GIRONDINS DE BORDEAUX. --Les protégés de Michel Pavon perdent du terrain dans la course à l´Europe. De quoi susciter de nombreuses interrogations
Une santé fragile
:Alain Goujon
1. Pourquoi cette équipe gagne-t-elle si peu souvent ? Même si nous n´en sommes qu´aux premières lueurs de 2005, les Girondins ont toujours autant de mal à gagner des matches en championnat. La preuve, après vingt et une journées, ils n´en ont remporté que cinq. Une misère, puisque seuls les cinq derniers du classement ont fait pire. Cinq succès, c´est deux fois moins que le total de Marseille et d´Auxerre. Et on n´oubliera pas les douze victoires de Lyon et la onzième de Lille. Hormis Monaco ( 9), les cinq meilleurs élèves de l´élite comptent au moins dix succès. Même en accumulant les matches nuls, treize aujourd´hui, il est difficile de pouvoir jouer dans la cour des grands et de viser une qualification européenne.
Ce ne sont pas tant le nul concédé à Nice, mercredi dernier, et la défaite subie, samedi, devant Lille qui sont condamnables aujourd´hui. Si Bordeaux nous a habitués à avancer à pas comptés, les principaux favoris se mettent désormais à gagner. C´est là où le bât blesse. Tandis que Lyon, Monaco et Marseille ont récolté six unités en deux rencontres, Auxerre et Toulouse quatre, les hommes de Pavon n´en ont emmagasiné qu´une seule. Au-delà des blessures, du manque de rotation, d´une certaine inexpérience et d´un mois de janvier toujours pénible, il va falloir maintenant jouer pour gagner. Plus qu´une nécessité, c´est une obligation. Il n´empêche, le public s´inquiète de ce début d´année très laborieux. De nombreuses questions se posent.
2. Pourquoi Bordeaux a t-il autant de blessés ? A la trêve, les Girondins dénombraient quatre blessés. Riera ( péroné), Laslandes ( hernie inguinale), Chamakh ( déchirure au mollet) et Jemmali ( entorse de la cheville). A la reprise, après dix jours de vacances, les joueurs sont tombés comme des mouches. Pendant le stage de préparation à St Jean de Luz, Darcheville a ressenti une douleur derrière la cuisse, et Meriem aussi. L´attaquant guyanais a été mis au repos et l´ancien Sochalien a joué dix minutes contre Istres avant de sortir pour une déchirure.
Le même jour, le mollet de Jurietti a lâché. Et le lendemain, Planus a été arrêté douze jours pour une déchirure au mollet. La cheville de Jemmali n´a pas tenu plus d´un match et la cuisse gauche de Rool a cédé au bout de vingt-cinq minutes.
Six blessés dont cinq pour lésion musculaire, les staffs technique et médical doivent vite s´interroger pour comprendre ce qui est arrivé. Pour l´heure, personne n´a d´explications rationnelles à fournir. Doit-on en attribuer la faute à l´abandon des séances de décrassage fixé le lendemain des matches, à une préparation mal ficelée, à des entraînements trop durs ou pas assez soutenus ou à bien d´autres raisons encore ?
3. Le manque de rotation est-il en cause ? Assez irrité par la défaite concédée face à Lille, Ulrich Ramé n´a pas mâché ses mots en conférence de presse. Il s´est interrogé notamment sur le fait que Lille procédait régulièrement à une rotation d´effectif sans que les résultats s´en ressentent, bien au contraire. Si cela fonctionne à Lille, pourquoi pas à Bordeaux ? Sauf que le contexte n´est pas identique. Les Nordistes disputaient à Chaban-Delmas leur 34e match de la saison, les Girondins leur 23e.
Avec la coupe Intertoto et la coupe UEFA, Claude Puel s´est retrouvé dans l´obligation de multiplier les roulements. Avec autant de rencontres à disputer, c´est plus facile de convaincre ses hommes de l´intérêt d´une telle stratégie et de maintenir 25 ou 26 joueurs sous pression. L´an passé, Michel Pavon opérait de la même façon lorsque son équipe alternait championnat et coupe UEFA. Le souci majeur du moment n´est pas tant de donner plus de temps de jeu aux remplaçants, mais d´anticiper et d´éviter au possible cette épidémie de blessures.
4. Pourquoi janvier est-il si dur à gérer ? La saison passée, les Bordelais ont mis à mal leurs ultimes illusions de recoller au peloton de tête en janvier. En une semaine, la dernière du mois, ils ont disputé trois matches pour autant de défaites. Elimination en Coupe de France à Bayonne, défaite à Lyon 3-0 et humiliation à Auxerre 5-0. Voilà comment on plombe sa saison.
Cette fois, le coup de barre survient dès la deuxième semaine de janvier. Avec un point obtenu en deux journées, Ramé et les siens sont en train de prendre un retard important sur les candidats à l´Europe. A la reprise, les joueurs se sont fixés pour objectif d´accrocher la troisième place. Avec huit points de retard maintenant, la tâche se complique. Si en mai prochain, il leur manque deux ou trois points pour composter un ticket continental, ils sauront à quel moment ils les ont perdus. Bis repetita ?