« C´était un coup préparé ! »
DEUX JOURS avant le départ de Fabrice Fiorèse pour l´OM, le 31 août dernier, Modeste M´Bami avait pris la parole au cours d´une réunion de groupe pour dire qu´il suspectait un coup monté. Aujourd´hui, l´international camerounais n´a pas changé d´avis. Selon lui, on ne peut pas être transféré du PSG à l´OM en vingt-quatre heures.
Etes-vous toujours persuadé que Fiorèse avait prémédité son transfert ?
Modeste M´Bami. Mais bien sûr ! C´était un coup préparé ! Quand on est un cadre du PSG, quand on est vice-capitaine et qu´on a la confiance du coach, on ne peut pas quitter Paris et partir à l´ennemi d´un jour à l´autre. Personne ne pourrait être transféré du Real à Barcelone en une heure. Pour que Marseille vienne approcher l´un des chouchous du Parc, il faut beaucoup plus d´une semaine. Moi, je pense qu´en stage à Aix-les-Bains ( NDLR : du 2 au 15 juillet), il y avait déjà des contacts.
Vous êtes-vous senti trahi ?
La veille de son départ, nous étions tous au Parc pour recevoir les voitures Volvo. Il m´a pris à part et m´a dit : « Modeste, je te jure que je n´ai pas de club. » Le lendemain, il signait à Marseille...
Pourquoi vous a-t-il dit cela à vous plutôt qu´à un autre joueur ?
Parce que le dimanche, lors d´une réunion avec les autres joueurs, l´entraîneur et le président, j´avais pris la parole pour dire que je pensais qu´il préparait son transfert depuis le stage. Fio n´était pas là, on lui a rapporté mes propos. Alors après, il est venu me parler en tête à tête. Il m´a dit qu´il voulait revenir dans le groupe mais qu´il ne savait pas si le coach allait le réintégrer. Je lui ai répondu que le groupe ne le lâcherait pas et qu´on parlerait avec le coach.
Avec le recul, que retenez-vous de cette histoire ?
Il n´a pas été correct avec nous. Combien de fois l´année dernière il a vanné Anigo en disant : « Ce n´est pas un entraîneur » ? Et quand il arrive là-bas, il dit qu´il a enfin trouvé un coach avec lequel on peut discuter. S´il était parti en avançant des arguments sportifs, on n´aurait pas réagi. Mais dire qu´il a trouvé une famille et que le PSG est une secte, qu´est-ce que ça veut dire ? Que nous sommes des adeptes ? Ce n´est pas possible d´agir ainsi. Je ne peux pas l´accepter. S´il pensait qu´on était une secte, il fallait le dire quand on était ensemble.
Cette histoire a-t-elle plombé l´ambiance dans le vestiaire ?
Pendant un moment, ceux qui étaient proches de lui étaient regardés d´un mauvais oeil. Mais on est des grands garçons, on sait faire la part des choses.
Son départ explique-t-il en partie votre début de saison raté ?
Oui, ça nous a affectés. Dans nos têtes, nous n´étions pas bien. En début de saison, il y avait dans le groupe un mec qui n´avait plus envie d´être là et qui pouvait influencer deux ou trois autres joueurs. Il y avait quelque chose de négatif dans le groupe qu´il fallait enlever.
Sur le terrain, son absence vous a-t-elle handicapés ?
Sur le plan sportif, il apportait beaucoup. Des supporters m´ont demandé de le casser, je leur ai répondu : Non ! N´oubliez pas tout ce qu´il a apporté à l´équipe la saison dernière. Fiorèse était une plaque tournante, le joueur qui a disputé le plus de matchs. Dans le système du coach, des joueurs comme lui, qui ont la gnaque et qui n´arrêtent pas, sont très importants.
Allez-vous lui serrer la main ?
Mais oui ! Il y a quelques mois on était ensemble et ce n´est qu´un match de football. Personne ne va être méchant et chercher à le tacler. Quand on vient voir PSG - Marseille, on ne vient pas voir des coups bas, on vient voir un spectacle. Ce n´est pas un match de voyous.
Il n´a pas tout a fait tort non plus Modeste.
Enfin, on verra demain, en face il y aura Costa 