Le bus marseillais attaqué
UNE TÂCHE de sang sur son col de chemise, quelques entailles sur le visage, José Anigo pénètre sur la pelouse du Parc des Princes. Il est sous le choc de l´agression dont son équipe vient d´être la cible. Une attaque surprise du bus de l´OM a failli tourner à la catastrophe.
Vers 19 h 30 hier soir, le véhicule de la délégation marseillaise emprunte la route de la Reine à Boulogne-Billancourt ( Hauts-de-Seine), un axe non sécurisé - avec de nombreux débits de boisson ouverts - qui n´était pas prévu sur l´itinéraire. L´escorte policière, forte de huit motards et trois voitures de la brigade anticriminalité ( BAC), se serait... trompée de chemin.
Une cinquantaine d´individus A hauteur du n o 98, à 500 m du Parc, le bus doit ralentir en raison des embouteillages générés par le dispositif de sécurité sans précédent déployé dans le quartier. Soudain, un groupe d´une cinquantaine d´individus aux visages masqués surgit et jette sur les vitres à l´avant-gauche du véhicule des objets ramassés en terrasse d´un bar : chaises, pieds de table, canettes de bière et cailloux. Rapidement, trois vitres explosent et des bris de verre retombent sur l´état-major marseillais, assis à l´avant du véhicule. Une canette pénètre à l´intérieur par l´une des vitres brisées et éclate. Touché par des bouts de verre, Pape Diouf, le manager général de l´OM, se lève pour aider le chauffeur à tenir son volant. Sonné par une canette qui a heurté son épaule et sa tête, l´homme d´origine algérienne, âgé de 58 ans, souhaite s´arrêter. Christophe Bouchet lui demande au contraire d´accélérer et le convoi arrive finalement au stade. Entre-temps, les fauteurs de trouble se sont volatilisés. « Ça ressemble à un guet-apens, nous sommes passés à quelques centimètres d´une catastrophe très grave, dénonce le président de l´OM. On va étudier la meilleure solution pour porter plainte. Il faut faire retomber la pression, il y a un match mercredi. Il faudra réfléchir à totalement fermer la route qui nous mène au stade. » Désabusé - la lumière de son vestiaire a été coupée à la mi-temps du match -, Anigo craque : « Il faudrait que les Parisiens aient une réception du même genre pour qu´ils comprennent ce que c´est. » Ennuyé, bien qu´il ne puisse être tenu pour responsable, le président Francis Graille condamne ces actes : « Ce sont des gestes intolérables. » Pour quitter le stade, les Marseillais ont utilisé un bus de rechange conduit par un nouveau chauffeur. A la sortie du parking, Frédéric Déhu et Fabrice Fiorèse ont pris soin de se cacher derrière un rideau.
bien fait pour leur gueule, anigo a la haine 