beaucoup d´ambition. Tout le monde se demande si on va confirmer. Les joueurs pensent qu´on va être champion. Il y aura quatre équipes dans la bagarre pour le titre, Monaco, Lyon, Marseille et nous. Faire mieux que l´année dernière, ça voudrait dire réussir la meilleure saison de l´histoire du club. Pour moi l´ambition du PSG doit être l´Europe, pas forcément la Ligue des champions, mais au moins, la Coupe de l´UEFA. Quand je suis arrivé, ma réflexion allait sur quatre ans. Première année, construction, deuxième année, confirmation, troisième, viser le titre et quatrième, réaliser quelque chose au niveau européen. Maintenant, est-ce réaliste et serai-je encore là l´an prochain ? Etes-vous satisfait du recrutement ? Oui, mais il me manque encore deux joueurs de classe internationale pour jouer le titre. Je sais ce que j´ai dans ma poche. C´est difficile de demander de l´argent à un Auvergnat ( NDLR : Francis Graille), je ne peux pas dépenser 200 € s´il ne m´en donne que 100. Et puis maintenant qu´il va entrer dans le capital du club, ça va être encore plus dur de discuter. Etes-vous satisfait de la rupture de contrat de Hugo Leal ? En tout, Leal aura coûté 16,1 M€ au PSG ( NDLR : transfert plus salaires). Son départ est une question plus économique que sportive. Des cas comme celui-là, on en a hérité de beaucoup, c´est de l´escroquerie légale. Le PSG est otage de ce genre de contrats. Sans entrer dans les détails, on comprend pourquoi le club a perdu 230 M€ depuis six ans. Nicolas Anelka est sur le marché. Seriez-vous prêt à travailler avec lui ? Je peux travailler avec n´importe quel joueur, à partir du moment où il respecte les règles. Le PSG ne sera otage de personne.
« Aucun regret de m´être séparé de Déhu » Comment définiriez-vous vos relations avec Pauleta ? Honnêtes et franches. C´est un joueur important, mais ce n´est pas pour cela qu´il peut s´entraîner comme il veut. Il l´a accepté et il n´y a aucun problème avec lui. Il a repris l´entraînement en retard, cela va-t-il laisser des traces ? Quand on fait une bêtise, il faut payer. Après, je ne suis pas rancunier. Le respect, c´est dire la vérité, ce mot chez moi a une connotation humaine. Les joueurs sont plus matérialistes, pour eux, le respect, c´est l´argent. Cette année, je veux plus de sincérité et de dialogue avec mon groupe. Mon image d´homme autoritaire véhiculée par les médias est fausse. Pourtant, dans une interview accordée à « France Football », Frédéric Déhu cite l´une de vos phrases favorites : « On est en démocratie, mais c´est moi qui décide »... Ce n´est pas la première fois qu´un joueur crache dans la soupe qu´il a mangée. Ça me dégoûte et je n´ai vraiment aucun regret de m´être séparé de lui. Je l´ai nommé capitaine, je me suis trompé. Il a fait la meilleure saison de sa vie avec moi. Il fait partie de ces joueurs qui, si je disais tout, ne trouveraient plus de club. On est en démocratie, tout le monde peut parler mais à la fin, un responsable décide. Moi je suis payé et bien payé pour décider. Je suis sincère et je peux toujours me regarder dans une glace.
« J´étais une star avant d´arriver à Paris » Votre groupe est-il plus sain cette année ? Je n´ai jamais eu un groupe comme ça, sauf peut-être à Lille la troisième année. Mais c´est quand on sera en difficulté qu´on verra sa vraie valeur. Les problèmes commencent samedi. J´ai dit aux joueurs qu´ils devaient oublier qu´ils ont été bons l´année dernière. Chaque fois que j´ai fini meilleur buteur du championnat, j´ai repris en me croyant le plus beau et je me suis pris des gifles. Au niveau du jeu, la Grèce est-elle un modèle pour vous ? Mon modèle, c´est celui qui gagne. J´aimerais un peu plus de fluidité dans notre jeu, c´est pour cela que Rothen a remplacé Sorin, qui a pourtant fait une saison exceptionnelle. On me reproche d´être défensif et attentiste, mais je sais pourquoi je fais ça. La base du succès, c´est l´assise défensive, c´est mieux de gagner 1-0 que de perdre 5-4. La Grèce n´est pas mon idéal de jeu. Mais l´Euro est d´abord la victoire de la solidarité et la défaillance du star-system, de l´égoïsme. Depuis que je suis à Paris, je ne cesse de répéter que la seule star, c´est l´équipe. Pourtant votre notoriété ne cesse de progresser. Comment gérez-vous votre statut de star ? Mais j´étais une star avant d´arriver à Paris... Star ou pas, ma plus grande récompense vient de ces millions de gens qui m´ont dit : « Merci Vahid pour le PSG. » Ça me suffit.
Une réunion prévue de longue date a eu lieu hier, en fin d´après-midi, entre une partie de l´effectif du PSG et les dirigeants. Elle devait déterminer les améliorations à apporter cette saison au niveau du club, notamment en ce qui concerne le domaine médical. Les dirigeants ont proposé un barème de primes et ont fixé les objectifs : faire aussi bien que la saison dernière.
Anelka est plus pressenti du cote de la principaute j´i pas entendu qu´il etait proche de Paris 