Chapitre VIII – Les bandits
Deux jours s’écoulèrent, Goka était exténué par son entraînement. Il avait tenté à maintes reprises de convaincre Shydin pour continuer le trajet dans la charrette, mais en vain. Chocobo et Forza l’encouragèrent sarcastiquement, ce qui ne lui plaisait pas, à chaque fois, il devenait rouge de rage.
Alors que le soleil commençait à se coucher, notre fine équipe entama un chemin passant par les montagnes. Voyant ça, Goka poussa un lourd soupir et devint légèrement verdâtre. Chocobo se retourna et lui dit sur le ton de la rigolade :
- Alors, Goka ! Ca roule ?
- Et tu trouves ça drôle ?
Répondit-il désemparé.
Plus ils montèrent, plus Goka se faisait distancer. Ils arrivèrent à une intersection où aucun panneaux n’étaient là pour les orientés, ils s’arrêtèrent donc sur une petite place plate, située légèrement en retrait où ils préparèrent leur campement pour la nuit qui venait à grand pas. Goka arriva, essoufflé, sur les lieux et s’écroula à même le sol, en disant dans un dernier souffle :
- Je suis mort !
- Mais non ! Mais non ! Tu vois bien que tu parles encore, voyons !
Titilla Forza avec un grand sourire.
Personne ne ria à sa blague et donc, il s’écrasa, déçu.
Shydin regarda Goka et lui ordonna :
- Va nous chercher du bois !
- Attends un moment, que je récupère.
Demanda Goka en poussant un autre soupir.
Shydin lui redit, mais sur un ton un peu plus menaçant :
- Maintenant !
Goka se leva, prit son fleuret qui était dans la charrette et partit, nonchalant, chercher du bois. Chocobo regarda Goka s’éloigner avec pitié et dit à Shydin, d’une voix calme :
- Tu ne penses pas que tu es un peu trop dur avec ?
- Du tout ! Il faut qu’il se responsabilise un peu, sinon, au prochain combat, il mourra.
Répondit sèchement Shydin.
De son côté, Goka se parla, énervé, en avançant vers un tout petit bosquet:
- Il se prend pour qui celui-là ! Je le sauve d’une mort certaine et comment il me remercie ? Quand je serais de retour au campement, il va m’entendre !
Puis il trancha d’un coup sec, une grosse branche avec son fleuret. Il ramassa la branche, mais son attention sembla diriger vers l’intérieur du bosquet. Il dit alors, haut et fort :
- C’est bon Shydin, Forza et Chocobo ! Je sais que c’est vous !
- Ah non ! Nous ne sommes pas eux !
Répondit une voix masculine.
Goka lâcha la branche, surpris, et se mit en garde en criant :
- SORS DE LA, POUILLEUX !
Des bandits sortirent alors du bosquet, ils étaient sept et encerclèrent Goka.
De leurs côtés, grâces aux résonances du coin, Shydin et les autres furent alertés par la voix de Goka et s’empressèrent d’aller le rejoindre. Au moment, où ils virent Goka entouré des sept bandits, Shydin ordonna aux autres, à voix basse :
- N’avancez plus ! Ils ne sont que sept et je veux voir comment Goka se débrouille tout seul.
- C’est de la folie ! Il va se faire tuer !
Dit Chocobo en s’énervant.
Shydin lui dit, d’une voix sûre :
- Ne t’inquiète pas ! Il survivra !
Chocobo regarda Shydin qui avait les yeux rivés sur le futur champ de bataille. Forza ne dit rien et regarda attentivement dans la direction de Goka.
Goka regarda les sept bandits autour de lui et il leur dit d’un ton amusé :
- Sept contre un ? Pourquoi pas !
- Vermine ! Donne-nous ton argent sans faire d’histoire et tu auras la vie sauve, compris ?
Dit fermement le chef.
Goka eut un léger rictus à ce moment-là et leur répondit, enjoué :
- Viens le chercher toi-même !
C’est alors que l’un des bandits, derrière Goka, lui sauta dessus pour le frapper de son pied. Goka ne semblait pas vouloir riposter et reçut le coup sur le dos. Il fut éjecté au pied du chef, sans bouger.
