Avant la draft
Dans quelques mois, suite à l’excitation de la nomination d’un nouveau champion NBA aura lieu la draft. Une nouvelle draft puisque les joueurs de moins de 19 ans ne pourront être drafté. Aucun lycéen ne sera donc sélectionné, eux qui représentaient une part toujours plus importante des joueurs choisis.
Les équipes devront donc piocher en NCAA et dans le vivier européen et la tendance à drafter toujours plus jeune va probablement évoluer.
Je vais faire ici un rapide panorama des joueurs les plus courtisés du moment sachant que cela évoluera beaucoup d’ici juin.
Un top 4 :
Toutes les mock draft s’y accordent, 4 joueurs se détachent largement et devraient se disputer le top pick.
Adam Morrison tout d’abord, l’irréel scoreur de Gonzaga. L’ailier compile plus de 28 points par match cette année dans une des meilleures équipes de la nation, un exploit rarissime. Quelques cartons monumentaux comme 2 cartons à 43 points. C’est un marqueur, dans sa plus pure définition. Pas forcément un shooteur longue distance, il parvient seulement à marquer de toutes les façons possibles et imaginables, de n’importe quel endroit du terrain. On lui reprochera un certain manque de qualités physiques mais il reste tout à fait correct dans ce domaine. Sa côte ne cesse de monter et si sa fin de saison est à l’image du début, il sera le top pick tout désigné.
Andrea Bargnani, jeune italien de Trévise. Un corps de pivot pour un jeu d’ailier, du Dirk Nowitzki en somme. Bargnani, du haut des 20 ans, épatent l’Europe par sa fluidité, son adresse longue distance pour un joueur de 2m10. Un bel avenir en perspective, reste à savoir quel niveau il atteindra : Mehmet Okur ou Dirk ?
Lamarcus Aldridge. Le PF sophomore de Texas est suivi depuis longtemps par les scouts et devrait logiquement se présenter cette année. 19 points et 9 rebonds par match, et tout ce qu’on attend du PF moderne. Des qualités athlétiques monstrueuses et du talent dans la finition. Un top 4 assurémment.
Rudy Gay, présenté comme le joueur le plus talentueux intrinsèquement, le plus polyvalent. Son problème, l’irrégularité, il déçoit clairement ne réussissant pas à enchaîner les performances énormes et ne parvient pas réellement à porter son équipe vers les sommets que UConn pourrait atteindre. Reste que cet ailier peut tout faire, scorer de près comme de loin, prendre une flopée de rebonds, servir ses coéquipiers, c’est également un excellent voleur de ballons et son étonnante verticalité lui permet de bâcher à tout va. Une bonne fin de saison risque le propulser numéro un, son potentiel lui assure le top 4.
Intéressons-nous au reste des joueurs poste par poste :
PG :
Rajon Rondo, l’explosif meneur de Kentucky est pour l’instant promis au top 10 malgré le parcours moyen de son équipe. C’est le seul meneur qui fait l’unanimité, les mocks sont souvent contradictoires pour la place des autres meneurs. Citons en vrac Daniel Gibson de Texas, Mardy Collins de Temple ou Guillermo Diaz de Miami.
Incertitude concernant Marcus Williams de UConn et Darius Washington de Memphis quant à leur présentation à la draft. Deux joueurs pressentis facilement au premier tour au cas où.
Le cas Randy Foye est étrange puisqu’il n’est cité que par nbadraft.net et très haut (10ème). Un excellent joueur c’est sûr, mais est-il réellement un meneur et n’est-il pas tributaire de l’excellent jeu collectif de Villanova. A suivre.
Certains joueurs pourraient profiter d’une bonne fin de saison pour s’assurer une place au premier tour. Dee Brown d’Illinois par exemple. Terrell Everett d’Oklahoma et Juan Barea, le meilleur passeur NCAA actuellement, sont aussi dans ce cas.
SG :
Ronnie Brewer d’Arkansas est le prototype du joueur attractif pour la NBA. Une belle polyvalence, des qualités athlétiques, un bon shoot et surtout une étonnante capacité à mener le jeu. Un top 10 assuré, peut-être top 5.
Rodney Carney de Memphis est aussi un joueur taillé pour la NBA. Excellent shooteur à 3 points d’une explosivité rare. Memphis fait une grande saison, un top 10-15.
