Anigo : " On ne met pas le championnat de côté"
Arrivé à son chevet en janvier, José Anigo a métamorphosé l’OM. L’équipe répond de nouveau présent dans les grands rendez-vous et redonne de la fierté à ses supporters. Le technicien, reconduit jusqu’en juin 2005 par Christophe Bouchet, revient sur l’exploit milanais et trace le chemin à suivre dans les prochaines semaines.
La nuit a été courte, pour ne pas dire inexistante, pour José Anigo rentré à 4 heures du matin de Milan. Mais l’entraîneur marseillais a eu droit à une attention particulière ce jeudi à la Commanderie avec un «happy birthday» entonné par les journalistes marseillais pour fêter ses 43 printemps. La chanson terminée, l’interview pouvait commencer…
En plus de la qualification contre l’Inter, l’autre information de la soirée de mercredi était que Christophe Bouchet t’avait reconduit pour la saison prochaine…
José Anigo : «Oui, le Président l’a annoncé aux joueurs dans le vestiaire après le match. Le fait d’être reconduit dès maintenant me permet de travailler sur l’avenir. Cet avenir commence par garder une grosse partie des joueurs actuels comme Fabien ( Barthez). Je ne sais pas où en sont les discussions avec lui, mais dans mon esprit, il sera encore marseillais la saison prochaine. J’aimerais aussi conserver Camel ( Meriem, prêté par Bordeaux), qui s’est bien relancé en trouvant le poste qui lui convenait, même si ça ne pourra se faire à n’importe quel prix. Et après, le but sera d’ajouter trois ou quatre très bons joueurs, avec de l’expérience».
Maintenant, on ne peut plus te dire que tu es «un jeune entraîneur qui débute»…
J.A. : «C’est vrai ( il sourit). Quand un entraîneur a sur sa carte de visite une demi-finale de coupe d’Europe, on ne dit généralement plus ça de lui… On va peut-être attendre plus de moi, maintenant».
Tu apparais aujourd’hui comme l’homme providentiel…
J.A. : «Non, il n’y a pas d’homme providentiel. C’est le groupe dans son ensemble qui mérite les honneurs, avec en premier lieu les joueurs. Notre réussite actuelle est collective. En ce moment, on a l’impression qu’un coup de baguette magique a été donné sur le club. Tout le monde a retrouvé le sourire».
«J’avais l’impression d’être à Marseille, mercredi»
Face à l’Inter, il n’y a pas eu que de la magie. La tactique employée par l’OM a aussi fait la différence…
J.A. : «C’est un vrai plaisir d’observer que notre travail des dernières semaines est récompensé. Nous avions beaucoup analysé le jeu de l’Inter pour trouver les bonnes parades et identifier les failles. Nous avions notamment remarqué que leur côté gauche était un point faible car Kily Gonzales et Gamarra se marchaient sur les pieds. Nous avons exploité cette donnée».
Cette victoire à San Siro doit te rassurer sur la capacité de l’équipe à gagner sans Didier ( Drogba)…
J.A. : «On sait qu’on peut le faire. Et quelque part, on l’a même un peu fait pour lui d’ailleurs, car il nous a tellement aider à gagner des matches qu’il méritait bien de disputer cette demi-finale. A présent qu’il est de retour, il doit nous pousser de nouveau de l’avant».
Quel a été pour toi le moment fort de la soirée ?
J.A. : «Le but de Camel ( Meriem) bien-sûr, mais aussi l’ambiance dans son ensemble. J’avais l’impression d’être à Marseille tant nos supporters s’étaient déplacés en nombre. C’est une force. Cela me rappelle l’époque des Minots où nous n’avions pas une grande équipe mais où nous étions capables de bien des choses grâce à ce public…»
«Je vais renouveler 50% de mon équipe face à Lille»
Se replonger dans le quotidien du championnat avec la réception de Lille dimanche ne va-t-il pas être difficile pour tes joueurs ?
J.A. : «Savoir enchaîner, c’est le lot de tout professionnel. Et puis, nous ne perdons pas de vue que même si nous gagnons la coupe de l’Uefa, cela ne nous offrira pas une place en coupe d’Europe l’an prochain. On a pris goût à ces rencontres européennes, mais on ne met surtout pas le championnat de côté. Si on veut encore se faire plaisir en marge du la Ligue 1 la saison prochaine, il faudra cravacher jusqu’au bout pour accrocher au moins une place qualificative».
L’expérience du nul contre Bordeaux après la qualification face à Liverpool va-t-elle t’amener à faire tourner ton effectif contre Lille ?
J.A. : «Oui, Bordeaux m’a servi de leçon. J’avais aligné ma formation-type et elle avait manqué de fraîcheur. Je vais donc renouveler 50% de mon équipe face à Lille. Il y aura Drogba bien-sûr, mais aussi sans doute quelqu’un comme Christanval qui a une revanche à prendre et qui mérite de rebondir car il a toujours eu une attitude professionnelle. Au final, j’espère que ces joueurs qui jouent moins seront au diapason des autres pour nous permettre d’avoir les trois points».