Des jours difficiles en perspective...
L´effondrement total de l´équipe ces deux dernières semaines laisse présager des lendemains moroses du côté du Haillan. Mais il a surtout laissé clairement transparaître des carences jusque-là compensées tant bien que mal par un collectif qualitativement insuffisant pour jouer le haut de tableau et quantitativement faible, mais néanmoins soudé et solidaire. Plus inquiétant, le refus, non seulement de l´équipe dirigeante ( ce qui en soit n´est pas étonnant, depuis le temps on les connaît) mais également de l´entraîneur et du staff, de se mettre devant leurs responsabilités. Un aveuglement qui pourrait bien porter préjudice à une équipe déjà bien mal en point...
Premier point : Pavon, des décisions discutables
Après la déroute d´hier soir, le discours de Pavon n´incite pas à l´optimisme. Fustigeant principalement l´arbitrage ( qui pourtant, a refusé aux Sochaliens un but valable avant de " compenser" avec quelques cartons fantaisistes et un rouge sévère à l´encontre de Jemmali), l´entraîneur bordelais a rejeté la faute sur l´homme en noir, sans se préoccuper d´autres éléments bien plus déterminants dans la lourde défaite girondine. Peut-être faut-il revenir à cette composition de départ, qui à l´évidence ne pouvait jouer mieux qu´un énième match nul. Trop défensif, le sentiment est que du côté du Haillan, on semble avoir oublié un principe essentiel du foot : Pour gagner des matchs, il faut marquer des buts. Une fois de plus, le jeu vers l´avant et la gagne ont été sacrifiés pour ce sacro-saint catenaccio devenu habituel en déplacement, et qui, vu la situation, ne devrait pas tarder à faire son apparition du côté de Lescure.
La tactique bordelaise est simple comme bonjour. On se replie comme des forcenés en défense, en comptant sur Mavuba, Ramé et Kapsis pour faire le boulot, et devant...si opportunité il y a, placer un petit contre par-ci par là. Pas de quoi casser des pattes à un canard, et surtout, pas de quoi motiver des joueurs faisant déjà office de privilégiés sur le beau gazon vert et les locaux flambant neufs du Haillan. Il vaut mieux perdre un match en ayant néanmoins tout donné pour gagner en explosant les compteurs plutôt que de gagner pour le simple fait d´avoir trois points de plus au classement, sans développer le moindre jeu, en se repliant pendant 90 minutes pour placer un hypothétique contre de dernière minute. Pour le spectacle, déjà, car il ne faut pas s´étonner de voir des affluences en chute devant un si maigre spectacle, et il ne faut pas non plus s´étonner de voir les TV délaisser les Girondins lors de leurs retransmissions tant il y a de quoi s´endormir. Mais aussi parce le travail finit par payer, et qu´une équipe qui va de l´avant et qui joue, à domicile comme à l´extérieur, a plus de chances de trouver le bon chemin et de s´installer sur une vraie dynamique positive qu´un groupe devenu habitué à une sorte de pessimisme ambiant, arrivant plus sur le terrain avec l´obsession de sauver les meubles qu´avec une réelle volonté de se faire respecter, de ne pas se faire balader pendant 90mn et de s´imposer. Sans un renouvellement de son message, et sans un véritable combat pour la gagne au sein du groupe bordelais, Pavon et ses troupes se dirigent droit vers l´apathie la plus générale.
On peut également considérer certains choix curieux de la part du successeur d´Elie Baup, qu´on encensait à ses débuts pour son audace dans ses choix de coaching, et surtout pour cette mentalité de guerrier qu´il avait semblé avoir inculqué à ses joueurs. Pavon serait-il depuis passé dans le moule? Qu´est devenu l´aboyeur qu´on voyait sans cesse sur le terrain, remotivant ses troupes, tout près de filer quelques coups de pied au cul? Et surtout comment expliquer des choix qui laissent assez pantois. Retour sur ce Sochaux - Bordeaux. Florian Marange, jeune et prometteur arrière gauche, semble être le remplaçant idéal suite aux absences de Jurietti et Rool. mais c´est finalement Julien Faubert, en baisse de régime depuis quelques matchs, qui est expérimenté à un poste où il a montré qu´il était tout sauf à l´aise. Que dire aussi, du non-remplacement d´un Afanou n´apportant aucun renfort à son poste, courant plus dans le vide qu´autre chose? S´il est à court de solutions, pourquoi Pavon refuse t-il de voir des renforts arriver cet hiver, comme l´a signalé clairement De Tavernost? Ou s´il s´agit de ne pas grossir le groupe quand les blessés reviendront, pourquoi préfère t´il rafistoler grossièrement sa défense et déplacer ses joueurs à des postes inappropriés plutôt que d´aller piocher chez des jeunes dont lui et ses supérieurs font pourtant tant l´éloge? Beaucoup de questions sur les choix parfois discutables du coach bordelais...
