Football: Manchester, club le plus riche du monde depuis 8 ans
[2005-02-17 08:35]
par Trevor Huggins
LONDRES ( Reuters) - Manchester United reste pour la huitième saison d´affilée le club de football le plus riche de monde, selon le rapport annuel publié jeudi par le cabinet conseil Deloitte qui estime à deux milliards de livres ( environ 2,9 milliards d´euros) les revenus des vingt clubs les plus fortunés de la planète.
Sur l´ensemble de la saison 2003/04, le club mancunien coté en bourse a dégagé 171,5 millions de livres ( environ 245 millions d´euros) de revenus.
Le Real Madrid arrive en deuxième position avec £156,3 millions ( E225 millions) et réduit de moitié l´écart qui séparait les deux clubs la saison précédente. Le Milan AC complète le podium avec des revenus estimés à £147,2 millions ( E213 millions).
Le club londonien de Chelsea, racheté en juillet 2003 par le milliardaire russe Roman Abramovich, et Barcelone, qui s´affronteront la semaine prochaine en huitièmes de finale de la Ligue des champions, sont les deux clubs ayant enregistré le bond le plus élevé dans ce classement, gagnant chacun six rangs.
Les revenus de Chelsea atteignent £143,7 millions ( E208 millions), ce qui en fait le quatrième club le plus fortuné du monde; avec £112 millions ( E162 millions), les Catalans occupent le septième rang et profitent du relèvement de leurs droits d´exploitations télévisés et de la hausse des recettes aux guichets les jours de match au Camp Nou.
Au total, les championnats anglais et italiens dominent ce classement avec huit représentants de Premier League et cinq de Série A.
Seuls deux clubs allemands, le Bayern Munich et Schalke 04, figurent dans ce hit-parade. Les Ecossais ne sont pas mieux lotis, avec les deux clubs rivaux de Glasgow ( le Celtic et les Rangers). L´Olympique de Marseille est l´unique formation française présente, faisant son entrée à 18e place avec 58,3 millions de livres de revenus ( E84 millions).
INTÉRÊTS CROISÉS AVEC LA TÉLÉVISION PAYANTE
Pour Dan Jones, partenaire associé du cabinet Deloitte, l´avènement des chaînes de télévision par abonnement ces dix dernières années constitue la tendance lourde qui explique la richesse des clubs européens. Et cette situation ne devrait pas changer dans un avenir proche.
" Le football est crucial pour le développement d´un portefeuille solide et durable d´abonnés pour les chaînes payantes", note-t-il.
L´affrontement en France entre Canal+ et TPS, bouquet satellitaire détenu par TF1 et M6, pour l´attribution des droits de la Ligue 1 illustre le caractère stratégique du football dans ce secteur: Canal+ a emporté l´exclusivité des saisons 2005 à 2008 pour 600 millions d´euros par saison. Les droits du football français étaient jusque là de 375 millions par saison.
Au début de l´année, le président de la chaîne cryptée, Bertrand Méheut, expliquait que les nouveaux abonnements avaient augmenté depuis l´attribution des droits de la L1. " Le football doit y être pour quelque chose", ajoutait-il dans les colonnes du Journal du dimanche, évoquant la somme à débourser sur les trois prochaines saisons comme un " investissement industriel stratégique".
" Les chaînes payantes ont autant besoin d´un football de haut niveau que le football a besoin des revenus des chaînes payantes, par conséquent, nous nous attendons à ce que les droits TV ( ...) restent à leur niveau", résume Dan Jones.
Avec ces droits TV, une autre source de revenus pour les clubs réside aux guichets et dans les allées du stade, les jours de match mais aussi les autres jours.
Dans ce domaine, qui inclut restaurants et centres de conférence, les clubs anglais sont passés maîtres.
" Les autres clubs doivent s´y mettre maintenant", estime Jones. " Avec les succès de Chelsea et le développement de l´Emirates Stadium d´Arsenal ( ndlr, la future enceinte doit remplacer Highbury pour la saison 2006/07), on peut anticiper sur un scénario où les clubs anglais trusteront les trois premières places de ce classement en 2006-07."