La guerre de succession ?
Depuis Barcelone et la venue de la Dream Team, le tournoi de basket est devenu un événement majeur des Jeux Olympiques. Mais aujourd’hui, les rapports de force ont changé. Les Etats-Unis ne font plus figure d’uniques favoris de l’épreuve et devront relever le défi que leur lancent la Lituanie, l’Argentine ou la Serbie.
Le tournoi olympique de basket, qui se déroulera du 15 au 28 août à Athènes, s’annonce particulièrement alléchant. Les quatre premiers des deux poules de six seront directement qualifiés pour les quarts de finale. Sortir de sa poule à la première place sera donc le premier objectif des favoris et déjà un sérieux obstacle pour l’équipe américaine. Battus piteusement à domicile lors des derniers Championnats du Monde à Indianapolis, les Américains avaient promis un retour en force. Mais les stars de la NBA ont trouvé toute une série de bonnes excuses pour éviter de se rendre à Athènes. Seuls Duncan et Iverson ont répondu présent. La sélection sera donc essentiellement composée de stars en devenir comme James, Anthony ou Wade. Auréolé de son titre NBA avec Detroit, l’entraîneur Larry Brown aura du travail mais tout est possible avec ce fin stratège adepte de la défense et qui sera à la tête d’une sélection, sinon dominante, du moins équilibrée. Elle devra de toute façon se dévoiler très vite puisqu’elle rencontrera dès son 4ème match, le 21 août, l’autre ogre du groupe B: la Lituanie.
L’ogre lituanien
Champions d’Europe en titre, les Lituaniens sont revenus au tout premier plan du basket mondial. En l’absence de Sabonis dans la raquette, la Lituanie s’appuiera sur un jeu rapide et sur le duo de tireurs d’élite que forment Jasikevicius et Macijauskas, la révélation de l’année. D’une adresse incroyable, ce joueur complet est capable de faire exploser n’importe quelle défense de zone. Jasikevicius, lui, transforme tout ce qu’il touche en or depuis deux saisons ( deux fois vainqueur de l’Euroleague en douze mois avec, entre-temps, un titre de champion d’Europe des nations ! ). Avec ces deux leaders et une raquette solide, la Lituanie est décidemment un des épouvantails de ce tournoi Olympique.
L’Argentine pour une revanche
Le groupe A semble plus équilibré, même si l’Argentine devrait sortir en tête grâce à un collectif homogène composé de stars des championnats d’Europe ou de la NBA. Le spectaculaire Manu Ginobili jouera à merveille son rôle de feu follet tandis qu’Oberto, Scola et autres gros bras devraient faire souffrir plus d’une raquette. A l’aile, Delfino et Nocioni font aussi partie des tous meilleurs joueurs d’Europe. Revancharde après sa défaite en finale des Championnats du monde, l’Argentine sera extrêmement motivée par ce tournoi. Son rival dans ce groupe devrait être la Serbie qui paraît cependant moins forte qu’à l’habitude. Privée de l’emblématique Divac, de Stojakovic, Rebraca et Jaric, elle se reposera sur Bodiroga, meilleur joueur d’Europe depuis plusieurs saisons et sur un Krstic ( 21 ans) peut-être encore un peu tendre.
Ces deux favoris du groupe A devront cependant se méfier de l’Espagne, emmenée par la nouvelle star NBA Gasol, même si Lopez au poste de meneur risque de lui manquer. La Chine pourrait aussi venir troubler les pronostics avec son jeu atypique autour du pivot des Houston Rockets, Yao Ming ( 2,26 m). Autres trouble-fête potentiels, la Grèce, qui sera sur-motivée et follement encouragée à domicile, l’Australie, capable du meilleur comme du pire et Porto-Rico avec l’inusable Ortiz ( 40 ans) et le jeune Arroyo ( Utah Jazz). Leurs affrontements devraient donner lieu à de sérieuses empoignades. L’Angola, la Nouvelle-Zélande et l’Italie risquent quant à eux d’être réduits au rang de faire-valoir d’un tournoi qui s’annonce comme le plus excitant depuis 1992.
( sport24)