Deuxième point : La préparation physique en question
Quand il ne s´agit pas du début ou de la fin de saison, c´est le mois de janvier qui est fatal à Bordeaux. Un problème dont tout le monde se plaint, particulièrement depuis les années Baup où tout cela a commencé à devenir franchement flagrant. Et qui coincide avec l´arrivée au club de celui sur lequel le site officiel ne tarit pas d´éloges : le bardé de diplômes, Eric Bédouet. Cette année ne déroge pas à la règle, puisque la baisse de forme générale est plus que flagrante. Ulrich Ramé, dans une récente interview, visait dans le mille en se demandant comment Bordeaux, loin de comptabiliser autant de matchs joués que Lille, arrivait à être aussi cuit physiquement par rapport à son adversaire. Ajoutons à cela une incroyable hécatombe, avec blessure sur blessure, notamment depuis la trève. Bédouet, interrogé à ce sujet, parle vaguement d´un mystérieux virus qui aurait touché le groupe lors d´un stage à St Jean de Luz. Pas totalement impossible, mais tout de même très gros comme explication, surtout vu le nombre de joueurs concernés. Dernière en date, un programme express concocté pour que Riera revienne en forme optimale aussi vite que possible...résultat, un fantôme sur le terrain complètement émoussé, digne de ses toutes premières prestations sous le maillot bordelais. Des préparateurs de L1 moins diplômés ne connaissent pas, ou en tout cas beaucoup moins cette baisse récurrente et ces hécatombes qu´à Bordeaux. La méthode Bédouet est-elle à revoir? Les doutes se font en tout cas de plus en plus persistants.
Troisième point : Un effectif très surcôté
Hormis le phénomène Mavuba, l´indéboulonnable Ramé, le métamorphosé Meriem, le toujours combattif Chamakh, et à un moindre degré Darcheville, l´effectif des Girondins laisse quelque peu à désirer : Entre les " invendables" Roux, Afanou et Kossonogov, les espoirs qui tardent à confirmer ( Francia), les éternels énigmatiques ( Riera, Uche), on retrouve également des joueurs propulsés superstars après une première partie de saison prometteuse, et méconnaissables depuis 2005 ( Faubert, Cid, Kapsis), et des joueurs dont le très honorable amour du maillot au scapulaire compense de plus en plus difficilement un lent déclin sur le plan footballistique ( Laslandes, certes buteur mais qui pèse de moins en moins en attaque, et Jemmali, de moins en moins impérial sur son côté). Finalement, Bordeaux est peut-être bien à sa place, faute d´avoir un onze capable de viser plus haut. Le mauvais côté, c´est qu´on se demande bien ce qui va pouvoir retenir des joueurs comme Meriem, Chamakh et Mavuba des appels du pied de plus en plus insistants, de la part de clubs affichant une réelle ambition.
Quatrième point : Autour du club, rien de nouveau
Du côté des têtes pensantes, qu´elles siègent au Château du Haillan ou du côté de la capitale, rien n´évolue. De Tavernost, qui semble croire au Père Noël, déclare cette semaine que les Girondins doivent accrocher l´Europe, se jette des fleurs sur la réussite de la formation à la bordelaise et se contente largement du bilan de ses troupes. Du côté de JLT, c´est le silence radio, signe que la médiocrité résultante de sa stratégie et celle des M6 Boys ne semble pas lui sauter aux yeux. Au Palais Rohan, la Mairie, bien qu´elle ne soit pas directement responsable, pourrait aussi bien avoir son mot à dire. Pas de changement depuis l´arrivée du député Hugues Martin, ce dernier, interviewé à la mi-temps de Bordeaux - Lille, n´a pas manqué de se féliciter de l´excellent actionnaire qu´est M6 ainsi que de l´équipe dirigeante en place au Haillan ( sic). Bref, personne pour taper dans la fourmilière, personne pour pousser un bon gros soufflon à faire vibrer les murs du Haillan et bouger un peu tout ce monde qui semble se contenter du " minimum syndical". La tendance est à l´auto-satisfaction aveugle et à l´apathie générale et rien ne semble pouvoir changer ça.
Quant à l´action des supporters ( que l´on ne peut critiquer malgré son inefficacité et sa baisse d´intensité, et ceux qui sifflaient dernièrement les quelques " Direction Démission" qui résonnaient à Lescure seront surement les premiers demain à s´y mettre, voire à fustiger le CVS pour ne pas en avoir fait assez...la girouette attitude, en gros), que ce soit par pétition, contact avec les médias, action spectaculaire au stade, banderoles par dizaines et autres sittings, elle n´a eu aucun effet. Difficile en effet, même lorsque l´on a raison, de trouver un soutien du côté de médias devenus partisans de la Ligue dans la campagne de " dénigrement" des Ultras et d´étouffement des divers mouvements contestataires. Bien au contraire, nous restons assimilés à ceux que Triaud considère comme des " excités manipulateurs". Que faire alors? Il est évident que la violence n´est pas une solution, et que recourir à la baston et au cassage ne ferait que nous décrédibiliser, fournissant au passage un alibi imparable aux dirigeants pour museler les mécontents une bonne fois pour toutes. A moins d´une situation désespérée, on peut d´ores et déjà écarter le soutien de Wit, de l´Equipe, des grands quotidiens que nous n´intéressons pas ( l´OM, le PSG ça fait vendre, mais Bordeaux...), et malgré les efforts de Sud Ouest, une fronde soutenue par le quotidien régional est inimaginable. Alors on peut rêver d´un dialogue retrouvé entre supporters et dirigeants, qui permettrait un échange constructif et des propositions concrètes et concertées pour sauver le club de la morosité, mais on est bien loin de tout cela.
Bref, rien ne semble pouvoir faire bouger les choses, à moins d´un miracle, ou d´un réel changement au niveau de l´équipe et des remaniements du staff. Les supporters bordelais sont pour l´instant condamnés à assister à la chute de leur club bien-aimé dans l´anonymat et le ventre mou du championnat...en espérant pour certains ne pas avoir à assister à pire...
A LIRE!!!
source: www.gobordeaux.net