Qu´arrive-t-il à Thierry Henry ? Alors qu´il brille toujours de mille feux sous le maillot d´Arsenal, «Titi» fait preuve sous la tunique bleue d´une inhabituelle maladresse depuis quelques rencontres. Après avoir raté le coche en quart de finale de l´Euro face à la Grèce, il a ainsi une nouvelle fois failli samedi soir face à Israël ( 0-0) lors du premier match des éliminatoires de la Coupe du monde 2006, incarnant à lui seul les difficiles débuts des Bleus. C´est grave, docteur ?
Henry s´est battu mais n´a pas marqué.
Peut-on, comme un simple débutant ou un joueur " lambda", se retrouver en proie au doute quand on est champion du monde et d´Europe, meilleur buteur de la Premier League, adulé et admiré en France et en Europe, craint par tous les défenseurs du monde, bref quand on s´appelle Thierry Henry ? La question mérite d´être posée au lendemain du match nul de l´équipe de France face à Israël, rencontre qui a vu l´attaquant des Bleus bouger, provoquer, se créer des occasions, mais finalement rester bredouille.
" On ne s´attendait pas à gagner de quatre ou cinq buts ce genre de match, mais il y avait la place pour marquer au moins un but", se désolait à l´issue de la rencontre Raymond Domenech qui, pour son premier match officiel en tant que sélectionneur, aurait rêvé d´un meilleur scénario. Seulement voilà, depuis juin dernier, la réussite fuit Thierry Henry, sans qu´on sache pourquoi, tant il reste performant sous le maillot des Gunners.
Déjà lors de l´Euro, malgré ses deux buts inscrits face à la Suisse ( 3-1), «Titi» avait connu des ratés inhabituels, particulièrement lors de ce «maudit» quart de finale contre la Grèce, manquant le cadre sur deux têtes a priori dans ses cordes. On l´avait donc quitté sur ces échecs, on espérait le voir repartir dans le bon sens le 18 août contre la Bosnie pour le premier match de l´ère Domenech. Mais une nouvelle fois, le meilleur buteur de la Premier League 2003-04 ( 30 réalisations) a failli, ratant un penalty puis une bonne occasion.
La même action que contre la Grèce...
De quoi voir se lever des doutes qu´il espérait bien chasser samedi soir au Stade de France, une enceinte qui lui réussit bien en général puisqu´il y a inscrit quasiment la moitié de ses buts en bleu ( 13 sur 27). Mais après une première mi-temps surtout tournée vers le collectif au cours de laquelle il ne se créa qu´une occasion sur un tir de loin bloqué par Davidovitch, le scénario allait encore virer à la mauvaise farce pour le «Gunner». Voyant que le score ne se débloquait pas, il apparut alors déterminé à davantage jouer la carte individuelle, espérant endosser l´habit de l´homme providentiel.
Un premier tir des 20 mètres à côté du cadre ne suffit pas à le décourager: dans la surface, Henry se joua ainsi de son garde du corps avant d´adresser un tir en pivot, mais le dernier rempart israélien veillait et sortit le cuir d´une manchette. De quoi cette fois voir ressurgir les vieux démons de France-Grèce. D´autant qu´à moins de dix minutes de la fin du match, idéalement servi par Pires, il plaça une tête à côté du cadre alors que le Stade de France s´était déjà levé pour fêter le but... Exactement la même action qu´à Lisbonne...
0-0, score final, une nouvelle fois, Henry n´a pas marqué. Mais ce n´est pas faute d´avoir essayé. Comment expliquer ce passage à vide chez un joueur qui continue de faire trembler les filets avec une belle régularité en Premier League ( il a marqué 4 fois en 4 matches depuis le début de la saison) ? Il y a d´abord l´aspect mental, ce doute qui saisit tout attaquant quand il ne marque plus. Mais à sa décharge, il ne faut pas oublier ces ballons qui arrivent peu ou moins bien, l´obligeant soit à partir de plus loin au risque d´être moins lucide en fin d´action soit à tenter un improbable exploit technique.
Henry redevient tout simplement humain, nul doute que le déplacement chez les modestes Scandinaves des Iles Féroé, étrillés 6-0 en Suisse samedi, peut être l´occasion de débloquer son compteur en bleu cette saison et de le libérer. Raymond Domenech, en fin psychologue, devrait lui en donner l´occasion en le titularisant.