Un bilan comptable déficitaire cette année, des caisses vides dues à une disparition prématurée en ligue des champions, Umberto Agnelli qui ne mettra pas la main au portefeuille : la Juve, malgré son prestige et sa notoriété planétaire, ne peut plus se meler à la chasse aux stars du ballon rond : les cas Stam et Stankovic en sont des parfaites illustrations : ces deux joueurs constituaient des objectifs prioritaires pour Moggi : le hollandais était la priorité pour renforcer la défense alors que le milieu serbe devait assurer en douceur la transition avec un Nedved vieillissant : l´Inter et le Milan ont finalement remporté la mise grace à des propositions financières sur lesquelles la Juve était incapable de s´aligner...Qu´il semble loin le temps où le regretté Gianni Agnelli était disposé à débourser 60 millions d´euros pour Vieri….
Si le choix de Prandelli au détriment de Deschamps se confirme, il sera aussi à mettre sur le compte d´un manque de trésorerie : l´actuel coach de Parme gagne en effet " seulement" 700000 euros par an alors que Deschamps exigerait 2,5 millions d´euros annuels : c´est cet aspect financier qui éloignerait Didier de Turin au profit du plus " modique" Prandelli. Deschamps est pourtant " sponsorisé" par Umberto Agnelli en personne, ce dernier aurait demandé à la triade Bettega-Moggi-Giraudo de tout faire pour l´engager, mais tout porte pourtant à croire que les prétentions financières excessives de Deschamps vont faire capoter l´affaire : après les joueurs, se sont les entraineurs les plus prometteurs qui nous échappent faute de moyens financiers...
Avec Prandelli, formateur avant tout, c´est une page de la stratégie sportive du club qui va probablement se tourner : priorité aux jeunes espoirs, de préférence italiens ( arrivées plus que probables de Gilardino, Ferrari, Bonera, retours de pret de Blasi, Brighi, Sculli et Gasbaronni) au détriment des stars ( Buffon, Thuram et Nedved constituent à cet égard l´ultime génération de stars achetées à prix d´or), projets sportifs basés sur le long terme avec des objectifs graduels ( place qualificative pour la ligue des champions la première année, conquete du scudetto au bout de 2 ou 3 saisons, le temps de laisser maturer une effectif sensiblement rajeuni).
Il faudra ainsi s´habituer, du moins pour une ou deux saisons, à voir les mastodondes financiers que sont le Milan et l´Inter ( leurs tifosi peuvent remercier le compte en banque de Berlusconi et Moratti...) sur le devant de la scène, tant en championnat qu´en coupe d´europe car Prandelli, aussi habile entraineur soit-il, ne pourra pas immédiatement valoriser au maximum le talent de la génération parmesane destinée à le suivre dans son aventure turinoise.
Régression sportive ou adaptation aux nouvelles réalités économiques du football ? Nulle doute que le tournant historique que semble prendre le club dans sa future stratégie sportive va alimenter les débats au sein des tifosi bianconeri.