Amélie, au sein de cette église construite au 18ème siècle, et rénovée afin de servir de chambres d’hôtes pour nos amis athlètes Moldaves, nos prières te sont destinées. Amélie tu es née en 1979, sous l’ère giscardienne, et d’ailleurs tu es la sportive française qui lui ressemble le moins. Amélie, tu as vibré en 1983, devant ton poste de télévision, tu as assisté à la victoire de Yannick Noah : l’enfant du soleil. Ainsi naquit ta vocation. Suivirent des années d’intense exaltation, sous l’autel de la passion et de l’entraînement, du matin au soir, sacrifiant ta jeunesse, comme d’autres ne vivent que pour Dieu, dans son ombre, homme parmi les hommes, homme entre les hommes…
Amélie, pour toi ce petit poème écrit par un jeune diocésain :
Amélie, tu enchaînes victoire sur victoire et tu serres les poings,
Amélie, tu fais siffler les balles au-dessus de nos têtes,
Amélie, sur tous les courts du monde tu accumules les points,
Amélie, grâce à toi, le tennis féminin est devenu une fête.
Alors, Amélie, tu es venue communier avec nous. Tu as troqué ton short – si excitant – pour un pantalon de jogging. Tous ici admirons ta spontanéité, ta gentillesse, ton sourire, tes bonnes cuisses, ton tatouage sur le bras et ton amour des animaux. Amélie, tu es tendresse. Amélie, tu es ace. Amélie, tu aimes la vie et le bon vin, et tous les jours tu manges des pâtes. Ascèse, tu l’es comme nous tous. J’admire ta capacité à résister aux tentations. « Fuyez la fournaise, restez loin du feu, ne vous approchez pas de la flamme, et vous en éviterez les atteintes ».
Amélie, t’attendent des matchs redoutables, mais tu le sais mieux que nous : une femme invertie en vaut deux. « Quiconque regarde une femme avec les yeux de la concupiscence a déjà commis l´adultère dans son cœur ».
Amélie, certains disent que tu es un garçon manqué mais c’est à ton public que tu manqueras si de ce tournoi tu disparaissais. D’aucuns s’offusqueront peut-être de mes propos mais je te dis avec toute ma force et toute ma foi : « Allez Amélie ! ».