De son côté, Chocobo avança d’un pas, mais fut stoppé par le bras de Shydin qui lui disait, d’une voix amusée :
- Ne bouge pas ! Ne vois-tu pas qu’il simule ?
Chocobo ne répondit pas et regarda la scène.
Au même moment, l’un des bandits s’avança vers Goka en lui disant, amusé :
- Moustique ! Tu n’es même pas capable de tenir sur tes jambes.
Il se baissa et s’apprêta à lui faire les poches quand Goka roula sur le côté en lui faisant un balayage. Le bandit tomba à terre, sous les yeux ébahis des autres. Le chef ordonna aux autres, en criant :
- TUEZ-LE !
Les bandits dégainèrent leur dague et sautèrent, à quatre, sur Goka qui se propulsa en l’air. Un autre des bandits sauta à son tour pour l’attaquer, mais Goka, d’un mouvement circulaire, lui trancha la carotide avec son fleuret. Le bandit tomba, inerte, sur le sol. En retombant, Goka prit appui avec ses pieds, sur la tête d’un des bandits qui lui avait sauté dessus, pour se propulser contre celui qui voulait s’emparer de sa bourse. Il lui décocha un coup de pied latéral, sauté, à la tête et l’expédia contre un arbre, et il s’empala sur le reste de la branche qu’il avait coupé précédemment.
En voyant ça, Chocobo, les yeux écarquillés, pensa :
- Remarquable, sachant qu’il est exténué.
Les bandits restants, lancèrent leurs dagues qui furent esquivées, sauf une qui égratigna Goka à l’épaule. Ce dernier, énervé, fit un bond un arrière pour ramassé l’une des dagues qui jonchait le sol et fonça contre le bandit se situant le plus près de lui, en mettant son épaule en évidence, et il le fit basculer à terre. Il fit un demi tour et lança la dague transperça le cœur du suivant, puis il s’accroupit et sauta sur le troisième en lui faisant une attaque horizontale avec son fleuret qui le taillada au thorax. Celui qu’il avait bousculé avant se releva et l’attaqua dans le dos pour le mettre au sol. Les trois bandits restants se ruèrent sur Goka qui était au sol, pour lui donner des coups de pied.
De son côté, Shydin parla doucement, avec un petit sourire :
- Comment va-t-il s’en sortir ?
Chocobo jeta un œil du côté de Shydin et regarda à nouveau Goka, avec inquiétude, en train de recevoir les coups.
Le chef s’arrêta de donner des coups, laissant ce plaisir aux deux autres, et il alla tranquillement ramasser une dague.
Goka, sous la ruée de coups, empoigna la jambe du bandit se situant à sa droite et le fit tomber puis il fit une roulade sur l’avant, avant de se relever, dos aux bandits. Il se retourna, son regard était devenu noir et menaçant. Le chef lança la dague qu’il avait ramassée, mais Goka se pencha légèrement et, de sa main libre, prit la dague en plein vol. Un sourire se dessina sur son visage ensanglanté et sali, puis courut droit sur le chef pour l’empaler sur son fleuret, sans se préoccuper des deux autres. L’un des deux derniers bandits tenta une attaque du poing, mais Goka se retourna, gardant empoigné le fleuret qui empalait le chef, et lança la dague. Elle coupa l’oreille droite du bandit qui tomba à la renverse. Le bandit se releva et partit en courant, avec l’autre qui cria :
- ON SE VENGERA ! TU NE SAIS PAS A QUI TU T’EN ES PRIS !
Goka les regarda s’enfuir en retirant brusquement son fleuret du corps du chef qui s’écroula, laissant une traînée de sang sur le sol.
Il entendit frapper des mains et se retourna pour voir Shydin qui le congratulait :
- Bravo ! Malgré ta fatigue, tu t’es débarrassé facilement de ses bandits. Tu m’épates !
Goka, rougissant, sourit bêtement en se frottant la tête et retourna avec les autres au campement. Chocobo, pensif, regarda Shydin et Forza fanfaronna de joie en mettant son bras sur les épaules de Goka.