Chapitre II
Will et moi marchions déjà depuis 5 minutes. Nous étions dans une petite rue, sale, qui ne sentait pas bon, avec des murs en brique. De loin, on pouvait apercevoir le marché, qui était très grand. J’allais lui poser des questions quand il se retourna et me dit :
« Tu dois te taire, à partir de maintenant. J’ai pris un détour, pour prendre plus de temps, parce que je vole très souvent ici. Toujours à la même heure. Mais aujourd’hui, ils vendent ce qu’apporte la France. On risque de pas pouvoir rapporter de quoi manger, alors il faut être discrets.
-D’accord, mais c’est quoi ton plan ? Je demande.
-Alors, on va se séparer. Tu vas m’observer de loin. Je fais exprès de me faire voir en train de voler, les marchands me courent après, et toi en attendant tu voles tout ce que tu peux. Après, tu retournes à la base. Compris ?
-Oui…
-Bien. Alors… Séparons-nous.
Il alla à gauche, et je courus vers la droite. Je m’éloignais de lui, mais je le surveillais du coin de l’œil. Mais un moment, je regardais tous ces petits stands. Toute cette nourriture… Ces choses… Ah, elles me donnaient envie ! J’oubliais le plan. Je n’avais pas vraiment besoin de le regarder car un marchand cria ;
« Alerte au grand voleur ! Tuons-le !
-On a tout prévu, sale gosse ! Cria un autre marchand.
Will courut vers une rue, qui semblait longue. Je pris dans les stands des fruits, légumes, viande, poissons et tout ce que je pus et je le fourrai dans le sac que Thief nous avait confié. J’apercevais un instrument de musique que j’avais toujours voulu avoir, un violon. Je le mis aussi. Le sac était très lourd, dès qu’il fut rempli, je courus vers la petite rue où nous étions passés, car je ne connaissais pas d’autres chemins. Des cris et des applaudissements se firent entendre. Je me hissais sur une caisse en bois vide pour voir au dessus du mur ce qui se passait. De loin, je pouvais apercevoir des marchands frapper quelque chose… Une chose qui bouge, et qui crie…Ils avaient attrapé Will !
« C’est bien fait, espèce de vaurien ! On t’a enfin attrapé ! Cria une marchande en rigolant, très très fort.
-Argh… Fit Will.
Je regardais la scène. Will m’aperçut, et me dit du regard de partir. Un marchand suivit son regard.
« Un autre voleur ! Attrapons le aussi ! Cria t-il.
Paniquée, je sautais précipitamment de la caisse, reprit le sac et je courais aussi vite que je pus. Les marchands étaient déjà derrière moi, à environ 600m.
Avec le sac, je ne courais plus très vite, et les marchands me rattrapaient. Je tournais la tête, et ils étaient à 80m de moi ! Et je regardais devant moi… Les marchands s’étaient divisés. J’étais coincée. Je regardais du coin de l’œil les deux troupes de marchands qui étaient devant et derrière moi. J’haletais, et ils se rapprochaient. Je savais que ce n’était ni un conte de fée, ni un rêve, je n’allais pas fermer les yeux et tout rentrerai dans l’ordre. Sur ma droite, un trou menant vers les égouts. Sans réfléchir, je courais et j’ai sauté dans le trou. Quand j’arrivais, mes jambes ont craqué, sous l’impact de la force et la vitesse à laquelle j’ai sauté dans le trou. C’est haletant et paniquée que je courais, en boitillant un peu, vers le fond des égouts. Les marchands n’étaient pas descendus. L’eau sale qui venait sans doute des toilettes de tous les gens de Londres venait dans mes chaussures, et ça me dégoûtait. Je pris dans le sac une pomme, et tout en mangeant, je continuais ma route.
Au bout d’un moment, j’entendis une voix…
« Ellen, t’es où ?
-Je suis là ! je crie, et ma voix résonna.
-Remonte, c’est moi.
Je reconnus la voix de Will, mais son ton me disait « fais le contraire de ce que je dis ». Je montais, et je vis qu’il était avec les marchands, tenu par l’oreille. J’ouvris grands mes yeux, et une marchande me pris par l’oreille.
« Vous irez voir les gendarmes, et ça, vous le regretterez, dit la femme.
Le sac était resté sur mon épaule. Je fermais les yeux, jusqu’à ce qu’on arrive à la gendarmerie.
Et zou encore!
Chapitre III
Installés sur nos chaises en bois, Will et moi regardions le sol. J’avais toujours le sac, et nous deux saignions du nez et avions des blessures très douloureuses. Ils nous avaient fouettés, et ils nous donnaient des coups de poing. Will avait tout les deux yeux fouettés, pour avoir mal regardé un gendarme. J’avais très mal aux bras, aux jambes et aux mains. Les gendarmes nous ont mit dans une cellule, et des larmes commençaient à monter en moi, puis des grosses larmes coulèrent.
