Anigo : «Il faut se décomplexer»
Dans un entretien accordé au quotidien L´Equipe daté du 28 octobre, l´entraîneur de l´Olympique de Marseille, José Anigo, s´explique sur le début de saison de son équipe et évoque la rencontre choc contre Monaco vendredi soir au Stade Vélodrome en match avancé de la 12e journée de L1.
Cinquième à un point de Monaco et à cinq de Lyon, le leader du Championnat, l´OM sait qu´il doit s´imposer pour garder intact toute ambition : « On doit gagner » répond sans détour le coach olympien qui se dit agacé par les critiques qui visent le jeu déployé par son équipe. « On met tout en place pour les joueurs mais on ne peut pas jouer pour eux. Ce qu´on oublie souvent, moi aussi d´ailleurs, c´est que notre équipe est renouvelée à 80 % et qu´il faut lui laisser du temps. On ne l´a peut-être pas, mais on en a besoin quand même ». La solution ? «Il faut se décomplexer. C´est un problème mental» souligne Anigo qui avoue ne pas avoir eu la tentation de remplacer Luyindula par Koke même si, pour lui, l´Espagnol a «autant de chance que les autres».
Les critiques qui s´abattent sur le jeu olympien se concentrent avant tout sur le secteur offensif où Luyindula, Bamogo et Marlet sont pointés du doigt. « Il est évident que nous devons améliorer notre rendement offensif. Il faut que chacun ait suffisamment d´ambitions dans le jeu pour les soutenir » déclare Anigo avant d´ajouter fermement : « J´attends qu´il y en ait un qui se comporte davantage comme un leader. Remplacer Drogba, ce n´est pas facile. » Concernant le départ de l´attaquant ivoirien transféré à Chelsea, l´entraîneur de l´OM a tiré un trait sur le passé et invite les supporters à en faire autant : « Je n´ai pas à le regretter. Il est parti en son âme et conscience. Ce qui me gêne, c´est que personne n´a fait le deuil de Didier. Cela a emmerdé tout le monde. Certains ont cherché à faire des comparaisons entre lui et d´autres joueurs. Mais je le répète : ce n´est pas comparable. »
Anigo ne se cache pas non plus pour expliquer d´une part les résultats un peu décevants et d´autre part le choix des recrues qui peinent à se fondre dans l´univers impitoyable de l´OM. « J´assume tout. Mes choix, mon organisation, tout. Je le dis ouvertement, si ça ne convient pas. Je vis ces moments avec beaucoup de sérénité. Mais ce n´est pas évident » dit-il tout en précisant qu´il ne se sent pas menacé : « Mais j´ai un caractère tellement entier que je prends tout pour moi. Même ce que je ne devrais pas. Quand on perd un match, je le vis comme une immense souffrance. J´aime vraiment ce club, viscéralement. Je l´ai au fond de mes tripes et je voudrais tellement qu´on réussisse ».