Alonzo devrait être épargné
QUE DOIT CRAINDRE Jérôme Alonzo lors de son passage, aujourd´hui, devant la commission de discipline de la Ligue ( LFP), après son expulsion à Nice, samedi dernier ( victoire 2-1 du PSG) ? Une suspension pour un match au minimum selon les règlements. Deux matchs fermes, tout au plus. Et vraisemblablement pas davantage.
« Ce n´est pas l´affaire de l´année, annonce Jacques Riolacci, le président de la commission de discipline. La sortie d´Alonzo n´est pas comparable à celle de Schumacher contre Battiston, au Mondial 1982. Il ne porte pas atteinte à l´intégrité physique de son adversaire. » Le président de la commission n´envisage en aucun cas de sanction exemplaire à l´encontre du gardien parisien : « Il y a déjà eu des précédents. Nous ne mettons des sanctions exemplaires que dans les cas graves. Or ce n´est pas le cas ici. Et, par expérience, je sais que la dissuasion n´empêche pas la récidive. » L´avis de celui qui est chargé de sanctionner les mauvais gestes dans le football français ne donnera pas satisfaction à ceux qui réclamaient un exemple à l´encontre de ce geste d´antijeu. « On pourra donner notre avis sur ce cas, mais de là à nous saisir de ce dossier, il y a une marge, prévient Dominique Rocheteau, président du Conseil national de l´éthique. Ce geste est ennuyeux pour l´esprit sportif, mais il n´y a pas eu d´agression. C´est plutôt au niveau des lois du jeu qu´il faudrait réfléchir à des modifications sur la sanction technique. » Seul l´International Board, qui dépend de la Fifa, est habilité à procéder à ces réformes.
« Je vais rater PSG - OM et ce n´est pas rien... » « Pourquoi ne pas accorder un penalty même si la faute est commise en dehors de la surface, ou bien un but de pénalité comme au rugby, pour sanctionner ce genre de faute ? » s´interroge Joël Quiniou, ancien arbitre international. Michel Vautrot, directeur technique national des arbitres, se veut, lui, plus prudent : « Si on donne penalty et qu´il est manqué, que fera-t-on ? On donnera une nouvelle chance ? Méfions-nous, car certaines finesses des règlements ne sont pas lisibles pour le public et les joueurs eux-mêmes. » Jérôme Alonzo s´étonne de l´ampleur prise par cette affaire : « Je me suis sacrifié. Si Le Crom ( gardien de Guingamp) avait fait ça contre Montpellier, personne n´en aurait parlé. Sur l´action, je n´ai pas réfléchi aux conséquences. Je vais rater PSG - OM et ce n´est pas rien... » Dans le milieu du football, ce comportement n´a pas choqué. Au contraire. Depuis samedi, Alonzo a reçu beaucoup de témoignages de réconfort. Et même de Niçois, qui lui ont avoué qu´ils auraient agi comme lui en de semblables circonstances...