Martin Gelinas a assisté au derby lémanique: «Je dois dire qu’il y a deux fois plus d’ambiance ici qu’au Canada!» ARC
Ge-Servette s’est imposé à Malley pour la quatrième fois en cinq rencontres, depuis le retour des Genevois en LNA. Visiblement fatigués par leur match de la veille, les Lausannois se sont inclinés d’un but. Les réussites vaudoises sont l’œuvre de Zenhäusern, Turler, Bashkirov et Landry. Après ce revers, LHC se retrouve huitième, juste au-dessus de la barre.
Chaude ambiance hier à Malley. Pour la première fois de la saison, la patinoire lausannoise affichait complet. Prenez un excellent début de saison des hommes de Sheehan-Khomutov et, surtout, une affiche 100% lémanique et vous comprendrez pourquoi l’antre des Lions a fait le plein de spectateurs.
Parmi ce large public, une demi-douzaine de joueurs de Forward Morges est venue encourager le «grand frère» lausannois, dont un certain Martin Gelinas. Le Québécois des Calgary Flames — qui compte plus de 1000 matches en NHL — assistait à son premier match de championnat sur le Vieux-Continent. «Il y a une bonne électricité, observe l’attaquant de 34 ans. Les partisans ( réd.: lisez supporters) sont bien. Visiblement, ils aiment les drapeaux. A Calgary, la patinoire peut contenir quelque 19 000 spectateurs. Mais je dois dire qu’il y a deux fois plus d’ambiance ici que chez nous. A part peut-être en séries éliminatoires.» En se mettant un instant à la place de Martin Gelinas, on se dit que la ferveur du public doit lui donner quelques regrets d’avoir signé à Morges et non dans une formation de l’élite. «Pas du tout, reprend en toute modestie l’attaquant. Je suis là pour apprendre et pour faire gagner mon équipe. Je ne nourris aucun regret quant au choix d’avoir rejoint Forward.» Et si le directoire du LHC s’approchait de lui, dans deux ou trois saisons? «Les dirigeants peuvent m’appeler. Je suis prêt», répond-il tout de go.
Sur la glace, la rencontre s’anime. En lorgnant le nom sur les maillots, le Québécois reconnaît plusieurs joueurs. «Tiens, Bozon, j’ai joué contre lui. Je connais aussi Johansson et Grosek.» Les Lausannois, eux, sont inconnus de la vedette des Flames. Son analyse du jeu? «Il y a de bons patineurs et la rondelle bouge vite. Plus vite en tout cas qu’en LNB.»
Gentleman et stoïque
Installé en place bord de glace, Martin Gelinas regarde le duel entre Genevois et Lausannois. Devant ses yeux, deux joueurs s’écrasent dans la balustrade, faisant trembler la bande. Les spectateurs agglutinés derrière la vitre observent un mouvement de recul. Lui pas. «On ne pouvait pas être plus proche du jeu, s’amuse celui que l’on surnomme l’«Eliminateur». Plus près et on était sur la glace avec les joueurs.» Toujours très posé, l’homme ne laisse passer aucune émotion. Lorsque Genève marque, plusieurs de ses camarades morgiens laissent échapper un mouvement de déception. Lui reste stoïque. Quand Lausanne revient au score, il fait part du même calme olympien. Il faut dire qu’il en a vu d’autres dans la ligue professionnelle nord-américaine.
Dans les tribunes, Martin Gelinas reste fidèle à lui-même. Aussi gentleman que sur la glace. Aussi, quand deux jeunes supportrices s’approchent de lui, équipée d’un appareil photo, il prend la pose avec une simplicité et une gentillesse touchante. Idem lorsqu’on lui demande comment s’est déroulé le match Olten - Forward de la veille. Sa réaction? Il éclipse ses deux réussites pour vous glisser: «Vous savez, Sébastien Brouze a inscrit son premier but hier.» Le joueur en question, assis à ses côtés, pique un fard. L’atmosphère est détendue.
Le derby se poursuit. Plus le temps avance et plus LHC montre des signes de fatigue. L’arbitre prend des décisions que le public n’apprécie pas. Ce dernier le fait savoir à coup de sifflets et d’insultes. Le stratège de Forward regarde en direction du kop et sourit. Un Carambar lancé par un spectateur retient son attention. Puis soudain, un retardataire passe devant lui. Le maillot lausannois sur les épaules et un carton rempli de bières, le supporter se glisse devant Martin Gelinas en s’excusant. Le visage de ce dernier s’éclaircit. «Oh, merci!» Sympa, le passant lui propose une blonde que le hockeyeur refuse avec le sourire. Les deux protagonistes se quittent hilares. Pas de doute, Gelinas fait l’unanimité partout où il passe.