« Pleure pas, je sais comment s’évader et rentrer, me chuchota t-il.
-Vraiment ? Murmurai-je dans mes sanglots.
-Tu es légère ?
-… ?
-Regarde, il y a une petite fenêtre en haut, pour avoir un peu de lumière. On est pile dans la cellule où on peu s’évader, on est petits. Je vais te faire la courte échelle, et tu vas t’agripper à la barre en fer en haut. Tu vas nous hisser tous les deux.
-D’accord…
Il me fit la courte échelle, je grimpais sur ses épaules, et il gémissait de douleur. Ignorant sa souffrance, je me suis agrippée à la barre en fer, comme il disait, malgré ma douleur aux bras. Nous sommes sortis indemnes. Nous étions sur le toit, et le ciel était orangé.
« On a pris une journée pour voler ? S’étonna t-il. Wah.
-On.. On est libres ! Je veux rentrer, maintenant, je couine.
-Bon, bon, allez, c’est par là, dit il en pointant une direction.
-Comment on descend ?
-D’habitude, il y a des caisses remplies de farines en bas. Aujourd’hui, on prend l’échelle. J’ai tellement mal aux épaules…
L’ignorant, je pris le sac et descendis avec l’échelle. Il descendit après moi, et il me dit ;
-Désolé pour aujourd’hui. Ça ne se reproduira pas, promis…
-C’est pas grave, j’ai vécu l’expérience d’un voleur amateur !
-Ils t’ont malmenée parce qu’ils croyaient que tu étais un garçon. J’aurais dû dire que tu es une fille.
-Non, c’est bon ! Ne t’inquiète pas ! Je le rassure.
Nous marchons, un peu en boitillant, vers le hangar. Je regardais le visage de Will, parsemé de cicatrices et des blessures. Il avait des larmes séchées aussi, et je compris que ce n’était pas les blessures qui le faisaient pleurer, c’était d’avoir perdu sa dignité en se faisant attraper par les marchands.
Nous rentrions vers le hangar. En nous voyant, Thief ouvrit grand ses yeux et nous dit ;
« Jcroyais que vous étiez morts ! Franchement, vous auriez pu prendre moins de risques ! Vous êtes allés à la gendarmerie, hein… ?
-Mais c’est pas sa faute, je dis. C’est que le sac était trop lourd et que j’ai été trop lente.
-Non, c’est ma faute, parce que je me suis fait rattraper par les marchands. Et je suis plus grand qu’elle, je suis plus responsable.
-Vous l’êtes tous les deux, conclut Thief. Bon, on a le dîner ?
Je donnais le sac à Thief, et il regarda le contenu, écarquillant les yeux.
-Mais tu as trop pris de choses ! Je comprends pourquoi tu courais pas vite ! s’exclama t-il. … Bon, on a de quoi manger, pour plusieurs jours, en tout cas.
Son regard se posa sur le violon, qu’il me tendit ;
- Range-le. C’est le tien maintenant. Venez-vous autre !
Kyles, James et une fille aux cheveux blonds bouclés vinrent.
«-Voici Kyllie, dit Thief. Elle a 7 ans, et elle vend des allumettes et des journaux dans les rues, ça marche bien avec son physique.
-Bonjour, je dis.
-Mmf, c’est à cause de toi que Will s’est fait prendre, me dit elle avec un regard et un ton méprisant. D’habitude, il se débrouille toujours.
- Laisse-la, lui dit Kyles.
-On mange ?? demanda James.
Je pensais que le ton de Kyllie n’allait pas vraiment avec son visage. C’est comme dans les films, la méchante qui est méchante avec la gentille. Oh, et puis, je ne suis pas vraiment une gentille. J’ai mangé à ma faim, pour la première fois. Ma mère me privait toujours de manger à ma faim, et pour une fois, je me sentais bien.
« Coucher, dit Thief. Il est tard. Demain, on travaille.
-Oui, répondirent les 4.
-D’accord, mais où je dors ? Demandais-je. Là où j’ai dormi, c’est le lit à quelqu’un, non.. ?
-Oui, c’est le lit à Will. Toi, Ellen, je vais te prendre dès demain de quoi dormir. Tu as mouillé son oreiller, avec des larmes salées, alors tu vas te recoucher sur tes larmes salées.
-Et moi ? Demanda Will.
-Toi, tu dors avec qui tu veux, fit Thief en se levant. Bon, je vais dormir, bonne nuit.
Tout le monde se leva, et j’allais vers le lit.
«Désolée de te piquer ton lit, dis-je à Will.
-Je vais dormir avec James. C’est par grave, mais demain, je veux redormir dans mon lit, me dit-il en souriant.
Il partit, et je m’endormis en revoyant le regard de ma mère, sous la lumière étincelante de la lune.
Fin du Chapitre III.