Huet: < <Théodort joura beacoup>>
Au lendemain de l´échange qui amenait Cristobal Huet à Montréal, ce dernier faisait part de ses commentaires au réputé journal sportif français L´équipe. CHfans a obtenu copie de cet entrevue et vous la présente aujourd´hui.
On y apprend notamment que Huet est quelque peu déçu de quitter Los Angeles, mais heureux de venir à Montréal, " LA" ville de hockey selon lui. Réaliste, le gardien français explique aussi qu´il ne s´attend pas à jouer souvent et qu´il devra prendre les matchs qui lui sont offerts.
Outre les commentaires de Huet, l´article nous montre également une vision européenne de la LNH, le journaliste français expliquant que dans cette ligue, les joueurs deviennent " une sorte de joueur-marchandise, une tête de bétail, propriété d’un club".
L´équipe a écrit:
Huet devient Canadien
Échangé ce week-end, le gardien français quitte Los Angeles pour Montréal.
Au bout du fil, on entendait hier le clapotis de l’eau. Les pieds dans la Méditerranée, où il passe actuellement quelques vacances, Cristobal Huet était donc encore bien loin des frimas hivernaux canadiens à venir dans quelques mois. « Au moins, je passerai un vrai Noël, avec de la neige », commentait sous le coup de la nouvelle le Grenoblois, en référence à son dernier 25 décembre « estival » à Los Angeles. Car le gardien français n’a appris que dimanche matin son transfert de LA à Montréal, dans le cadre d’un échange complexe qui s’est tramé dans les coulisses de la draft de NHL, samedi à Raleigh ( Caroline du Nord).
« Je suis un peu surpris, je pensais retourner à Los Angeles en septembre, avoue Cristobal. Mais c’est la règle du jeu en NHL. On peut être échangé du jour au lendemain, sans en être averti. » Une sorte de joueur-marchandise, une tête de bétail, propriété d’un club. Après deux saisons passées à Los Angeles comme deuxième gardien ( disputant 12 matches la première, puis 41 la seconde), Huet venait de resigner, au début du mois, avec les Kings pour deux années supplémentaires. On pouvait y voir une marque de confiance après une saison assez pleine ( 3 blanchissages – 3 matches sans prendre de but – 2,43 buts encaissés par match à 90,7% d’arrêts) qui avait vu le Grenoblois faire jeu égal avec l’irrégulier Tchèque Roman Cechmanek, titulaire du poste en début de saison. « Mais Los Angeles m’avait aussi prolongé parce que je n’étais pas trop cher », relativise Huet, lucide.
À l’évidence, les Kings ne faisaient pas du gardien français une priorité puisqu’ils ont sauté sur l’occasion offerte par Montréal pour s’approprier Mathieu Garon, la doublure de José Théodore aux Canadiens. La performance de Garon, le 6 mars dernier, aura probablement fini de convaincre les responsables de Los Angeles sur le potentiel de ce gardien en devenir. Ce jour-là, lors d’une rencontre importante pour l’accession des Kings aux play-offs, Garon avait assommé LA de 46 arrêts ( contre 20 pour Huet) pour une victoire finale de Montréal 4-2.
Cristobal ne se dit pas déçu pour autant par cet échange. « En gros, il y a un club qui ne veut plus trop de moi et il y en a un autre qui me demande, résume-t-il. Et puis Montréal n’est pas le pire endroit où aller, loin de là. C’est un super club, le plus titré de l’histoire. C’est une ville qui fait rêver, c’est « LA » ville du hockey, les joueurs y sont connus… » Et puis le « Tricolore », un des surnoms de la franchise, est aussi le club francophone de la NHL, coaché par un Québécois et managé par Bob Gainey, ex-gloire canadienne passée par Épinal…
Doublure de Théodore
Dans une ligue où les Québécois sont qualifiés de « Français », l’arrivée à Montréal du seul hockeyeur de NHL authentiquement hexagonal demeure néanmoins un hasard de l’histoire. Garon était un local qu’il faudra faire oublier. Et dans l’ombre de Théodore, l’un des meilleurs gardiens de la Ligue, ce ne sera pas simple. Garon n’avait joué que 19 matches la saison dernière et Huet pense d’ores et déjà que « Théodore jouera beaucoup », ne lui laissant que des miettes.
Mais tout peut aller très vite en NHL, blessure, inconstance ou échange. Ensuite, nul n’ignore que la prochaine saison pourrait être amputée, voire annulée, au vu du conflit inextricable qui oppose propriétaires et joueurs. Les premiers veulent un salary cap que rejettent par principe les seconds. En cas de lock-out plus que probable, Huet devra trouver à s’occuper et cela s’annonce délicat. « Ce n’est pas facile de trouver un club prêt à vous prendre sans savoir si vous pourrez terminer la saison. Surtout au poste de gardien… Je verrai avec Montréal ce qu’ils proposent et j’attendrai le dernier moment ». S’il écarte a priori la possibilité de joueur pour un club français, Cristobal envisage cependant un retour en équipe nationale. Même si la désillusion des derniers Mondiaux à Prague ( dernière, la France a été reléguée en Division 1) n’est pas encore digérée. « C’est une très mauvais souvenir, carrément une humiliation, juge-t-il. Mais je ne veux pas vivre avec. Ça dépendra des conditions. Je n’ai pas encore bien réfléchi à tout ça mais retourner en Élite pour se faire massacrer, ce n’est pas la peine… »
Par Nicolas Herbelot
L’équipe, mardi 29 juin 2004, page 17.
Source: http://www.chfans.com/