« LES TIRS N’ETAIENT PAS DANGEREUX »
Il parait que la police a pour mission de protéger la population. On était déjà sceptiques. Mais après le déplacement à Nice, dire une telle phrase apparaît même comme de la provocation.
Première épisode en début d’après midi, pas un policier en ville. Des affrontements avec les niçois et plus d’un quart d’heure après le début des hostilités, les CRS qui débarquent. Et là… c’est le drame ! Alors que le calme était revenu et qu’aucune hostilité ne se faisait sentir à l’encontre des CRS, ces derniers vont sortir leurs matraques et leurs bombes lacrymogènes. Et pas de jaloux, y’en a pour tout le monde ! Un cordon de sécurité et formé, les CRS procèdent à des interpellations hasardeuses. L’un des nôtres passera même en comparution immédiate le lundi et sera condamné à un mois de prison avec sursis après que le procureur ait demandé 4 mois fermes ! Autour de l’entrée du parcage, les flics sont tendus, les matraques partent facilement. Certains se font arrêter après avoir… pisser sur la voie publique ! Il vaut mieux ne pas traîner dans le coin, mais avant de pouvoir pénétrer dans le stade il faut passer par la fouille lors de laquelle on nous impose de passer en chaussettes…
Pendant le match, la présence policière se fait sentir. Les CRS prennent position dans les autres tribunes, allant même jusqu’à se placer au milieu de la BSN, ce qui entraînera des affrontements à l’extérieur du stade. De notre côté, c’est à la fin du match que les uniformes bleus repassent à l’action. Alors que les niçois quittent le stade et que notre zone reste calme, les CRS situés dans la tribune à côté, séparée par 2 grillages et plusieurs mètres de vide se mettent à tirer au flash-ball. Mouvement de panique dans la tribune, les CRS ne sont pourtant pas menacés mais les tirs continuent, visant au hasard dans le parcage où ont pris place des femmes, des enfants… Pendant quelques minutes, on se fait tirer comme des lapins. Impossible de réagir, de se faire entendre. On n’est plus en France mais au Chili de Pinochet !
Bizarrement, à ce moment-là, aucun stadier ou responsable marseillais n’est présent dans la tribune. Il faudra attendre que les CRS arrêtent les tirs d’eux-mêmes. Faute de munitions ou enfin une lueur de lucidité ?
Ainsi, en quelques minutes, alors que la situation était calme, les CRS ont réussi à provoquer la panique dans la tribune avec un mouvement de foule et des tirs tendus à hauteur d’homme sur des citoyens qui ne manifestaient aucune hostilité particulière. Pourtant, sur le moment, aucun observateur, journalistes, membres de la ligue ou même responsables du club n’ont semblé s’inquiéter de tels agissements…