« Heureux les simples d´esprit car le royaume des cieux leur appartient » ( Mt, V, 3) Cette parole d´évangile est parfaitement illustrée par le film. Le seul qui parviendra à franchir la porte de sortie du cube est le faible d´esprit. Porte qui, par ailleurs, est auréolée de lumière, de telle sorte que le spectateur ne parvient pas à voir ce qui se trouve au-delà. Dans de telles conditions, on peut difficilement ne pas voir cette porte et cette lumière comme représentation de l´au-delà ; le labyrinthe apparaît donc comme une représentation du monde des mortels, et le petit groupe comme une humanité en réduction. La quête désespérée et mortelle des survivants pour comprendre l´organisation du labyrinthe évoque la quête spirituelle de Dieu, quête vouée à l´échec par les défauts intrinsèques du monde et de l´homme. Vincenzo Natali livre donc avec ce film une lecture fondamentalement pessimiste de la tradition chrétienne.
Plus quelques explications :
L´intertexte chrétien est fort. Si tu réécoutes les dialogues, tu te rends comtpe que ça cause de religion tout le temps ( sous prétetxe de parler de société. Mais en fait, Worth défend des positions athées, Quentin une orthodoxie dure). Il y aussi un vocabulaire religieux : la faute, la responsabilité, " seigneur pourquoi fais-tu subir ça", etc. Les dialogues sont formulés de telle sorte que quand un persos demande pourquoi et qui a conçu le Cube, on peut tout aussi bien comprendre qu´il demande qui a conçu le monde et pourquoi ?
Voilà.