Article que je trouve très interessant ds l´équipe:
EN SERBIE, AU PAYS DU BASKET
Par Xavier COLOMBANI
Si le basket est arrivé en Europe via la France à la fin du XIXe siècle, c´est dans l´ex-Yougoslavie qu´il a trouvé ses lettres de noblesse. La Serbie-Monténégro est l´héritière de cette tradition qui touche tous les Balkans. La Ligue Adriatique montre aujourd´hui le chemin de l´entente.
L´Arena à Belgrade, trait d´union de l´histoire
S´il existe un «pays du basket», il faut le chercher parmi ces trois noms : Etats-Unis, Lituanie et Serbie-Monténégro. Les Américains ont quelques arguments à avancer puisque ce sport a été créé chez eux et qu´ils ont dominé le monde entier durant plus d´un siècle. Dans son film Broken Flowers, le cinéaste Jim Jarmush fait encore du panier de basket le trait d´union entre les différentes couches sociales. Mais outre-Atlantique, le basket souffre depuis quelques années de l´individualisme ambiant. Ce qui ne risque pas d´arriver en Lituanie, où la passion pour la balle orange remonte jusqu´au président de la République, qui n´oublie pas qu´elle fut un vecteur politique, notament avec le Zalgiris Kaunas.
Mais s´il faut choisir un «pays du basket», il est difficile d´éviter la Serbie-Monténégro, héritière jalouse des trésors de l´ex-Yougoslavie, celle qui conjugue au mieux passé et présent. De Nikolic à Maljkovic, les entraîneurs qui ont imposé leurs vues au Vieux Continent sont issus des Balkans. La Serbie-Monténégro, championne du monde en titre en 2003, est dans le même temps le pays étranger le plus représenté en NBA. Mais si la chute de l´URSS a eu un effet stabilisateur pour les pays baltes, via l´Union Européenne, la guerre en ex-Yougoslavie a démobilisé les peuples qui la constituaient. Carla Del Ponte, le procureur du Tribunal Pénal International pour l´ex-Yougoslavie, s´en inquiétait début septembre : ces nations «préparent idéologiquement le prochain conflit», sans «processus de réconcilitation véritable». A sa petite mesure, l´Euro sera dépendant de ce contexte puisque Bosnie, Croatie, Serbie et Slovénie sont qualifiées.
Dans ce contexte, le basket sert de poisson-pilote positif tout en essayant de demeurer autant que faire se peut à l´écart de la politique. La Ligue Adriatique réunit les meilleurs clubs de toute l´ex-Yougoslavie, une première rafraîchissante. Dix après après la fin de l´embargo, le souvenir des Serbes suspectés de sympathie nationaliste sur la plus haute marche du podium a vieilli. Il reste cependant une pomme de discorde qu´il faudra bien contenir aux limites du terrain, loin des tribunes : la nouvelle salle de 20 000 places construite à Belgrade, où sera disputée la phase finale et qui a servi pour le récent Euro de Volley. Sa construction avait été décidée avant l´embrasement de la région mais a duré des lustres. Tombés dans l´indolence sportive, Croates, Slovènes et Bosniaques auront donc à coeur de s´imposer dans cette salle qui aurait pu être aussi un peu la leur.
LE PANTHEON YOUGOSLAVE
DEJAN BODIROGA (né en 1973)
Le joueur n°1 en Europe au tournant du millénaire. Un ovni dans le basket moderne avec un jeu compliqué à déchiffrer. Un sang froid incroyable. Le leader moral de la sélection cette année. Joue désormais à Rome.
DRAZEN DALIPAGIC (né en 1951)
Le meilleur marqueur de l´histoire de la sélection yougoslave, élu au Hall of Fame américain après avoir remporté douze médailles lors d´Euro, JO ou Mondiaux. Arrière moustachu né à Mostar, en Bosnie.
VLADE DIVAC (né en 1968)
Il a été élu meilleur sportif du XXe siècle en Serbie-Monténégro. L´un des pivots les plus intelligents de l´histoire du basket. Doté d´un charisme extrême. Président du Partizan Belgrade entre 2002 et 2004.
ALEKSANDER NIKOLIC (1924-2000)
Né à Sarajevo, le «père du basket yougoslave» est la figure mythique du coaching en Europe. Il a fait décoller la sélection dans les années 1960 avant d´être trois sacré fois champion d´Italie à Varèse.
DRAZEN PETROVIC (1964-1993)
Un shooteur et une vraie tête de lard devenu star en NBA à l´époque où ça ne se faisait pas. Décédé dans un accident de voiture vers 30 ans comme Radivoj Korac, ancien triple meilleur marqueur de l´Euro, 24 ans plus tôt. A connu les sélections yougoslave et croate.
BORISLAV STANKOVIC (né en 1925)
Le n°1 de la FIBA de 1976 à 2002. Certains lui attribuent la «paternité» de la victoire de la Serbie lors de l´Euro 1995, après l´embargo. Reste très influent, même s´il n´occupe plus qu´un poste d´honneur.