Tout s’est déroulé dans le calme. Les détracteurs de l’islamologue - ils lui reprochent de défendre des idées fondamentalistes - n’ont d’ailleurs pas fait entendre leur voix. Après une conférence sereine suivie d’une séance de dédicaces, l’universitaire a quitté la ville. Mais l’« affaire Ramadan » n’est pas close pour autant. Elle devrait prendre maintenant un tournant purement politique puisque la gauche continue à s’entre-déchirer sur le sujet. Les uns accusant les autres d’avoir permis la tenue de cette conférence en louant une salle municipale au Collectif des musulmans du Mantois. Ce matin, Annette Peulvast-Bergeal, la maire ( PS) de Mantes-la-Ville, tiendra une conférence de presse pour expliquer comment la salle municipale a été accordée en son absence par l’un de ses adjoints communistes. La réaction des adjoints du groupe PC sera certainement à la mesure de l’attaque. Dès vendredi, ils précisaient « qu’ils considéraient que la salle Jacques-Brel a été réservée selon les règles habituelles qui s’appliquent à tous, et que la municipalité n’a pas à jouer les censeurs sur le contenu des invités d’une réunion organisée par une association légale ». Bref, « le droit à la liberté d’expression ne se discute pas », poursuivent les représentants du PC. Même si nous ne partageons pas la pensée, les écrits et les propos de Tariq Ramadan en particulier sur le statut de la femme. Quatre d’entre eux, dont la conseillère régionale Bénédicte Bauret et le deuxième adjoint Alain Thébault étaient d’ailleurs présents samedi dans la salle municipale. Quant aux nombreux jeunes qui sont venus écouter Ramadan, ils semblent ne pas comprendre la virulence de la polémique autour de l’intellectuel. « On se demande pourquoi il y a tout ce foin autour de Tariq, se désole Mourad, venu de Mantes-la-Jolie. Tout le monde a pu constater qu’il n’a tenu ni propos antisémites, ni discours fondamentalistes, ni paroles machistes ! »
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