Phoenix-San Antonio. Plus qu´une confrontation au sommet entre les deux meilleures équipes de la saison régulière, la finale de la conférence ouest tient surtout de l´opposition de styles. Entres des Suns, chantres de l´attaque à tout va et joyeuse bande menée de main de MVP par Steve Nash, et des Spurs, spécialistes es-défense et meute intraitable rassemblée autour de son fort intérieur Tim Duncan, ce sont deux philosophies de jeu qui s´opposent. Et qui promettent des duels savoureux.
Parker sera l´une des clés de la série.
Steve Nash vs. Tony Parker
Après la doublette Miller-Boykins puis Luke Ridnour, Tony Parker aura cette fois fort à faire. Il lui est en effet proposé rien de moins que le MVP de l´année, Steve Nash en personne, le Canadien restant qui plus est sur une fin de série époustouflante face aux Mavs. Néanmoins, le Français, à condition d´avoir retrouvé un semblant d´adresse extérieure , aura plus que jamais l´occasion de briller. Et son aptitude à enchaîner ( enfin?) les performances de premier plan sera d´ailleurs, une fois encore, l´une des principales clés de la série. Fantastique maître à bien jouer des Suns, Nash est en effet un piètre défenseur, la renaissance de Jayson Williams ou les belles sorties de Jason Terry l´ont encore tout récemment prouvé. Le Français s´en est d´ailleurs le plus souvent parfaitement accommodé. Ses performances en saison régulière face aux Suns – 29 et 30 points lors des matches 1 et 3- en attestent, la vitesse de TP ayant alors mis son alter ego canadien à l´amende. De l´autre côté du parquet, défense des Spurs oblige, attendre un Steve Nash à 30 points de moyenne et 55% de réussite est évidemment illusoire. D´autant que le dossier du Canadien pourrait parfois échoir au cerbère Bruce Bowen comme c´était le cas lors des derby texans entre Spurs et Mavs les saison passées...
Ginobili devra poursuivre sur sa lancée.
Joe Johnson vs. Manu Ginobili
Joe Johnson n´est pas gâté. A peine remis de son opération à l´orbite de l´œil gauche, à tel point qu´il est encore douteux pour la première manche, l´arrière des Suns ne pouvait rêver pire reprise puisqu´il va en effet devoir se coltiner le plus imprévisible des acteurs de la Ligue, le fantastique Manu Ginobili. Flamboyant depuis le début des playoffs ( 20.5 points, 5.2 rebonds, 4.2 passes face aux Sonics) que ce soit en tant que joker de luxe ou titulaire indiscutable, l´Argentin a ainsi souvent été la clé des récentes victoires texanes. Ses 48 points passés à Phoenix en saison régulière sont également dans tous les esprits, dont ceux de son vis à vis évidemment. Nul doute que le champion olympique aura pour mission de profiter des largesses défensives de Phœnix pour soulager Duncan. Johnson a beau pouvoir se targuer d´une certaine polyvalence, de quelques facilités défensives, c´est surtout par ses qualités de tireur d´élite que le nouvel homme au masque de plexi cherchera à se rappeler au bon souvenir de tous.
Quentin Richardson vs. Bruce Bowen
C´est le duel symbole de cette série. L´affrontement entre l´artilleur fou de l´Arizona, 631 tirs à trois points tentés en saison régulière, et le spécialiste es-défense texan résume à lui seul l´opposition de styles entre les deux formations. Et force est de constater au vu des précédents en saison régulière, que la parole pourrait bien rester à la défense, l´ancien Ebroïcien ayant en effet complètement étouffé son adversaire direct. D´autant que Q n´a pour l´heure guère brillé depuis le coup d´envoi de ces playoffs avec 12 points de moyenne contre 15 en saison régulière, son adresse étant en revanche à la hausse. L´ancien Clipper devra également veiller à s´éloigner du cercle en défense, car si Richardson peut y faire valoir son sens du rebond avec 6 prises en moyenne, les trois points dans le coin de Bowen pourrait sanctionner ces errements défensifs.
Shawn Marion vs. Tim Duncan
Si la confrontation entre les deux ailiers-forts promet d´être tout aussi atypique que les autres duels, il n´est pas question en revanche, cette fois, de clivage philosophique. Les deux hommes savent, une fois n´est pas coutume, tout autant briller en attaque qu´en défense. Mais entre un Tim Duncan culminant à 2m12 et un Shawn Marion plafonnant à 2m01, la conception du poste 4 est forcément différente. Tandis que l´un excelle dans le jeu dos au cercle, pilonne ses adversaires à l´intérieur, l´autre joue au filles de l´air en contre-attaque et ne se prive pas d´aller tâter du panier derrière la ligne des trois points. De la faculté des deux hommes à amener le jeu dans leur filière préférentielle, dépend pour beaucoup le sort de la série. Tandis que Duncan aura en effet tout intérêt à insister sous les panneaux pour mettre ses opposants à la faute et souligner le manque de rotation des Suns, Marion essaiera à n´en pas douter de fatiguer son vis à vis par ses courses incessantes.
Amare Stoudemire aura l´avantage face à Nazr Mohammed.
Amare Stoudemire vs. Nazr Mohammed
A priori le duel homme à homme le plus déséquilibré de la série. Si Nazr Mohammed peut certes se targuer d´une belle tenue depuis le début de ces playoffs, signant plusieurs performances de premier plan en défense et assurant une belle présence au rebond que ce soit face à la doublette Martin-Camby de Denver ou aux Thugs de Seattle, Amare Stoudemire semble bien évoluer dans une autre dimension. Ce serait néanmoins aller vite en besogne que d´attendre une domination à sens unique de l´intérieur des Suns. L´ancien Knick pourra en effet compter sur l´aide de Tim Duncan et des réservistes texans pour tenter d´enrayer la machine à dunks de l´Arizona. L´efficacité des prises à deux des Mavericks au tour précédent et les soucis de faute parfois constatés l´ont prouvé: Stoudemire n´est pas infaillible. Et la défense des Mavs n´est pas celle des Spurs. A noter que le pivot des Suns étant, lui aussi, susceptible de venir en aide en défense sur Duncan, Mohammed pourrait en profiter en attaque pour briller et faire valoir son 57% de réussite constatée en playoffs.