ROME ( AFP)
6 Août 2005 23h11
Un avion tunisien amerrit au large de Palerme: 13 morts, 3 disparus
Un avion tunisien avec 39 personnes à bord a été contraint d´amerrir samedi au large de Palerme ( Sicile), faisant 13 morts et 3 disparus, selon un bilan fourni en début de soirée par la capitainerie du port, qui a dénombré 23 survivants dont plusieurs hospitalisés dans un état grave.
Ce bilan établi vers 21h00 ( 19h00 GMT) ne devrait plus varier beaucoup, sauf à ce que des disparus puissent être retrouvés dans les heures qui viennent, selon le commandant Vincenzo Pace interrogé par la télévision italienne.
Un précédent bilan faisait état de 10 morts, 10 disparus et 20 survivants.
Le commandant a précisé que les sauveteurs tentaient de remorquer jusqu´au port de Palerme le reste de la carlingue de l´avion mais que le nez et la queue de l´appareil avaient coulé en mer par une profondeur de 1.000 mètres.
L´appareil était un ATR-72 charter de la société Tuninter, une filiale de la compagnie Tunisair. Il assurait le vol 1153 entre Bari ( Italie) et Djerba ( Tunisie), a indiqué l´agence nationale italienne pour la sécurité aérienne.
Selon la compagnie aérienne, les 35 passagers étaient tous de nationalité italienne et l´équipage tunisien comptait quatre personnes.
L´ATR-72 est un avion de transport régional équipé de deux turbopropulseurs.
" Les moteurs ont perdu leur puissance et j´ai été obligé d´amerrir", a expliqué le commandant de l´ATR-72 tunisien, Chafik Garbi, qui fait partie des rescapés.
Les autorités italiennes ont immédiatement exclu l´hypothèse d´un attentat.
Selon le premier témoignage du commandant, la manoeuvre d´amerrissage a été compliquée par le manque de puissance des moteurs et l´appareil est entré dans l´eau avec un angle important.
Le pilote de l´appareil avait signalé des problèmes à 15h30 locales ( 13h30 GMT) et demandé aux contrôleurs de vol de Palerme l´autorisation d´effectuer un atterrissage d´urgence sur l´aéroport de cette ville.
Mais l´avion n´a pas atteint la Sicile et dû se poser en mer à 18 milles nautiques ( 30 kilomètres) de Palerme et à 12 milles ( 22 kilomètres) au nord-est du cap Gallo.
Aussitôt, des vedettes et des hélicoptères ont été dépêchés en mer pour porter secours aux passagers, dont plusieurs ont réussi à s´extraire de la cabine et à grimper sur les ailes de l´avion, qui s´est brisé en trois morceaux mais dont la plus grande partie de la carlingue blanche a continué de flotter plusieurs heures après l´accident.
Selon les images prises d´hélicoptères, le fuselage, couché sur le flanc était pour la plus grande partie immergée dans une mer calme et par un vent faible qui ont facilité le travail des secours.
Des plongeurs se sont mis à l´eau pour extraire les passagers restés dans la carlingue et procéder au transfert des survivants à bord des vedettes.
" C´est un miracle si nous sommes vivants", a déclaré à l´agence Ansa l´une des passagères survivantes, Addolorata De Pasquale, visiblement choquée, en débarquant à Palerme.
Les blessés graves ont été transférés dans les hôpitaux de Palerme.
L´agence de presse tunisienne TAP a indiqué que des unités de l´armée et de l´aviation tunisiennes avaient été dépêchées sur le lieu de l´accident pour participer au sauvetage.
" Le pilote de l´avion a réussi la manoeuvre d´amerrissage, préservant l´appareil et sauvant ainsi des vies humaines", a ajouté l´agence.
L´ATR-72 avait déjà subi quatre inspections, dont la dernière le 25 mars dernier à Catane ( Sicile), ont précisé les autorités de la sécurité aérienne italienne. Ces inspections n´avaient révélé aucun problème particulier.
L´enquête sur les causes de l´accident sera menée par des experts italiens, tunisiens et français, car l´avion avait été construit en France.
La direction d´ATR ( filiale d´EADS et d´Alenia), constructeur de l´avion, a indiqué à Toulouse ( sud de la France) qu´elle ne souhaitait pas dans l´immédiat faire de déclaration, attendant les éléments d´enquête.