Désolé de couper la conversation.
01/06/2005
Basket - NBA : Le billet de Jacques Monclar
Jacques Monclar, coach de la JDA Dijon et consultant de l´Equipe.fr, nous livre ses impressions sur la semaine écoulée en NBA.
«Baby-sitter ou garde du corps?»
«Un peu des deux sans doute» comme dit mon fils Julien. Le Shaq et Zo Mourning ont rendu visite à Dwyane Wade après le match 1 et son 7/25 au shoot. Une petite balade en ville, une révision du code de la route, une piqûre ( nocturne, il était 3h45 du matin et le Shaq n´arrivait pas à dormir) de rappel du " Big Shaq daddy" et, hop, 76 points en deux matches et deux victoires ( dont une à Detroit) synonyme d´avantage du terrain recupéré. Même si Detroit a impressionné par sa défense pour revenir à 2-2, Miami a les cartes en main. Il est vraiment étonnant ce Dwyane Wade, sorti de Marquette, et dont personne ne connaît encore les limites. Ses changements de rythme, ses cross-overs, sa faculté à se créer ses propres shoots et à les prendre sur la tête de l´adversaire, son jump et sa présence au rebond offensif en font, quand il est adroit à l´extérieur, un joueur inarrêtable, comme l´était Jordan au même moment de sa carrière. Le Shaq veut «l´aider à devenir le meilleur joueur du monde». Venant de celui qui se considère comme le plus dominant, ça calme...
«Banc»
Larry Brown a bien masqué son jeu. D´aucuns lui reprochaient de sous-utiliser son banc. Et voila que Lindsey Hunter retrouve toute sa vitesse, son impact et sa défense pendant que Elden Campbell oublie sa nonchalance répertoriée et offre à son équipe de bonnes minutes contre le Shaq ( qu´il connait bien pour avoir joué avec lui aux Lakers). Campbell a même été parfois associé à Ben Wallace. Vous me direz, en face, Stan Van Gundy envoie de plus en plus le Shaq et Zo Mourning en même temps sur le parquet. Les places sont chères dans la raquette.
«Coaching»
C´est Mike d´Antony qui décide de laisser Tony Parker plus ou moins ouvert sur l´extérieur pour limiter l´impact de ses pénétrations, et ça marche ( voir match 4). C´est encore Larry Brown qui fait également attaquer l´intervalle ( donc pénétrer) dans le match 4 et qui provoque des fautes sur le Shaq. C´est aussi Greg Popovich qui relève le défi offensif des Suns et qui frôle la victoire parfaite ( le sweep, 4-0). Ce sont enfin les «associations de Mammouths» dont on a parlé plus haut, la résurrection traditionnelle ( attendue?) de Robert Horry, la vraie bonne présence de Nazr Mohammed dans la raquette des Spurs, les retours de Rip Hamilton et Chauncey Billups à leur niveau de l´an passé, le courage de Joe Johnson sans qui Phoenix ne peut pas lutter contre San Antonio, l´épanouissement de McDyess dans son rôle de sixième homme. Et ce n´est pas fini. Je soupçonne tout ce petit monde ( des coaches) de nous garder le meilleur pour la fin...
«Suns»
On les voyait au bout de la route, châtiés par des Spurs d´une dimension supérieure, et les voila, tels des boxeurs dans les cordes, qui viennent de gagner un round. Ils ont déjà sauvé l´honneur et gagné encore plus de respect de la part des fans, de leurs adversaires, des médias... Et que dire d´Amare Stoudemire ? Les mots manquent devant sa progression, son developpement... et pourtant, en face, c´est Tim Duncan... Certes, Stoudemire a trouvé en Steve Nash un poisson-pilote exceptionnel, mais au-delà de son impact offensif toujours spectaculaire, son placement défensif lui permet de lire les trajectoires des shoots adverses et de placer de temps en temps des contres venus d´ailleurs ( voir fin du match 4). Imaginez un peu qu´un riche ( très, très riche) propriétaire réussisse à l´associer à Dwyane Wade, cela pourrait créer une dynastie... Et on ne m´enlèvera pas de l´idée que ce sont là les deux plus belles progressions de la NBA.
«Cavs»
Les Cavaliers de Lebron James sont en contact avancé avec Mike Brown, patron de la défense des Pistons et ancien assistant chez les Spurs et les Wizards. C´est plutôt une bonne chose pour eux de savoir assez tôt qui les prendra en charge, cela permettra un recrutement plus serein et rassurera sans doute la star locale. Les Cavs ont été les grands perdants de la fin de saison régulière, mais le projet est bel et bien là.
«Lakers»
Ils nous manquaient... Phil Jackson et Jerry Buss ont pris date et le compte à rebours a commencé. Quant à savoir si PJ va retrouver la plus célèbre équipe californienne...
«Prono-idiot»
J´ai l´humeur joueuse, alors : 4-2 pour les Spurs et... 4-3 de l´autre côté mais je ne sais pas pour qui... Je sais, c´est idiot, mais j´avais envie de vous le dire...»
Jacques Monclar ( avec B. R.)