Chapitre I – Le vagabond
A l’entrée du hameau, pendant la période du petit marché, un enfant accourut en toute hâte et cria affolé :
- VENEZ VITE ! VENEZ VITE !
Les villageois regardèrent l’enfant sans trop se soucier de ses dires.
L’enfant heurta l’un des villageois et tomba à même le sol.
- Attention petit !
Dis le villageois sur un ton légèrement stressé.
L’enfant se mit à pleurer. Le villageois continua son chemin sans se préoccuper des pleures l’enfant. Ce dernier se releva et se dirigea vers un autre villageois, tout en continuant de crier de venir mais avec une voix tremblante. Arrivé vers l’autre villageois, il se mit à lui tirer le bas de son t-shirt en coton beige.
D’un mouvement du bras, le villageois fit tomber l’enfant et continua à faire son marché.
L’enfant, désemparé, courut en reversant les stands pour attirer l’attention sur lui. Un homme qui se trouva à proximité se mit sur sa trajectoire.
Il était plutôt grand et avait une allure plutôt soignée par rapport aux habitants du hameau. Il semblait avoir la vingtaine. Il avait les cheveux noirs et courts. Il portait un ruban blanc sur la tête dont les bouts étaient longs et qui flottaient au vent avec un petit épi de ses cheveux retombant sur le visage. Il avait les yeux de couleur marron et le regard sympathique. En guise de vêtement, il portait une veste de couleur bleue nuit et un t-shirt grisâtre en-dessous. Il portait des pantalons gris foncé et deux ceintures dont l’une d’elles partait d’une hanche pour finir sur à mi-cuisse de l’autre jambe. Il avait des bottes de voyage en cuir brun-beige. A son dos, se trouva un fleuret assez long.
Il interrompit l’enfant dans sa lancée en l’attrapant par la taille et lui demanda d’une voix plutôt posée :
- Qu’y a-t-il, mon garçon ?
L’enfant le regarda dans les yeux et avec son bras, sécha ses larmes. Il prit une grande aspiration et répondit à l’homme.
- Il y a un monsieur mort à l’entrée du village.
L’homme regarda l’enfant d’un air un peu sceptique, mais répondit gentiment :
- Montre-moi où il se trouve.
L’enfant eut un petit sourire de soulagement et prit la main de l’homme pour le traîner, au pas de course, hors du hameau.
Arrivés sur les lieux, à quelques mètres de l’entrée du hameau, l’enfant montra du doigt la direction où se trouvaient d’autres enfants positionnés en arc de cercle. On put distingue entre les enfants, le corps d’un homme étendu sur le sol, face contre terre. L’homme se hâta à son chevet et vit une petite flaque de sang.
- Retournez au village, j’arrive tout de suite !
Dit-il en gardant son sang-froid.
Les enfants s’exécutèrent.
L’homme retourna l’autre et vit qu’il était blessé. Son visage était ensanglanté et sali par la poussière du sol. Il perdit également beaucoup de sang du côté de son flanc gauche.
L’homme blessé était de taille moyenne et semblait également avoir la vingtaine.
Il avait les cheveux de couleur vert plutôt foncé, mi-long et un peu hirsute. Sur son visage ensanglanté, on pouvait distinguer une cicatrice ouverte partant de sa joue gauche et se finissant sous son menton. Il portait une longue cape avec capuchon beige qui était déchiré de part et autres et tout sale. Il portait une chemise noire, ouverte jusqu’au buste où l’on pouvait voir un pendentif en argent représentant un loup. Il portait des pantalons noirs et troués. Il avait également une paire de botte en cuir tout usé. Il tenait dans l’une de ses mains, un petit bâton pas plus grand que sa paume dont les extrémités étaient munies de lames relativement grandes.
L’homme prit le pouls du blessé et vit qu’il était toujours vivant. Il s’accroupit face à lui et lui prit le bras de façon à ce qu’il puisse le porter. Il le transporta jusqu’au hameau.
Il se dirigea vers une villageoise avec le corps du blessé sur les épaules.
- Excusez-moi madame, pouvez-vous m’indiquer où se situe l’infirmerie ?
Demanda-t-il poliment.
- C’est par là ! La seconde maison !
Répond-elle en examinant le blessé d’un air un peu effrayé.
Il se dirigea alors dans la direction que la villageoise avait indiquée. Il entra dans une hutte plutôt moderne, car contrairement aux autres huttes, celle-ci était faite de briques peinte en brun. Une infirmière se dirigea vers l’homme en indiquant sur un ton sec:
- Partez !
L’homme sembla fort surpris de la réaction de l’infirmière et rétorqua aussitôt de façon un peu plus sèche.
- Pardon ? Cet homme va mourir si nous n’intervenons pas !
L’infirmière offusquée par le répondant de l’homme se retourna et partit s’asseoir à son bureau où jonchaient de grandes piles de papiers.
A ce moment, un homme, habillé en médecin, arriva et demanda courtoisement :
- Que se passe-t-il ?
- J’ai trouvé cet homme en dehors du village, il est grièvement blessé.
Informa-t-il de façon un peu inquiète.
- Très bien. Mettez-le là, je vais m’en occupez.
Indiqua-t-il en se hâtant dans la pièce voisine.
L’homme s’exécuta et mis le blessé sur un brancard qui se situait non loin de lui. Après quelques minutes, le médecin revint, habillé pour l’opérer et demanda à l’homme avec précipitation :
- Je vous prierais de sortir, pendant mon intervention.
L’homme sortit sans poser de question.
Le médecin enleva la chemise du blessé et commença à laver les plaies afin de les recoudre. L’infirmière ne bougea pas de son bureau et regarda l’intervention d’une manière exaspérée.
Quelques heures plus tard, le médecin sortit en enlevant ses gants et dit à l’homme d’une voix rassurante :
- C’était juste, mais il s’en sortira !
- Puis-je le voir ?
Demanda-t-il en poussant un léger soupir.
Le médecin hocha de la tête pour lui dire qu’il pouvait.
Ils rentrèrent tout deux dans la hutte et le médecin se dirigea vers l’infirmière rédigeant ses papiers. L’homme alla au chevet du blessé, qui avait maintenant des bandages un peu partout sur le corps et où des tâches de sang se firent voir. Il s’assit sur une chaise un bois, un peu ballante, qui se situait à côté du lit. Après quelques minutes, il vit le blessé commencer à gigoter et à suer, il cauchemardait.
Quelque part, dans une pièce plongée dans le noir. Une porte automatique et coulissante s’ouvrit laissant voir la silhouette d’un homme qui se mit au garde à vous.
- Sir, nous avons localisé le traître. J’ai envoyé l’élite alpha pour le ramener.
Informa-t-il.
Dans le noir, on pouvait distinguer des yeux qui s’ouvraient et un léger petit sourire qui répondit à l’autre homme d’une voix calme et posée :
- Très bien. ( élevant un peu la voix pour ordonner) REPOS ! ( reprenant un ton plus calme) Vous pouvez disposer !
L’homme se mit au repos et la porte coulissante se referma.
L’homme qui était dans la pièce se parla sur un ton satisfait :
- Cette fois, tu ne m’échapperas pas !