Chapitre III – Le festival
Le lendemain, dans la matinée, l’homme et Goka furent encore dans la taverne. Goka sembla totalement ivre, tandis que l’homme continua à boire mais sembla sobre.
La taverne était vide, ou presque, seuls quelques ivrognes du coin étaient encore là.
Après avoir finit son verre, l’homme partit de la taverne. Goka se leva, il tenait à peine sur ses jambes, et le suivit en criant et hoquetant :
- ATTEND-MOI !
Il se prit le pied contre une chaise qui se trouva devant lui et s’étala au sol en basculant la chaise. Il s’exclama :
- Aïe ! Je n’ai jamais de chance !
Sa tête cogna légèrement le sol et se mit à ronfler.
L’homme alla à l’auberge pour faire une petite sieste, mais tomba à nouveau sur l’enfant qui l’avait découvert. Il s’arrêta et fit un signe de la main pour que l’enfant vienne vers lui. Il s’accroupit et lui dit simplement :
- Merci, petit !
Il se releva et continua son chemin. L’enfant le regarda s’éloigner avec un petit sourire satisfait et s’en alla en courant vers ses amis. L’homme finit par entrer dans l’auberge et prit une chambre.
Quelques heures plus tard, l’homme se réveilla et sortit de l’auberge. Il entendit de la musique et vit une charrette, tirée par deux quadrupèdes ressemblant à des chevaux, dont un saltimbanque tenait les brides.
Il était plutôt grand, le sourire jusqu’aux oreilles et chantonnant. Il avait de grands yeux rieurs. Il portait un gros chapeau rouge où une grande plume mauve était tenue pas une bande de tissu blanc. Ses vêtements étaient tout aussi colorés. Son haut était une veste rouge et vert à longue manche et son bas était également rouge et vert et qui lui descendait jusqu’à sur ses souliers bleu roi. Il avait une grande mandoline en bois ciré à côté de lui.
Le saltimbanque s’approcha de l’homme, avec sa charrette, et le salua sur un ton un peu mélodique :
- Bonjour mon bon monsieur ! Etes-vous là pour le festival ? ( sans s’arrêter et sur un ton ironique) Moi aussi, quelle coïncidence, n’est-ce pas ?
Puis éclata de rire et continua son chemin. Il s’arrêta brusquement et se retourna pour lui dire sur le même ton ironique:
- Au fait, mon nom est Forza ! A plus tard, mon bon monsieur !
Il reprit sa route et chantonnant haut et fort. L’homme le regarda partir avec un air étrange, comme si il le connaissait.
A ce moment, Goka fut éjecté de la taverne où il avait cuvé et un homme se mit sur le pas de la porte d’entrée en criant, le bras levé et énervé :
- SALE IVROGNE ! VA CUVER AILLEURS QU’ICI ! C’EST UN LIEU RESPECTABLE !
Il retourna dans la taverne.
Goka se releva en se frottant la tête, une larme coulant d’un œil, et quelques brindilles dans ses cheveux ébouriffés.
- Aïe ! Quelle hospitalité !
S’exclama-t-il en poussant un gros soupir.
Il vit l’homme qui était avec lui dans la taverne, regardant à l’opposer. Il s’approcha de lui et posa sa main sur l’épaule. L’homme ne sembla pas réagir et Goka l’interpella, sarcastiquement :
- Alors, où étais-tu donc passé ? Tu étais avec une gente demoiselle ?
L’homme ne réagit toujours pas. Goka s’exclama :
- Toi, alors ! Tu n’as aucun sens de l’humour. Tant pis !
En désespoir de cause, il partit dans la direction dans laquelle Forza s’était dirigé. Sans se retourner, il dit à l’homme qui n’avait toujours pas bougé, sur un ton enjoué et en faisant un signe de la main:
- On se reverra ce soir à la fête !
L’homme s’exclama en se tenant la tête :
- Crétin !
Au crépuscule, la musique résonna dans tout le hameau. Les villageois s’étaient réunis sur ce qu’ils appelaient la grande place. Une estrade y avait été dressée pour le festival. Forza joua de la mandoline et en chantant jovialement. Goka était à un stand en train de boire un coup. L’homme était assis au pied d’un arbre en train de regarder Forza, il sembla pensif. L’homme baraqué se positionna devant lui et lui demanda avec sa voix grave :
- Ca va ? Tu t’amuses ?
L’homme ne répondit pas et regarda droit devant lui. L’homme baraqué, quant à lui, poussa un soupir et s’exclama :
- Pas très bavard à ce que je vois. ( s’asseyant à côté de lui et en regardant dans la même direction que lui) Je suis Chocobo et toi ?
- Laisse-moi !
Répondit-il sèchement.
Chocobo jeta un œil de son côté et regarda à nouveau droit devant, sans rien dire.
Goka se mit devant l’estrade où plusieurs villageois dansèrent et se mit à danser seul en tournoyant, les bras levés à mi-hauteur. Il poussa des cris de satisfactions, il sembla à nouveau ivre. Il prit ensuite les mains d’une villageoise pour l’entraîner dans sa danse, mais, furieuse, se retourna et lui flanqua une gifle et partit. Goka s’arrêta de danser et se tenait la joue en s’exclamant :
- Aïe ! Qu’est-ce qu’ils ont tous aujourd’hui ?
Il alla à un stand pour reprendre un autre verre.
Quelque part, derrière l’une des huttes, une silhouette camouflée dans l’ombre regardait la place et scruta l’ensemble. Il se pensa à haute voix :
- L’homme que j’ai vu à la taverne, hier, serait-ce…
Il fut interrompu par des bruits venant des arbres qui se situaient aux abords de la place. Il leva la tête et vit des ombres se déplacer à toute vitesse sur les branches.
Il se dit, intrigué:
- Qu’est-ce que ?
Au pied de l’arbre, l’homme s’adressa sur un ton informatif à Chocobo, sans détourner le regard de la place :
- Chocobo, c’est ça ? Tu sais te battre ?
Chocobo le regarda, surpris de ce qu’il venait de dire et répondit, intrigué :
- Bien sûr ! Pourquoi cette question ?
- Ecoute bien et prépares-toi à te battre !
Informa-t-il.
Chocobo ne comprit pas pourquoi il disait ça et lui demanda, toujours intrigué :
- Explique-moi, je ne comprends pas !
- Tu le sauras bien assez vite, alors prépare ton arme !
Répondit-il, toujours en regardant en face de lui.
Chocobo se leva et partit. Il entra dans l’une des huttes et pris une énorme hache dont la lame était recourbée sur le haut, revenant sur le côté opposé. Il s’installa sur le pas de sa porte où il pouvait voir la place.
Forza qui était sur scène, continua son show et pensa :
- Tiens ! On n’est pas seul ! Il va y avoir un peu d’action.
Quelque part, dans les arbres, les ombres se stoppèrent et scruta la place. L’un d’eux dit en chuchotant, mais assez fort pour que ses amis l’entendes :
- Vous voyez le traître ?
- Oui, il est par là !
Répondit une autre des ombres.
Comme l’obscurité cachait la direction montrée par la seconde ombre, on ne put définir de qui il s’agissait.