Vient ensuite le cas J.J. Redick. Il est difficile de savoir si ce joueur est sur-côté ou sous-côté. Pour certains, c’est un des meilleurs shooteurs de tous les temps, un Chris Mullin puissance 10. Pour d’autres, il profite beaucoup du collectif de Duke qui lui ouvre beaucoup de shoots et il n’a plus qu’à les mettre dedans. Un Wally Sczerbiak au mieux. Regardons simplement les chiffres. J.J. est pour le moment le meilleur shooteur de LF de l’histoire de la NCAA (93% de moyenne), il tourne à 26.5 points par match (50%, 42% à 3 points) et ça personne ne l’a fait à Duke depuis bien longtemps. Ni Elton Brand, ni Grant Hill, ni Jay Williams, Luol Deng, Christian Laettner ou Corey Maggette n’ont fait ça. 26 points par match dans la meilleure équipe du pays, ça ne s’était simplement pas vu depuis une éternité. Qui croire alors ? Que vaut réellement Redick ? Soyez sûr que s’il réalise un tournoi final démentiel il pourrait bien s’inviter dans la course au lottery pick, si le contraire se réalise, il aura du mal à accrocher le top 20.
Les autres joueurs candidats au premier tour se nomment Maurice Ager, Allan Ray, Brandon Roy ou Richard Roby. Des européens aussi comme Rudy Fernandez, Marko Tomas ou Marco Bellinelli. Comme souvent il y a foule à ce poste et la décision se fera dans les derniers moments de la saison.
SF :
Derrière les 3 ailiers prévus dans le top 4 (Morrison, Gay et Bargnani), c’est un peu le désert. Le plus prometteur est sans aucun doute Shawne Williams, le coéquipier de Rodney Carney à Memphis, mais il n’est que freshman et pas du tout certain de se présenter. De plus, il a sérieusement marqué ces dernières semaines après un début de saison ahurissant. Parmi les freshman, on trouve aussi Julian Wright et surtout Brandon Rush (le frère de Kareem et Jarron), tous deux de Kansas qui intéressent fortement les scouts. Mais là aussi, peu de chances qu’ils se présentent cette anée.
Citons tout de même quelques joueurs comme Steven Smith de LaSalle, Damir Markota, le jeune croate, le surpuissant Hassan Adams d’Arizona ou Shannon Brown, le shooteur de MSU. Rien est sûr quant à leur draft pour le moment en tout cas.
PF :
Une excellente cuvée à ce poste, peut être même exceptionnelle.
Commençons par les jeunes qui impressionnent. Tyrus Thomas de LSU est la nouvelle coqueluche des scouts. 14 points et 10 rebonds et 3,4 contres de moyenne pour lui. Un monstre physique qui présente d’étonnantes qualités offensives, on aime beaucoup ça en NBA. C’est la même chose pour Al Horford, le coéquipier de Joakim Noah à Florida. Le même profil que Thomas, un an plus vieux, mais dans une équipe plus forte. 2 joueurs qui pourraient être choisis dans le top 10 si on draftait aujourd’hui.
Il y a ensuite un nombre impressionnant de PF expérimentés et dominateurs. Shelden Williams tout d’abord de Duke, sous-dimensionné pour jouer pivot à l’étage supérieur. Il est en passe de remporter pour la 3ème année consécutive le titre de meilleur défenseur en NCAA, tout en marquant près de 20 points par match. Derrière lui, d’excellents joueurs qui méritent le premier tour : Tiago Splitter le brésilien de Vitoria, Taj Gray d’Oklahoma, Nick Fazekas le lituanien de Nevada, Paul Millsap de Louisiana Tech, Marco Killingsworth l’âme d’Indiana, Craig Smith le bulldozer de Boston College, JP Batista de Gonzaga ou encore Eric Williams de Wake Forest. La liste est encore longue mais tous ne pourront jouer en NBA. Et à part Shelden Williams et Splitter, les autres ne seront probablement pas du top 15, les places vont être très chères.
C :
Proche du néant, la NCAA manque cruellement de taille et n’a que des PF à proposer, tous les bons prospects pivot ayant déjà été drafté.
Parlons quand même de joueurs comme Josh Boone et Hilton Armstrong de UConn, qui sont tous deux mi-PF, mi-pivot . Deux joueurs athlétiques, pouvant marquer quelques paniers, deux bons prospects.
Le joueur le plus "fini" est probablement Paul Davis de MSU, mais lui aussi est peut-être un peu petit pour jouer pivot, il a appris à s’écarter un peu du panier et peut tout à fait jouer PF en NBA.
Ces 3 joueurs seront du premier tour.
Ensuite, on trouve quelques prospects comme Sasha Kaun de Kentucky, CJ Giles de Kansas ou encore Darian Townes d’Arkansas, mais vraiment rien de transcendant. En Europe, on a que Kosta Perovic à se mettre sous la dent, il atteindra difficilement le deuxième tour.
Côté français, rien à signaler cette saison, Ilian Evtimov aura bien du mal à se frayer une place dans la draft et au pays, personne n’affole les scouts pour le moment.
basketime