« Avec Fernandez, on ne peut que progresser »
26 août 2004 - Olivier DE LOS BUEIS
A 21 ans, Franck Ribéry découvre la Ligue 1 avec Metz. Et l’ex-Brestois n’a pas raté ses débuts : très bon contre Nantes et Ajaccio, il a crevé l’écran contre Lyon. Face à Marseille et Lizarazu le week-end prochain, il espère encore donner son maximum et continuer sa fulgurante ascension. Sans se poser de questions.
Franck Ribéry, vous êtes la révélation de ce début de saison de Ligue 1. Comment vivez-vous cela ?
Je dirai que depuis le début de saison, je trouve que la préparation s’est bien passée, avec un bon groupe et des joueurs simples. Je suis content. Cela se passe bien, avec deux victoires et un match nul face à Lyon. On va essayer d’atteindre le plus vite l’objectif du club qui est le maintien. On va essayer de faire le maximum.
Comment fait-on pour passer si facilement du National à la Ligue 1 ?
Je ne me suis pas mis de pression. Ici, à Metz, avec un bon coach, je savais que j’allais avoir la chance de jouer. Ça s’est bien passé : j’ai fait mon maximum. Le plus dur est de continuer, de faire mon maximum pour que tout ne s’arrête pas là.
La présence de Jean Fernandez semble être importante dans votre venue à Metz…
Bien sûr. J’ai tout de suite senti que le coach voulait faire quelque chose avec moi. Il me conseille, me donne des consignes que j’essaie d’appliquer sur le terrain. Le coach, je pense que grâce à lui, des joueurs comme Benoît Pedretti et Pierre-Alain Frau sont dans des grands clubs. Avec Fernandez, on ne peut que progresser.
« J’ai eu des moments difficiles »
Il est venu vous chercher à Brest en National. Quels souvenirs gardez-vous de cette saison en Bretagne ?
Le souvenir que je peux garder avec Brest, c’est la très belle saison qu’on a faite, avec beaucoup de supporters derrière nous. Le plus beau souvenir, c’est la montée en Ligue 2. Si je m’attendais à être remarqué là-bas ? Mon but, c’est toujours d’aller le plus haut possible. Le travail que j’ai fait paie aujourd’hui.
Vous avez un parcours atypique. A qui ou à quoi pensez-vous quand vous jouez en Ligue 1 ?
J’ai eu des moments difficiles au début, puis à Alès où on a eu des problèmes pour être payé. J’ai vécu là-bas le dépôt de bilan en fin de saison… Jusqu’à maintenant, je n’ai rien lâché. J’ai su rebondir à Brest. Je suis content. J’ai été récompensé du travail effectué. Je suis heureux d’être à Metz maintenant.
En réussissant des débuts fracassants, vous attirez les médias. Est-ce que cela peut vous gêner ?
Non. Je ne me prends pas la tête, je reste simple. Si les journalistes m’appellent, c’est leur travail aussi. C’est tout…
Sauf que ce battage va modifier la façon dont vos adversaires vont vous attendre désormais. Ils seront prévenus…
C’est clair : maintenant que je passe à la télé, en faisant des bons matchs, les défenseurs adverses seront plus difficiles à passer. Je ne vais pas changer. Je vais toujours provoquer et aller de l’avant avec le ballon.
« J’aimais bien Chris Waddle »
Vous allez affronter Bixente Lizarazu. Est-ce un duel particulier pour vous ?
Jouer contre Lizarazu, c’est bien pour moi, c’est Lizarazu ! Il a été champion du monde, champion d’Europe ! Mais moi, sur le terrain, je ne fais pas attention à qui se présente devant moi.
Jouer devant 60 000 spectateurs à Marseille, ça va vous changer…
Moi, j’aime bien le bruit, la présence de beaucoup de supporters. Jouer pour la première fois au Vélodrome, je suis content. J’ai hâte d’être à samedi.
Jeudi, René Girard donnera sa liste pour les matchs de l’équipe de France Espoirs. Vous y pensez forcément…
Moi maintenant, les Espoirs, ça fait partie de ma progression, de ma carrière. Mais je ne me fais pas de soucis. Si Monsieur René Girard m’appelle pour aller en Espoirs, j’irais…
Clairefontaine, les Bleus, avez-vous dans cette équipe un modèle, quelqu’un qui vous a marqué, qui vous inspire ?
J’aime bien Zidane : Zidane , c’est Zidane. Tout le monde l’adore. Après Thierry Henry, c’est beau de voir des grands joueurs comme ça. Ça donne envie de faire comme eux. J’ai encore envie de progresser mais j’ai beaucoup de choses à apprendre, je pense pouvoir le faire à Metz avec monsieur Fernandez. Sinon, dans le temps, j’aimais bien un autre joueur : Chris Waddle. Waddle était un dribbleur, quelqu’un qui provoquait.