Chapitre 9:
La bataille faisait rage.
Les murs dévastés de la forteresse Mystique, blanche comme le marbre, tenait péniblement.
Ses jardins qui jadis abritaient une végétation luxuriante et des plantes d’une beauté éblouissante n’étaient maintenant plus qu’un tas de cimetière gelé parsemé de branches mortes. L’aile gauche était entièrement envahie.
Sur le deuxième rempart, la résistance était acharnée. Les armées présentes réunissaient une multitude de races parmis lesquelles on pouvait trouver des minotaures, des elfes, des bêtes énormes à l’apparence d’aigles et une poignée de tortues de pierre.
Au pied de cet immense mur se tenaient des centaines de fantômes qui glaçait le sol lui même sur leur passage.
Des archers au physique répugnant assiégeaient sans relâche les défenseurs de la forteresse.
Et, au sommet de la tour d’ivoire, qui surplombait le reste de la forteresse, un femme à l’apparence humaine regardait le champ de bataille, espérant que Sidia réussirait à lui ramener sa fille avant qu’il ne soit trop tard.
Le soleil amorçait sa descente dans le ciel, le temps se consumait, et Sidia commençait à se demander si elle et son précieux chargement ne feraient pas mieux d’emprunter un raccourci.
Iris admirait la beauté du ciel bleu à travers les branchages des hauts arbres de la forêt.
Celui-ci semblait ce refléter dans les doux yeux azurs de la belle jeune fille.
Elle réfléchissait à ce qu’elle vivait en ce moment, aux jours qu’elle venait de passer, et elle se demandait combien de temps cette aventure extraordinaire et insolite aller encore durer.
Tout ça l’excitait, cette forêt, ces dangers, ce monde. Mais c’était du sérieux. Elle risquait sa peau dans ce monde où elle revenait après sept ans d’exil. Elle voulait savoir quand elle arriverait à la forteresse Mystique, et qu’elle pourrait aider son peuple originel. Car depuis les révélations de Sidia, elle se sentait profondément concerné par cette guerre. Elle voulait défendre son peuple, sa famille. Elle était prête à ce battre, à présent.
Elle sortit un moment de ses pensées pour poser une question à Sidia :
« _Sidia ?
_ Oui ?
_Quand arriveront nous à la forteresse ?
_Justement, j’étais en train d’y réfléchir, nous sommes en retard. Notre retour était prévu pour demain. Mais l’attaque des fantômes nous a ralenti. Nous sommes obligées de faire des détours pour éviter les sentinelles.
Si nous continuons à ce rythme, nous n’arriverons pas avant trois jours. Cinq jours à la place de trois, c’est trop. Nous ne pouvons arriver aussi tard, expliqua Sidia.
_Alors, comment allons nous faire ?
_Je ne vois qu’un moyen. Passer par les mines. Elles débouchent très prêt de la forteresse, et l’autre bout du tunnel est n’est qu’à quelques heures d’ici. C’est un bon raccourci…mais c’est risqué.
_Pourquoi ? Il y a des fantômes noirs dans les mines ? demanda Iris.
_Pas seulement…il va falloir faire preuve d’une grande prudence, murmura Sidia, anxieuse.
_Allons-y ! cria Iris avec enthousiasme.
_Tu ne veux pas manger d’abord ? On est en pleine après midi et on a toujours pas déjeuner !
_Je n’ai pas faim. Les lumus m’ont bien remplies, annonça Iris.
_ Très bien. En route alors ! Si nous nous pressons un peu, on peut arriver aux mines dans une heure, dit Sidia.
_On est parties ! s’exclama Iris en commençant à marcher.
A une trentaine de mètres de là, un groupe d’une dizaine de fantômes noirs regardaient les deux compagnes s’éloigner. L’un deux se retourna vers les autres et leur expliqua dans un souffle :
_Les mines…pauvres folles…. Les gobelins vont les tuer. Nous devons empêcher ça. Nous les attaqueront à l’entrée du tunnel. Gladios, Arkhar, Nouméos, suivez les. Azuros et Malorn, vous venez avec moi. On va préparer l’embuscade. Silurn, tu vas faire ton rapport au maître. Les autres, dispersez vous dans la forêt, et essayez de rester en contact. Si on est trop, on se fera repérer. Et surtout, n’oubliez pas, le maître veut qu’on les ramènent vivantes.
_A vos ordres, chef ! répondirent d’une même voix les neuf autres.